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Archives de Tag: la crise des Subprimes

Le nouveau désordre Mondial.





Regarder, dénoncer, commenter ne change rien. Le système digère chaque scandale, l’intègre et continue. Briser ses structures est la seule garantie que nous ne retomberons pas dans le même piège. Tout le reste n’est que répétition, illusion de justice et fatigue morale programmée.




Les Epstein Files, publiés massivement le 30 janvier 2026, n’ont pas simplement révélé un système d’abus. Ils ont, surtout, bouleversé un paysage moral global. Et le choc ne se limite pas aux États‑Unis puisque nous sommes face à un récit multilingue et multinational d’une ampleur telle qu’il offre un boulevard aux conspirationnistes de tous bords.

À peine une semaine après les premières révélations, le voyeurisme semble l’emporter sur le débat public. Le scandale se mue, ainsi, en spectacle et l’essentiel disparaît, englouti par la curiosité morbide et le sensationnel.

Pourtant, une question seule mérite de guider la réflexion et s’impose malgré le tumulte : il faut regarder ce que cette affaire dit du monde que nous sommes en train de normaliser.

Structures et répétitions

Faut-il rappeler que la crise des Subprimes de 2007‑2008 a révélé la cupidité des banques, l’ingénierie financière sans frein et les dégâts sociaux massifs qui en ont découlé.

Par ailleurs, Bernard Madoff en 2008 a trahi la confiance, mis en place un système pyramidal et exposé l’aveuglement des institutions.

De son côté, Harvey Weinstein en 2017 a abusé, instauré la peur et échangé carrière contre dignité.

Pour finir, Jeffrey Epstein en 2026 a repris et amplifié toutes ces logiques, tissant des réseaux d’argent et de pouvoir, imposant le silence et organisant l’impunité de manière encore plus spectaculaire.

Q’on se le dise, ces affaires ne relèvent pas de déviances individuelles. Elles relèvent de structures. Toujours les mêmes ingrédients se répètent : asymétrie d’information, concentration du pouvoir, dépendance économique et lâcheté collective.

Maintenant , la vraie question n’est pas celle du comment ont-ils fait. Elle est pourquoi tant de gens ont laissé faire et surtout ce qui se construit sous nos yeux pendant que nous regardons ailleurs.

Vers un nouveau désordre mondial

Lorsque tout devient négociable — le droit, la mémoire, la justice — l’impunité s’impose comme compétence stratégique. Frapper sans être jugé, négocier sans rendre de comptes, gouverner sans mémoire devient possible. Nous sommes dans un moment de bascule, un cycle où tout semble permis et où chaque cycle finit par s’épuiser. Certains y verront de l’espoir or la question qui demeure, la question cruciale, concerne le prix que nous sommes prêts à payer pour ce monde que nous normalisons.

Géopolitique et fractures internationales

Rappelons encore et toujours que l’impunité et la négociabilité du droit ne sont pas de simples abstractions ; elles se manifestent sur la scène internationale, là où la loi devrait protéger et la mémoire guider. Et Gaza illustre cette fracture avec brutalité car il ne s’agit plus seulement d’un drame humain. C’est un test mondial du droit international et pour l’instant ce test échoue lamentablement. Les principes censés protéger les civils sont invoqués, contournés ou suspendus selon les intérêts. La loi n’est plus universelle mais devient sélective.

C’est dans ce ce sens que l’ascension d’Ahmad Al Sharaa à la tête de l’État syrien, après un parcours jihadiste, puis sa réception à Washington et à Moscou, marque un basculement moral. Ce n’est pas une réconciliation mais un recyclage stratégique. Aussi, les trajectoires extrêmes sont requalifiées lorsque la stabilité l’exige et les passés deviennent effaçables dès qu’ils entravent la realpolitik.

Dans ce contexte, la maison Blanche 2026 a accéléré une dynamique déjà latente dont la remise en cause du multilatéralisme, la banalisation des discours raciaux et la réhabilitation de logiques expansionnistes. Idem pour la course aux métaux rares, sous couvert de transition énergétique qui révèle les mêmes logiques, celles des zones sacrifiées, des dépendances nouvelles et des rapports de force calculés. Ce monde ne s’en remet plus à la légitimité. Il mesure chaque geste à l’aune de l’efficacité, chaque récit à celle de la stabilité apparente, au mépris de la vérité et de la justice.

Angles morts et systèmes futurs.

Ce qui se construit aujourd’hui n’est pas un scandale isolé. C’est un écosystème de scandales à venir : intelligence artificielle sans contre‑pouvoirs, financiarisation du vivant, économie de l’attention manipulant émotions et désinformation, géopolitique des métaux rares, normalisation de l’exception et contournement du droit. La fatigue morale collective achève le tableau; nous savons, mais nous n’avons plus l’énergie de nous indigner.

Non, les Epstein Files ne sont pas un scandale parmi d’autres. Ils révèlent un monde où l’impunité est devenue compétence stratégique, frapper sans être jugé et gouverner sans mémoire sont des savoir-faire politiques. Ce n’est pas un nouvel ordre mondial. C’est un nouveau désordre mondial, un système que nous observerons plus tard, conscients que nous savions et pourtant avons laissé faire.

 
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Publié par le 8 février 2026 dans Politique et Société

 

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