RSS

Archives Mensuelles: août 2026

𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗜𝘀𝗿𝗮ë𝗹 𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗮𝗿𝘂 𝗱𝘂 𝗻𝗼𝗺 𝗱𝗲 𝘀𝗮 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲 𝗴𝘂𝗲𝗿𝗿𝗲

𝘓𝘦 𝘤𝘰𝘯𝘧𝘭𝘪𝘵 𝘢 𝘤𝘩𝘢𝘯𝘨é 𝘥𝘦 𝘳é𝘤𝘪𝘵 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘩𝘢𝘯𝘨𝘦𝘳 𝘥𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦𝘯𝘤𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵.

𝗨𝗻 𝗴𝗹𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲

Près de six mois après le début de la guerre contre l’Iran, un glissement s’est installé dans le langage médiatique. Ce qui avait commencé par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël est désormais présenté de plus en plus souvent comme une guerre Américaine contre l’Iran.

Une guerre peut pourtant changer de nom sans changer de commencement. Et lorsque son récit change de propriétaire, la question de la responsabilité change elle aussi.

Tout remonte au 28 février, jour où les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l’Iran. Six mois plus tard, l’agence de presse Reuters rappelle encore que le conflit a commencé par ces frappes Américano-Israéliennes, un fait que le vocabulaire dominant a pourtant fini par estomper.

La guerre est désormais racontée principalement à travers Washington, la Maison-Blanche et Donald Trump. Les négociations, les sanctions, le détroit d’Ormuz et les menaces de nouvelles opérations sont décrits avant tout comme les éléments d’une confrontation entre les États-Unis et l’Iran.

Reuters parle aujourd’hui de la guerre avec les États-Unis et l’autre agence de presse AP de « U.S.-Iran war », deux formulations qui achèvent de sortir Israël du cadre, sans que ce déplacement soit anodin.

𝗜𝘀𝗿𝗮ë𝗹 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗮𝗿𝗿𝗶𝘃é 𝗮𝗽𝗿è𝘀 𝗰𝗼𝘂𝗽

Lorsqu’une guerre devient, dans le langage courant, la guerre Américaine contre l’Iran, celui qui apparaît comme son principal responsable devient naturellement celui qui doit l’expliquer, la poursuivre ou y mettre fin. Israël demeure présent dans le conflit mais tend à disparaître de son appellation, alors qu’il n’est pas un acteur arrivé après coup.

Le conflit a commencé par une opération militaire menée avec les États-Unis et le rôle de Benjamin Net an yahou demeure étroitement lié à cette séquence. En juillet, le Washington Post décrivait encore une guerre dont les promesses de victoire rapide faites par Israël avaient laissé place à un conflit prolongé et à des tensions croissantes entre Benjamin Net an yahou et Donald Trump. Le Jerusalem Post est allé plus loin en évoquant une bataille de perception, celle de savoir s’il s’agit de la guerre de Washington ou de celle de Net an yahou, un enjeu qui pourrait déterminer le niveau de soutien dont la guerre bénéficie encore aux États-Unis.

𝗖𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿 𝗱’𝗼𝗿𝗶𝗴𝗶𝗻𝗲

Que les États-Unis soient aujourd’hui au centre de la guerre ne fait guère de doute. Leur puissance militaire, leur blocus naval et leur confrontation directe avec Téhéran occupent désormais une grande partie du récit.

Or, être devenu le principal acteur d’une guerre ne signifie pas en être devenu rétroactivement le seul propriétaire historique.

C’est précisément là que le langage mérite d’être observé. Une guerre peut changer de dynamique, de centre de gravité et même de rapport de force. Elle ne peut pas pour autant changer son acte fondateur, même quand le conflit se prolonge bien au-delà de ce qui était initialement attendu.

Le Financial Times parle toujours d’une guerre Américano-israélienne contre l’Iran et souligne qu’elle a profondément bouleversé l’équilibre régional, ce qui impose une question. Pourquoi l’un des deux protagonistes du déclenchement tend-il à disparaître de la manière dont la guerre est désormais nommée ?

𝗡𝗶 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗼𝘁 𝗻𝗶 𝗵𝗮𝘀𝗮𝗿𝗱

Il serait trop simple d’y voir uniquement une volonté organisée d’effacer Israël. La réalité militaire a changé et les États-Unis ont progressivement pris une place dominante dans la conduite du conflit. Donald Trump concentre désormais l’essentiel de l’attention diplomatique et politique internationale. Mais cette évolution explique le déplacement du récit sans effacer le point de départ.

