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Avec Dylan et Obama mais definitivement sans Trump.

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Ils étaient nombreux a faire la moue, a ne pas applaudir et a s’emmurer dans une rebuffade des plus ridicule.
Les plus têtus,eux, se sont tortillés plusieurs fois avant de donner libre cours a leur imagination douteuse accusant tour a tour la mondialisation, le capitalisme sauvage et enfin la frivolité impardonnable dont a fait preuve l’académie Suédoise.
Un troubadour en Nobel ou un Nobel clochardisé qu’importe la pertinence de la métaphore puisque selon eux, c’est l’immuable littéraire que l’on exécute, que l’on troque  contre le vide sidéral.
Bob Dylan ce faiseur du contemporain, juste poète et libre diseur est doublement incriminé pour son Américanitée caricaturale surement mais surtout d’avoir osé chanter puissamment l’Art majeur dans la rue pour les sans dents. Never complain, never explain
Je me vois encore, il y’a de cela un peu moins de 40 ans, avancer a pas de loup jusqu’a la chambre de mon grand frère.  Je faisais glisser d’un geste long l’enregistrement audio dans le lecteur cassette, une voix nasillarde, un point poivrée, chaleureuse me parvenait alors de la lointaine Amérique jusqu’a Annaba, ville de l’est Algerien.
Je fermais bien souvent les yeux bercée par le rythme babillard, rond, captivant et tentais la gageure de rattraper le refrain.
Man gave names to all the animals
In the beginning, in the beginning.
Man gave names to all the animals
In the beginning, long time ago..
 PS:

Merci a mon frère Toufik, médecin de son état et grande gueule devant l’éternel de m’avoir initié très jeune au style Dylan. Autrement dit ne jamais s’adosser sur l’acquis. Cheers.

 
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Publié par le 14 octobre 2016 dans musiques et videos

 

Je suis venue…

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Prologue,
Elle arpentait la rue comme on remontait le temps. la fine silhouette tentait de caler avec entêtement le bruit de ses talons sur la brumaille qui lui remontait du fond de l’estomac.
Coucher sa douleur sur l’asphalte c’était clairement faire sans les mains fugitives habituées a glisser l’une dans l’autre comme dans un jeu de maille ininterrompu jusqu’à, hier.

Bruit,
Froissement de feuillets et chute étudiée des boules de papier dans la corbeille mais avant,  il y’a eu la sonnerie stridente du téléphone, le boucan des pas dévalant les escaliers en bois et le gargouillis du robinet de la cuisine.
le chroniqueur des dimanches matin croyait pourtant tenir la trame d’une solide fiction avec le nécessaire de fragilité, d’ombre et de bosses mais c’était sans compter sur la panne d’idée qu’il tentait de dissimuler sous le chahut impromptu.

Prologue bis,
 Une âme automnale inaugurant les lumières fragiles d’un mois d’octobre hésiterait immanquablement entre deux passages, entre deux rues dans l’immensité d’une toile aux couleurs lavées.
Si elle s’interdisait pour l’instant de penser aux eaux de l’hiver, l’aquarelliste, lui, s’appliquait a aiguillonner les glissades saisonnales.  
Il empruntait ainsi au mistral les tressaillements qui la saisissaient a chaque fois qu’elle entendait prononcer son nom.
Lui confectionnait des rayons de lune afin de raccorder des concerts a quatre violents . 

Et recomposait du  soleil mais en morceaux délicats pour ensuite convoquer des plages entière de fous rires . 
Quant a l’ombre qui lui restait sur les mains, elle lui servirait a épaissir, donner du relief et reconduire les allégories au delà des arrêts crépusculaires . 
– Vous palissez, madame.
–  Vous finirez bien par le trouver ce ton/crève- cœur, rassurez-moi?.
–  Plagiat pour plagiat, je préférerai relancer votre sourire. 
 De ces deux la, le chroniqueur gardera l’image d’une femme a demi emmitouflée dans une étole en pashmina traversant d’un pas serré la ville aux couleurs patiemment frottées.

Épilogue,
je suis venue,  j’ai vu, j’ai choisi tes terres pour ultime refuge.

Illustration et tableaux de l’Artiste peintre Nasreddine Abbassi.


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Publié par le 9 octobre 2016 dans A pile et face

 

Abel, ce réfugié.

