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Archives de Tag: Algerie

Deux pieds de distance

Washington DC n’exige aucun billet pour entrer dans ses musées. Elle exige autre chose, une proximité qui dérange autant qu’elle console.

Quelqu’un a osé ici, devant le paysage, laissant sur la tablette un crayon dont la mine s’est usée sous une main que l’on imagine hésitante. Et si le dessin qui en reste est raté, personne n’en a honte, pas plus que la National Gallery of Art, qui n’a jamais demandé de talent à l’entrée ni même de billet, seulement une porte qu’il suffit de pousser.

La gratuité change la nature du geste, elle retire le calcul entre le temps qu’on a et le prix qu’on a payé, si bien qu’on n’entre plus pour rentabiliser une dépense mais parce que la porte est déjà ouverte et qu’il suffit d’y entrer comme on entrerait chez quelqu’un qui vous attendait sans le savoir. Cette porte ouvre sur des salles pensées pour qu’on s’y attarde, où l’on glisse d’un mur à l’autre avec la lenteur de qui n’a de comptes à rendre à personne.

Musarder commence par s’asseoir et dans certaines salles les canapés gris se posent face aux cimaises, alignés sur les murs parallèles où trônent les tableaux, si bien que le regardeur qui s’y installe prend le temps de s’imprégner lentement de l’œuvre qui lui fait face avant de se relever et de glisser vers la salle suivante, comme on continue une phrase commencée ailleurs.

Des chevalets vides attendent au milieu du parquet, sans artiste attitré, ouverts à quiconque voudrait s’y accouder.

Non loin, une carte glissée près des bancs invite le visiteur à s’imaginer voyageur dans le tableau, à choisir un paysage et à s’y tenir trois minutes entières, quand la moyenne des regardeurs n’accorde d’ordinaire que huit secondes à une œuvre avant de passer à la suivante.

Les plus petits, eux, reçoivent la même invitation et à leur manière.

Un coin bas accueille de petites chaises et des crayons de couleur à hauteur d’enfant, non loin des canapés tournés vers les cimaises. La salle du plus grand musée de la capitale Américaine se transforme alors en salle de jeu le temps qu’un apprenti artiste peintre de quatre ans colorie sa propre version du tableau accroché au-dessus de sa tête, insouciant du temps qui passe.

Le musée mesure ainsi sa propre défaite face à la vitesse et choisit d’y opposer une pédagogie du ralentissement, si bien que le visiteur reprend le carton et le crayon, dessine une tour en ruine sur une falaise sans se soucier du résultat et glisse le viewfinder dans sa poche en repartant, comme on garde une photographie qu’on n’a pas prise.

Ce geste modeste, qui n’a rien d’un exploit, résume peut-être ce que ces musées organisent en silence, une fabrique de regardeurs actifs plutôt que d’artistes accomplis, capables de se projeter dans une toile peinte au dix-neuvième siècle par un Américain qui n’a jamais imaginé ce visiteur précis, venu d’Alger ou d’ailleurs, s’arrêter devant sa ruine imaginaire.

Ces salles finissent par annuler la distance entre l’œuvre et le passant, entre l’Histoire de l’art et la vie ordinaire, entre l’Amérique du dix-neuvième siècle et celle d’aujourd’hui.

Vivre en Amérique, c’est peut-être cela avant tout, appartenir à un lieu qui rassemble le monde entier sous un même toit sans lui demander de payer l’entrée, où une ruine Grecque côtoie une lumière Hollandaise, où une jeune fille Anglaise regarde un gentleman peint à la Française et où le visiteur circule d’un siècle à l’autre en quelques pas, sans passeport ni frontière.

Le musée devient alors un lieu de citoyenneté silencieuse, un endroit où l’on n’enseigne pas l’art mais la présence et où deux pieds de distance suffisent parfois pour se rapprocher de soi.

Note:

Le titre reprend une consigne inscrite sur le viewfinder distribué par la National Gallery of Art, qui demande aux visiteurs de rester à deux pieds, soit soixante centimètres, de chaque œuvre. Cette distance réglementaire devient ici une métaphore, celle d’un éloignement physique qui permet paradoxalement un rapprochement intérieur.

 
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Publié par le 12 juillet 2026 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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Scandales Américains, onde de choc planétaire.

