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le pas de coté…

J’invente le printemps ,pas celui qui s’entête a me tenir a distance. 
là. 
A une ombre prés, derrière les lambeaux de brumes. 
Les eaux de Mars me réinventent,
Une pluie têtue au front plissé avait assailli les êtres et la pierre au commencement , dès les premiers filets de lumière tremblante du matin.
Stress épais aux lourds ourlets gris foncé…déception par nappe entière,colère franche et soigneusement affichée ,
A quoi bon de faire semblant ?
Contre les eaux par vague ,je déroule un infini de différences ,
j’invente des passages de lumières,de longs couloirs de promenades bucoliques,des errances abouties de l’ordre de la tendresse quand au détour d’une ruelle,
Je la vois exécuter un pas de coté sous l’immense parapluie noir avec son paquet sous le bras.
C’est donc cela ,donner son avis sur la rêverie,
Ce serait ce geste ultime,
Celui de pousser la lourde porte vitrée d’un luxueux magasin a la mode et s’offrir royalement un chapeau de paille en fredonnant du Stacey Kent !
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire
C’est un éclat de verre, c’est la vie, le soleil
C’est la mort, le sommeil,
c’est un piège entrouvert.
Cheers .Et non,je préfère continuer,C’est la pie qui jacasse,
c’est l’averse qui verse
Des torrents d’allégresse,
ce sont les eaux de Mars.
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                                           Stacey Kent – Les eaux de Mars
 
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Publié par le 29 mars 2014 dans A pile et face

 

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Les passeuses de soleil…

La poésie avait opté pour l’authenticité en cette matinée  de mars 2014 … le printemps et l’amitié se confondaient délicieusement en de fondants losanges faits de pâte de dattes ,de cannelle ,de clous de girofle ,d’eau de fleur d’oranger,de semoule et de beurre…clarifié dirait l’une d’entre elles ,clarifié…lol.
Le « bradj »,ce gâteau Algérien annonciateur de la fin de l’hiver survivra jusqu’aux rives du potomac de Washington DC grâce a ces passeuses de soleil.
Ces Algeriennes,mes amies ,pétries de grâce et de générosité ont cette posture ,cet art de semer sur leur sillage le bonheur et la sérénité .
Salima Belmili Bentahar, je te suis redevable de ces fous rires ,de cette émotion qui fait que l’on se sente chez nous malgré les quelques 6800km qui nous séparent de nos palpitations premières.
Merci de nous avoir redonné le goût de l’Algérie et du printemps a la fois ,mon amie. Boussettes.
                          

 
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Publié par le 28 mars 2014 dans Mode & Art de vivre

 

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Les chapelets enroués…

     

Assia Djebar

« ensemencée par les sons et les rythmes de l’origine (…). Oui, ma langue d’écriture s’ouvre au différent, s’allège des interdits paroxystiques, s’étire pour ne paraître qu’une simple natte au dehors, parfilée de silence et de plénitude » Assia Djebar.

Elle les faisait défiler au grès des pages en retenant sa respiration…Sa pudeur était palpable au mal qu’elle avait a prononcer ces noms aux consonances de jasmin et sur lesquels sa langue butait..Sa respiration ne manquait  pas de s’arrêter net au détours de la première syllabe et les voyelles n’offraient jamais ces plages de douce musicalité…la voie et avec elle les voix s’enrouaient.
En langage romanesque cela donnait des héroïnes- princesses aux odeurs de musc,des notes d’ambre se faufilant le long des confusions féminines . Elle hésitait toujours a confesser les râle aux profondeurs rauques des « Re-kia »,des » Na–djia » et de ces autres » Ai-cha » qui peuplaient les nuits  tâtonnantes des vielles ruelles de la Casbah . Comment une femme, Algérienne de surcroît,pourrait- elle raconter les moments de grâce sans déflorer les sermons des vierges aux corps scellés…
Il aurait fallut pour cela,ouvrir jusqu’aux dernières portes des mausolées de ce monde ,il aurait fallut réunir les braseros de la terre entière afin d’y brûler,ce soir,la,tout de suite et avant qu’il ne soit trop tard , tout le saoul des décolletés haletants. La page n’est plus la page et l’encre sombre se livre au chuchotement confus,celui de derrière les longs voilages qui laissera échapper jusqu’aux ultimes et dernières gouttes de chasteté..Qu’importe alors si l’auteur n’est plus l’auteur et qu’importe si l’auteur redevienne toutes ses héroïnes a la fois car ce pèlerinage vaut les infractions irréparables.Elle est écrivain ,donc, jamais plus semblable a toutes les autres femmes d’Alger dans leur appartements…Elle est écrivain et s’appelle A-ssia avec une voyelle  raisonnée qu’elle réussira pourtant a faire dresser comme une vibration devant les récits tues et restés longtemps interdits.

