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Chanel fait son souk…



Chanel fait son marché dans nos souks et nous renvoie la marchandise via la rue Combon.
Sarouel Algerois,robe palestinienne,keffieh,shmegh Khalidji et la célébrissime babouche d’Ali Baba ,toutes les textures etaient labelisée made in « Bariz »et revendues aux Sheikhettes de Dubai…
J’entends deja les « PR « dire que le « lâcher prise design » etait vital afin de mieux répondre aux notes orientales et aux voix multiples de la femmes Chanel ,croisiere 2014. .
PS:
J’adore ce qu’ils ont fait du keffieh-kouffia- Palestinienne.la version transparante est Waouw!, 

 
 

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Née d’un jour limpide…

Et si le bavardage n’etait qu’une forme d’élégance de la vie…Ne pas se tenir en reste des respirations de la citée mais chahuter volontairement le silence public, tenter d’habiter la parole de l’autre en feuilletant différents niveaux de langues… 
la littérature,la peinture,la musique,n’en seraient alors que des respirations permettant de merveilleux sauts sur les trampolines de nos vies. 
10:35 aux Etats unis,18:35 a Abu Dhabi et 16:36 a Alger, tant d’aiguillages pour une seule voie qui laisserait place aux voix ,celles -la mêmes louchants sur les placards des autres…Je vous parle d’une sorte de « story board » foisonnant sur les sensations d’un rythme,sur le comment produire du renouveau, sur le comment apprivoiser l’inédit. 
Pour cela ,laissons venir les récits intérieurs sur nous mêmes, sur notre terre …Rendons visibles nos femmes et nos hommes anonymes …Melons nos sangs et nos sons et prenons nos enfants par la main comme pour rentrer dans une prière.
Ce soir ,je suis une Algerienne du monde,née d’un jour limpide.

Photo de Lydia Chebbine.

Photo de Lydia Chebbine.

 

 
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Publié par le 19 Mai 2014 dans A pile et face

 

Encombrer les chapitres…

houm

J’habitais la rue Gallieni, a la villa numéro 6 de la cite Sainte Thérèse…A l’époque je fréquentais le lycée Saint Augustin dans une ville baptisée officiellement Annaba mais les gens s’entêtaient a l’appeler Bône.
La vie commençait,pour certains,sur une série de malentendus d’ordre patronymique.
Je suis une Algérienne parmi tant d’autres et mon univers était celui des confusions historiques…
Voila que débarque la mauvaise foi

Enfilade avec une amorce…
La tendresse a ses quartiers de prédilection dans une ville…Elle a également une chronologie et une logique inhérentes a l’espace visuel entre plein et vide, lisse et rugueux, courbe et droite …Enfant,je marchais aux cotes de ma ville …Pas en dedans mais en parallèle …sur une ligne imaginaire,cette autre en rayon de lune.

Mon école primaire s’appelait Ben Boulaid ,ce grand héros de la révolution Algerienne etait coincé,géographiquement parlant , entre Saint cloud et Sainte Thérèse 
Cela fait un siècle que je voulais rencontrer les maires et préfets de mon pays, question de causer dénomination des quartiers et places publiques …peut etre qu’il faudrait procéder autrement que par remplacer les plaques métalliques par d’autres car de mémoire de Bonoise je n’ai entendu dire  » J’habite a Rezgui Rachid plage »…Ils disent depuis le premier jour « J’habite Saint cloud ».
Nous longions 4 fois par jour le front de mer afin de rejoindre l’école , nous avions également coutume d’acheter des viennoiseries a la boulangerie du quartier,la première dans la ville a fonctionner au four électrique ..le nec plus ultra des annees 70 dont le proprio n’était autre que « Boulahrouf », l’un des principaux artisans des accords d’Evian du 18 mars 1962,du moins c’est ce qui se chuchotait..
L’après-midi a la sortie des classes nous faisions le plein de pittoresque et de « batonnets de bourek « chez 3ammi Mahmoud ..Un vrai tableau haut en couleur que ce prince déluré a la soixantaine solidement entamée.
Il se tenait droit dans son bleu de chine, une branche de menthe derrière l’oreille et la bouteille de » bierre 33″ a peine dissimulée en bas du comptoir …La transition croissant/bourek se faisait naturellement,le plan étant a la base celui de frotter deux mondes l’un a l’autre et non de les de les confondre.
Une drôle d’enfance qu’était la notre passée a flairer la mousse délicate de l’étendu bleu entre la leçon de calcul et cette autre d’éducation religieuse .
Latifa est mon prénom ,wahiba,Saida,Narimane,Houda,Hassina,Samira étaient ceux de mes copines .
Mes héroïnes ,elles, s’appelaient Martine ou Alice et L’espace graphique se prêtait a toutes les confusions.
J’avais 10 ans et j’étais une Algérienne de l’après 62.
To be continued.