Le paradoxe est là. Le conflit a changé de propriétaire narratif sans changer de déclencheur historique.

Les mots que nous utilisons pour désigner une guerre déterminent aussi la manière dont nous percevons ceux qui l’ont voulue, ceux qui l’ont déclenchée et ceux qui doivent en répondre. Ce glissement n’est donc pas seulement sémantique.

À mesure que la « guerre Américano-Israélienne contre l’Iran » devient simplement « la guerre Américaine contre l’Iran », Israël recule dans le récit alors même qu’il demeure l’un des protagonistes militaires du conflit.

À 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝗮 𝗳𝗮𝘂𝘁𝗲?

Une guerre garde toujours la mémoire de son premier jour, même quand son nom change. Le 28 février ne s’efface pas parce que Washington occupe désormais tout l’espace du récit. Et le jour où l’histoire devra rendre des comptes, elle les cherchera aussi à Tel-Aviv.

Sources : Reuters, Associated Press, Washington Post, Financial Times, Jerusalem Post.

 
 

Étiquettes : , ,

𝗖𝗜𝗡𝗤 𝗙𝗥𝗢𝗡𝗧𝗜𝗘̀𝗥𝗘𝗦, 𝗔𝗨𝗖𝗨𝗡𝗘 𝗣𝗔𝗜𝗫

L𝘦 𝘚𝘢𝘩𝘢𝘳𝘢 𝘰𝘤𝘤𝘪𝘥𝘦𝘯𝘵𝘢𝘭 𝘳𝘦𝘴𝘵𝘦 𝘰𝘤𝘤𝘶𝘱𝘦́ 𝘦𝘵 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘶𝘵𝘦́, 𝘭’𝘈𝘭𝘨𝘦́𝘳𝘪𝘦 𝘧𝘢𝘪𝘵 𝘥𝘦́𝘴𝘰𝘳𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘭’𝘰𝘣𝘫𝘦𝘵 𝘥’𝘶𝘯 𝘯𝘢𝘳𝘳𝘢𝘵𝘪𝘧 𝘥𝘦 𝘴𝘱𝘰𝘭𝘪𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘭𝘢 𝘔𝘢𝘶𝘳𝘪𝘵𝘢𝘯𝘪𝘦 𝘨𝘢𝘳𝘥𝘦 𝘓𝘢𝘨𝘰𝘶𝘪𝘳𝘢 𝘴𝘰𝘶𝘴 𝘢𝘥𝘮𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘮𝘪𝘭𝘪𝘵𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦𝘱𝘶𝘪𝘴 𝘤𝘪𝘯𝘲𝘶𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘢𝘯𝘴, 𝘭’𝘌𝘴𝘱𝘢𝘨𝘯𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘴𝘰𝘮𝘮𝘦́𝘦 𝘥𝘦 𝘳𝘦𝘴𝘵𝘪𝘵𝘶𝘦𝘳 𝘊𝘦𝘶𝘵𝘢 𝘦𝘵 𝘔𝘦𝘭𝘪𝘭𝘭𝘢 sans oublier le 𝘔𝘢𝘭𝘪 qui 𝘧𝘪𝘨𝘶𝘳𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦𝘴 𝘤𝘢𝘳𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘶 𝘎𝘳𝘢𝘯𝘥 𝘔𝘢𝘳𝘰𝘤 𝘥𝘦𝘴𝘴𝘪𝘯𝘦́𝘦𝘴 𝘥𝘦̀𝘴 1956.

𝘗𝘰𝘶𝘳𝘵𝘢𝘯𝘵, 𝘭𝘦 𝘙𝘰𝘺𝘢𝘶𝘮𝘦 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘪𝘯𝘶𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘦 𝘱𝘳𝘦́𝘴𝘦𝘯𝘵𝘦𝘳 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘶𝘯 𝘱𝘰̂𝘭𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘵𝘢𝘣𝘪𝘭𝘪𝘵𝘦́ 𝘳𝘦́𝘨𝘪𝘰𝘯𝘢𝘭𝘦.

𝗟𝗔𝗚𝗢𝗨𝗜𝗥𝗔 𝗡𝗘 𝗙𝗜𝗚𝗨𝗥𝗘 𝗦𝗨𝗥 𝗔𝗨𝗖𝗨𝗡 𝗗𝗥𝗔𝗣𝗘𝗔𝗨

Lagouira n’existe plus depuis des décennies. Ce village Espagnol du Rio de Oro, autrefois actif sur la côte atlantique à la pointe du Sahara occidental, est aujourd’hui désert, ses maisons rongées par le sel et ses rues sans autre existence que sur les cartes administratives Marocaines. Le Maroc le rattache officiellement à sa province de Dakhla-Oued Eddahab. Or c’est l’armée Mauritanienne qui y maintient une présence militaire depuis 1975, à quinze kilomètres seulement de Nouadhibou, afin de sécuriser les approches de la ville et de protéger sa zone portuaire stratégique face à la politique expansionniste Marocaine.

