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Archives de Catégorie: Politique et Société

Palestine : la reconnaissance en jeu au cœur des alliances mondiales.



La diplomatie internationale se joue sur le fil d’une ligne fragile entre droit et pragmatisme. Alors que 142 pays de l’ONU appuient la reconnaissance d’un État Palestinien, les choix stratégiques des grandes puissances et des pays arabes redessinent la carte politique du Moyen-Orient.

Montevideo 1933 : les critères d’un État,

La Convention de Montevideo [1]a fixé quatre conditions : population permanente, territoire défini, gouvernement effectif et capacité de relations internationales. La Palestine satisfait ces critères : population enracinée, territoires identifiés — Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est — et autorité administrative en Cisjordanie, l’Autorité palestinienne. La question n’est donc plus juridique, mais strictement politique.

Paris et Riyad : faire pression par le droit,

Emmanuel Macron et l’Arabie saoudite ont pris l’initiative à New York. Dix pays occidentaux, dont la France, ont soutenu la conférence, soulignant que la solution à deux États ne peut rester un slogan vide.

La Belgique a posé des conditions claires : libération des otages et exclusion du Hamas de la gestion de l’Autorité palestinienne. Le Canada a dénoncé les destructions à Gaza et en Cisjordanie tout en offrant un partenariat pour un avenir pacifique. Ces décisions, prudentes mais symboliques, rapprochent les alliés traditionnels de la majorité des États membres de l’ONU.

Washington : médiation et rôle central,

En marge de l’Assemblée générale, la Maison Blanche compte reunir des dirigeants Arabes — Émirats, Arabie saoudite, Qatar, Égypte, Jordanie, Turquie — pour examiner les moyens de mettre fin à la guerre à Gaza. Ces rencontres précèdent la visite du Premier ministre Israélien à Washington, signalant que les États-Unis restent un interlocuteur clé dans la région tout en maintenant leur soutien à Israël.

Le Qatar, loin d’être paralysé par les frappes Israéliennes sur son territoire, continue ses consultations avec Washington pour infléchir les positions de Tel-Aviv, illustrant la diplomatie régionale multipolaire : chaque acteur jongle entre mécanismes multilatéraux et bilatéraux pour peser sur la situation.

Annexions et levier nucléaire,

La menace Israélienne d’annexer des pans de la Cisjordanie intensifie la pression sur les diplomates internationaux. La conférence Paris-Riyad utilise la reconnaissance comme levier de négociation, tandis que les États-Unis misent sur un alignement stratégique avec Tel-Aviv.

Un facteur stratégique vient s’ajouter : l’accord de coopération nucléaire signé entre l’Arabie saoudite et le Pakistan. Riyad dispose désormais d’un levier indépendant capable d’influencer ses choix diplomatiques et sa position sur la reconnaissance palestinienne.

Netanyahou : le refus d’un compromis,

Benjamin Netanyahou a averti que reconnaître un État Palestinien reviendrait à « récompenser le terrorisme. »

Cette position cristallise l’opposition à toute concession territoriale et influence les calculs diplomatiques des États arabes et des puissances internationales.

Légitimité ou pragmatisme ?

Le contraste est net : la France, la Belgique, le Canada et une majorité de l’ONU misent sur le droit international et la reconnaissance pour créer des conditions tangibles à la solution à deux États.

Les États-Unis combinent soutien à Israël et médiation régionale, privilégiant des résultats pragmatiques à court terme, sans modifier le statu quo.

Entre ces visions, les pays arabes — du Qatar à l’Arabie saoudite, en passant par l’Égypte et les Émirats — doivent choisir : suivre la légitimité internationale ou s’inscrire dans un statu quo tempéré par Washington. Ce choix, plus que les discours officiels, déterminera si la reconnaissance palestinienne reste un horizon symbolique ou devient une réalité capable de transformer durablement la diplomatie au Moyen-Orient.

NDLR:

[1]

La Convention de Montevideo sur les droits et les devoirs des États est un traité signé à Montevideo (Uruguay) le 26 décembre 1933 au cours de la septième Conférence pan-américaine. Le président américain Franklin Delano Roosevelt et son secrétaire d’État Cordell Hull annoncèrent la mise en route de la politique de bon voisinage, qui mettait théoriquement un terme à la doctrine du Big Stick. L’accord est signé avec quelques réserves de la part des États-Unis, du Brésil et du Pérou.

