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Archives de Catégorie: A pile et face

Journal d’une confinée US -3-

Nous sommes tous porteur du coronavirus. Nous fêtons ce jeudi, non sans un certain plaisir, la première semaine de confinement aux States. 7x24heures donc a essayer de comprendre, a tenter d’accepter afin de pouvoir s’adapter au brand new « SOCIAL DISTANCING. » A tous, on a demandé de s’entourer d’une sorte de bulle immatérielle/ translucide et de ne permettre a quiconque d’y entrer. Pas même sa propre mère ou son enfant encore moins son voisin voire les piétons nombreux sur le trottoir Bref l’humain dans sa bulle se doit de prendre abondamment ses distances . Une expérience sociétal ? Du tout puisqu’il est paradoxalement question de s’essayer au non-communautaire. Ce tout nouveau statut du non-collectif, donc, devient par un tour de passe passe la seule condition qui garantirait la pérennité du communautaire que nous avons évincé avec le social distancing du tout début . Trop confus? Qu’importe, vous aurez 14 jours pour détricoter qui de l’oeuf ou de la poule a connu le coronavirus en premier? Le premier qui trouve se verra offrir du produit détergent, des gants de chirurgie et un flacon de gel désinfectant. Force est de croire que La pandémie qui secoue le monde a le don de nous faire tourner sur nous même, confiné chez soi ou a courir tous les commerces avoisinants a chercher eau de javel, alcool a 60 degré et masques FPP2. Je resume: Des hommes dans des bulles translucides se tiennent loin les uns des autres, les bras chargés de produits désinfectants . Cette posture reposant sur de rares liens nous dépouille et nous reduit a notre nullité . Hier encore je disais que le coronavirus nous confondait dans notre réalité spacio-temporelle. Le voila dans un deuxième temps réussissant a nous sortir de la sphère du sentimental.
PS:
Les photos sont celles de la réalité marchande en ce mercredi Américain du 18 mars 2020.

 
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Publié par le 6 avril 2020 dans A pile et face

 

Journal d’une confinée US -2-


Coronavirus Day 6, nous trainons un chouia la savate. Le mental est soumis a rude épreuve vu la cadence des news et la cruauté des chiffres de la contamination constamment a la hausse.
Il y’a urgence a maintenir des règles d’hygiène strictes en exagérant le moindre geste, l’infini détails. La fragrance du savon, l’onctueux de la crème pour le corps ou la douceur du drap de bain deviennent pour ainsi dire des preuves de vie.
Persister dans sa routine, s’inventer de nouvelles priorités et apprivoiser l’être confiné qui parle, bouge, réfléchit en apparence comme vous avec ce je ne sais quoi de different, enfouis, sourd, un tantinet déroutant.
Mais le plus anxiogène reste cette voix qui vous tambourine les tempes: Coronavirus, coronavirus, coronavirus, corro bla-bla-bla-bla.
Faut surtout pas céder, plutôt l’éluder, la confondre avec le charivari de vaisselles, le commérage de l’aspirateur et la sélection sur spotify qui rejoue en boucle,
« Imagine there’s no heaven
It’s easy if you try.
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today.

Imagine qu’il n’y a aucun pays,
Ce n’est pas dur à faire,
Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir,
Aucune religion non plus,
Imagine tous les gens,
Vivant leurs vies en paix…

Ainsi serpente la journée entre one shot skype contre two shots of FB. J’aimerai prolonger les abondances, ne jamais interrompre les chuchotements et dormir auprès de ma mère , mon frère , mes petits neveux. Les Emirats ont fermé, ciel, terre et mer. Mourad ne peut plus nous rejoindre. Les States sont loin de tout, tellement loin, sauf du coronavirus.
Photos de Lydia Chebbine.
18 mars 2020.