Une question est revenue avec insistance cette semaine. Pourquoi le monde entier entend-il et découvre-t-il ces scandales Américains qui, bien que situés à l’origine dans une géographie précise et définie, débordent systématiquement sur le reste du monde.
Qu’on se le dise, cette circulation ne relève ni du hasard ni d’un simple effet médiatique. Elle s’inscrit, plutot, dans une architecture de pouvoir, d’information et de finance dont les États-Unis constituent le centre de gravité.

L’affaire Epstein en fournit aujourd’hui l’illustration la plus nette. The New York Times, Vanity Fair, Herald Miami et d’autres n’ont pas seulement publié des documents. Ils ont reconstruit des réseaux d’argent et d’influence, rendu visibles des complicités institutionnelles et déplacé le centre de gravité du secret vers l’espace public.
Très rapidement, la presse mondiale s’est placée dans le sillage de cette presse Américaine qui s’est distinguée dans la production de faits vérifiés, de récits structurés et d’enquêtes de fond.

Or cette avance ne s’est pas construite dans un vide politique. Bien au contraire, elle s’est affirmée malgré les pressions de la Maison Blanche 2026 et son armada médiatique mobilisée autour de Fox News, X, Newsmax et Truth Social, etc. Ces machines narratives pro-Trump, pourtant puissantes et coordonnées, n’ont pas réussi à étouffer l’affaire ni à en neutraliser la circulation internationale. En effet, la visibilité s’est imposée là où le silence était attendu.

Toutefois, cette dynamique rappelle d’autres scandales Américains qui ont traversé les frontières et structuré l’espace public international. Fraudes financières systémiques, effondrements de conglomérats, abus de pouvoir dans les industries culturelles voire des dérives institutionnelles majeures pour ne citer que ces scandales. Sans entrer dans le détail, chacun a révélé des dysfonctionnements dont les effets ne pouvaient rester confinés à un seul territoire.

Aussi, le monde ne découvre pas ces affaires par accident. Il les reçoit à travers un système médiatique Américain structuré, concentré et influent, capable de transformer des faits locaux en événements globaux. La presse d’investigation Américaine ne se contente pas d’informer. Elle force le réel à sortir de l’ombre, elle contraint les puissants à répondre et elle empêche le système de refermer trop vite la parenthèse du scandale.
Et si la presse Mondiale s’y aligne, Ce n’est ,certainement, pas par mimétisme mais par nécessité informationnelle.

Nous rappellerons sans cesse que les victimes d’Epstein sont et resteront la priorité absolue. Mais l’état de la presse impose une vigilance tout aussi urgente. La concentration des médias entre les mains d’intérêts économiques n’a pas empêché, fort heureusement la présence de journalistes debout, rigoureux et indociles. Leur persistance empêche la normalisation du silence et c’est inespéré.

Restes que le défi est désormais global. L’affaire Epstein et ses retombées sur des personnalités et des décideurs mondiaux replacent le droit du citoyen à l’information à son niveau réel, non comme un principe abstrait mais comme une condition de survie démocratique. Si cette ligne cède, ce ne sera pas une crise passagère, ce sera l’hiver de l’information. Gramsci l’a écrit, immuable et prophétique « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres. »

 
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Publié par le 9 février 2026 dans Politique et Société

 

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Dé intérieur,



https://latifakharrat.com/wp-content/uploads/2026/02/att.fvwvwbqetr35-jfzfbukezkoysqusfb1wblu3vkaw5k.mp4

Nous sommes cette fois devant un choix pictural bien particulier.
Brahim Achir, l’artiste peintre Algérien, nous invite à explorer son cube, une sorte de dé où chaque face déploie un visage féminin et ouvre un espace à la fois intime mais non moins complexe.

Ainsi, chaque visage révèle la présence subtile du peintre, qui s’y glisse et s’y installe en double parfait, couche de couleurs après l’autre, laissant les traits carillonner et se recomposer sous son geste.
Non, les yeux ne s’attardent pas sur le regardeur mais portent un monde intérieur si fragile, si intense.

Ensuite, vient la matière picturale, visible, parfois rugueuse, parfois lisse, toujours vivante.
La couleur, elle, éthérée et retenue ne flatte pas.
Gris, ocres, voire bleus sourds chamboulent et laissent deviner l’invisible.

Assurément, ces visages ne cherchent ni flatterie ni séduction mais intime au regardeur une attention tendue, presque douloureuse, où chaque détail devient épreuve et révélation.