 PS:
Mon adresse a Alger est la rue d’Isly et c’est a ce moment precis que commence l’histoire

 
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Publié par le 11 Mai 2014 dans A pile et face

 

les civilités de l’écriture …

voi

 

Elle avait coutume de glisser son livre de chevet dans son sac et le promener ainsi de la maison au bureau,puis du bureau au super marché,ext,ext..
Le livre allait partout.
Il sillonnait la ville et assistait,a longueur de semaine,a des concerts.
Il visionnait des movies.
Il faisait de longues promenades dans des jardins français.
Il poussait,contre toute attente la fantaisie jusqu’à rentrer dans des librairies,question de se mesurer aux autres reliures…
Elle aimait a penser que ce mille-feuille en papier avait besoin de prendre l’air de temps a autre.

Elle était également persuadée que les livres la regardaient.
Toutes ces lignes suaves,ces courbes érotisées a certaines heures de la journées ,ces aiguës parfumés,ces hauteurs,ces durées,ces variations mémorielles bavardes comme des pies ,scrutaient ses moindres gestes,pariaient sur ses réactions et se jouaient de ses émotions au rythme de la ponctuation.
Ah,les points virgules qui ne sont la que pour marquer l’hésitation et entrecouper le souffle…Souvent c’est a quelques « points » prés que vous prenez conscience de ce que vous désirez et n’avez pas…
le rideau se lèvera ,bien des fois,au détour d’une série de petits points,sur une temporalité annonciatrice de long duels entre celui qui possède,l’auteur et cet autre qui désire,vous..

Les livres lui parlent également,non pas de cette voix du narrateur mais d’une toute autre palette vocale ,celle d’une couche cosmique qui déjoue nos calculs.
Bon ,je vous explique :
Non,plutôt,
Elle nous explique qu’au dessus de la voix de l’auteur et juste avant celle du héros, il y a tous ces autres non- dits.Toutes ces voix- off qui sont la véritable parole,le hors champs qui s’épaissit ,s’étoffe, gagne en relief, déborde pour finir par constituer le véritable socle de la romance qu’aucun livre ne saura raconter ni empêcher. .

Elle aimait a répéter que l’écriture, au fond ,est un acte solitaire.
l’auteur n’a pas besoin de l’autre pour se raconter…L’auteur n’a pas besoin du lecteur tellement il se voit en lui.
l’écriture est un acte spirituel,un lieu d’abstraction figuratif…l’ecriture est le point final de l’auteur car une fois le mot couché, la devant ,sur une feuille ,il ne lui appartiendra plus et deviendra l’apanage du lecteur et de ses multiples interprétations.

21:45,la nuit est encore longue…elle tend la main vers la table de chevet et s’empare d’une des trois bouteilles d’eau disposées de façon soigneuse et un rien obsessionnel. Tout est dit dans cette simple forme du récit…le délice de l’arrondie de cette main qui se replie sur la bouteille et non sans rappeler l’intention qui vient de l’intérieur…

23:06,une autre rasade d’eau qui viendrait interrompre l’exercice du récit, ce silence a solitude …elle essaye,au fond ,de gagner du temps et puise dans les civilités de l’écriture afin d’épargner son lecteur et lui éviter les bouleversements de la vie …du-moins pour cette nuit.

 
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Publié par le 7 Mai 2014 dans A pile et face

 

