RSS

Kamel Daoud ou l’étrange soliloque du converti,

Par un regard venu d’ailleurs, resté lucide.

Il y a quelque chose d’inquiétant, de lassant aussi, à voir chaque semaine Kamel Daoud convoqué sur les plateaux, dans les journaux, sur les scènes de festivals, pour dire son malaise français. Un malaise qu’il croit universel, alors qu’il n’est souvent que le sien.

Selon lui, les Français sont trop mous, les binationaux trop fiers de leur origine, les jeunes générations issues de l’immigration presque traîtres envers leur pays d’accueil. Trop d’Afrique dans les cœurs, pas assez de France dans les tripes.

Étrange paradoxe que celui de cet homme qui se dit “plus Français que les Français”, mais dont l’amour de la République semble passer par le mépris systématique de ses enfants les plus sincères.

Kamel Daoud ne cesse de rappeler qu’il a appris le français à l’université, qu’il est né ailleurs, qu’il a souffert plus que les autres, qu’il mérite plus que les autres. Le mérite, chez lui, devient une frontière. Une arme. Une sorte de naturalisation par le haut, au mépris de ceux qui sont nés en France, ont grandi en France, et n’ont jamais eu besoin de haïr leur culture d’origine pour se sentir français.

Il faut le dire : des milliers de Franco-Algériens, professeurs, soignants, écrivains, artistes, entrepreneurs, œuvrent chaque jour à faire rayonner la France. Discrètement. Authentiquement. Sans injonction à choisir, sans ressentiment colonial recyclé en roman personnel.

Mais ces visages, ces réussites, ces voix apaisées sont invisibilisées par l’ombre bruyante de Daoud. Il est devenu la figure-totem d’un certain fantasme médiatique : celle du “bon immigré” qui cloue au pilori les autres et donne à la France une excuse pour ne pas écouter les voix divergentes.

Ni Amin Maalouf, ni Alain Mabanckou, ni Nina Bouraoui, ni même Alice Zeniter – pour ne citer que ces derniers- n’ont ressenti le besoin d’écraser leur héritage pour appartenir. Ils ont composé. Pensé. Transcendé.

Kamel Daoud, lui, a choisi le combat. Pas celui de la pensée, mais celui de la revanche.

Or la citoyenneté n’est pas une arène où l’on boxe sa propre origine à coups de chroniques hebdomadaires. C’est un exercice patient, quotidien, fait d’écoute, de doutes, de cohabitation.

Le drame, c’est que la France lui tend le micro sans jamais se demander pourquoi crie-t-il si fort. Peut-être parce qu’il lui dit ce qu’elle veut entendre. Peut-être aussi parce qu’elle a oublié d’écouter les autres.
Être français, ce n’est pas faire de la culture un ring.
C’est apprendre à conjuguer. À composer. À exister entre deux mondes sans en détruire un.

Kamel Daoud a peut-être oublié ça.
Nous, non.

 
Poster un commentaire

Publié par le 5 juillet 2025 dans Litterrature

 

Le Goncourt qui a volé une vie,

Une enfant laissée pour morte, une voix qu’on refuse d’entendre.

À 5 ans, Saada Arbane est égorgée par des terroristes islamistes dans l’Algérie déchirée de la décennie noire. Ils la laissent pour morte, comme un message, un avertissement cruel : une fille de trop, un corps de trop dans ce chaos sanglant.

Mais Saada ne meurt pas.

Elle survit. Recueillie, adoptée par Madame Zahia Mentouri, une ministre Algérienne, elle grandit dans un foyer aimant. Elle apprend à parler, à lire, à comprendre, à résister. Elle refuse que sa vie soit réduite à une cicatrice, à un numéro dans un récit victimaire. Elle s’élève, libre, cultivée, indocile.

Et pourtant, Saada demeure inaudible.

Une Algérienne libre, donc inaudible ?