                                                            ref
Combien sont ils ces Algériens nés post 62 qui n’ont jamais vu de leur existence ni soldats Français ni harkis dans leur rue. Ces Algériens pur produit de l’école Algérienne libre n’ont pas biberonné au moudjahid ni au chahid. Des familles Algériennes et par milliers n’étaient pas, pour ainsi dire, inscrites dans le grand récit national sans pour autant manquer de nationalisme ou réserver un quelconque attachement a la France coloniale.

Pour une partie d’entre elles, il était urgent de s’inventer une histoire n’ayant pas d’autre choix que celui d’arrondir le dos devant la terrible pression de l’Algerien correct et demi + un quart .
Pour ce faire les affabulations chargèrent le mémoriel a la seule force de l’imaginaire cousu de clichés empruntés au cinema des glorieuse sous Boumediene.
Montagnes, kachabia en grosse laine, mahchoucha, berboucha servie a la sauvette entre deux vallons, une ou deux femmes en treillis trop grands, rattachés a la taille avec de la corde mais le must étaient indeniablement les chansons patriotiques avalées a grosses lampées et recrachées avec les tripes ,en forçant un chouia sur le « ach hadou, ach hadouuuuuu » afin de faire encore plus vrai qu’un Ali la pointe.
Ainsi vont les feintes et les subterfuges nécessaires au développement des légendes identitaires. Non ce n’est pas mentir que de souhaiter de toute ses forces d’appartenir a ce pays car ils n’en connaissaient pas d’autre.
Un hic cependant venait chahuter ces odyssées cousu mains a qui il manquait un encrage géographique, une dachra d’origine et un taleb ourlant l’historiette.  Ainsi nous en arrivions a la veritable bombe a retardement qui hantait leurs nuits et scellait les lèvres tremblantes des petits enfants.
Chuuuuuuuuut.tic,tac,tic.tac,tic ..
Combien etaient-ils donc ces Algeriens a fouler pour la premiere fois en l’annee 62, leur terre natale a pied, entassés dans des camions, dans des bus, dans des ambulances ou tenant péniblement sur des montures de fortunes. 
Combien etaient-ils a traverser la frontière Est avec ânes, femmes et enfants.
Tahya ezazeyer, yehya Ben bella, tahya Ezazeyer criaient -ils, heureux de retrouver un pays, une identité, une voix .
Ils redeviennent enfin des Algeriens et non des Ghraba – étrangers ou originaire du gharb – comme se plaisait a les appeler les Tunisiens.
Mais c’etait sans compter sur les « marsiens » en civil qui les rebaptisent menu militari  » Lejiyine », littéralement les R E F U G I E S!.
Combien sont ils ces enfants de réfugiés essuyant gêne et ravalant péniblement leur honte durant les longues séances de cours d’histoire sur les bancs de l’ecole de la republique .
Non leur grand mere n’a jamais préparé de galette aux moudjahidines et leur grand pere n’a pas acheminé d’armes au FLN, pas meme une seule fois.
Pire leur pere ont fait leur service militaire dans des casernes Francaises a Alger, Constantine et Annaba sans pour autant être harkis puisqu’il en etait ainsi pour les jeunes Algeriens de Tunisie qui rentraient faire le service nationale dans les garnisons de l’armee Françaises en Algerie .
Cela leur tenait paradoxalement de preuve quant a leur totale Algerianite a l’époque.

Aujourd’hui, deux generations apres, les enfants des refugies Algeriens de Tunisie omettent de raconter ce périple familial contrairement aux refugies du Maroc qui ont fait de cette chronique une légitimité toute nouvelle et une supra nationalité.
l’Algérie de 2016, ce grand pays n’a pas fini de réinventer le mythe premier.
Si Caïn s’etait installé par le passé au Maroc, Abel est forcement réfugié a vie et sur sa terre natale.

 

 
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Publié par le 25 septembre 2016 dans A pile et face

 

Un petit noir…

         caf
Sketching de l’artiste peintre Nasreddine Abbassi.

la saisonnalité est un caprice moderne puisque ni la terre ni le ciel n’ont jamais validé un quelconque mouvement régulier des vents.
Toute une vie passée a scruter la nuit n’aurait donc pas suffit a Rembrandt pour rendre intelligible l’obscurité que nous nous obstinons a domestiquer en la diluant aux premières lueurs du matin.
Un petit noir, court, serré a l’italienne pour mieux affronter les temporalités aux fronts plissés pour les uns.
Ou invariablement un dosage maîtrisé entre texture velouté et effluves volatiles, long a l’Américaine, une autre grammaire des chapitres enjoués.
Cet extrait n’est tiré d’aucun roman mais c’est la transcription d’une émotion sincère, celle de surprendre Rembrandt a 06:20mn du matin assis a ma table de cuisine.
Je prends note du cote funambulesque de l’anecdote qui peut être avec un sucre roux passerait et même probablement.