Billet écrit en hommage a l’écrivaine Algérienne,Assia Djebarr.
03/23/2014.

 
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Publié par le 23 mars 2014 dans A pile et face

 

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Vidéo

Correspondance 2014…

3e semaine de janvier 2014, 08:40 du matin a Washington, 14:40 a Alger et 17:41 a Abu Dhabi …C’est des matins fleuris qui répondent a une nécessité vitale…Chaque matin permet quelque chose …chaque matin permet un chemin ,chaque matin permet une lumière.
Avancer ainsi d’un matin a un autre …enjamber les aiguilles de la montre en glissant d’un faisceau horaire a dans un un autre… c’est comme pénétrer le majestueux temple du hors temps, extrême privilège des ames voyageuses…
Je suis ici et la et les mots que j’écris sont destinés aux uns et aux autres mais me sont destinés en premier car ces lettres courbes,allongées,remontantes,débordantes,coulantes, dépassant la réflexion parfois ,devançant les espérances par d’autres,rebelles par ci et extrêmement obéissantes par la quand il s’agit de passer par l’intérieur, quand il s’agit de répondre aux désirs des autres… Comme un jeu périlleux et jubilatoire,quelque chose que l’on détricote pour mieux la redresser ,quelque chose que l’on a envie d’ouvrir et de découvrir comme une révélation, comme une délivrance…
Il y a un endroit dans cette ville ou le soleil se lève avec les palpitations qui parlent de la gratitude d’être ensemble .

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Photo de Lydia Chebbine.
Le temps est un jardin.Washington 2014.
Vivaldi – Complete Cello Concertos

 
 

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Frémissant d’étourdissement …

18 février 2014 et une journée ensoleillée sur DC. 
Dame nature signe un véritable pied de nez aux lendemains d’apocalypse enneigés et  leurs amas de glaces juchant les grands boulevards , plutôt sales,moches et un chouia lassés de traîner nos têtes d’hiver extrêmement fatigué. 
Une journée d’hiver ensoleillée commence, toujours, solennellement par zapper le bureau , ignorer les aiguilles de la montre et « switcher » les sonneries du tel. 
« Prologuer » le petit déjeuner en marquant ces matinées d’hiver d’un bouquet de couleurs…en déroulant gracieusement des éclats de mémoires chargées d’accents méditerranéens par petites touches et surtout sans se prendre la tête.
Le but du jeu étant celui d’embarquer sur des goûts a la rose et convoquer des désirs. Pour les traduire ensuite en 24h d’intenses palpitations, pas celles que nous avons tendance a tracer,front froncé, dans le pompeux « essentiel vital ». 
Les voyages d’hiver ont ceci de magique: inviter l’agitation dans ses notes ,réinventer le subtil ,redonner a penser la sensualité et aller au delà des apparences en abordant différemment l’odeur des pluies dorées.
l’hiver serait un long chemin de fragilité humaine,des paysages émouvants… Des sortes de fouillis intérieurs que l’on magnifie a l’aube des matinées inscrites loin des aiguilles du temps, loin des sonneries du tel et des bureaux ridiculement sérieux.
Cheers et délicieux étourdissement a toutes et a tous.

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Publié par le 18 février 2014 dans A pile et face

 

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الأسود يليق بك ….Ahlam Mosteghanemi

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Parler des livres de  l’ecrivain Algerienne ,Ahlem Moustaghenmi sans dire qu’elle est la femme écrivain la plus lue dans le monde arabe serait un manquement aux règles élémentaires de la politesse .
Parler de Ahlem Moustaghenmi sans rappeler qu’elle a été classée par le magazine Americain Forbes comme la meilleure écrivain femme en langue Arabe, sans citer son livre « mémoire de la chair » nommé par l’Union des écrivains arabes comme l’un des 100 meilleurs livres en arabe dans le siècle dernier,serait franchement faire preuve de mauvaise foi .
Ahlem remet ça et signe fin 2012 une nouvelle assez particulière « le noir te va si bien. » 
Quelques 331 pages donc pour raconter une histoire d’amour comme il en a toujours existé  mais le tour de force restera celui de réinventer le conte de Cendrillon  avec un prince qui n’est pas si prince que cela et une fille banale en apparence mais tellement princesse ,a y regarder de prés.
Ahlem s’acquittera de la tache avec brio et j se jouera plusieurs fois de nos croyances et supputations hâtives  de lecteurs,pourtant ,avertis. 