 
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Publié par le 6 avril 2020 dans A pile et face

 

Journal d’une confinée US -1-

Le premier cas Américain de coronavirus a été signalé en janvier, un homme de l’État de Washington de retour de Chine.
Près de deux mois plus tard, le décompte funeste passe de 85 décès à 105 en seulement quelques heures.
Que peut on rajouter de plus une fois qu’on a dit cela? Et c’est la où les mots butent pour nous revenir au visage puisque ni la chronologie ni le mouvement ne dépeignent tous ce que nous avons connu jusque là.
Un petit déjeuner sous le règne du coronavirus ne ressemble en rien a celui de l’avant confinement forcé dans le sens ou il ne sera pas automatiquement suivi par le départ précipité vers les lieux de travail ou l’école voire le cabinet du médecin de famille.
La porte d’entrée dans ce sens perd de sa fonction échappatoire.
Faut souligner que la hiérarchie des accès / passage qu’incarnent les portes s’en ressent et fondamentalement. La porte du garde-manger par exemple ou celle du réfrigérateur beaucoup plus sollicitées que de coutume, gagnent du galon.
Les portes de l’armoire pour leur part perdent en grade et restent fermées. Nul besoin du manteau ou de la veste en velours quand on ne quitte pas la maison.
Last but not least nous arrivons a la porte de la pièce du salon transformée en bureau avec le mode télé/travail. Elle devient ainsi hautement stratégique puisqu’elle nous isole du bruit ambiant en déroulant un semblant de normalité.
Bref, toute la ponctuation de notre évolution dans l’espace maison est brutalement/profondément chamboulée et ce n’est pas sans conséquences sur notre univers, l’ordonnancement de nos priorités et notre élasticité motrice.
Le virus que nous n’arrivons pas a retracer et passons notre journée a traquer s’attaque, lui, a notre motricité, la brouille pour nous confondre dans notre structure spatio/temporelle.
Une stratégie de guerre en somme digne des armées les plus pointues de ce monde et ce n’est pas qu’une vue de l’esprit.

Galerie photo de Lydia Chebbine.
17 mars, 20:43 · 

L’invité surprise,

 
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Publié par le 6 avril 2020 dans A pile et face

 

Tout et personne,

Le script:
Scène 1:
Le principe est justement celui de ne rien transcrire au préalable. Pas même une ombre, encore moins un décor. Il n’est pas question de couleur, de musique, d’une quelconque brise qui glisserait sous le pan d’un voilage suspendu a la fenêtre.

Un collier de ballons de savon.

Scène 2:
Fondu/enchaîné qui s’ouvre sur un couloir traversé par un essaim de poussières ourlées de fragments de soleil. La camera peine a rendre la douce lenteur au gout vanillé disputant la cuisine au frétillant sifflement de la cafetière Italienne.


Découpage technique/Travelling avant :

Nous exposons un cinéma,décidément, raide. Un minimalisme poussé a l’extrême, sans appui,e ntre le sublime suprême et l’extrêmement friable.

Préambule:
Nous remettons la chronologie en jeu pour un premier lâcher de ballons
.

Le geste:
Une femme qui dégrafe son soutien gorge en faisant glisser les fines bretelles de lingerie sur le rond lisse et exquis des épaules. Autant parler d’une épopée sur le trouble accentué par le mouvement saccadé des mains qui viendront se heurter aux battements du cœur, sur la ligne de la naissance des seins au teint laiteux , incroyablement translucide.


L’ image:
La main d’un nouveau-né emmitouflée de dentelles et de satin. Une gesticulation lente dessinant une caresse. L’adulte tend la main a son tour. De loin la poésie des clochers embrasse le chant du Muezzin.

Premier pas vers l’éternité.

Le souvenir:
Une femme signant la fin de plus d’une décennie de compagnonnage laborieux. Debout devant l’enseigne en verre, elle s’étonnait de son agnosticisme tout frais. Aucun regret ni nostalgie amère envers tous ceux qui lui avaient emboîté le pas par temps d’automne, d’hiver, de printemps et d’été.

Quelque chose l’attend ailleurs.

Générique de fin:
Il ne peut y en avoir en l’absence de script, de scène, de héros/démiurge.

La perversité si je le veux.

 
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Publié par le 24 septembre 2019 dans A pile et face

 

Ramadanesque States, 

Des recettes transmises de mères en filles,Une tradition culinaire jalousement gardée, étoffer, sublimer, qui voyagera aux quatre coins du monde. Les Algériennes, mes aïeules, pétries de grâce et de générosité avaient cette posture, cet art de semer sur leur sillage le bonheur et la sérénité .
Video par Lydia Chebbine.