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Ma fille, google et moi…

Carnet de bord d’une maman endimanchée,

Un wee-kend avec sa fifille ,a l’allure et au ton New-New-yorkais confirmés,est en quelque sorte un panorama enthousiaste et flamboyant de ce qu’est la vie a 20 ans.
Ouais,je vous l’accorde il y a surtout le doublé I phone/laptop mais entre deux cliques on arrive a construire une sorte de littérature qui tient sa promesse de tendresse et de « fun ».
La scène principale s’ouvre donc sur une jolie table avec nappe blanche et cristal d’usage… Voila, maman -trop sérieuse,au gout du narrateur- faisant face au fruit de ses entrailles ,sa bataille -dixit cheb Daniel Balavoine-.
Les yeux gourmands de l’une et de l’autre parcouraient les heureuses proportions du sucré/ salé: une volaille farcie d’un savant dosage de fruits/amande et rôtis a point,conjuguée a une entrée /bourek – un feuilleté a la mode Algerienne aux crevettes/sauce béchamel-.
-« Cela remonte aux années 89,ton papa couvrait a l’époque la rencontre inédite du président Algerien Chadli Ben Djedid avec le roi du Maroc Hassan 2 a l’endroit dit « Zoudj Bghel « les deux mules »,inédit dans le texte et dans l’Histoire ».
le joyeux vagabondage verbal me servait surtout d’alibi afin de parler d’une mythologie culinaire a la base de tous mes fantasmes gustatifs jusque la .
J’avais ,en effet,demandé ce jour la ,le menu de la table présidentialo-Royale sur quoi mon mari me répondit d’un air détaché qu’il y avait entre autre , un TADJIN AUX FRAISES.
Tadjin /fraises ,deux mots pour bouleverser irrémédiablement mon dico/cuisine et sublimer une table a laquelle je n’étais pas convié…Un vrai choix dans la surenchère du sensuel …Que de fois n’ai je pas pensé goulûment a cette exubérance goûteuse…cet impératif cuisino/esthétique a longtemps hanté mes casseroles …C’est même devenu ,au fil du temps,un parfum emblématique du raffinement de la table,un plat de jouvence,au final.
C’est alors a cet instant précis de l’enivrement récital que ma fille brandit contre toute attente son I Phone et « google » fatalement le fameux plat.
Le visage rayonnant elle m’envoie cruellement d’un pianotement de doigt, son crochet droit fatidique :
« C’est un coulis de fruits rouges, maman ,un coulis de fraise avec une glace.Voila ,tu as la recette de ton Tadjin en détail. Simple ,non? ».
Commence alors pour moi le voyage tragique … toute ma mémoire fictionnelle était en lambeaux devant l’amère résultat :
« Google contre Latifa /KO technique a la faveur de google et ce du premier round. »
Assez saisissant ce coté non concernée que prenait Lydia en choisissant délicatement dans l’assiette, l’un des feuilletés croquants …En fait elle venait de dérouler ses exigences de contemporanéité devant mes croyances folkloriques.
Mes avis de rêveries s’avèrent dérisoires devant la froide logique de google,l’invité de dernière minute et surtout indésirable a ma table, ce soir la.
Cheers.

 
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Publié par le 4 Mai 2014 dans A pile et face

 

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« Borders Behind ».

Mahmoud Darwish , محمود درويش ne manquait jamais de le rappeler de son vivant:
« Je ne suis pas le poète de la mort ,ni celui de la guerre…je suis avant tout le poète de l’amour,le poète de la sensualité, celui de la femme, de la nature…Pour rajouter plus loin : « Que dit le poète si ce n’est les choses simples loin des sentiers tortueux des épopées , je ne veux pas d’héroïsme et mes poèmes sont une revendication franche au droit a la bêtise…Je cherche a casser les clichés emblématiques et l’image que l’on se fait du Palestinien… »
Des année plus tard Adnan Joubran,jeune musicien Palestinien ,lui aussi , poussera le même cri pour raconter la même âme enchanteresse, que celle de son aîné et idole.
Adnan égrènera des effluves en notes ,nous emmène en balade loin derrière les frontières.Guidée par cette alchimie intérieure qui réussi la prouesse de mélanger merveilleusement les sons et les sangs…Il dira pourtant avec une simplicité, presque déconcertante :
« Les maqâms [échelles mélodiques] et la façon de passer de l’un à l’autre sont très proches entre les musiques orientales et indiennes .Quand j’écoute un raga, j’en vis chaque développement. Quant au flamenco, j’y entends la même passion que dans la musique orientale et j’y retrouve les quarts de ton absents de la musique occidentale. ».
Prabhu Edouard le brillant joueur de tablas et spécialiste de la musique indienne, le violoncelliste français Valentin Moussou, l’Espagnol Javier Sanchez au cajon et en invité spécial l’espagnol Jorge Pardo au saxophone et à la flûte…autant de génie multiformes ,haut en couleur et tellement généreux mis a contribution afin de chanter le monde avec un grand « M ».
J’ai le plaisir mes chers amis de partager avec vous ce soir ,ce lumineux album qui raconte mieux que quiconque le passage entre deux mondes ,qui raconte mieux que quiconque l’intimité des âmes voyageuses.