Peu à peu, le cube cesse d’être un objet pour devenir un espace intérieur.
Chaque visage devient strophe et chaque angle résonne comme un écho des âmes.
Rigoureux dans la construction et lyrique dans le geste, Achir mêle technique et poésie afin de créer un espace où l’identité se fragmente, se multiplie et se redéploie sans rien perdre de sa complexité.

Dans ce temps suspendu, il n’y a ni beau classique ni glamour.
Seul le geste d’un artiste peintre déroule l’intimité du monde avant la sienne.
Le cube refuse l’agrément.
Il exige le regard, impose la pensée et ancre l’infini.

Tableaux de l’Artiste Peintre , Brahim Achir.
Dipingendo un mobile…
Olio su tela
Cm 60x60x100.

 
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Publié par le 8 février 2026 dans A pile et face

 

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Face à Upstein, les peuples.


D’abord, la divulgation de noms de personnalités Marocaines, Égyptiennes, Émiraties, Saoudiennes, Qatariotes, Yéménites, Koweïtiennes, Libanaises et Bahreïnies dans les dossiers Epstein a produit un silence plus éloquent que n’importe quel démenti. Aucun communiqué officiel offensif, aucune riposte diplomatique visible, aucune tentative publique de contre-récit. Ce mutisme n’est ni accidentel ni improvisé : l’invisibilité est une stratégie assumée.

Les pays concernés choisissent de neutraliser l’affaire par l’évitement. L’objectif n’est pas de convaincre mais de désamorcer. Dans les pays du Golfe, où la légitimité repose sur la performance économique, la stabilité sociale et la projection régionale, l’exposition médiatique constitue un risque stratégique. Dans d’autres contextes, comme le Maroc, la vulnérabilité tient moins à la puissance économique qu’à l’équilibre interne fragile.

Le scandale Epstein, impliquant Ahmed Aboul Gheit, Sultan Ahmed bin Sulayem, Aziza al-Ahmadi, Yousef al-Otaiba, Taïeb Fassi Fihri, Abdeslam Jaïdi, Mostafa Terrab, le Roi Mohammed VI, Cheikh Hamad ben Jassim, Jabor Bin Yousef Bin Jassim Bin Jabor al Thani, Shaher Abdulhak, Anas al Rasheed, Abdallah ben Zayed Al Nahyan, Saad Hariri et Khalid ben Ahmed Al Khalifa, n’est pas traité comme une affaire judiciaire mais comme une variable de vulnérabilité informationnelle. La priorité n’est pas la transparence mais la continuité et le maintien des équilibres internes.

Cette stratégie révèle une fracture entre régimes informationnels. Les démocraties occidentales n’ont pas cherché à éclairer le public : elles ont filtré, retardé et dilué l’information pour protéger leurs élites et le Président Américain, utilisant médias et plateformes comme instruments de contrôle narratif. Les pays Arabes et du Golfe, eux, considèrent le scandale comme une perturbation externe sans effet systémique. Ce n’est pas un désaccord moral : le scandale n’a d’impact que dans le contexte du régime politique et du contrôle de l’information. Le silence devient alors un instrument de souveraineté.

Cette logique de contrôle n’est pas neutre. Elle repose sur la capacité à contenir la circulation transfrontalière des informations, tout en reconnaissant que le scandale circule dans des réseaux judiciaires, enquêtes collaboratives et bases de données publiques. La non-réponse ne supprime pas la diffusion : elle la décorrèle du champ politique interne et protège les équilibres stratégiques.

En définitive, l’affaire Epstein ne révèle pas seulement la porosité des élites occidentales ; elle expose aussi la diversité des logiques de pouvoir et de contrôle de l’information. Dans certaines régions, la circulation d’une information sensible est subordonnée à la stabilité et à la projection de puissance. Dans d’autres, elle est manipulée pour protéger des élites politiques. La question centrale n’est plus ce qui est vrai, mais qui décide que cela mérite d’être reconnu.

Dans cette architecture fragmentée du réel, le silence et la manipulation sont des réponses stratégiques. Epstein n’est pas seulement un scandale judiciaire : il est un révélateur des mécanismes de pouvoir transnationaux et de la façon dont l’information circule selon les logiques de souveraineté et de protection des élites.

