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Archives de Catégorie: Litterrature

Dans l’ombre du poète…


kateb  F
On ne l’entends presque jamais parler de son mari et du pere de son enfant. Zoubeida Chergui ex madame Kateb Yacine, a l’image de toutes les femmes Algerienne, n’a pas droit a la parole tant les autres, tous les autres se sont accaparés illégitimement du poète et de son expression.
Ecoutons la dans l’un de ses rares temoignages sur l’homme de Nedjma.

                                                 

 
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Publié par le 3 août 2016 dans Litterrature

 

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Tout les autres matins…

ParfeteLes mots, encore eux, comme ultime refuge et le souffle d’un écrivain pour reapprendre a se réveiller tous les autres matins.
« Paris est une fête », rédigé entre 1957 et 1960, est un déroulé d’instants tendres et joyeux relatant le passage de l’écrivain Américain Ernest Hemingway dans la capitale française dans les années 1920.
Plusieurs exemplaires du roman ont été déposés entre les fleurs et les bougies sur différents lieux touchés par les attaques, notamment devant l’un des bars visés par les terroristes et devant le Bataclan.
Pendant la minute de silence la semaine derniere de nombreuses personnes tenaient également le livre à la main.

 
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Publié par le 21 novembre 2015 dans A pile et face, Litterrature

 

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A quoi bon raconter!

                                               

« Pourtant c’est mon ami, je savais tout de lui. Je lui disais les vers que je ne voulais pas publier. Il connaissait mon cœur. Il connaissait mon rêve. Lui seul savait l’exacte signification de mes sourires, de la fleur orpheline en haut des barricades, lui seul savait le journal qui n’acceptait pas tous mes papiers. Nous avions fredonné les mêmes chansonnettes; je chantais plus juste que lui, mais lui connaissais mieux les paroles que moi. C’était mon ami, attentif et savant. A quoi bon raconter? L’amitié est un privilège de temps de paix. »
Je t’offrirai une gazelle de Malek Haddad.

East building of the national gallery of art. Washington DC.
Friday,august 2015.

 
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Publié par le 14 août 2015 dans Litterrature

 

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Assia n’est plus.

Comme une dernière prière…
Deux messages reçus aujourd’hui,l’un a 2:30h du matin ,heure Américaine,et l’autre a 16:00. Deux messages de deux amies,l’une a Paris ,l’autre a Londres, rédigés en langue Françaises, j’allais dire dans la langue d’Assia Djebar pour dire l’amour,la douleur mais surtout l’abnégation.
Heureusement que la force des mots n’est pas une matière friable et cela permet aux écrivains de transcender le temps et la géographie.
Assia djebar comme Malek Haddad et tant d’autres n’ont pas de coordonnées temporelles et donc leur disparition n’est qu’un énième découpage scénique comme ils savent faire avec tant de grâce.
La magie est celle de transformer la solitude qu’impose l’écriture en des moments de lumière et ça Assia sait y faire puisqu’elle a transformé notre regard apeuré sur l’existence en un récit ethnique triomphant…A sa manière espiègle, joueuse, brillante en forçant parfois sur le « déhanché » verbal elle aura imposé avec panache, une parole feminine Algerienne et quelle parole.
Assia n’a eu de cesse de déstructurer les lignes rigides du patriarcat pour dresser a la place des ponts,consolider des digues et essaimer les paroles apaisées et apaisantes ,les vraies, celles qui remettent les aiguilles de nos cheminements dans le vaste humain.
Ce soir Assia Djebar ,nous dit a sa maniere qu’il est impératif d’échapper a la solitude intérieure et nous livre dans un ultime testament, les codes d’une vie hygiéniste.
Ce soir, l’idée de la femme universelle traverse le tout Cherchell jusqu’à mon éloignement Americain et les possibilités de vivre femme et Algérienne apparaissent comme une évidence.
Dors en paix l’Artiste et restons élégants-es- dans notre douleur par amour pour Assia et par respect pour son combat.

Assia Djebar.

Assia Djebar.

 

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les silences pervers …

« Meursault contre- enquête ».
Roman de Kamel Daoud .

« Meursault contre- enquête »,le livre de Kamel Daoud , »Goncourable » a souhait et de ce fait légitimement critiquable sur les 153 pages que Meursaultconstitue le récit de l’enfant de Mostaghanem , ce roman, cousu de bout en bout avec des mots qui pensent, explique que l’on ne naît pas Arabe mais qu’on le devient,l’absurde aidant.
Contrairement a toute logique marketing, l’auteur nous défie d’entrée en déclinant sa narration comme un fantasme, une construction imaginaire, une couleur qui viendrait en deuxième temps pour dire les choses que l’on a tu, pour combler les vides,un caprice littéraire en somme.
L’auteur nous projette dans un tourbillon temporel où passé et présent sont mis a l’épreuve,un incroyable « labourage » a ciel ouvert.

