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La poudreuse…

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le linge de lit blanc satiné courait la grande chambre silencieuse jusqu’au tombé fluide des larges panneaux en tissu de lin ourlant d’un trait léger l’infinie baie vitrée qui donnait sur une errance hivernale,immaculée, cotonneuse,dense et absolue.
Les « mélopées » météorologiques de la veille étaient unanimes et sans nuances sur l’énième absence de couleur en ce mois de mars.
D’un geste léger, elle s’éloigne de la fenêtre ouvre grand son cœur et ses valises pour y entasser pele mêle ses envies de soleil, maillot de bain, huile bronzante,chapeau de pailles,colifichets en dentelle et eau de Cologne citronnée.
Le ton est donné par ces frémissantes notes qu’elle jouait d’un seul doigt sur l’écran du téléphone portable qui affichait miraculeusement les destinations suaves. Au milieu de ce tout blanc d’une Amérique qui gèle, l’hymne est aux champs de l’été, véritable plaidoyer bleu sur la sensualité et les intériorités indolentes . Elle ajuste le grain ,vérifie les tons avant d’enchaîner sur des panneaux plongeant d’assiettes de melon sucré et de salade tomate mozzarella.
10h du matin et il neige lourdement ,reste a trouver les mots qui affineraient la frise et laisseraient filer le vaste monde des cartographies intérieures.
De retour a sa fenêtre ,elle suivait du regard et loin des inquiétudes, Le ciel, la lumière et toute la sensualité fébrile de ce monde. Flanquée de deux valises, l’épopée joyeuse,se laissait ainsi poser comme une douce lenteur sur la banquette arrière d’un taxi a destination de l’aéroport.

 
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Publié par le 5 mars 2015 dans A pile et face

 

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Assia n’est plus.

Comme une dernière prière,
Deux messages reçus aujourd’hui,l’un a 2:30h du matin ,heure Américaine et l’autre a 16:00. Deux messages de deux amies, l’une a Paris , l’autre a Londres, rédigés en langue Française, j’allais dire dans la langue d’Assia Djebar pour dire l’amour, la douleur mais surtout l’abnégation.
Heureusement que la force des mots n’est pas une matière friable et cela permet aux écrivains de transcender le temps et la géographie.
Assia djebar comme Malek Haddad et tant d’autres n’ont pas de coordonnées temporelles et donc leur disparition n’est qu’un énième découpage scénique comme ils savent faire avec grâce.
La magie est celle de transformer la solitude qu’impose l’écriture en des moments de lumière et ça Assia sait y faire puisqu’elle a transformé notre regard apeuré sur l’existence en un récit ethnique triomphant.

A sa manière espiègle, joueuse, brillante en forçant parfois sur le « déhanché » verbal elle aura imposé avec panache, une parole feminine Algerienne et quelle parole.
Assia n’a eu de cesse de déstructurer les lignes rigides du patriarcat pour dresser a la place des ponts, consolider des digues et essaimer les paroles apaisées et apaisantes, les vraies, celles qui remettent les aiguilles de nos cheminements dans le vaste humain.
Ce soir Assia Djebar , nous dit a sa maniere qu’il est impératif d’échapper a la solitude intérieure et nous livre dans un ultime testament, les codes d’une vie hygiéniste.
Ce soir, l’idée de la femme universelle traverse le tout Cherchel jusqu’à mon éloignement Americain et les possibilités de vivre femme et Algérienne apparaissent comme une évidence.
Dors en paix l’Artiste et restons élégants-es- dans notre douleur par amour pour Assia et par respect pour son combat.

Assia Djebar.
Assia Djebar.
 

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Composer l’instant…

Il avait coutume de dévaler la colline a la pointe du jour, après un siècle d’absence. Il se présentait cote jardin, mains dans les poches en sifflotant un air jazzy avant de donner trois coups léger sur la porte vitrée .
Elle devinait son sourire moqueur,sa voix poivrée,son souffle en bulles de savon…
Besoin d’un siècle pour réussir une torsion sur la vie, mettre de l’ordre dans ses palpitations , déplier ses pas, remettre les mots dans le bon ordre: sujet,verbe,complément ,faire ses gammes,travailler ses effets et ne pas se laisser envahir par les possessifs,les suffixes et ses autres préfixes
Trois nouveaux coups sur la porte vitrée,un peu plus posées,ceux la, un tantinet insistants.
Faudrait repenser la vie des déplacés,faudrait reprendre les entres-deux, déployer les gestes religieux,dramatiser les cheminement ,donner du relief, composer l’instant…
Elle opta pour une clarté de bougie baignée de rose et tendit une main tremblante vers la porte en verre.