 
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Publié par le 30 août 2016 dans A pile et face

 

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Dans l’ombre du poète…


kateb  F
On ne l’entends presque jamais parler de son mari et du pere de son enfant. Zoubeida Chergui ex madame Kateb Yacine, a l’image de toutes les femmes Algerienne, n’a pas droit a la parole tant les autres, tous les autres se sont accaparés illégitimement du poète et de son expression.
Ecoutons la dans l’un de ses rares temoignages sur l’homme de Nedjma.

                                                 

 
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Publié par le 3 août 2016 dans Litterrature

 

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Sur l’éclectisme bleu,

 

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Magnifique installation de l’intériorité doublée d’un rendu surréaliste et poétique que sont les toiles de l’artiste peintre Algerien Brahim Achir.
L’homme au pinceau azur déclinera dans ses tableaux le bleu comme sujet central en déployant un éventail de tonalités azurés qu’il brosse en profondeur et en aplat.
Il s’en dégagera de ce feuilletage éthéré une imperturbabilité inouïe, incroyable et tellement saisissante.
Vous l’aurez compris, c’est d’une quête spirituelle dont il s’agit, rendue possible par la résonance des nuances bleues entre elles. Le bleu chez Achir est une vibration favorisant l’intensité des tonalités et a y prêter une oreille attentive, nous percevrons presque des mélodies.
Achir s’attellera, tout au long de son oeuvre, a tracer les contours de ce que nous ne pouvons voir a l’œil nu. Avec ces 1,2,4,7,99 nuances de bleu, Achir nivelle dans un premier temps pour construire par la suite un regard en étage . Il serait parmi les rares artistes a avoir fait sienne cette couleur et signer par la meme sa spécificité et son coup de génie
Depuis, le bleu sortira des délimitations intellectuelles, spatiales pour s’installer dans le surdimensionné. Il serait judicieux de citer a ce propos,Klein :
« Pour moi les couleurs sont des êtres vivants, les véritables habitants l’espace, la ligne elle ne fait que le parcourir, voyager au travers, elle ne fait que passer. » .
Achir dans la lignée des crooner bleus, nous offre depuis un moment une palette immensément forte et d’une fervente luminosité.
Bravo.
Toiles de Brahim Achir.

 
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Publié par le 11 juillet 2016 dans Arts Visuels

 

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Une nuit meilleure que mille mois…

                                       ch

Les petites filles aux cheveux Africains s’accrochaient désespérément a cette légende comme ultime délivrance voire la fin de leur damnation capillaire. Ainsi les boucles frisées, rêches, drues, laides et tellement haïssables pourraient disparaître a jamais par la seule grâce de la nuit du destin .
la mythologie précisait que devant un ciel d’un infini vert émeraude qui s’ouvrirait pendant la nuit du 27e jours du mois sacré, il suffirait a ces âmes inquiètes de formuler clairement leur vœux de voir transformer leur chevelure hirsute en une parure fabuleusement soyeuse tombant profondément  jusque dans le bas du dos.
l’affaire pourtant simple en apparence, semblait quelque peu périlleuse. On  susurrait que sur des terres lointaines une « Ousifa » – esclave noire- qui s’était prêtée au même jeu, celui  de voir sa tignasse se métamorphoser en une douce toison lustrée, avait péri .
la malheureuse dans sa précipitation s’était trompée de formule et au lieu de dire:
– » Ya rabbi tratebli ch3ar rassi », O Dieu fasse que mes cheveux deviennent lisses .
 Elle aurait dit :
– » Ya rabbi Tkabbarli rassi », O Dieu fasse que ma tète devienne plus volumineuse.
Sitôt son vœux énoncé, l’infortuné s’était retrouvée avec une tête aux proportions tellement déraisonnables qu’elle  n’arrivait plus a l’extraire de l’ouverture de la fenêtre.
L’esclave finira par mourir ne pouvant se dégager de la lucarne.
Philosophie de l’histoire:
les femmes, ces êtres honnies, depuis la nuit des temps, ne sauraient connaître les joies de la la grâce divine et les petites filles verraient toujours d’un œil inquiet leur destin.
Bon ramadan a tous.

 
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Publié par le 1 juillet 2016 dans A pile et face

 

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