Ahlem gratte a la pelle de fer une société très normée en se préservant toutefois de tomber dans le jugement moral et tout y passe :les islamistes,le pouvoir Algerien éradicateur, l’antagonisme  riche/pauvre ,la societe Arabe ,la malice et la couardise Orientale ,la naïveté des femmes Algériennes et L’amour avec un grand A.
L’auteur procède par une construction littéraire classique,des phrases essentiellement descriptives …un bouquet pictural avec une recherche formelle indéniable qui donnera au final une musicalité et une variabilité de la langue dont Ahlem est coutumière mais  nous lui reprochons de puiser  sans modération dans la  métonymie et autres figures de style par pécher de facilité et manquer par la même une recherche plus fournie sur le caractère des personnages.
« le noir te va si bien » sombrera  ainsi et a bien des moments dans le mièvre , dans le décors chargé mais comment  faire autrement quand il s’agit d’orient . D »ailleurs la légende dit que la tulipe si présente dans la nouvelle viendrait de Perse et la fleur très présente au sein des contes de Mille et une nuit …
Nous aurons droit a d’autres  clichés narratifs dont le défilé  de quelques  villes mythique tels que Paris,Vienne  ,Damas ,Beyrouth mais pas celle des années 70,celle des poètes, des écrivains et autres créateurs mais Beyrouth des années 2000 , celle de la luxure,des hommes d’affaires véreux ,du monde artistique glauque et du show off dégoulinant.
« le noir te va si bien » est en quelque sorte une confidence d’une écrivain fatiguée par les sollicitations d’un monde contemporain mensonger …
Ahlem tentera d’inscrire son récit dans un mouvement historique ,réaliste et cherchera a remettre au goût du jour la sincérité ,la simplicité ,bref, l’Alg
érianité selon la définition de l’auteur et cela m’enchante et cela me va.

Index:
La nouvelle  « Le noir te va si bien », publié en novembre 2012 par Hachette-Antoine, a vendu plus de 200,000 exemplaires en deux mois.

Biographie de l’auteur:

Ahlem est née à Tunis pendant la guerre de libération algérienne
Dans les années 70, Ahlem, lycéenne, devient déjà célèbre à 17 ans en Algérie en présentant l’émission quotidienne poétique Hammassat (Chuchotements) à la radio nationale.
Elle rencontre à Alger Georges El Rassi, un journaliste libanais  qu’elle épousera   en 1976 à Paris, où ils s’installent.
Elle poursuivra alors ses études universitaires à la Sorbonne, d’où elle obtient en 1982 son doctorat en sociologie sur le thème de l’image de la femme dans la littérature algérienne, dans une tentative de comprendre, à partir de la littérature, le malaise de la société algérienne dans le rapport d’homme à femme. Ce doctorat se fera sous la direction du fameux orientaliste Jacques Berque, qui le préface.
Pendant les quinze années qu’elle passera à Paris, Ahlem contribuera à divers magazines, et, du temps qu’elle volera de sa vie de mère élevant trois garçons en bas âge, se mettra durant quatre années à écrire des fragments d’un texte qui s’avérera un roman. Ahlem dira au sujet du passage de la poésie au roman : « Quand on perd un amour on écrit un poème, quand on perd une patrie on écrit un roman ».
L’Algérie, en effet, n’a jamais quitté Ahlem, qui dira aussi : « Il y a des pays qu’on habite et d’autres qui nous habitent ».

Œuvres

  • Ala Marfa Al Ayam (Au havre des jours), 1973.
  • Kitaba Fi Lahdat Ouray (Écriture dans un moment de nudité), 1976.
  • Algérie, femmes et écriture, préface de Jacques Berque, 1985, réédité chez Harmattan en 2000.
  • Zakirat El Jassad (Mémoires de la chair), publié par Dar Al Adab en 1993, Prix Naguib Mahfouz et Prix Nour de la meilleure œuvre féminine en langue arabe, traduit chez Albin Michel en 2002.
  • Fawda El Hawas(Le Chaos des sens), publié chez Dar Al Abad en 1997, traduit chez Albin Michel, 2006.
  • Aber Sarir (Passager d’un lit), publié chez Dar Al Adab en 2003.
  • Nessyan.com (L’Art d’oublier), publié chez Dar Al Adab en 2009.
  • El aswad yalikou biki (Le Noir te va si bien), Hachette-Antoine2012.
 