 
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Publié par le 4 février 2026 dans Politique et Société

 

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Doomscrolling et surcharge informationnelle : l’épuisement global,

Nous sommes saturés. Pas de nouvelles informations, mais de la présence permanente.

Chaque écran impose son rythme, chaque notification est un tremblement. On ne s’informe plus, on subit. L’attention s’épuise avant même d’avoir trouvé un sens.

Trump a montré la voie : une phrase, un mot, suffisent à créer une tempête. Il ne s’agit pas de gouverner, mais de remplir l’espace. La politique s’est installée dans cette logique, saturer pour occuper, annoncer pour dominer. La réalité devient secondaire.

L’extrême droite dans la lancée prospère sur la haine de l’autre. Cette haine n’est jamais abstraite. Elle a un visage, un accent, une langue, une peau. Et trop souvent, ce visage, c’est le nôtre. La peur de ce que nous désignons comme extérieur finit par nous ronger. Sa méthode repose sur le refus permanent, la dramatisation, le noir complet. Pas de projet, juste de la colère concentrée.

Au milieu, les citoyens épuisés se défendent comme ils peuvent. Chaque information devient une épreuve. Chacun choisit un camp, chacun se protège. Les dirigeants eux-mêmes suivent la cadence des réseaux. Ils ne décident plus, ils réagissent. La vitesse a tué la nuance, l’action s’est perdue dans le flux.

Résultat : un brouillard permanent. Trop de faits, trop d’opinions, trop de bruit. On croit être informé alors que l’on est saturé. La fatigue mentale devient le fond de l’époque. Elle s’installe partout, de Washington à Alger, de Paris à Séoul.

Ce n’est pas un effondrement. C’est une lente érosion de la capacité à penser et à juger. Le remède n’est pas dans la technologie ni dans un discours moral. Il est dans un geste simple et rare, celui de suspendre, regarder, attendre avant de réagir.

Accepter de ne pas tout savoir et de s’en porter mieux.

La démocratie ne manque pas d’informations mais de temps pour respirer.

 
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Publié par le 23 octobre 2025 dans Politique et Société

 

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Netanyahu et Trump redessinent le Moyen-Orient, le reste du monde suit.

Ce n’est pas une table de négociation, c’est un champ de ruines. Et pourtant, c’est là, au cœur de ce qui reste de Gaza, que Benjamin Netanyahu et Donald Trump sont en train de redéfinir le Moyen-Orient – non pas en résolvant le conflit Israélo-Palestinien mais en le vidant de son contenu diplomatique, en le transformant en simple condition préalable à une nouvelle alliance régionale.

Le plan Trump pour Gaza, approuvé par le gouvernement Israélien, présenté comme un projet de « paix durable », ressemble moins à un accord qu’à une architecture de reddition : celle du Hamas, évidemment, mais aussi – plus discrètement – celle du multilatéralisme, de l’ONU, du droit international et des voix Arabes « modérées ».

Dans ce scénario, la paix ne se construit pas à deux, elle s’impose unilatéralement par la force et la désignation des partenaires légitimes. La diplomatie, ici, n’est plus une médiation. C’est une proclamation.

Le contournement assumé de la France et de Riyad

La première victime collatérale est la proposition Saoudo-Française, longtemps présentée comme la seule alternative crédible à une guerre sans fin. Conçue comme une relance du processus de paix fondé sur deux États, avec des garanties internationales, elle portait l’empreinte d’une France qui voulait revenir au centre du jeu diplomatique et d’un Riyad soucieux d’éviter une normalisation à genoux.

Mais cette initiative a été écrasée par la mécanique Trump-Netanyahu avant même d’avoir été formellement rejetée.

L’Arabie Saoudite a été dépossédée de son rôle de médiateur, la France reléguée au rang de spectateur agacé.

Pour Emmanuel Macron, c’est un camouflet diplomatique de première ampleur : non seulement Paris est exclu du format de décision, mais il est délibérément ignoré, comme si la vieille Europe n’avait plus aucune pertinence dans un conflit qui la hante depuis cinquante ans.

L’ONU dévitalisée, le droit relégué,

Ce n’est pas un oubli : le plan Trump-Netanyahu ne fait aucune référence sérieuse à l’ONU. Ce silence est intentionnel. Depuis le premier jour de cette nouvelle séquence, les deux hommes ont agi comme si le droit international n’avait plus de valeur contraignante et l’ONU, plus de légitimité opérationnelle.