Cette convention est citée en droit international en particulier pour sa définition d’un État souverain comme respectant les quatre critères suivants : « être peuplé en permanence, contrôler un territoire défini, être doté d’un gouvernement, et être apte à entrer en relation avec les autres États ». Cet article est considéré comme du droit international coutumier, c’est-à-dire qu’il s’applique à tous les États, même ceux qui ne sont pas parties à la Convention de Montevideo, car leur pratique est similaire au contenu de l’article.

 
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Publié par le 21 septembre 2025 dans Politique et Société

 

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Un État proclamé, un peuple oublié,

La scène diplomatique de cette semaine illustre une contradiction profonde dans la manière dont les puissances occidentales envisagent la cause Palestinienne. Emmanuel Macron a confirmé son intention d’annoncer la reconnaissance d’un État Palestinien lors de la conférence organisée par la France et l’Arabie saoudite à New York, appuyée par 142 des 193 membres des Nations unies. Mais l’argument qu’il avance est révélateur : il s’agirait, selon lui, d’un moyen d’isoler le Hamas. La reconnaissance est ainsi présentée comme un outil tactique plutôt qu’un acte de justice.

Cette logique déplace le cœur du problème. Elle suggère que la légitimité Palestinienne ne repose pas sur des décennies d’occupation, de dépossession et, aujourd’hui, sur l’évidence d’un désastre humanitaire à Gaza, mais qu’elle doit être validée dans la mesure où elle sert à marginaliser une organisation armée. En réduisant la reconnaissance à une arme contre un adversaire politique, on occulte la réalité : ce n’est pas le Hamas qui rend urgente l’affirmation d’un État Palestinien, c’est la destruction systématique d’un peuple privé de souveraineté.

Dans ce contexte, les États-Unis apparaissent plus isolés que jamais. Washington a choisi de ne pas participer à la conférence et figure parmi les dix seuls pays à avoir voté contre la résolution de l’Assemblée générale soutenant cette initiative. Ce refus traduit une constante : l’alignement absolu de la Maison Blanche sur la politique de Benjamin Netanyahou, au mépris d’un consensus international qui s’élargit de jour en jour.

Le contraste sera d’autant plus marqué que plusieurs alliés traditionnels des États-Unis — le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Belgique — ont rejoint la France dans cette reconnaissance. Une dynamique se dessine, qui ne mettra peut-être pas fin à la guerre ni aux souffrances de Gaza, mais qui souligne la fracture grandissante entre l’Amérique et ses partenaires.

La question reste entière : que vaut une reconnaissance si elle n’est pas motivée par l’impératif d’arrêter le bain de sang ? Les Palestiniens ne réclament pas un statut symbolique destiné à contourner le Hamas, mais la possibilité d’exister comme peuple et comme État, à l’abri d’un conflit interminable et d’une violence sans frein.

En insistant sur la marginalisation du Hamas comme justification principale, les capitales occidentales évitent de nommer l’essentiel : le drame de Gaza est d’abord le produit d’une guerre menée sans limites par le gouvernement de droite Israélien, avec l’aval de l’actuelle administration Americaine. Et si cette déclaration de reconnaissance n’est pas accompagnée de décisions concrètes — sanctions économiques, pressions politiques et conditionnalité claire imposées à Benjamin Netanyahou — elle restera lettre morte.

Sans cette volonté d’agir, la reconnaissance risque de n’être qu’un exercice de style diplomatique, caduc dès sa proclamation.

 
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Publié par le 21 septembre 2025 dans Politique et Société

 

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Trois villes, trois mythes de couleur : Tunis, Alger, Chefchaouen.

La culture méditerranéenne raconte généralement ses villes à travers leurs couleurs. Mais derrière la signature esthétique se cache toujours une histoire à démêler.
La Tunisie revendique à juste titre l’invention du duo blanc et bleu, Alger brille depuis des siècles dans son blanc éblouissant et le Maroc a transformé Chefchaouen en carte touristique du « tout-bleu ».