Elle ne s’est pas enfuie. Elle n’a pas demandé l’asile en France. Elle vit à Oran, en Algérie, loin des projecteurs occidentaux, loin du récit commode des « sauvetages » occidentaux. Saada ne correspond pas aux stéréotypes qui nourrissent certains milieux littéraires français : pas de voile, pas de posture victimaire postcoloniale, un français impeccable, une éducation solide. Elle refuse d’être la victime que l’on voudrait entendre, et surtout, elle ose accuser un écrivain-star.

Dans le théâtre très codifié du postcolonialisme chic, les femmes du sud ne parlent que quand cela arrange. Saada dérange.

Le Goncourt qui a volé une vie

En 2024, un roman décroche le Prix Goncourt. L’histoire ? Une petite fille algérienne égorgée durant la decennie noire, qui survit et se reconstruit. Un récit bouleversant, encensé par la France intellectuelle, porté sur les plateaux télé. Un écrivain « courageux », qui « donne une voix aux oubliées ».

Seulement cette histoire, ce n’est pas la sienne. C’est celle de Saada Arbane, mot pour mot.

Le problème ? Saada n’a jamais donné son accord. Elle n’a jamais été consultée, ni même mentionnée. Sa vie, son trauma, ses mots ont été volés, transformés en fiction rentable, en mythe littéraire. Son sang, devenu best-seller.

Et quand elle parle, c’est le silence. Puis l’intimidation.

Quand la psychiatre trahit,

Saada croyait être en sécurité. Dans le cabinet d’une psychiatre, elle avait trouvé un refuge, un lieu pour déposer ses douleurs. Mais cette psychiatre est aussi l’épouse de l’écrivain primé.

Les confidences, les fragments de souvenirs, les cauchemars, se retrouvent dans un roman, sans avertissement, sans consentement. Une trahison médicale, intime, symbolique.

Puis vient la tentative d’achat du silence. Une proposition d’arrangement. Saada refuse. Elle ne veut pas être effacée deux fois : d’abord par les terroristes, puis par les élites intellectuelles.

Une plainte. Un micro. Et le mur du silence.

Saada decide de déposer plainte. Contre un Goncourt, une psychiatre, un système qui croit pouvoir tout se permettre, surtout face à une femme arabe.

Surprise : un journaliste algérien lui tend le micro, défendant sa vérité. Mais en France ? Silence. Pas de tribune, pas de soutien, aucune émission. Une omerta.

Saada n’existe pas.

Ce qu’on fait pour les autres, ce qu’on ne fait pas pour Saada

Quand Malala Yousafzai, Mahsa Amini, ou Zahra Joya souffrent, les médias se mobilisent, les campagnes de solidarité s’élèvent, les prix pleuvent.

Pour Saada ? Silence radio, invisibilisation totale, campagnes de diffamation. Pourquoi ?

Parce qu’elle vit en Algérie. Parce qu’elle ne correspond pas au récit exotique que la scène littéraire française affectionne. Parce qu’elle accuse un écrivain protégé. Parce qu’elle refuse de se taire.

Cette inégalité révèle un féminisme à géométrie variable, une solidarité à sens unique.

Ce que Saada révèle de nous,

Son histoire n’est pas qu’un drame individuel. C’est un miroir de nos sociétés, de nos médias, de nos élites.

Elle expose un féminisme clivant, une scène littéraire qui protège ses stars au détriment de la vérité. Elle nous force à questionner qui décide quelles histoires méritent d’être racontées, quelles souffrances valent l’indignation.

Le silence autour de Saada est un appel : à briser le déni, à affronter nos contradictions, à rendre justice à celles qu’on veut faire taire.

Ce combat n’est plus seulement le sien. Il est le nôtre.

Et toi, tu trouves normal, cette injustice ?
Pourquoi certaines voix méritent-elles d’être amplifiées, tandis que d’autres sont étouffées ?
La vraie question, c’est qui a le droit de parler, et qui doit se taire ?

Et toi, t’en penses quoi ?

Le Goncourt 2024.
Le Goncourt 2024. Houris, roman de Kamel Daoud.
 