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Publié par le 10 février 2014 dans Litterrature

 

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La beauté ne préserve pas de l’effroyable…

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  La beauté ne préserve pas de l’effroyable…

Nous allons revenir plusieurs siècles en arrière, changer de genre, pas seulement pour ceux qui sont des hommes mais les femmes sont également concernées et quand il s’agit de parler de Femme Anouar Benmalek l’écrivain Algérien ne nous épargne rien dans son grand “O Maria”. 480 pages
Date de parution: 27/08/2008
Editeur d’origine: Fayard
Langue: Français

“The roman” sans conteste était sujet de débat,cette semaine ,au sein du club de lecture des Algériennes de Washington.
Une rencontre ,au delà de l’emblématique car il s’agit de faire redémarrer une mémoire collective , un voyage périlleux dans les dédales de la féminité conjuguée a l’Algerianite .
Une rencontre très violente avec soi pour commencer et un retour fatalement des plus douloureux sur les années noires de l’Algérie des années 90 .

« Ma mère était cruelle et je l’aimais comme on aime un ange . Elle de son cote ,m’aimait comme on aime un bâtard… »

D’entrée et des les premières lignes du prologue l’auteur s’attaque a l’origine,a l’intrinsèque au fondement de la création et rejette en vrac le sociétal,les us et les conventions.
Le convenu,le mot est lâché et rien ne sera comme avant une fois que vous aurez fermé la 480 énième page de ce livre/colère.
Autrement dit, le roman est un coup de poing que l’on reçoit en pleine figure puisqu’il est question de tout bousculer et de renvoyer dos a dos le christianisme ,l’islam,les morisques,les espagnoles,les femmes ,les hommes,les amoureux,les haineux,les esclaves,les maîtres,la mort ,la vie,la pauvreté,la richesse ,le parental,le filial ,le beau,le laid …
Bref,nous parlons d’un incessant pas en avant et d’un deuxième en arrière.
L’auteur use et abuse de ses propres doutes de ses questionnement , de ses thèses,de ses anti-thèse et nous entraine dans une fatale perdition de l’essentiel: La liberté.
Maria/Aicha,cette espèce de femme/enfant, vierge/catin,humain/fantome,belle jusqu’au saisissement qui se fait capturer par des commerçants d’esclaves et depuis la vie avec un grand « V « s’arrête pour elle car il n’y a pas plus extrême que de perdre sa liberté au profit du pouvoir aveugle de l’humain et c’est tellement retords et c’est tellement violent.
L’auteur fera un vrai choix de la surexposition de l’image et racontera très froidement a coup de zoom, de gros plans et de plans serrés la cruauté humaine .
Il se débattra de bout en bout et procédera a ce que nous appelons communément du rentre dedans ce qui fera dire a certaines lectrices: » j’ai lâché le livre au bout de la 25e page…c’est irrespirable ,c’est trop violent. »
Benmalek a longueur de page déconstruit déboulonne,dissèque,malaxe,remodèle le corps féminin et se fiche de notre horreur . Sa lucidité face a l’histoire et ses ratages est palpable jusqu’au plus profonds plis de notre peau de peau…
Un mea culpa déroutant et sanglant qui vient s’imbriquer sur la période de l’inquisition espagnole dont nous ignorons les détails…les lectrices etaient unanimes a ce propos car elle diront que le roman est avant tout un support historique indéniable et tellement pertinent concernant l’inquisition en Andalousie en 1600 .
 » je veux me documenter sur cette période importante de notre identité car l’auteur m’a ouvert les yeux sur une période sciemment oubliée par les historiens Européens et pas suffisamment traités par ces autres Arabes.. » Ajoutera une lectrice.
Une morphologie discursive donc qu’est ce roman/témoignage ,très fouillé qui se décline sous forme d’une mosaïque construite poings fermés et front serré .
Certaines rappellerons pour cela la formation de mathématicien de l’auteur ,féru de détails et épris de logique et cela se sent dans chaque mot savamment choisis et dans chaque phrase patiemment articulée sur fond de respiration/confidence et de mise a nu implacable .
Une des lectrice comparait le roman a un tiroir comprenant d’autres tiroirs secrets et multiplies a l’infini. Nous passons ainsi d’un thème a un autre et d’une découverte a un émerveillement avec une fluidité inouïe.