Sauf que derrière cette façade se cache une réalité beaucoup plus complexe.

1. Alger, la blanche originelle.

L’expression « Alger la Blanche » ne relève pas d’une légende marketing moderne. Déjà au XIXᵉ siècle, voyageurs et chroniqueurs Européens décrivaient l’amphithéâtre de maisons blanchies à la chaux qui surplombait la baie.

Les façades n’étaient ni vert clair ni marron comme certains l’ont avancé. Elles étaient recouvertes de chaux, pratique autant qu’esthétique : réflexion de la lumière, fraîcheur intérieure.

Point central : La blancheur d’Alger est un patrimoine authentique, enraciné dans l’histoire ottomane et pré-ottomane, à la fois fonctionnel et symbolique.

2. Tunisie, pionnière du bleu et blanc

À Sidi Bou Saïd, la palette blanc & bleu s’impose dans les années 1920 grâce au baron Rodolphe d’Erlanger et son palais Ennejma Ezzahra.

Le bleu n’est pas qu’une couleur : il est talismanique, psychologiquement rafraîchissant et symboliquement méditerranéen.

Origine et authenticité : Avant Erlanger, les maisons tunisiennes utilisaient déjà la chaux blanche pour leurs façades et le bleu apparaissait dans les décors intérieurs et poteries hérités de l’Andalousie et de l’Afrique du Nord. Erlanger formalise et codifie cette esthétique, mais ne la crée pas ex nihilo.

Diffusion : Dans les années 1930–1950, les habitants adoptent le style, qui devient patrimoine identitaire Tunisien, non imposé par un acteur Européen, bien que sa popularisation soit initialement Européenne.

3. Chefchaouen -Maroc-, la légende bleue et la réalité trouble

Chefchaouen au Maroc, fondée au XVe siècle par des réfugiés Andalous, n’était pas bleue. Les murs blanchis sont repeints en bleu dans les années 1930 par des réfugiés juifs pour des raisons spirituelles et talismaniques.

Le mythe touristique : Dans les années 1990, l’industrie touristique et Instagram font de Chefchaouen la « ville bleue mondiale », effaçant la nuance historique et donnant l’impression d’une tradition séculaire.

Le volet criminel : Rappelons que derrière les ruelles azurées se cache l’un des fiefs historiques de la culture du cannabis au Maroc.

Les collines environnantes, les Rif, produisent du haschich depuis des décennies.

Chefchaouen sert de plaque tournante pour l’exportation clandestine vers l’Europe, mêlant tourisme et trafic de stupéfiants.

Cette double identité — ville pittoresque le jour, plaque tournante de la mafia la nuit — façonne, indeniablement, la perception internationale.

Recap:

La couleur en Méditerranée n’est jamais innocente. Elle raconte la lumière, la religion, le climat, mais aussi le marketing, la mémoire et parfois la criminalité

Alger : blancheur historique, fonctionnelle et authentique.

Sidi Bou Saïd- Tunisie- : bleu et blanc codifié, synthèse d’influences locales et formalisée par un Européen, mais adopté par les habitants.

Chefchaouen – Maroc-: bleu tardif, mythe mondial amplifié par le tourisme, associé à la culture du cannabis et aux réseaux de trafic vers l’Europe.

Entre Alger, Tunis et Chefchaouen, les couleurs racontent autant de vérités que de légendes et révèlent que derrière les cartes postales, il y a toujours plus d’ombres que de lumière.
Photo ci-dessous: Alger la blanche.

 

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Le bleu de l’imposture,

Le Jardin Majorelle serait-il Français ? Entre l’enfance d’Yves Saint Laurent à Oran et la Casa Azul de Frida Kahlo à Mexico, la vérité éclate : le Maroc ne mérite aucun crédit, simple décor d’une imposture culturelle soigneusement montée.

Quand le bleu s’empare de la scène mondiale,

MARRAKECH — Chaque jour, des visiteurs affluent vers le Jardin Majorelle, fascinés par ses murs bleu cobalt, ses palmiers et ses touches de jaune éclatant. Dans le récit Français, ce lieu est présenté comme une création unique : l’invention visionnaire de Jacques Majorelle, ensuite sanctuarisée par Yves Saint Laurent. Mais cette histoire occulte une réalité troublante, qui se joue à des milliers de kilomètres de là, à Mexico.