Poster un commentaire

Publié par le 5 juillet 2025 dans Litterrature

 

Topographie d’une absence

Non, ce n’est pas une tragédie. Pas vraiment.
C’est plus discret que ça. Plus lent. Presque poli.
Comme une sonnerie d’alarme qu’on n’entend plus parce qu’elle dure depuis trop longtemps.

Vivre en adulte, ce n’est pas grandir. Ce serait trop clair, trop pédagogique.
C’est plutôt apprendre à faire avec l’absence.
À doser l’espace, à faire le tri entre le silence qui soigne et celui qui ronge.

Les autres parlent de solitude comme d’un état.
Mais il n’y a pas d’état. Il n’y a que des passages.
Des pièces sans lumière, des murs qu’on effleure du bout des phalanges en espérant que la peau, elle, comprenne ce qui échappe aux mots.

L’angoisse, c’est ce bruit sourd qu’on ne localise jamais.
Un tam-tam interne.
Ça vient du ventre, ça s’élève, ça tape doucement sous les côtes avant d’atterrir quelque part derrière les yeux.
Alors on respire. Trop fort. Trop vite.
Comme pour balayer un brouillard avec des bras trop courts.

Il n’y a personne pour répondre.
Pas vraiment.
Juste cette sensation d’être là, intact, minuscule.
Et vivant, justement, parce que personne ne vous regarde.

Il faudrait, peut-être, fermer les yeux.
Mais non.
Il faut les garder ouverts. Lutter contre l’idée d’abandon même dans le noir.
Tirer sur la respiration comme on tire une corde à linge, une dernière fois.
Pour se rappeler qu’on est là. Qu’on pèse. Qu’on pulse.

Mourir seul n’a rien d’héroïque.
C’est une chute banale. Une expiration sans témoin.
Mais avant cette fin — il y a ce théâtre du vide.
Ce face-à-face sans dialogue.
Cette performance involontaire d’un corps qui tient debout, sans personne dans les coulisses.

Et peut-être que c’est ça, être adulte.
Non pas gagner sa vie.
Mais apprendre à ne pas fuir le murmure de sa propre présence.

 
Poster un commentaire

Publié par le 2 juillet 2025 dans A pile et face

 

Icône du goût français, libre et fantasque, Andrée Putman a imposé son style unique et entraîné dans son sillage une génération d’architectes stars. En archives et témoignages, un bel hommage à la papesse du design, disparue il y a tout juste dix ans.

Documentaire de Saléha Gherdane (France, 2022, 52mn)

 
Poster un commentaire

Publié par le 29 janvier 2023 dans Mode & Art de vivre

 

Étiquettes : , , ,

Femmes croisées,

C’est un excercice franchement périlleux que celui de vouloir ponctuer une toile d’aphorismes entendus et maintes fois usités, fatalement inutile.
Et qu’importe le renvoi technique ou le bavardage sur la grammaire des modulations. Encore moins la digression sur le trompe l’oeil ou l’aisance de la portraiture en étage voire le brossage de la perspective magistralement exécuté, blablablabla.
Privilégier plutôt le choc visuel, le paroxysme de la cavale mentale, les jambes qui vacillent, l’étourdissement, la déroute, l’hémorragie et le supplice du pourquoi une telle interprétation?
J’obtempére, respire profondement avant de remonter l’ovale des visages et m’engouffre dans l’intemporel.
L’univers pictural d’Ibrahim Achir est un cosmos en mouvement continu, les levres y sont frémissement et le regard clairvoyance.
Point de jour encore moins de nuit mais une lumiere somatique née par et pour le surprenant barbouillage.
Les personnages sont un brin inquiétants tout autant que l’écrin qui les souligne. Mimodrame ou femmes croisés, elles semblent suspendues entre le vivant et l’objet.
Chaque toile signé Achir est immanquablement une ode poétique et ça m’émeut et me transporte.

Toiles de l’Artiste peintre Brahim Achir.

 
Poster un commentaire

Publié par le 9 juillet 2021 dans Arts Visuels

 

Étiquettes : , , , , ,

Ceci n’est pas un journal.



