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La voix dans sa tête…

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Les gestes du matin restent les mêmes en ce premier jour de l’été : ouvrir les fenêtres,mettre la radio,la douche ,le café,faire semblant de lire le courrier ,zapper les factures et les notes administratives, un deuxieme café pour ancrer le quotidien viendra ensuite le premier coup de téléphone s’ensuivra les retrouvailles via skype…elle égrène ainsi ses histoires de villes et elles sont tellement nombreuses ces villes qui l’entourent et qui grignotent de son espace contemplatif tous les jours un peu plus…Vérifier ses poches et s’assurer que les crayons de couleurs sont bien la car elle n’est jamais a l’abris de rectifier une ligne du ciel ou de raviver les tons  d’un coin de sa mémoire assiégée.
Premier jour de l’été donc et mère nature semble tenir sa promesse en cette matinée ensoleillée juste comme il se doit…un savant dosage de Lumière et de silence et si les oiseaux sont au rendez-vous c’est aussi et surtout pour parler des âmes et de leurs gloires. .
De mémoire de voyageuse ,elle a toujours vacillé entre deux mondes l’un dans sa tête et l’autre dans les rues…Et la elle sourit franchement en pensant a la tête ahurie de ses deux amies médecins- un médecin c’est déjà top sérieux mais deux au même temps cela devient carrément grave- qui accusèrent  clairement son histoire d’une » espèce de voix qui lui parle constamment dans la tête » .
Elle s’était alors empressée de dissiper leur craintes « Hippocratique » sentant que ce n’était ni le  moment ni l’endroit pour parler de melodie jusqu’au bout…
La voix dans la tête ou comment tricoter le « moi »…une polyphonie des forces sonores ,une onde  réversible,un foisonnement de charges mémorielles et émotionnelles…des visages que l’on porte a l’intérieur de nous et que nous finissons par confondre avec le notre…
un jeu d’enfant en sommes qui consiste a faire semblant d’écouter l’autre  pour finir par  faire exactement ce qui nous passe par la tête .
Dixit la voix,dans ma tête.

 
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Publié par le 21 juin 2013 dans A pile et face

 

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Chapelles intérieures…

Le paradoxe des villes, en général, c’est qu’on s’y sent plus seul que dans partout ailleurs … c’est comme qui dirait ,la voix perd son échos et le monde ne répond plus.
les visages défilent , rares sont les regards qui s’attardent sur vous et vous perdez ainsi prise sur votre propre ombre a longueur d’heures citadines .
la loi du milieu urbain fait tache d’huile …votre âme ne se réverbère ni dans les grandes artères, tellement, elles sont longues ,ni dans les boutiques a la mode si clinquantes et encore moins sur les terrasses dynamiques et hypes..
Vous serrez la mâchoire sur votre solitude , sur le délabrement dégoulinant de vos soirées de « rat des villes » et seules les fêlures des trottoirs peuvent raconter vos titubements et l’incandescence de vos chapelles intérieures.
Bravo ,vous venez de toucher le fond de l’angoisse atmosphérique.

 
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Publié par le 20 juin 2013 dans A pile et face

 

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Inspiration…

 

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-« Car il fallait qu’elles fussent folles ces femmes pour affirmer leur volonté présomptueuse d’écrire dans un milieu littéraire essentiellemnt gouverné par les hommes. Car il fallait qu’elles fussent folles pour s’écarter aussi résolument dans leurs romans ou leurs poèmes, de la voie commune, pour creuser d’aussi dangereuses corniches, pour impatienter leur temps ou le devancer comme elles le firent, et endurer en conséquence les blâmes, les réprobations, les excommunications, ou pire l’ignorance d’une société que, sans le vouloir ou le voulant, elles dérangeaient. »
Lydie Salvayre- 7 femmes.