Ce décalage entre la carte et le terrain n’est pas un détail administratif oublié dans un coin de désert mais résume au contraire ce que le Royaume préfère taire, à savoir que sa souveraineté déclarée et sa souveraineté réelle ne se superposent nulle part avec exactitude ni au sud avec la Mauritanie ni à l’est avec l’Algérie ni au nord avec l’Espagne.

Ce flou n’a rien d’un accident diplomatique, il porte un nom précis, la thèse du Grand Maroc. Théorisée dès 1956 par Allal El Fassi et le parti de l’Istiqlal, cette doctrine dessinait un royaume qui s’étendait jusqu’à Nouakchott au sud, jusqu’à Tindouf et Béchar à l’est et jusqu’aux confins du Mali, engloutissant au passage la Mauritanie entière et une bonne partie du territoire Algérien. Le Maroc l’a officiellement enterrée en 1969 quand il a reconnu l’indépendance Mauritanienne.

Or, une carte ne meurt jamais tout à fait quand elle continue d’irriguer le discours public sous des formes recyclées. Elle resurgit ainsi à Lagouira sous couvert d’ambiguïté administrative et elle resurgit plus loin sous d’autres formes, à l’est comme au sud, sous couvert cette fois de mémoire historique ou de coopération économique.

𝗤𝗨𝗔𝗧𝗥𝗘-𝗩𝗜𝗡𝗚𝗧𝗦 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗖𝗘𝗡𝗧, 𝗟𝗘 𝗥𝗘𝗦𝗧𝗘 𝗔̀ 𝗩𝗘𝗡𝗜𝗥

Sur le Sahara occidental le Maroc ne cultive aucune ambiguïté. Depuis la Marche Verte de 1975 le Royaume contrôle environ quatre-vingts pour cent du territoire et en revendique la totalité au nom de droits historiques jamais reconnus par la Cour internationale de Justice ni par la majorité des résolutions onusiennes appelant à l’autodétermination. Les reconnaissances diplomatiques se sont accumulées ces dernières années, les États-Unis en 2020, l’Espagne en 2022, la France en 2024, le Royaume-Uni en 2025, sans que le statut du territoire soit tranché par l’instance qui en a la charge. Le Front Polisario continue de réclamer un référendum promis depuis 1991 et jamais organisé.

𝗧𝗟𝗘𝗠𝗖𝗘𝗡 𝗖𝗢𝗠𝗠𝗘 𝗣𝗥𝗘́𝗧𝗘𝗫𝗧𝗘

À l’est le procédé change de forme sans changer de logique. En octobre 2024 l’écrivain Franco-Algérien Boualem Sansal déclarait au média Français d’extrême droite Frontières, dont le fondateur Erik Tegnér revendique lui-même un engagement pro-Israélien assumé depuis octobre 2023 notamment sur i24News, que l’ouest Algérien, Tlemcen, Oran, Mascara, avait appartenu au Maroc avant la colonisation française.

Cette phrase a surtout offert à la presse Marocaine un matériau inespéré. Des titres entiers ont depuis repris l’expression de Sahara oriental marocain pour désigner Tindouf, Béchar et la région minière de Gara Djebilet, présentant leur rattachement à l’Algérie comme une amputation coloniale à réparer.

Kamel Daoud a multiplié à son tour les prises de parole télévisées, écrites et radiophoniques en critique frontale de l’Etat Algérien bien avant la détention de Sansal, des intervention qui converge objectivement avec le narratif Marocain sans jamais l’endosser explicitement.