Mais de quoi s’agit -il au juste?
« Meursault contre- enquête » est un livre sur la colère et écrit avec colère.
Une écriture de mec, a coup-de-point crocheté, descendant balancé. les coups pleuvent désespérément contre le « nous collectif  » dans lequel se débat un homme/enfant livré a lui même dans une ville ,elle même livrée aux Roumis,comprendre les colonisateurs, dans la langue plebienne/daridja Algerienne.
153 pages en mode télescopage entre la vie du frère de l’arabe tué dans le livre de Camus et celle de l’auteur ,l’Algerien /post-indépendance,brimé, au mieux bâillonné quand il n’est pas infantilisé par un pouvoir reposant essentiellement sur la légitimité historique a défaut de cette autre fondamentale, la blasphématoire légitimité législative.
Daoud a tressé a longueur de pages un pont entre la vie de l’auteur-le frère de l’arabe- et la sienne de vie en voguant sur une une identité mentale que l’on transcrit a coup de sang et de douleur sur la peau dans l’Algérie de tous les temps et nous lisons:
« Les soûleries fréquentes de Moussa ces derniers temps ,ce parfum qui flottait dans l’air ,ce sourire fier qu’il avait quand il croisait ses amis ,leurs conciliabules trop sérieux,presque comiques et cette façon qu’avait mon frere de jouer avec son couteau et de me montrer ses tatouages:Echedda fi Allah »(« Dieu est mon soutien »). »Marche ou creve »,sur son epaule droite « Tais toi « avec dessiné sur son avant- bras gauche,un cœur brisé.C’est le seul livre ecrit par Moussa.Plus court qu’un dernier soupir,se résumant a trois phrases sur le plus ancien papier du monde,sa propre peau. « 

meursaul1Non concordance des temps,
Le tête a tête avec Meursault ou « mersoul » voire « rassoul » – prophète- n’est décidément pas de tout repos .Le livre se nourrit d’un immense hors champs religieux conforté par une profusion de prophètes . Nous y croisons le prophète Haroun, Moussa-moise- Caïn et Abel, des clergés délurés et des » Ève » en mini jupe se tenant sur la ligne de démarcation qui séparait l’espace terne des arabes de celui plus flamboyant des colons.
Et c’est justement sur cette ligne infime qui sépare le bien du mal, le convenu de l’imprévue, le désir de la répugnance, la cécité de la lucidité que se tient Haroun,le frère de l’arabe faute de tout comprendre.
“Un jour M’ma a voulu que j’aille a la mosquée du quartier,qui sous l’autorité d’un jeune imam,servait plus ou moins de garderie .C’était l’été .M’ma a du me traîner par les cheveux jusque dans la rue ;le soleil était si dur.J’ai réussi a lui échapper me débattant comme un forcené et je l’ai insulté .Puis j’ai couru tout en tenant la grappe de raisin qu’elle m’avait donnée juste avant pour m’amadouer.Dans ma fuite j’ai trébuché ,je suis tombé,et les grains se sont écrasés dans la poussière,J’en ai pleuré,toutes les larmes de mon corps,et j’ai fini par rejoindre la mosquée penaud .Je ne sais pas ce qui m’a pris mais quand l’imam m’a demandé qu’elle était la cause de mon chagrin ,j’ai accusé un gamin de m’avoir battu. C’était, je crois, mon premier mensonge .Mon expérience a moi du fruit volé au paradis.Car a partir de ce moment la,je devins rusé et fourbe,je me mis a grandir. “

L’expansion des corps,
Le roman se décline en 2 tableaux ou espaces scéniques . la ville,le village et accessoirement la mer pour l’extérieur autrement dit le « subit » .
la maison, le bar constitueront,pour leur part ,les voix off ,les intériorités plutôt exiguës, plutôt anguleuses.
L’ espace/bar mal éclairé,embué et cotonneux servait comme une caisse de résonance a une sagesse populaire dans le sens brute et par tas entier.
c’est décidément du « layadjouz  » –l’interdit- que jaillira la lumière.
“Les bars encore ouverts dans ce pays sont des aquariums où nagent des poissons alourdis raclant les fonds. On vient ici quand on veut échapper à son âge, son dieu ou sa femme, je crois, mais dans le désordre. Bon, je pense que tu connais un peu ce genre d’endroit. Sauf qu’on ferme tous les bars du pays depuis peu et qu’on se retrouve tous comme des rats piégés sautant d’un bateau qui coule à un autre. Et quand on aura atteint le dernier bar, il faudra jouer des coudes, on sera nombreux, vieux. Un vrai Jugement dernier que ce moment. Je t’y invite, c’est pour bientôt. Tu sais comment s’appelle ce bar pour les intimes ? Le Titanic. Mais sur l’enseigne est inscrit le nom d’une montagne : Djebel Zendel. Va savoir.”