 
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Publié par le 1 mars 2015 dans A pile et face

 

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Solitude blanche…

Washington DC, ville blanche, le paysage se résume en deux structures symétriques glacées annulant l’effet miroir qu’offrait la surface du fleuve potomac au ciel.
L’hiver se tait et laisse place a la lumière, ma promenade, ce matin,tournera vite au rayonnement carré, fermé a toutes allégories optiques.
Le tableau grandeur nature opte pour l’absolu plat comme unique variante de perspective, une manière de souligner la solidité du cadre.
Nous assistons, en ce matin du mois de février a un cour magistral que nous donnerait Dame nature qui se se drape d’audace et décline avec une extrême  grâce l’élégance des mouvements de retrait.
Prenons en de la graine et travaillons la justesse de nos pas…Se renouveler, savoir s’éclipser mais tenir ses promesses d’émerveillement, serait, donc, l’ultime leçon de vie.

Le fleuve Potomac  Washington DC poty1 poty

 

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Obsession d’été…

                                             le matin

Elle allumait une a une toutes les lampes du salon,le principe était celui de brouiller la nuit…Encore enfant, elle avait coutume d’ouvrir grand les yeux devant l’étendue bleue ,une manière de faire le plein d’azur…comme une prémonition.
Aujourd’hui le peu de poussière-de-soleil que laissaient entrevoir les journées trop courtes de ce mois de décembre la rendait plus que nerveuse.Faut il s’en etonner quand on est né dans un pays incandescent et qu’on ai respiré de l’iode par vagues entières.
Cela fait vingt ans qu’elle essayait vainement de retrouver ses odeurs.
« Allo ,maman…ça va ? Tu sais quoi? J’ai mis ton parfum,ce matin, je t’ai sentie toute la journée et c’était tout drôle. ».
Le rire limpide comme une partition de vivaldi etait tout proche, il lui coulait au creux de l’oreille…Elle respira profondément avant de raccrocher puis ferma les yeux pour mieux voguer sur cette stylisation extrême des palpitations maternelles.
20:14mn,seule au milieu de toutes ces taches de lumiere ,elle appuie sur la touche radio, france inter diffusait de la musique « Gnawa »,l’animatrice avait du mal a prononcer le titre de la chanson.Elle disait avec beaucoup de mal »Lawah,lawah ».
Le « h » etait muet comme un regret..

 

 
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Publié par le 5 décembre 2014 dans A pile et face

 

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les silences pervers …

« Meursault contre- enquête ».
Roman de Kamel Daoud .

« Meursault contre- enquête »,le livre de Kamel Daoud , »Goncourable » a souhait et de ce fait légitimement critiquable sur les 153 pages que Meursaultconstitue le récit de l’enfant de Mostaghanem , ce roman, cousu de bout en bout avec des mots qui pensent, explique que l’on ne naît pas Arabe mais qu’on le devient,l’absurde aidant.
Contrairement a toute logique marketing, l’auteur nous défie d’entrée en déclinant sa narration comme un fantasme, une construction imaginaire, une couleur qui viendrait en deuxième temps pour dire les choses que l’on a tu, pour combler les vides,un caprice littéraire en somme.
L’auteur nous projette dans un tourbillon temporel où passé et présent sont mis a l’épreuve,un incroyable « labourage » a ciel ouvert.

Mais de quoi s’agit -il au juste?
« Meursault contre- enquête » est un livre sur la colère et écrit avec colère.
Une écriture de mec, a coup-de-point crocheté, descendant balancé. les coups pleuvent désespérément contre le « nous collectif  » dans lequel se débat un homme/enfant livré a lui même dans une ville ,elle même livrée aux Roumis,comprendre les colonisateurs, dans la langue plebienne/daridja Algerienne.
153 pages en mode télescopage entre la vie du frère de l’arabe tué dans le livre de Camus et celle de l’auteur ,l’Algerien /post-indépendance,brimé, au mieux bâillonné quand il n’est pas infantilisé par un pouvoir reposant essentiellement sur la légitimité historique a défaut de cette autre fondamentale, la blasphématoire légitimité législative.
Daoud a tressé a longueur de pages un pont entre la vie de l’auteur-le frère de l’arabe- et la sienne de vie en voguant sur une une identité mentale que l’on transcrit a coup de sang et de douleur sur la peau dans l’Algérie de tous les temps et nous lisons:
« Les soûleries fréquentes de Moussa ces derniers temps ,ce parfum qui flottait dans l’air ,ce sourire fier qu’il avait quand il croisait ses amis ,leurs conciliabules trop sérieux,presque comiques et cette façon qu’avait mon frere de jouer avec son couteau et de me montrer ses tatouages:Echedda fi Allah »(« Dieu est mon soutien »). »Marche ou creve »,sur son epaule droite « Tais toi « avec dessiné sur son avant- bras gauche,un cœur brisé.C’est le seul livre ecrit par Moussa.Plus court qu’un dernier soupir,se résumant a trois phrases sur le plus ancien papier du monde,sa propre peau. « 