« Je m’en vais appeler au secours…le Prophète…Jésus…n’importe qui… »

Benmalek s’attaque a l’intouchable et démontre dans ces 480 pages que l’on ne peut pas construire une identité sur le religieux…Que cela est anxiogène ,destructeur et réduit l’homme a l’état de brute…La religion a cessé d’être source de sérénité a partir du moment ou elle a établi des hiérarchies dans la masse humaine et a décrété par la même que telle prière est la référence suprême,exclusive ,unique et tout le reste est blasphème.
A ce stade du débat l’Algérie des années 90 fit une entrée tonitruante et la charge mémorielle se libère assez violemment pour finir par debouler sur la folie.
le pèlerinage était plus que troublant et faisait particulièrement mal,tres mal.

O Maria est un recueil sur l’amour absolu tellement précaire ,une confidence des plus sinistre sur l’enfermement des cœurs et des têtes que l’auteur transcendera a coup de construction cosmique et nous nous soumettons docilement a une sorte de héros/fantôme qui nous parlera longuement sur l’injustice magistrale dont seule la vie est parfois capable et coupable.
O Maria est un roman qui ne fait pas de cadeau.
O Maria est un roman qui avance par la force transgressif et cela fait beaucoup de bien de donner un bon coup de pied dans le politiquement correct.

PS 1:
Ce serait prétentieux de dire que nous avons débattu de tout,lors de notre rencontre, et puiser tous les thèmes traités dans le roman mais cela nous a permis au moins de faire une lecture plurielle d’un récit qui nous concerne et nous permet d’avancer.

PS2:
Bravo a ces Dames qui ont joué le jeu et ont relevé le challenge notamment en oubliant le régime et les calories pour quelques minutes et abuser copieusement d’une tomina au miel made in chez nous.

PS 3:
la prochaine rencontre se déroulera autour du livre de Assia Djebbar :La disparition de la langue française. Avis aux amatrices.Cheers.

 
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Publié par le 4 février 2014 dans A pile et face, Litterrature

 

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Sur le bazar des représentations…

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Il la voyait s’arracher avec difficulté de ses bras … son regard encore brillant trahissait les folles expansions du désir au masculin …il se cale dans ses coussins en désordre ,place les bras derrière la tête avant de la voir disparaître dans un halo de vapeur d’eau chaude,de nuage de parfum et autres partitions féminines…
Elle se lave minutieusement ,longuement ,s’attarde sur les chemins des caresses,contourne malicieusement les bouches de volcan,ajuste la pomme de la douche et laisse couler l’eau sur sa tête pendant que ses pensées tournoyaient dans le sens contraire des aiguilles d’une montre …
Il est vrai qu’elle ne fait jamais les choses comme tout le monde.
Elle s’habille,se coiffe sans un regard pour lui ,sans un mot et s’installe devant l’ordinateur,puisqu’il y a toujours un ordinateur dans les histoires modernes…C’est toujours fascinant de voir une femme vous prendre par la main et semer ainsi des petites histoires, des saillies ,des peut être mais…
Elle travaille pendant une petite heure avant d’enfiler son manteau et mettre la clé de contact…C’est emblématique comme geste que celui de faire démarrer une voiture ,c’est de ce geste que procède l’émancipation des femmes …maîtriser la bête dirait même ma voisine sourde de 98 ans ,capable de vider méticuleusement trois bouteilles de champagne en un seul après-midi.
Laissez -moi deviner ,vous trouvez la digression maladroite , limite inutile et pourtant c’est aussi cela un récit , des surprises, des ruptures, on improvise des postures ,on invente des phares de voiture sur les boulevards ou il y régnait ,ce soir la comme un malaise a commencer par l’absence totale des quidams ,la neige sale étouffait les trottoirs et soulignait durement l’absence d’exubérance…les devantures des magasins exhibaient des mannequins a moitié nus, claquants des dents dans des short et des robes courtes avec voile transparent …Elle mit la radio,une manière de déjouer cette confusion temporelle tellement énorme ,tellement inhumaine puis fait demi tour et monte les escaliers du perrons quatre a quatre ,court vers l’ordinateur dont l’écran affichait le contact skype « absent » et un message: « A dans une poignée d’heure ma chérie ,tu me manques tellement, je t’aime.  »
Ainsi vont les histoires d’amour électroniques…
De palpitations en messages tremblants
De décalage horaire en silence angoissant.
De soupçons en fabulations.
D’incompréhensions en désespoir.
De peur en terreur de voir tout disparaître …
Son regard se pose lourdement sur la poignée de la porte ,l’oreille se tend …la suite ne vient pas.
Un champs de mine s’ouvre ,on inaugure les ravages …il faudra pourtant tenir la rampe au moins jusqu’à la poignée d’heures a venir.

 
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Publié par le 22 janvier 2014 dans A pile et face

 

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