Extinction des voix,
Meursault contre-enquête est un portrait cruel d’un héros mort né, un héros malgré lui qui aura vécu le temps de 153 pages sur la solitude culturelle,sociale et particulièrement celle de la parole afin de servir d’alibi a d’autres pages écrites , il y a de cela soixante dix ans .
Le frere de l’arabe a l’ombre fuyante a tout faux et c’est ce qui explique en partie ce repli sur soi, ce harcèlement qu’il s’impose avant tout.
Haroun ,un enfant désarment de sincérité confondra le vivre et la vérité .
Il restera a la traîne pour avoir cru a un triste jeu de balle .
Le frère de l’arabe s’épuisera a tenter de découdre les enjeux et les excès auront raison de son manque de poésie.
L’auteur/prophète se fait piéger au final par les multiples contradictions et aucune stratégie de survie ne tiendra devant les silences pervers  mais  tellement confortables a commencer par celui de sa propre mère.
« Aujourd’hui,M’ma est encore vivante mais a quoi bon !Elle ne dit presque rien .Et moi je parle trop,je crois.C’est le grand defaut des meurtries que personne n’a encore puni,ton écrivain en savait quelque chose… »

Meursault contre-enquête est un regard glacial ,une fixité inquiétante ,un panoramique qui nous raconte, pas de la façon dont nous aimons souvent l’image mais l’incroyable est que ça marche puisqu’il s’agit d’un roman qui fera date dans la littérature Algérienne mais pas que,la preuve.
Biographie de l’auteur:
Kamel DAOUD
Né en 1970 à Mostaganem (300 km à l’ouest d’Alger), Kamel Daoud a suivi des études de lettres françaises après un bac en mathématiques. Il est journaliste au Quotidien d’Oran – troisième quotidien national francophone d’Algérie –, où il a longtemps été rédacteur en chef et où il tient depuis douze ans la chronique quotidienne la plus lue d’Algérie. Ses articles sont régulièrement repris par la presse française (Libération, Le Monde, Courrier international…).
Il vit à Oran.Il est l’auteur de plusieurs récits dont certains ont été réunis dans le recueil Le Minotaure 504 (Sabine Wespieser éditeur, 2011) – initialement paru à Alger sous le titre La Préface du nègre (éditions barzakh, 2008) et distingué par le Prix Mohammed Dib du meilleur recueil de nouvelles en 2008. Traduit en allemand et en italien, salué par la critique française, Le Minotaure 504 figurait sur la sélection finale du prix Wepler et sur celle du Goncourt de la nouvelle 2011.
Meursault, contre-enquête, publié en Algérie par les éditions barzakh et en France par Actes Sud, est le premier roman de Kamel Daoud.
Edition Actes Sud.

 
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Publié par le 4 novembre 2014 dans Litterrature

 

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Enchantement et plus s’il y a affinité…