La Casa Azul de Frida Kahlo, avec ses murs d’un bleu profond, ses accents rouges, jaunes et verts et son jardin luxuriant, existait déjà. Les deux espaces émergent dans les années 1920 et 1930, animés par le même désir : fusionner art, identité et environnement. Pourtant, dans le discours Français, le parallèle reste presque toujours invisible.

Esthétiques parallèles, récits divergents,

À Coyoacán, Kahlo et Diego Rivera transforment une maison familiale en manifeste national. Chaque couleur, chaque plante, chaque objet précolombien affirme la Mexicanité. À Marrakech, le bleu de Majorelle et son jardin exotique sont présentés comme une invention isolée. Le langage visuel se ressemble — primaires saturées sur fond de vert — mais les récits diffèrent radicalement.

Ce silence est révélateur. Reconnaître Kahlo ou les mouvements transnationaux qui ont inspiré ces couleurs fragiliserait le mythe de l’exception française : celui d’un miracle isolé, d’une création née de rien.

Yves Saint Laurent et la palette Algérienne,

Le mythe s’étend à Yves Saint Laurent. On raconte qu’il trouva sa palette à Marrakech. En réalité, son regard s’était formé bien avant, à Oran, en Algérie, où il grandit entouré de façades blanches, de murs ocre, de volets bleu profond et de jardins verts. Marrakech a peut-être ravivé ces souvenirs, mais elle ne les a pas inventés.

Le prix du silence,

Cette omission n’est pas anodine. Elle transforme des traditions artistiques partagées en trophées nationaux, relègue l’Algérie au rang de note de bas de page, et efface le Mexique tout entier. Marrakech, labellisée « ville rouge », n’a jamais produit ce bleu Majorelle : il s’agit d’une couleur importée, étrangère au paysage et à la tradition locale. Ce contraste artificiel renforce l’idée que le Maroc n’a aucun mérite et ne fait que servir de décor à une imposture culturelle Française.

Le résultat n’est pas une histoire globale d’expériences artistiques convergentes sous des soleils similaires, mais une légende soigneusement façonnée d’ingéniosité Française en terre étrangère.

En réalité, la Casa Azul, le Jardin Majorelle et l’enfance Oranaise de Saint Laurent appartiennent à la même histoire mondiale : des artistes confrontés à une lumière écrasante, répliquant par des couleurs franches et inscrivant leur identité dans murs et jardins. La différence réside dans la narration : l’une est célébrée internationalement, l’autre nationalisée et domestiquée.
Photo1:
« La Casa Azul, où Frida a vécu une grande partie de sa vie, mêle art, histoire et émotions. C’est ici que l’on peut comprendre la profondeur de son œuvre, intimement liée à sa vie personnelle, ses souffrances et ses passions. »
Photo2:
« La Casa Azul tient son nom de ses murs vivement peints en bleu cobalt, choix de Frida Kahlo et Diego Rivera pour symboliser leur amour pour la culture mexicaine et l’art populaire. »
Photo3:
Le jardin Majorelle autour de la villa Oasis. Cette dernière servait d’atelier à Yves Saint Laurent, qui avait élu domicile à Marrakech dès 1919.

 

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La guerre du pire,

Il faut le dire clairement : Gaza n’est pas simplement un champ de bataille. C’est devenu un laboratoire du cynisme politique, un théâtre où deux leaderships aussi dévoyés que brutaux se renvoient la responsabilité de l’enfer qu’ils entretiennent.

D’un côté, Benjamin Netanyahou, stratège de sa propre survie, capable de frapper à 2 000 km des cibles Iraniennes mais incapable — ou plutôt non désireux — de livrer sans tuer des sacs de farine à 65 km de Tel-Aviv. Son gouvernement, le plus extrémiste de l’histoire Israélienne, a donné les clés de la politique nationale à des idéologues qui parlent de famine comme d’un outil légitime de guerre. Et quand Washington tousse, Bibi ajuste la ration pour éviter la chute — mais pas pour sauver des vies.