 
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Publié par le 30 Mai 2018 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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Le fastueux et le fastidieux,

Sur le « devoir de dire », il m’est difficile de faire mieux que Clara Zetkin. 
Sur « le comment dire » qui mieux qu’Assia Djebar pour dépoussiérer, prévenir, déclamer,construire, dresser les ponts et amarrer.Sur le « vivre sans », je dis d’entrée niet et brutalement puisque l’abandon n’est pas gloire et la solitude encore plus macabre que les tombeaux.Pourtant ce n’est pas faute d’avoir tenté mais la femme n’est pas l’égale de l’homme et ce 106 ans apres le cataclysme originel. Alors de grâce épargnez nous les bouderies d’usage, les entorses intellectuelles ainsi que les postures inutiles puisqu’il n’y a pire ignominie qu’une femme se faisant porte parole de la phallocratie honteuse, celle la meme qui invoquerait Dieu et ne supporterait ses « seins ».Disons le jusqu’à l’usure, jusqu’a l’anéantissement car il y va de notre survie. Derrière chaque grand homme, il y’a une femme que l’on a malmené, essoré, vidé de tout espoir d’éclore, de briller, de vivre et prodigieusement.

A tous les machistes de ce monde , très bon 8 mars et au prochain round, inchallah.

aa

 
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Publié par le 11 mars 2018 dans A pile et face

 

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Le jour où j’ai rencontré Choukri Mesli sur un quai fleuri,

 


Je ne me pardonne pas qu’il ait connu l’Algérie des annees de traîtrise, lui, pourtant si  heuerux  en  62  de la voir enfin libre et libérée. 

J’aurais voulu lire son nom dans nos manuels scolaires .
Voir ses fresques illuminer chaque ville, village, bourgade éloignée, rue, jusqu’a la derniere maison marquant nos vastes frontières.
Cela aurait été tellement ingénieux de l’entendre sur nos médias en lieu et place des FLN- istes bavards ou de ces autres imams honteusement ignares.
L’homme des » Aouchem » en reponse a l’ingratitude de Boumedien signera des embrasements visuels et mettra sur rails avec ses compagnons de l’époque la prestigieuse ecole des beaux Arts.
Le reste de la legende c’est Choukri qui la declinera de sa voix flamboyante. « Mesli, peintre 
et passeur de lumiere » n’est pas seulement un film/documentaire retraçant le parcours brillantissime de l’artiste Algerien mais 01:10mn d’éblouissement intense .

Et si on en sort éraillé, définitivement « ecchymosé », restera ce sentiment mêlé, totalement  envoûté comme seuls peuvent l’etre les témoins privilégies des destins incandescents.

Cliquez sur le lien. Avoir absolument.

https://vimeo.com/145202058?ref=fb-share&1

 
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Publié par le 28 novembre 2017 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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Vidéo

le fil a tisser la lune…

le fil a tisser la lune…

Écrire?.
Oui mais pour qui?.
Avec les mots des autres cela ferait forcément des « remake ». Tricoter des postures en m’appuyant sur mes ombres aboutirait fatalement a un énième bavardage loin d’être utile, tout juste bon à flatter la communauté des voyeurs.
le doux froufrou de ses pas rassurés sur le parquet qu’il aime parfaitement ciré contrastait avec son ton  saccadé, un tantinet nerveux . Elle l’entendait respirer tout près de son oreille, ne bougea pas et le laissa lire par dessus son épaule la page qu’elle venait de boucler.
Une femme, un homme, un parquet ciré couru par les derniers rayons de lumière d’une journée longue de quelques 25 ans…
Évidemment que c’est beaucoup plus facile à filmer qu’à raconter. Pour ce faire , il faudrait ce grain d’image à l’ancienne sur fond de poussière fine se profilant le long d’une vie en couloirs.
Sur le seuil de cette vie la, dans ce fouillis de pénombre et de chuchotements, se tenait un homme mordant à peine dans ses cinquante ans. Jovial sans être platement comique, assez pudique avec ce je ne sais quoi de tendre pour lui pardonner tous les mots bleus jamais prononcé. Dommage pour elle.
N’attendez pas de lui des déclarations sur fond de violon et bougies flottantes, il ne saurait y faire pour toutes les raisons que vous pouvez imaginer. Il doit en souffrir, enfin pas tout le temps.
Une vie à deux est à l’image de ce texte ourlé de mot/bulle, de phrases courtes, de cafouillage limite illisible .
Non , je n’ai pas d’explication, pas plus que quiconque, sur le pourquoi du lui versus elle.
Tres belle anniversaire d’argent a nous deux, toi.



 
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Publié par le 27 janvier 2017 dans A pile et face

 

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