« Borders Behind ». album solo du joueur de Oud Adnan Joubran.
label : World Village
parution : 2014

 
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Publié par le 15 avril 2014 dans musiques et videos

 

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les compagnies turbulentes…

mmm

Elle met du Bach le temps d’arroser ses pots de fleurs…Les mots se bousculent dans sa tête mais rien ne sort …Elle enfile un jean en vitesse sans plus s’attarder devant l’immense miroir dressé au milieu de la chambre face a la tête de lit en cuir vieilli. Rouler un moment en voiture…ça va la détendre de voir du soleil sur les visages des passants.
Cela fait un moment qu’elle regarde les autres et au grès de l’humeur ,souffle sur une mèche de cheveux, édulcore une ride ou alors laisse éclater un vrai fou rire.
La regardeuse a de ces postures bienveillantes pour les âmes voyageuses au point de s’entendre souvent « lui » dire,comme une coquetterie :
_ »Il y a des tourbillons dans ma tête…mais ne t’inquiètes pas, je gère pas mal au final. »
Elle disait cela en lissant ses paupières du bout des doigts et reprenait en un souffle l’histoire de ce peintre qui dessinait les lignes et les couleurs laissés sur sa rétine…Ce peintre qui ne peignait que ce dont il se souvenait…
« Lui »,ne savait comment prendre cette réponse /sermon.
Il est tellement loin des impressions des couleurs de l’enfance, tout préoccupé qu’il était a aplanir le quotidien.
_ »Je pense a nous deux en termes de confusion temporelle. » Disait elle ,encore ,précieusement.
L’un serait dans l’horizontalité au moment ou l’autre s’inscrivait volontairement dans la verticalité d’ou ces silences confus que d’aucuns prendraient pour de la timidité voilée…Elle passait son temps a chercher les mots justes pour brosser les contours vacillants de leur âmes respectives et éviter ainsi les frayeurs inutiles…c’est ce que nous appelons communément la vie moderne!.

 
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Publié par le 12 avril 2014 dans A pile et face

 

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Les voix regardeuses…

Le bruit que faisait la carte de crédit que l’on passait dans le terminal de paiement électronique était particulièrement jouissif ce jour-là…Un,deux puis quatre magasins douillets,colorés de cette touche discrète et particulièrement chic avec des mannequins sympathiques et aimables prêts a se plier en quatre pour vous satisfaire…
Elle regardait.
Elle caressait la matière.
Elle se laissait séduire par la fluidité des coupes.
Elle vérifiait les coutures ,retouchait mentalement l’image dans l’intimité des cabines d’essayages et répondait en souriant généreusement a la vendeuse tout en restant attentive a la voix qui lui parvenait de la radio…C’est curieux le rapport qu’elle a développé au fil des ans avec l’ouïe.
Son oreille devenait progressivement le souffle de sa vie,le lieux incontournable des croisements éphémères ,ou pas d’ailleurs, de ses palpitations .
Boulot,vie familiale et cette autre sociale,tous passaient par l’oreille …
Au final, elle n’est qu’une résonance magnétique de voix multiples qui se déplacent…Une sorte de phonographe version RH – Un grand label Américain-.
Un phonographe donc que l’on raccorde a un I phone afin de faire vibrer les instants du maintenant associés aux tonalités d’hier …le résultat est magistralement époustouflant : un grain de voix présent/ancien ,une sorte d’alibi rétrospectif.
l’autre voix était quelque peu embuée ce matin…comme fragilisée malgré le ton qui se voulait rassurant:
_ »c’est juste une petite fièvre due a la climatisation…mais non ,que vas tu chercher la …ce n’est rien ,je te dis ».
la couleur d’une voix a cette faculté d’amener les choses et de les mettre en suspens, le temps d’une communication qui nous parvient au delà de quelques 11351 klm ,
de quelques 11351 tâtonnements,
de quelques 11351 caresses maladroites et inachevées,
de quelques 11351 aveux a peine perceptibles,
de quelques 11351 manquements,
de quelques 11351 frustrations et d’un infini de nuits en latence.
11351 valses exécutées goulûment sous un ciel de pleine lune…les instants intimes de l’âme confondus dans les profondeurs de la voix tournoyaient autour des corps…
Elle baisse le son de sa radio et remercie poliment le personnel pour aller respirer profondément sur le trottoir et faire le plein d’instantanés des quidams heureux de se laisser aller au grès des chemins que dessinaient les rayons du soleil de ce samedi printanier.
Regarder la vie en mode aérien…révéler les infimes détails du quotidien a la manière de l’art moderne, par tache entière de lumière qui ne s’expliqueraient que des siècles plus tard par la voix de suffisants critiques de l’image.
La vie ne trouverait son sens qu’en mode » flash back » et c’est tant mieux pour les voies des regardeuses.
Elle sourit a l’idée des voix regardeuses et le boulevard s’élargit devant ses yeux plissés sous l’effet de la lumière du jour…Malek Haddad disait:
_ »Cocher ,conduis nous sur un rayon de lune ».

Photo de Lydia Chebbine. New York,Mai 2014.

Photo de Lydia Chebbine.
New York,Mai 2014.

 

 

 

 
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Publié par le 12 avril 2014 dans A pile et face

 

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