En face, le Hamas, qui a déclenché cette guerre le 7 octobre 2023 sans la moindre idée de ce que serait “le jour d’après”, . Depuis, il se cramponne au pouvoir, maintenant ses otages comme monnaie d’échange, sachant parfaitement que chaque jour de guerre renforce son emprise politique.

C’est la guerre du pire. Pas de héros, pas de camp juste. Juste deux appareils politiques qui prospèrent sur la douleur de leurs populations et la paralysie internationale. Les Israéliens modérés ? Marginalisés. L’Autorité palestinienne ? Invisible. Les États-Unis ? Englués, incapables de forcer la fin d’une guerre qu’ils financent encore indirectement.

Ce conflit n’a pas de fin annoncée parce qu’il sert trop bien ceux qui le mènent. Chacun rêve d’éradiquer l’autre, mais surtout de rester en place le lendemain matin. Et si, comme tout porte à le croire, Bibi et le Hamas survivent politiquement à cette guerre, il faudra dire adieu à toute idée de solution à deux États. Ce sera la normalisation d’une guerre permanente.

Une démocratie née en partie de l’Holocauste en train d’affamer des enfants Palestiniens. Un mouvement de résistance qui se nourrit littéralement du sang et de la faim de son peuple. Voilà où nous en sommes.

Le plus effrayant ? C’est que cette guerre n’est pas l’échec d’un système. C’est son fonctionnement normal.

 
 

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Maroc, Israël, France : désinformation sur commande, démocratie sous influence.

Parlons vrai pour une fois, ce n’est pas juste une histoire de trolls, de fake news ou d’algorithmes. C’est une guerre cognitive. Et dans ce champ de bataille numérique, le Maroc a pris l’ascendant, Israël est l’architecte, l’Algérie est la cible.

Et la France ? Spectatrice complaisante.

Le Maroc, un royaume obsédé par le contrôle du récit,

Depuis 2014, Rabat ne joue plus dans la cour du soft power à l’ancienne.

Il s’agit désormais de modeler les imaginaires, brouiller les récits, saturer l’espace d’une seule version : la sienne.

Le Sahara occidental, ligne rouge numérique,

Faux comptes Twitter, blogs fantômes, hashtags fabriqués.

Harcèlement de journalistes, ONG, militants.

Délégitimation algorithmique de tout discours alternatif.

Mais ce n’est que la surface. Car l’ennemi principal dans la stratégie Marocaine, c’est l’Algérie.

L’Algérie : cible prioritaire du dispositif Marocain,

La guerre froide entre Rabat et Alger a muté : elle est désormais numérique.

Le Maroc finance discrètement des opposants Algériens exilés. Il leur transmet des informations ciblées pour structurer un récit corrosif contre Alger.

Campagnes de dénigrement contre des figures politiques Algériennes.

Tentatives de sabotage de l’image de l’Algérie à l’international (notamment dans les débats sur le Sahel, la Palestine, ou les hydrocarbures).

Surveillance et harcèlement de la diaspora algérienne en France, a Londres et en Belgique.

Narratif construit : l’Algérie serait instable, autoritaire, dangereuse — et le Maroc, la vitrine moderne et “pro-occidentale” du Maghreb.

Nous sommes en presence d’une guerre asymétrique, externalisée et surtout, invisible pour le grand public.

Pegasus, Team Jorge : la guerre sous-traitée.

– 2021 : Pegasus

Scandale mondial. Espionnage de journalistes, militants, diplomates et meme des presidents d’etats dont le Français Macron.

Cibles algériennes nombreuses, notamment dans les milieux politiques et médiatiques.

Le client ? Le Maroc.

Le fournisseur ? NSO Group, Israël.

-2023 : Team Jorge

Une cellule Israélienne de désinformation à la carte, infiltrée par Forbidden Stories.

Le Maroc figure parmi les clients identifiés.

Et selon les documents, l’Algérie est la cible numéro 1.

Qui finance quoi ? La France regarde ailleurs.

Premier partenaire du Maroc ? La France.