 
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Publié par le 18 Mai 2013 dans A pile et face

 

Je t’emmene a Vegas…

Elle était plutôt jolie et très chic …une sorte de présence anachronique au milieu de cette station d’essence dans une de ces villes Américaines carrée, limitée et délimitée .
 Il se tenait tout prés…Ah,comme le hasard provoque  les choses .Ils ont la même voiture avec la même couleur et tout et tout mais de la a y voir un signe,il  en aurait fallut un peu plus.  
– » Allô  oui allô, je te dis que je viens de trouver la femme de ma vie…elle est la juste la …oh,si tu la voyais …hein, quoi ?je devrai le lui dire,la tout de suite?. »
L’homme dont elle ne percevait que la silhouette, vu qu’elle lui tournait le dos  continue de plus belle . « Voyez-vous j’expliquais a mon ami que je vous trouve très belle et il suffirait d’un mot de votre part   pour que ma vie  puisse enfin commencer. Allez ,s’il vous plaît donnez nous cette chance..Dites oui et je vous emmène  tout de suite a  Vegas. »
Elle n’oubliera pas d’esquisser un sourire poli avant de disparaître dans sa voiture et s’éloigner ainsi  au  plus vite  de cet univers masculin ou une fois sur deux ,la parole urgente éclate en bulles disparates imprécises et sans épaisseurs aucunes . 
Sa voix pensait a sa place : c’était mieux avant ,le goût pour la poésie  et le panache   
 réinventait les lieux avec les notes en toiles de fond… c’était mieux avant quand elle n’avait pas besoin de dire: je me souviens…
« Avant » ,un mot assez curieux que nous pouvons  facilement confondre avec un sac de femme qui mêle les choses précieuses  aux choses futiles  et pour une seconde elle fut tentée d’aller voir dans tous  les coins ce qui se passe..de vider les fonds de poche afin de pouvoir glisser dans une certaine communauté ou l’incertitude débouche toujours sur quelque chose.
 Une pluie fine  commence a tomber ,elle n’aime pas la pluie …la pluie est l’éloge de l’éphémère car sitôt arrivée au sol ,elle cesse d’être pluie et on parlera de flaques,de ruisseaux et d’une multitude de variations liquéfiées ..Sa pensée s’amplifiait ,se précisait pour aller puiser  dans ces grains qui faisaient lever en elle un infini de visages,de gestes et de voix et au milieu de tout cela ,elle le vit.  Elle  tente de s’accrocher a ce visage ,veritable narration d’une histoire d’amour qu’elle a vécu  et qu’elle considère que c’est tout l’amour qu’elle n’a jamais vécu. .
 Elle se surprend au coin du rétroviseur et se força  de répéter a haute voix qu’elle ne devrait pas se fâcher avec la vie  qui est avant tout un état d’esprit… La vie en ce sens est comme la beauté ,la vraie,celle qui est  bouleversante et qui fait souvent pleurer.

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Publié par le 13 Mai 2013 dans A pile et face

 

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Sur le mode « négligés en dentelle ».

Le sieur Marc Jacobs chez Louis Vuitton que l’on décline en pyjamas écarlate a décidé de vous déshabiller l’hiver prochain ..
ces dames commencent la journée en enfilant un manteau trois-quarts en astrakan fluide sur de torrides négligés  en dentelle .
Le dedans et le dehors se confondent sous le coup des ciseaux savant qui coupent a vif  dans  l’étoffe en prose.

 Marc Jacobs explique sans sourciller que le vrai luxe aujourd’hui, c’est de s’apprêter pour rester chez soi plutôt que sortir pour se montrer.
Dans une tentative de faire  parler les corps , Le Sieur Marc ouvre les territoires et le prêt a porter fait place au  prêt a bouger..
Une idée de la femme  émerge alors a fleur d’un certain temps et par effet de retrait ,l’espace deviendra  exclusivement masculin par le masculin et pour le masculin .
la silhouette féminine  finira par se confondre dans un nuage  ample ,imprécis  et le corps singulièrement  inactuel  manquera  au final terriblement d’esprit.
Paris,vous avez dit Paris. Cheers.