Roman1
Une mise en scène des plus ordinaire, une ville, un café et les clients de 10h du matin
détendus et a majorité féminine .
Zoom sur la table coté fenêtre ou se mêlent confusément les intériorités qui doutent, deux tasses fumantes, deux verres d’eau glacée, un pains au chocolat, un autre aux raisins, le tout saupoudré du label bio, farine de seigle, sucre roux et autres coquetteries dans l’air du temps .
Pour le moment nous ne voyons que la jolie et pétillante blonde qui souriait beaucoup derrière le regard bleu quelque peu froissé.
De dos, la copine aux bouclettes légères et courtes offrait un cou gracile finement serti d’un collier de perles couleur champagne.
Plan serré sur la blonde qui égrainait d’une voix posée et incroyablement musicale la conception du temps sur les corps, les visages ainsi que les âmes.
Entre café et brioche,elle remet en jeux et cash, ses volumineux 25ans de vie de couple, en un seul et courageux tirage.
– Comment ferais-tu s’il t’arrivait de découvrir l’infidélité de ton
mari ?. Moi, je ne tiendrai pas le coup.
Par quelle magie Les quadras made 2014 sont -ils devenus si incroyablement lucides face a un monde plutôt périlleux et indécis sur l’essentiel a savoir le couple. Ah, le couple, ce jeu binaire a temps multiples ,que nous avons, des siècles durant, ensevelie sous des silences pervers et tellement confortables pour les uns.
le collier en perles de culture adopte la mesure et répondit non sans malice:
-Que peut-on s’accorder comme liberté en réponse a l’usure du temps?.
– Tu veux dire que tu conçois la chose aisément pour ton mari?.
-Concevoir?. Comme tu y vas ma cop. Disons que je n’écarte pas l’éventualité qu’il puisse prendre un pot avec une autre .
– Comment prendre un pot ,tu veux dire sortir, flirter?.
– Etre,plutôt,enchanté pour un court moment par une rencontre fortuite, un petit flirt, si tu veux ,question de chahuter les certitudes.
Commence alors un long et curieux ping-pong sur l’ovni masculin, son verbiage, le délire des testostérones mais surtout l’histoire de ces nombreux hommes qui se laissent piéger par un rôle que la mythologie leur a tendu et ce des le commencement.
Plan séquence sur les tasses a demi vides, le temps que la camera saisisse le collier en perles de face cette fois .
Les mots tombaient sans ambages et avec une exactitude chirurgicale afin d’épouser et mieux accentuer les territoires violents, extrêmement sombres de la chose humaine. Elle s’étonnait elle même de son ton, elle s’écoutait parler d’exigence folle et tres improbable que celle de vouloir exister et en exclusivité dans le regard de l’autre. Elle ponctuait ses phrase d’un ostentatoire, faudrait penser a rendre un peu de temps a l’autre .
Rendre a qui et quoi ?. Elle n’en savait pas plus. L’urgence consistait a écarter le bouleversement de tout remettre en cause, de tout perdre a 50 ans , sa jeunesse, sa vie d’épouse, l’album de famille, les gâteaux d’anniversaire, les réveilles douillets des weekends d’hiver, les bouderies dans les aéroports durant les grandes vacances, les factures, les sonneries du tel a des heures improbables pour dire les mots magiques, la main que l’on étreint a la cérémonie de l’agrégation du dernier, le regard tendre et reconnaissant qui conclue les retrouvailles des fêtes de fin d’année.
Perdre tout.
Absolument tout sous prétexte d’être enchanté par un parfait étranger.henna

 

 
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Publié par le 19 septembre 2014 dans A pile et face, Litterrature

 

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Coming Up…

Ce soir    Elle ne savait pas grand chose de lui si ce n’est qu’il a fait un stop en Europe avant de débarquer,il y a de cela presque une année, dans « l’open space » de la firme internationale ou elle passait quelques 10h/jour .
Elle ne savait rien de lui mais devinait ses goûts,ses coups de cœur et surtout ses faiblesses…Il faut croire qu’il laissait facilement montrer son trouble depuis un petit moment…Une idée d’anticiper le pressait chaque matin jusqu’à a son « desk »pour balbutier confusément et presque a regret « un bonjour » dont il s’étonnait le premier et cela se voyait a sa manière de battre en retraite pour finir a reculons avant de s’enfermer pour le reste de la journée dans son bureau.
Une construction dramatique se mettait donc en place autour d’une femme d’un chic absolument fatal et un quinquagénaire d’apparence assez retenue presque sévère…
pas très grand ni vraiment mince avec ce je ne sais quoi de lumineux dans les yeux.
Il ne l’intéressait pas!
Il ne l’intéressait pas mais elle choisissait,pourtant ,chaque matin avec minutie ses robes,jupes,vestes.pantalons,dentelles,pashminas,chaussures,parfum,bijoux, le tombé d’une mèche,la moue faussement désinvolte,la lèvre que l’on mord pour feindre une hésitation jusqu’au regard faussement innocent ,jusqu’au rire millimétré a la sonorité étonnamment fuyante..

Comment fait-elle?.

habiller les visages ,faire parler les corps ,elle savait y faire et mieux que quiconque non par méchanceté mais par ennui de la chose humaine.
Ça joue a ces bulles de savonnettes sur lesquelles miroitaient tous les arcs en ciel de ce monde réunis..Ça joue ,le temps d’y croire…le temps d’esquisser une musique délicieusement enjôleuse pour ne pas dire carrément contre nature.
Que fera t-elle de lui ?
La distribution des rôles est ainsi faite,nous partons toujours d’une réalité familière avec des notes d’intelligence et de féerie …le panorama repose essentiellement sur un mélange d’emprunt fictionnel et d’enthousiasme… il suffirait de l’ombre d’un sourire ou d’un regard deroulant des errances interdites et le voila comme un enfant sautant aux éclats sur la trampoline de la mise en jeu.
Mais a quoi joue-elle?.
La possession s’annonçait joyeuse ,insouciante,contemporaine et obéissait pour ainsi dire a une plasticité de l’écriture avant tout.
Elle prend la pause ,mis son doigt sur ses levres et gratifia le lecteur d’un
généreux :
« chuuut mais chuuuut »

 
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Publié par le 13 septembre 2014 dans A pile et face, Litterrature

 

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