meursaul1Non concordance des temps,
Le tête a tête avec Meursault ou « mersoul » voire « rassoul » – prophète- n’est décidément pas de tout repos .Le livre se nourrit d’un immense hors champs religieux conforté par une profusion de prophètes . Nous y croisons le prophète Haroun, Moussa-moise- Caïn et Abel, des clergés délurés et des » Ève » en mini jupe se tenant sur la ligne de démarcation qui séparait l’espace terne des arabes de celui plus flamboyant des colons.
Et c’est justement sur cette ligne infime qui sépare le bien du mal, le convenu de l’imprévue, le désir de la répugnance, la cécité de la lucidité que se tient Haroun,le frère de l’arabe faute de tout comprendre.
“Un jour M’ma a voulu que j’aille a la mosquée du quartier,qui sous l’autorité d’un jeune imam,servait plus ou moins de garderie .C’était l’été .M’ma a du me traîner par les cheveux jusque dans la rue ;le soleil était si dur.J’ai réussi a lui échapper me débattant comme un forcené et je l’ai insulté .Puis j’ai couru tout en tenant la grappe de raisin qu’elle m’avait donnée juste avant pour m’amadouer.Dans ma fuite j’ai trébuché ,je suis tombé,et les grains se sont écrasés dans la poussière,J’en ai pleuré,toutes les larmes de mon corps,et j’ai fini par rejoindre la mosquée penaud .Je ne sais pas ce qui m’a pris mais quand l’imam m’a demandé qu’elle était la cause de mon chagrin ,j’ai accusé un gamin de m’avoir battu. C’était, je crois, mon premier mensonge .Mon expérience a moi du fruit volé au paradis.Car a partir de ce moment la,je devins rusé et fourbe,je me mis a grandir. “

L’expansion des corps,
Le roman se décline en 2 tableaux ou espaces scéniques . la ville,le village et accessoirement la mer pour l’extérieur autrement dit le « subit » .
la maison, le bar constitueront,pour leur part ,les voix off ,les intériorités plutôt exiguës, plutôt anguleuses.
L’ espace/bar mal éclairé,embué et cotonneux servait comme une caisse de résonance a une sagesse populaire dans le sens brute et par tas entier.
c’est décidément du « layadjouz  » –l’interdit- que jaillira la lumière.
“Les bars encore ouverts dans ce pays sont des aquariums où nagent des poissons alourdis raclant les fonds. On vient ici quand on veut échapper à son âge, son dieu ou sa femme, je crois, mais dans le désordre. Bon, je pense que tu connais un peu ce genre d’endroit. Sauf qu’on ferme tous les bars du pays depuis peu et qu’on se retrouve tous comme des rats piégés sautant d’un bateau qui coule à un autre. Et quand on aura atteint le dernier bar, il faudra jouer des coudes, on sera nombreux, vieux. Un vrai Jugement dernier que ce moment. Je t’y invite, c’est pour bientôt. Tu sais comment s’appelle ce bar pour les intimes ? Le Titanic. Mais sur l’enseigne est inscrit le nom d’une montagne : Djebel Zendel. Va savoir.”

Extinction des voix,
Meursault contre-enquête est un portrait cruel d’un héros mort né, un héros malgré lui qui aura vécu le temps de 153 pages sur la solitude culturelle,sociale et particulièrement celle de la parole afin de servir d’alibi a d’autres pages écrites , il y a de cela soixante dix ans .
Le frere de l’arabe a l’ombre fuyante a tout faux et c’est ce qui explique en partie ce repli sur soi, ce harcèlement qu’il s’impose avant tout.
Haroun ,un enfant désarment de sincérité confondra le vivre et la vérité .
Il restera a la traîne pour avoir cru a un triste jeu de balle .
Le frère de l’arabe s’épuisera a tenter de découdre les enjeux et les excès auront raison de son manque de poésie.
L’auteur/prophète se fait piéger au final par les multiples contradictions et aucune stratégie de survie ne tiendra devant les silences pervers  mais  tellement confortables a commencer par celui de sa propre mère.
« Aujourd’hui,M’ma est encore vivante mais a quoi bon !Elle ne dit presque rien .Et moi je parle trop,je crois.C’est le grand defaut des meurtries que personne n’a encore puni,ton écrivain en savait quelque chose… »

