
Il semble aujourd’hui difficile de ne pas voir dans la gestion des fichiers Epstein par l’équipe du President Américain actuel un exercice de pouvoir plus qu’un acte de vérité. L’architecture institutionnelle mise en place par la Maison-Blanche 2026 ne vise ni la transparence ni l’établissement des faits. Elle sert avant tout une stratégie politique dont l’effet principal est celui de protéger le pouvoir en place tout en exposant ses adversaires.
Force est de constater que l’actuel President Américain n’a fait l’objet d’aucune procédure judiciaire en lien avec la publication des fichiers Epstein. Le ministère de la Justice sous la houlette des Républicains, dirigé par la ministre Américaine de la Justice pro Trump, Pam Bondi , a précisé publiquement que certaines allégations visant le President étaient infondées et sensationnalistes, sans confirmation par enquête pénale ni inculpation. Le département de la justice a rappelé que « la présence du nom d’un individu dans ces fichiers ne constitue pas en soi une preuve de culpabilité et que les éléments examinés n’ont donné lieu à aucune poursuite ».
Precisons que ces clarifications officielles ne relèvent pas d’une simple mise au point juridique. Elles s’inscrivent dans une logique de verrouillage institutionnel. Le ministère de la Justice pro Trump agit comme un rempart politique avant d’être une autorité judiciaire indépendante. La distinction entre visibilité médiatique et responsabilité pénale devient ainsi un instrument de pouvoir.
Et si la publication des fichiers Epstein par la Maison-Blanche 2026 respecte formellement le cadre légal. Elle intervient, cependant, à un moment de fragilité politique et de recul de popularité pour l’actuel President Américain.
Pour les cercles conservateurs, cette diffusion est présentée comme un acte de transparence conforme aux principes MAGA. En réalité, elle fonctionne comme un dispositif de contrôle narratif.
C’est ici que le double standard devient manifeste. Tandis que l’actuel President Américain demeure protégé par ses prérogatives institutionnelles et par le contrôle effectif du ministère de la Justice pro Trump, des figures démocrates historiques se retrouvent exposées à des convocations ainsi qu’à des auditions publiques et à une médiatisation intensive.
Il est vrai que Bill et Hillary Clinton ont accepté de comparaître devant le Congrès à majorité républicaine dans le cadre de l’enquête parlementaire sur Jeffrey Epstein. Mais il ne s’agit a aucun moment d’une inculpation mais seulement d’une convocation législative.
Et si cette distinction juridique demeure essentielle, elle n’empêche pas que la procédure s’inscrive dans une stratégie politique de mise en scène, fondée sur la visibilité et la pression médiatique.
Qu’on se le dise, l’audition s’inscrit dans la continuité de narratifs diffusés depuis 2016 par des cercles MAGA et QAnon, associant Hillary Clinton à une élite immorale et débridée sans fondement judiciaire établi. L’institution devient alors un théâtre symbolique. Elle produit une image de responsabilité sans produire de justice pénale.
Le contraste est structurant. D’un côté, un President protégé par l’appareil institutionnel et par un ministère de la Justice aligné. De l’autre, des figures politiques adverses exposées à la lumière parlementaire et médiatique sans qu’aucune charge pénale ne soit engagée. Le système ne fonctionne pas comme un instrument de vérité mais comme un dispositif de pouvoir.
La dynamique actuelle, donc, révèle un usage stratégique des institutions. Dans ce cas, le ministère de la Justice, le Congrès et l’écosystème médiatique ne fonctionnent plus uniquement comme garants de l’État de droit. Ils participent, surtout, à une opération de sauvetage politique du President Américain actuel, habillée du langage de la transparence et du droit à la vérité.
Recap,
Dans ce cadre, la gestion des fichiers Epstein par l’équipe du President Américain actuel ne vise ni l’établissement des faits ni l’égalité devant la loi. Elle sert ainsi une logique de protection du pouvoir en produisant de la visibilité sans produire de justice.
Autrement dit, elle expose les adversaires tout en sanctuarisant le centre du pouvoir.
L’affaire Epstein cesse ainsi d’être un dossier judiciaire pour devenir un révélateur institutionnel. Elle montre comment la transparence peut être instrumentalisée à des fins de domination politique et révèle une asymétrie structurelle dans le traitement des acteurs publics.
Ce qui se joue n’est pas seulement la réputation de quelques figures politiques mais ce qui est en cause est la crédibilité même de l’appareil judiciaire. Dans ce déséquilibre, le pouvoir ne cherche pas la vérité. Il cherche la maîtrise du récit.