Investissements, échanges sécuritaires, proximité diplomatique…

Paris ne dit rien. Même quand :

Des journalistes français sont espionnés via Pegasus.

Des campagnes de désinformation visent l’UE.

Des ingérences marocaines sont pointées du doigt au Parlement européen.

Pourquoi ce silence ?

Parce que le Maroc est un « allié stable ».

Parce que les intérêts économiques priment.

Parce que le récit anti-Algérien arrange certains cercles Français.

Une démocratie attaquée, en scrollant.

Ce que révèle cette stratégie d’influence :

Un État autoritaire,le Maroc, qui sous-traite sa guerre de l’information.

Une entreprise Israélienne (Team Jorge) qui vend la manipulation à l’international.

Des plateformes américaines (Facebook, X, LinkedIn…) qui hébergent les attaques.

Et des démocraties européennes qui laissent faire, sans contre-feu.

Pourquoi l’Algérie est-elle la cible parfaite ?

Rival historique et concurrent régional du Maroc.

Porteur d’un récit indépendantiste, panafricain.

Présente une image moins « lisse », donc plus facile à diaboliser dans l’opinion occidentale.

Mais pas que, l’Algerie compte une diaspora politisée, que le Maroc cherche à neutraliser ou discréditer.

Ce n’est pas un cas isolé. C’est un modèle.

Ce que fait Rabat, d’autres régimes l’imitent ou l’achètent.

Israël vend son savoir-faire comme un produit d’export.

Et les démocraties ? Elles scrollent. Elles tergiversent. Elles perdent du terrain.

These must d’os.

Il est temps de sortir du déni, ce n’est pas « du lobbying » ni « de la diplomatie numérique ».

C’est une stratégie de sabotage démocratique, menée par des alliés supposés, avec des outils de surveillance et de manipulation massifs.

Tant qu’on laissera des États amis hacker le débat public, nos sociétés resteront vulnérables aux récits préfabriqués, et nos institutions piégées dans l’impuissance.

Le monde n’est qu’ un marché de l’influence dans lequel les régimes achètent des récits, les vérités sont hackées et nos démocraties scrollent.
PS:

Supplement de lecture:

https://forbiddenstories.org/fr/team-jorge-desinformation/

 
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Publié par le 28 juillet 2025 dans Politique et Société

 

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Réseaux sociaux : la guerre des récits a commencé, et les démocraties sont en retard.

On a cru, naïvement, que les réseaux sociaux allaient ouvrir les sociétés.
Ils ont surtout ouvert un nouveau champ de bataille.

Aujourd’hui, chaque régime — autoritaire, populiste ou démocratique — a compris comment transformer les plateformes en armes de pouvoir. Le citoyen y poste des stories. Le pouvoir, lui, y mène une guerre permanente : narrative, algorithmique, émotionnelle.

Aux États-Unis, l’ère Trump a inauguré une nouvelle forme de gouvernance : l’influence comme mode d’action politique. Twitter, puis Truth Social, sont devenus le centre de gravité du discours public. La logique algorithmique — clash, confusion, captation de l’attention — a pris le pas sur le débat. Le résultat est connu : polarisation extrême, perte de réalité commune, effondrement du contrat démocratique.

En Russie, l’arme est différente, mais le but est le même : désorganiser l’espace mental. Pas besoin de convaincre. Il suffit d’épuiser : bots, désinformation, chaos informationnel. L’influence devient sabotage. À l’intérieur, le contrôle est total. À l’extérieur, le bruit devient stratégie.

En Chine, l’outil est technologique, froid, méthodique. Les réseaux sociaux ne sont ni libres, ni ouverts. Ils sont intégrés à l’architecture du pouvoir : surveillance, censure, formatage idéologique. L’opinion publique y est gérée comme une variable d’ingénierie sociale.

Et les démocraties, dans tout cela ?
Elles observent. Elles débattent. Elles légifèrent — lentement. Mais elles n’agissent pas à la hauteur du choc.

Le problème est structurel : les institutions ont été conçues pour un monde de délibération, pas de viralité. Elles avancent à la vitesse du droit, tandis que l’information avance à la vitesse du bug. Les plateformes sont plus puissantes que bien des États. Et les règles du débat public ne leur appartiennent plus.