Ce n’est pas seulement une critique, c’est une stratégie,

Décrédibiliser l’ONU, la Cour internationale de Justice, les résolutions passées – tout cela sert à créer un vide normatif, dans lequel une nouvelle géopolitique peut émerger. Une géopolitique dans laquelle les États-Unis, Israël, et quelques partenaires soigneusement choisis (Émirats, Bahreïn, peut-être bientôt Riyad) décident de qui est « autorisé à exister » sur la carte du Proche-Orient.

Riyad, cible finale.

C’est là que l’opération prend tout son sens. La guerre à Gaza, les frappes en Syrie, les tensions au Liban, même les provocations contre l’Iran : tout cela converge vers un objectif stratégique unique – forcer l’Arabie Saoudite à signer les Accords d’Abraham. Non pas en tant qu’acte de paix, mais comme acte d’alignement total avec un ordre régional dicté depuis Jérusalem et Washington.

Netanyahu veut cette signature non pour la photo, mais pour l’histoire. Elle viendrait entériner la fin de la centralité Palestinienne dans le monde Arabe, achever le processus d’inversion entamé avec les Émirats et Bahreïn et redéfinir le rapport de force entre sunnites et chiites, entre modérés et résistants, entre puissances Occidentales et rivaux Eurasiens.

Moscou et Pékin en observateurs impuissants.

Face à cette recomposition, que reste-t-il à la Chine et à la Russie ? Officiellement, Moscou condamne les frappes Israéliennes et soutient une solution à deux États. Pékin appelle au cessez-le-feu, se pose en médiateur neutre. Mais la réalité est crue : ni la Russie ni la Chine ne sont capables d’influer sur la dynamique en cours. Elles n’ont ni troupes sur le terrain, ni leviers économiques crédibles, ni accès aux centres de décision.

Netanyahu et Trump ont délibérément neutralisé le format multilatéral dans lequel Moscou ou Pékin auraient pu jouer un rôle. L’arène, désormais, se limite à ceux qui parlent à Tel-Aviv et à la Maison-Blanche. Les autres peuvent commenter, ils ne peuvent plus empêcher.

Une victoire à double tranchant.

Ce que Netanyahu obtient aujourd’hui, c’est une forme de suprématie diplomatique sans précédent pour un Premier ministre Israélien. Il dicte le rythme, choisit les partenaires, fixe les termes. Trump, dans son deuxième mandat, agit non pas en modérateur, mais en catalyseur.

Ensemble, ils déplacent la géopolitique hors des institutions, hors du droit, hors de la mémoire.

Mais cette domination a un prix. Gaza est en ruines. Le Liban est au bord de l’explosion. L’Iran n’a pas dit son dernier mot. Et l’opinion publique Arabe, si elle est contenue aujourd’hui, peut devenir la prochaine onde de choc.

Le plan fonctionne, pour l’instant. Mais si la paix ne vient pas, ce n’est pas une victoire. C’est une accalmie avant la prochaine tempête.

 
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Publié par le 30 septembre 2025 dans Politique et Société

 

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Saada Arbane face à Kamel Daoud: l’autre histoire.

Derrière l’éclat des plateaux télé et la gloire littéraire, l’affaire Saada Arbane contre Kamel Daoud révèle un autre visage : celui d’une lutte pour la dignité et la parole. Dans ce podcast, nous revisitons la chronologie de cette affaire, entre confidences familiales et regards de la diaspora algérienne. Avec Assia Mentouri et Sofiane Djebbar, nous interrogeons : comment une histoire intime se transforme-t-elle en affaire publique ? Et que dit-elle de notre rapport au pouvoir, à la culture et au silence imposé ? Septembre 2025. Domino Podcast est animé par: Zoubida Berrahou, Autrice et Professeur des Universités à Mascara- Algerie. Latifa Kharrat, Journaliste basée a Washington DC.

 
 

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Maroc, Israël, France : désinformation sur commande, démocratie sous influence.

Parlons vrai pour une fois, ce n’est pas juste une histoire de trolls, de fake news ou d’algorithmes. C’est une guerre cognitive. Et dans ce champ de bataille numérique, le Maroc a pris l’ascendant, Israël est l’architecte, l’Algérie est la cible.

Et la France ? Spectatrice complaisante.

Le Maroc, un royaume obsédé par le contrôle du récit,

Depuis 2014, Rabat ne joue plus dans la cour du soft power à l’ancienne.