Meursault contre-enquête est un regard glacial ,une fixité inquiétante ,un panoramique qui nous raconte, pas de la façon dont nous aimons souvent l’image mais l’incroyable est que ça marche puisqu’il s’agit d’un roman qui fera date dans la littérature Algérienne mais pas que,la preuve.
Biographie de l’auteur:
Kamel DAOUD
Né en 1970 à Mostaganem (300 km à l’ouest d’Alger), Kamel Daoud a suivi des études de lettres françaises après un bac en mathématiques. Il est journaliste au Quotidien d’Oran – troisième quotidien national francophone d’Algérie –, où il a longtemps été rédacteur en chef et où il tient depuis douze ans la chronique quotidienne la plus lue d’Algérie. Ses articles sont régulièrement repris par la presse française (Libération, Le Monde, Courrier international…).
Il vit à Oran.Il est l’auteur de plusieurs récits dont certains ont été réunis dans le recueil Le Minotaure 504 (Sabine Wespieser éditeur, 2011) – initialement paru à Alger sous le titre La Préface du nègre (éditions barzakh, 2008) et distingué par le Prix Mohammed Dib du meilleur recueil de nouvelles en 2008. Traduit en allemand et en italien, salué par la critique française, Le Minotaure 504 figurait sur la sélection finale du prix Wepler et sur celle du Goncourt de la nouvelle 2011.
Meursault, contre-enquête, publié en Algérie par les éditions barzakh et en France par Actes Sud, est le premier roman de Kamel Daoud.
Edition Actes Sud.

 
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Publié par le 4 novembre 2014 dans Litterrature

 

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la loi des algorithmes…

 

Photo de Lydia Chebbine.  Automne Americain.  Octobre 2014.

Photo de Lydia Chebbine.
Automne Americain. Octobre 2014.

Qu’est ce qui fait le miracle d’une vie… Et si c’était tous ces récits sur le elle et le il. 
Tous ces contes pour grandes personnes ou la langue sert de socle performatif. Puisque la rencontre,toutes les rencontres entre le feminin et le masculin relèveraient immanquablement d’une mysticité classique.
Le ton etait monté très vite ce soir la…les intercisses racontaient avec une certaine violence les hors champs délabrés,la confusion de l’éloignement et toutes les obsessions tenaces…car entre une femme et un homme,c’est une histoire de séduction,avant tout…un luxe du temps.
Au final,toutes les histoires des femmes et des hommes sont directement ou indirectement des matières a roman .
-« L’Algérien que tu connais, c’est qui déja? ».
Sa voix empruntait ,au fil des minutes,les intonation du désespoir pour finir par se lâcher  :
-« Tu ne peux pas imaginer que l’Algérien que tu connais n’existe plus?. »
Elle soutient son regard et avoue d’une voix voilée, presque a regret :
-« C’est vrai que je pense l’Algérien a l’image de Malek Haddad,l’homme de ma vie. »
Il ne se démonte pas et lui envoie tout de go:
-« les mutations sont énormes. »
Et a elle de reprendre:
-« Je n’ai pas changé,moi. »
Le ton grondait et les mots disaient plus qu’il n’en fallait comme pour mettre fin a une ébauche du sublime.
-« Malek Haddad qui a honte d’écrire en français ou juste celui qui a créé je t’offrirai une gazelle ? Peut etre ,cet autre de la dernière impression? Mais bien entendu, tu as changé par petites touches sans que tu n’y prêtes attention .Tu as tellement changé que tu t’en rappelles meme pas …Que tu t’en rappelles plus. »
-« En effet ,je parle du fabuleux Malek Haddad,du regardeur, de l’homme qui sème le merveilleux et qui n’a pas honte de lever les bras au ciel…je parle du règne des hommes qui ne sont pas pressés. »
Mais contrairement a son héros elle laissa tomber les bras…les orchestrations se brouillaient et les notes se confondaient dans des boucles inaudibles…Ainsi éclataient les récits des fous de l’impossible.Entre pari démesuré et fracas de passion s’évanouissaient le mystère et les lieux des romans. 

 
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Publié par le 24 octobre 2014 dans A pile et face

 

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Crispation…

Samedi matin,il pleut, il fait gris et suinte le regret de l’été…Une femme,deux,quatre et une palette très variée du » moi »,du « nous » mais au fond il s’agissait surtout de l’image que chacune d’elles se faisait de sa petite romance…
Que peut-on s’accorder comme contradictions quand on « se joue » en direct?
Nous épousons les modèles,accentuons les reliefs pour arrondir les angles voire les lisser au delà des vagues fantomatiques du « plus jamais cela » ou cet autre « Ah,si je savais »…Les mots tombent par paquet pour raconter le maintenant et plus prudemment les lendemains.
Des femmes prennent la pause,se parlent en jouant les accords,les désaccords et il n’y a rien d’original a cela si ce n’est que les autoportraits « marbrés » révèlent, généralement,les solitudes orphelines.

 
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Publié par le 11 octobre 2014 dans A pile et face

 

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