𝗕𝗔𝗠𝗔𝗞𝗢 𝗖𝗛𝗔𝗡𝗚𝗘 𝗗𝗘 𝗖𝗔𝗠𝗣

Plus au sud le mécanisme change encore de forme sans jamais changer d’objectif. Le 10 avril 2026 le Mali a retiré sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique et affirmé reconnaître la souveraineté Marocaine sur le Sahara occidental, un revirement obtenu à la faveur de l’isolement diplomatique de Bamako, coupé de la CEDEAO et brouillé avec l’Algérie depuis l’abattage d’un drone Malien à la frontière en 2025. Le Maroc a transformé cet isolement en levier, en offrant au Mali enclavé un accès à ses ports Atlantiques par l’Initiative atlantique et des milliers de bourses universitaires. Faire plier un voisin par la dépendance économique plutôt que par la reconnaissance d’un droit reste une forme de pression, la plus discrète de toutes celles exercées par Rabat sur son voisinage. Des sources sécuritaires évoquent par ailleurs une implication Marocaine dans le soutien à certains groupes armés Maliens, une piste a creuser dans un prochain edito.

𝗟𝗔 𝗙𝗔𝗨𝗧𝗘 𝗥𝗘𝗩𝗜𝗘𝗡𝗧 𝗧𝗢𝗨𝗝𝗢𝗨𝗥𝗦 𝗔̀ 𝗟’𝗘𝗦𝗧

Au nord la contestation porte sur Ceuta et Melilla, présentées par Rabat comme des vestiges coloniaux Espagnols à récupérer, ainsi que sur les eaux territoriales autour des Canaries. La semaine dernière un nouvel épisode d’exode de 72000 jeunes Marocains vers Ceuta a offert un cas d’école du réflexe qui traverse tout ce dossier. Plutôt que d’interroger les causes internes de ce départ massif l’écrivain Tahar Ben Jelloun a préféré en attribuer la responsabilité à l’Algérie, reproduisant à l’identique le mécanisme déjà observé sur le dossier Sansal, celui qui consiste à déplacer la focale vers le voisin de l’est dès qu’une fragilité intérieure devient visible.

𝗨𝗡 𝗧𝗥𝗢̂𝗡𝗘 𝗦𝗔𝗡𝗦 𝗘́𝗤𝗨𝗜𝗩𝗔𝗟𝗘𝗡𝗧 𝗥𝗘́𝗚𝗜𝗢𝗡𝗔𝗟

Cette singularité territoriale n’est pas isolée, elle s’inscrit dans une singularité politique plus large. Le Maroc est en effet la seule monarchie d’Afrique du Nord, entouré de républiques, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie et jusqu’au Mali un peu plus au sud. Cette différence de nature n’est pas qu’un détail constitutionnel. Elle s’accompagne de pratiques propres à la monarchie Alaouite, le baise-main rendu au souverain lors des cérémonies officielles, la détention par les membres de la famille royale de cartes de Chorfa attestant d’une filiation directe avec le prophète Mohamed et la moubaya’a renouvelée chaque année, un serment d’allégeance qui tient lieu de légitimation du pouvoir là où les autres pays de la région organisent, avec plus ou moins d’efficacité, des élections présidentielles.

Cette architecture politique explique en partie pourquoi la question territoriale échappe si facilement au débat contradictoire à l’intérieur du Royaume, la contestation de la carte officielle y touchant directement à la légitimité sacrée du souverain.

𝗟𝗔 𝗦𝗧𝗔𝗕𝗜𝗟𝗜𝗧𝗘́ 𝗡𝗘 𝗦’𝗔𝗖𝗛𝗘̀𝗧𝗘 𝗣𝗔𝗦 𝗔̀ 𝗖𝗘 𝗣𝗥𝗜𝗫

Qu’on se le dise, un pays ne peut pas revendiquer simultanément le statut de « pôle de stabilité régionale » et entretenir cinq fronts territoriaux actifs avec l’ensemble de son voisinage immédiat.

La stabilité ne se mesure pas à la solidité d’un trône ni à la fréquence des sommets internationaux organisés à Rabat. Elle se mesure d’abord à la qualité des relations avec ceux dont on partage la frontière.

Sur ce plan précis le bilan Marocain est celui d’une occupation non résolue au sud-ouest, d’une rhétorique de spoliation à l’est doublée d’une pression économique au sud, d’un contentieux colonial non éteint au nord et d’une ville fantôme dont le statut n’a jamais été tranché en cinquante ans.

Une carte qui redessine unilatéralement les frontières de quatre voisins à la fois n’est jamais un simple exercice d’archives, elle est en germe une déclaration de guerre à l’ensemble d’un voisinage.

Non, aucun autre État de la région ne cumule un tel nombre de dossiers ouverts avec l’ensemble de son voisinage immédiat. Et c’est précisément cette accumulation, plus que chaque dossier pris isolément, qui interroge la solidité du narratif de stabilité que le Royaume s’emploie à vendre à ses partenaires occidentaux.

 
 

Étiquettes : , ,