Pire encore, les démocraties continuent de croire que la politique est affaire d’arguments. Alors que les réseaux imposent une autre grammaire : émotion, indignation, accélération. La peur et la colère y dominent. Et la vérité y meurt.

Ce qui se joue n’est pas une crise passagère.
C’est une transformation radicale du pouvoir.
Les régimes autoritaires contrôlent les récits.
Les populistes les saturent.
Et les démocraties les perdent.

La guerre des récits a commencé. Et il est temps, enfin, de la prendre au sérieux.

 
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Publié par le 26 juillet 2025 dans Politique et Société

 

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Le Pape a reçu Tebboune. Ce n’est pas une anecdote. C’est un symbole. Et c’est aussi une gifle.

« Pendant que le Pape salue Tebboune, un autre chef d’État — le roi du Maroc, Mohamed 6 — n’est pas reçu. Il faudra relire ce détail avec attention. Il dit ce que la diplomatie ne dit pas toujours. Il parle d’équilibres. De priorités. Et peut-être d’un retournement stratégique plus large. »

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Pas pour Tebboune, non. Pour ceux, en France, qui ont fait de l’Algérie leur punching-ball idéologique, leur obsession éditoriale, leur miroir déformant. Ceux qui la disent « fermée », « fanatique », « irrécupérable ». Ceux qui, depuis des années, préfèrent juger l’Algérie depuis Paris plutôt que la regarder vraiment.

Le président Algérien entre au Vatican, reçu par Léon XIV, Pape fils spirituel de Saint-Augustin. Celui-là même qui, dans sa première déclaration pontificale, a rappelé son attachement profond à l’Algérie, à Annaba, à Souk Ahras. Le cœur du christianisme Africain. Là où certains ne voient que du sable et des silences, lui voit une mémoire. Un berceau. Une matrice.

Et pendant que Rome déroule le tapis rouge, Paris grimace. Pas officiellement. Mais dans les studios, les éditos, les colonnes mal renseignées, on accuse le coup. Parce que l’image dérange : un président Algérien, musulman, discutant spiritualité et dialogue religieux au plus haut sommet de l’Église catholique. Ça casse la narration. Ça brise le mythe d’une Algérie enfermée dans son islam et dans ses murs.

C’est aussi un camouflet franc pour ceux qui, comme Kamel Daoud, se plaisent à décrire l’Algérie comme une prison culturelle. Daoud, qui voit l’islamisme partout, sauf parfois dans les regards néo-coloniaux posés sur son pays. Lui qui brandit la laïcité à la Française comme une lumière, mais ne voit pas quand cette même lumière devient projecteur aveuglant.

La rencontre Tebboune-Pape est donc tout sauf anecdotique. C’est une main tendue, mais sans obséquiosité. Un geste politique, certes, mais aussi une revendication de souveraineté symbolique. L’Algérie ne quémande pas. Elle affirme. Elle existe. Elle parle d’égal à égal. Et elle rappelle, sans avoir à le crier, qu’elle est aussi une terre d’histoire chrétienne, pas seulement un terrain d’islam.

Pendant que le Pape salue Tebboune, un autre chef d’État — le roi du Maroc — n’est pas reçu. Il faudra relire ce détail avec attention. Il dit ce que la diplomatie ne dit pas toujours. Il parle d’équilibres. De priorités. Et peut-être d’un retournement stratégique plus large.

La France, elle, reste figée. Prisonnière d’un logiciel épuisé, fait de peur, de nostalgie coloniale et d’obsessions migratoires. Elle commente l’Algérie sans l’écouter. Elle la juge sans l’observer. Elle projette ses angoisses sur un pays qui, lui, continue d’avancer à sa manière, avec ses contradictions, ses lenteurs, ses propres failles — mais avec un minimum de cohérence.

La vraie gifle, ce n’est pas celle qu’on donne. C’est celle qu’on se prend en regardant une scène qu’on croyait impossible.

Un pape. Un président. Une poignée de main. Et un silence de plomb à Paris.

 
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Publié par le 24 juillet 2025 dans Politique et Société

 

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