Un samedi de confinement XXL, j’ouvre la porte d’entrée, question de renouer avec la chmissa et le tweet des oiseaux. Je pousse le luxe jusqu’à prendre ma kahwa sur le perron, m’en fous des voisins qui ne sortent jamais.
Je snobe, zappe, ignore royalement ma journee d’hier tout comme le parking, devant moi, essaimé de voitures parfaitement immobiles, je m’accroche plutôt au ciel et me lance vaillamment dans le sillage des rayons dorés.
Il y’a presque une vie entre les branches des arbres, ça me fait du bien.

La distanciation physique a partir des marches de mes escaliers est celle de ne pas trépasser le monde de la chose ni de suivre sa malheureuse évolution . J’ignore combien je tiendrai ainsi avant d’appuyer sur le bouton de CNN.
Je ferme les yeux, serre les mains, enfin un chitoh.

Je prends part aux festivités d’anniversaire de ma nièce via Instagram tout comme celui d’une autre amie virtuelle, célébrée par ses collègues a la rédaction d’Alger chaine 3, loin là – bas sur ma terre bleue.
« Happy birthday ya mra et des boussettes tout plein zkara fi hadik la chose », m’entendis-je crier de mon perron. Les pierrots me rejoignent dans mon envolée lyrique, un voisins ouvre sa fenetre, son chien se mit a aboyer, oups.
La chose s’enerve et me renvoie vite fait au métro qui passe au loin avec tous ses wagons … vides.

Je me réfugie dans ma cuisine, le joker se prénomme yaourt naturel. Faut dire que puiser dans la carte du terroir n’a pas ete une aventure heureuse. Le cocktail Mesfouf/ soupe de lentilles/tleytli m’ont littéralement flingué le colon, déjà mega nerveux.

L’ennui continue a creuser tranquillement son sillon dans nos tetes engourdies, on creuse, on cherche, le diner virtuel avec Mourad remis a Lydia et a moi meme du baume au coeur, enfin pour un quart d’heure.
Tic,tac,tic,tac, mon manque shot/news devient pressant, je tourne en rond, prends un livre au hasard, l’ouvre a la page 11+4+20+20 et lis a la première ligne:
-Non.
La chose s’est glissée jusqu’a entre les page du bouquin. Pfffff.

 
2 Commentaires

Publié par le 11 avril 2020 dans A pile et face

 

Journal d’une confinée US -8-

Nous sommes tous coincés au milieu de cette chose – que ce soit en première ligne pour la combattre ou simplement dans nos maisons en attendant qu’elle passe .
De plus en plus de personnes tombent malades ces derniers jours, des proches notamment ce qui nous amène a mettre des visages sur la chose et c’est un pas de plus dans le pénible.
Les spécialistes en tout genre nous invitent a une nouvelle grammaire du pire, pour le coup je me dis qu’il n’est pas trop tôt pour réfléchir à la façon dont nous allons commencer à sortir de ce casse tête chinois. Une blague de mauvais gout, je vous l’accorde.
Un ami atteint durement du coronavirus me disait tout a l’heure qu’il n’avait qu’une envie, celle d’aller a la mer et d’y rester un long moment. Il n’a parlé ni de mets sophistiqués, ni de passer du temps avec ses deux enfants mais concentrait le peu de force qu’il avait encore sur la mer. J’ai mis ça sur le compte de l’enferment auquel il est assigné.
Ce serait donc ça l’humain, un espace illimité tangible, tactile, mouvant. Peut être .
Le mien d’espace est 24h sur 24 régie par mon iPhone et ce depuis le début de la chose. L’ecran bleu m’offre des éclaircies qui rappellent presque ma vie d’avant.  » j’ai réglé ta facture bancaire du mois précédent  » m’ecrivait Mourad, ce matin de son Emirat lointain. « Ton frere est encore plus têtu que jamais a sa maniere de refuser de porter le masque facial. » repetait la voix de ma mere agacée a partir de Annaba.
Je ris avec des copines sur facebook en faisant des blagues pourries et surveille non sans angoisse mon stock de shampoing, savon de toilette, coton- tige, dentifrice, eau de javel, glace a la vanille. Je travaille la sophistication de mes obsessions .