Il s’agit désormais de modeler les imaginaires, brouiller les récits, saturer l’espace d’une seule version : la sienne.

Le Sahara occidental, ligne rouge numérique,

Faux comptes Twitter, blogs fantômes, hashtags fabriqués.

Harcèlement de journalistes, ONG, militants.

Délégitimation algorithmique de tout discours alternatif.

Mais ce n’est que la surface. Car l’ennemi principal dans la stratégie Marocaine, c’est l’Algérie.

L’Algérie : cible prioritaire du dispositif Marocain,

La guerre froide entre Rabat et Alger a muté : elle est désormais numérique.

Le Maroc finance discrètement des opposants Algériens exilés. Il leur transmet des informations ciblées pour structurer un récit corrosif contre Alger.

Campagnes de dénigrement contre des figures politiques Algériennes.

Tentatives de sabotage de l’image de l’Algérie à l’international (notamment dans les débats sur le Sahel, la Palestine, ou les hydrocarbures).

Surveillance et harcèlement de la diaspora algérienne en France, a Londres et en Belgique.

Narratif construit : l’Algérie serait instable, autoritaire, dangereuse — et le Maroc, la vitrine moderne et “pro-occidentale” du Maghreb.

Nous sommes en presence d’une guerre asymétrique, externalisée et surtout, invisible pour le grand public.

Pegasus, Team Jorge : la guerre sous-traitée.

– 2021 : Pegasus

Scandale mondial. Espionnage de journalistes, militants, diplomates et meme des presidents d’etats dont le Français Macron.

Cibles algériennes nombreuses, notamment dans les milieux politiques et médiatiques.

Le client ? Le Maroc.

Le fournisseur ? NSO Group, Israël.

-2023 : Team Jorge

Une cellule Israélienne de désinformation à la carte, infiltrée par Forbidden Stories.

Le Maroc figure parmi les clients identifiés.

Et selon les documents, l’Algérie est la cible numéro 1.

Qui finance quoi ? La France regarde ailleurs.

Premier partenaire du Maroc ? La France.

Investissements, échanges sécuritaires, proximité diplomatique…

Paris ne dit rien. Même quand :

Des journalistes français sont espionnés via Pegasus.

Des campagnes de désinformation visent l’UE.

Des ingérences marocaines sont pointées du doigt au Parlement européen.

Pourquoi ce silence ?

Parce que le Maroc est un « allié stable ».

Parce que les intérêts économiques priment.

Parce que le récit anti-Algérien arrange certains cercles Français.

Une démocratie attaquée, en scrollant.

Ce que révèle cette stratégie d’influence :

Un État autoritaire,le Maroc, qui sous-traite sa guerre de l’information.

Une entreprise Israélienne (Team Jorge) qui vend la manipulation à l’international.

Des plateformes américaines (Facebook, X, LinkedIn…) qui hébergent les attaques.

Et des démocraties européennes qui laissent faire, sans contre-feu.

Pourquoi l’Algérie est-elle la cible parfaite ?

Rival historique et concurrent régional du Maroc.

Porteur d’un récit indépendantiste, panafricain.

Présente une image moins « lisse », donc plus facile à diaboliser dans l’opinion occidentale.

Mais pas que, l’Algerie compte une diaspora politisée, que le Maroc cherche à neutraliser ou discréditer.

Ce n’est pas un cas isolé. C’est un modèle.

Ce que fait Rabat, d’autres régimes l’imitent ou l’achètent.

Israël vend son savoir-faire comme un produit d’export.

Et les démocraties ? Elles scrollent. Elles tergiversent. Elles perdent du terrain.

These must d’os.

Il est temps de sortir du déni, ce n’est pas « du lobbying » ni « de la diplomatie numérique ».

C’est une stratégie de sabotage démocratique, menée par des alliés supposés, avec des outils de surveillance et de manipulation massifs.

Tant qu’on laissera des États amis hacker le débat public, nos sociétés resteront vulnérables aux récits préfabriqués, et nos institutions piégées dans l’impuissance.

Le monde n’est qu’ un marché de l’influence dans lequel les régimes achètent des récits, les vérités sont hackées et nos démocraties scrollent.
PS:

Supplement de lecture:

https://forbiddenstories.org/fr/team-jorge-desinformation/

 
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Publié par le 28 juillet 2025 dans Politique et Société

 

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