Collection Louis Vuitton Hiver 2013/

 
 

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Marcher…

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Marcher droit ,ne penser a rien et seulement marcher…c’est difficile de penser confortablement la vulnérabilité …Marcher encore plus droit sans penser a la maison silencieuse,aux salles de bain qui restent muettes le matin, ,aux escaliers qui ne craquent pas sous les pas…Marcher malgré le souffle court ,marcher contre la solitude vengeresse,contre le silence tapi  dans un coin et qui guette …Marcher en négociant les territoires afin de ramener la parole a une possible éclosion…Marcher toujours droit dans l’espoir de retrouver l’équilibre entre l’être et le chant …marcher dans l’espoir de croiser les rues de l’enfance bruyantes, colorées et impatientes… Marcher le long de cette irrationalité,de ce principe intangible de cette sorte de lois: Devenir adulte.
la  discussion est infinie..le malaise est visible et lisible ,l’accent est mis sur des connotations : Même les enfants grandissent !

attention, les jeux tous les » je » se crispent. 
 Motif de la controverse : une impossibilité de penser a autre chose ,une détresse absolue au delà de laquelle il n’y a plus rien.
Un moment de vertige humain…

 
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Publié par le 4 Mai 2013 dans A pile et face

 

A la Shéhérazade renversée…

 Photo :Lydia Chebbine

Elle lui racontait pendant des nuits entières ce qu’il fallait de silence pour que la parole respire, se tisse de sens, laisse place à l’autre. 
Les mots tournoyaient et se poursuivaient en dévalant les rues par les journées de printemps. Le monde, avec ses mots paraissait évident presque a portée de la main . 
Il y a 20 ans qu’elle lui parle mais il y a 20 ans qu’il s’obstine a faire la sourde oreille…c’est un choix exigeant que celui qu’il fait de se fondre dans une composition d’incompréhension foisonnante et désordonnée … 
Il entretient de manière carrément irrationnel une communication de l’ordre zéro.
Tout est dit dans cette simple forme d’imprécision lexicale , dans le délice du déni et dans ses mains qui se replient a ceci prés que ça ne peut être qu’ une jubilation de l’intelligence.

 
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Publié par le 25 avril 2013 dans A pile et face

 

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« Quartet » – Dustin Hoffman Movie

ouai..
Ce n’est pas une histoire de « Rampi  pampi » mais  d’un  « Quartet » : opéra, vieillesse et amour, trio  plutôt mitigé  ,a mon gout , du premier film de Dustin Hoffman.
Ceux qui ont déjà vu « El Gosto « de Safineze Bousbia, resteront sur leur faim, tellement ce dernier était comment dire éblouissant et « totally » pétillant.
A Beechman House donc une  luxueuse maison de retraite au cœur de la campagne anglaise, on n’accueille que les anciens musiciens et chanteurs d’opéra. Malaises  et retours en enfance n’empêchent en aucun cas les locataires de fredonner des airs connus , s’entraîner à la flûte ou au violon, ou écouter, nostalgique, les disques de sa splendeur passée.
Des clichés en voici en voila ,Dustin Hoffman ne se refuse rien tout le long du film qui etait littéralement long mais long .
Le réalisateur fait carrément du pied au  techniques théâtrales et c’est franchement très maladroit… Un hourra toutefois a l’image magnifique  ,la bande son époustouflante et cet hymne a la vie  car le film – si l’on se creuse un chouia la tète- dit non a la vieillesse  et au renoncement  .
« Quartet »  en fait est un film exclusivement peuplé de vieillards, tourné par un acteur hollywoodien, Dustin Hoffman, lui même largement septuagénaire qui devrait a mon humble avis, réévaluer, son ambition de réalisateur.
NDLR:
Un petit film a regarder en DVD par un aprem pluvieux sans plus.. Cheers.

 
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Publié par le 10 avril 2013 dans musiques et videos

 

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