« Le maintien du schémas de pensée rigides exacerbe le stress et l’anxiété », a déclaré un specialiste pour rajouter ensuite, »La flexibilité est nécessaire pendant cette période d’incertitude et de changement rapide. » Je ne sais pas comment fait Stephane mon ami pour trouver la force et la constance de chanter chaque soir de son balcon et nous offrir ainsi une balade lyrique. il nous évade et nous apaise. De Paris a Washington DC, la distance s’appelle désormais, générosité .Mes pensees vont vers mon ami d’Oran qui vient a chaque fois me secouer, une maniere de me maintenir rattachée a la vie. Merci mon prince.

Afin de maintenir votre système immunitaire fort, d’autres conseillent sept à huit heures de sommeil. Faut que j’explique que depuis le début de la chose, je me suis aménagée un bureau dans ma chambre. Lydia pour sa part a déménagé son lit dans le « basement »- sous sol- avec ouverture sur le jardin.
Nous vivons ainsi chacune a une ou dans une « hauteur » différente .
Je l’entends s’affairer dans la cuisine, m’imprègne des musiques qu’elle ecoute, me parvient l’odeur de son savon a l’heure du bain. Son teint est plus pale que d’habitude mais son sourire reste intacte. Chaque soir et a heure fixe, elle m’envoie des photos de notre confinement.
Une petite histoire sur le confinement a partir du mega confinement. L’etre humain ne cessera t-il donc jamais de se mettre en scène comme pour s’assurer qu’il est en vie?

Nous sommes samedi 4 avril, il est 13:30, le ciel est gris, je ne suis ni heureuse ni franchement malheureuse mais tente de digérer la vie sous le règne de la chose. Mourad voudrait que nous puissions diner ensemble via écran . Un vrai diner familial avec plats chauds et jolies assiettes. Il parle de jeudi prochain. Faudrait que je trouve un menu facile a concocter, surtout pour lui. J’entends une ambulance au loin ainsi que le métro au delà du parking, devant la maison, essaimé de voitures a l’arrêt .
Lydia m’apporte une assiette: »N’oublie pas de manger maman. »

Photo tirée du journal visuel sur le confinement. Credit Lydia Chebbine.

 
Poster un commentaire

Publié par le 6 avril 2020 dans A pile et face

 

Journal d’une confinée US -5-

Ceci n’est pas un journal,

Vendredi, samedi, dimanche, les jours se suivent avec cette impression déplaisante de réécrire la même page.
Les mots se tiennent droits, en bloc, serrés les uns aux autres, n’offrant aucun interstice, pas même le moindre fil d’air.

Au dessus de cette orange bleue, des passions : espoirs, rêve , abnégation. Mais aussi des malheurs: terreur, félonie, abrutissement, ignorance, mesquinerie, le tout liés dans le désordre,
Tableau inachevé.

Deuxième semaines de confinement ou un peu plus, la lassitude serpente les têtes, écroue les coeurs, tu traines en pyjamas, mal rasé, aux aguets, inquiet, penché sur les traces d’un virus qui aurait pu coller aux semelles de tes chaussures.

Broyé par la terreur, tu n’as de yeux que pour les autres, a attendre perfidement leur fin, pas même capable d’anticiper ton agonie. La chine, la Corée, Hong Kong, l’Italie, L’Espagne.
Voyeur est ton nom.

Je devais voyager, aller au devant des visages avenants, cueillir des sourires et glisser ma main dans celles des enfants marins. Parait qu’ils sont de bon conseil.
………………………..

Tu rattrapes le train.
Haletant , tu te laisses glisser sur la banquette rouge, déplie le journal sans lâcher de l’autre main, la couronne.
Ma plus belle image de toi.

Photo de Lydia Chebbine.

 
Poster un commentaire

Publié par le 6 avril 2020 dans A pile et face