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Archives de Tag: Alger/Paris

l’intercis…

Elle aimait a évoquer l’histoire de cet homme que l’on aurait aperçu entre deux portes. Plongé dans la pénombre, il tenait de sa main ferme sa gorge.
La légende ne dira pas s’il essayait de retenir ses mots ou au contraire aidait a les libérer.
Elle était folle,un peu,beaucoup, prenait souvent des postures, n’apparaissait jamais sans un livre a la main et en oubliait souvent de se nourrir mais buvait des litres d’eau tiède. Absolument tiède, disait-elle avec un sourire.
Il choisit d’obtempérer voire de composer avec ses allusions pour faire sans cesse comme si car l’envie de construire l’emportait sur le reste. Il tendit la main et poussa les persiennes qui ouvraient sur la terrasse. Le jardin était ordonné,soigné et sentait tellement bon,peut être même que Dieu habitait dans chacune des fleurs.
-J’ai menti, ce n’est pas seulement que je voudrai rester a tes cotes mais je le veux tellement.

 
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Publié par le 18 août 2015 dans A pile et face

 

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Glamoroooooooooos…

L’été par un après-midi de fin de vacances, un mur blanc pour se décentrer, s’y confondre, s’y perdre.
Rien d’autre qu’une surface plate, pas de relief ni une quelconque impression.
– Vous y voyez l’ombre d’une théorie plausible,vous?.
-Rien qu’une sorte de fugacité et même pas réfléchie.
– je crains si…
-Vous craignez l’ambiguïté en pleine blancheur?.
-Quelle est cette distraction dans laquelle vous etes,disait souvent Marguerite.
-Marguerite?.
-Ah, faudrait, surtout pas, contrarier Marguerite.

 
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Publié par le 12 août 2015 dans A pile et face

 

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L’honneur délicieux…

Il était beau,droit, avec un sens aigu de la morale mais surtout très amoureux de sa Yasmine de femme. Le commandant Jeff Allias Djaffar est le moudjahid dont on a soigneusement tu l’Histoire pour réinventer « l’histoire ».
l’Oranais, cette épopée du brut,du vrac,des vérités blafardes dira crûment ce que 50 ans de mythologie glauque aura dévié,feinter et nier a coup de traîtrise.
Le Film de Lyes Salem vous happe des les premières minutes et vous embarque dans le sillage effréné d’une camera qui détricote avec une maîtrise prouvée les tremblements, colères,éclats de voix et encore plus les faiblesses du moudhahid Djaaffar.
Il rejoindra le maquis,un peu malgré lui et presque  accidentellement » pour se transformer cinq annees durant en héro, l’un des plus  vaillants de la guerre de libération Algérienne.

Et vous n’en pouvez plus d’aimer Djeff, de trembler pour lui tellement il vous ressemble ,tellement il vous parle et parle  magistralement de vous.
Djeff aimait l’Algérie, son fils – enfin, ce petit blanc/blond que sa femme avait mis au monde du temps ou il était au maquis- et ses amis.
Il y avait Hamid, le ministre qui dit que gérer un pays n’est pas comme gérer une quasma en ponctuant sa phrase d’un « Merde » sonnant juste et ça le fait et on y croit puis Farid le gaucho pour qui la berberite,spécificité absolue du peuple Algérien est catégoriquement non négociables et enfin Said ,plus fidèle qu’une ombre.
Mais les ombres assombriront tres vite le ciel de cette amitié indéfectible qui pliera sous la bourrasque des phrases enflammées dépassant les pensées et brouillant les appareillages::
« – Ne dis pas n’importe quoi ma chérie ,on a fait une guerre de libération et non pas une guerre de religion. »
Le film balayera ainsi sur son passage par vagues entières,les idées reçues,les portraits feints et fera preuve d’une clairvoyance rare et tellement nécessaire a l’Algerie d’aujourd’hui sans jamais revenir sur les fondamentaux:
« Tu peux prendre la chose par tous les bouts mais tes parents sont interchangeables. » lâchera Jeff a son fils pour dire combien nous sommes et devons rester Algeriens.
El wahrani,cette « incorrection » visuelle construite sur le mode zoom serré pour y mettre ce que nous avons manqué de vivre en colories fortes : Une Algérie qui a menti sur l’essentiel à savoir l’humanisation de ses héros.
El Wahrani n’est pas seulement une histoire naturelle sur les émotions et l’amitié, encore moins un plaidoyer vil et honteux sur les moudjahidines – comme on a voulu le faire entendre- mais c’est tout l’amour dont 40 millions d’Algeriens ont manqué et ce depuis 50ans.
Lyes Salem avec l’Oranais tout comme Safinez Bousbia dans El Gosto et avant eux Nadir Moknèche avec Délice Paloma remettent sur pieds par la seule envie furieuse de vivre une Algerie titubante et signent triomphalement un vaste champ des possibles.
La diaspora Algerienne réussira, ainsi,une expérience du sublime et nous applaudissons et on en redemande.

PS:
++ la prestation d’Amazigh kateb dans le film est bluffante et la chanson Hlel ellila fera du chemin..
++ Lyès Salem,Khaled Benaïssa,Djemel Barek Najib Oudghiri brillent par leur naturel et on y croit fortement. 
++Nous avons tous connu au sein de nos familles un commandant Jeff dont les « etoiles » nous ont définitivement marquées.
– – Le film est un vrai travail de réalisation exception faite d’une scène assez longue et plutot dramaturgique-ment théâtrale.

L’ORANAIS.
Un film réalisé par Lyes Salem
Date de sortie : 19 novembre 2014
Production Algero/Française.

 
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Publié par le 21 juin 2015 dans A pile et face

 

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Elle en creve…

Cela se passait aux environs du mois de mai. Il fallait attendre 20:30 et pas une minute de plus. A l’heure ou le ciel tournait au bleu vague méditerranéenne .
Un bleu que nombre de cinéastes,écrivains,poètes et autres hurluberlus auraient tenté de reproduire sans succès .

Je reprends donc:
20:30 a l’heure ou le ciel empruntait au bleu de klein son intensité et aux perles de culture leur lustre et cela donnait un bleu klein/ perle méditerranéenne, elle
ouvrait grand les fenêtres de la chambre, libérait les voilages de leur attaches, faisait tourner le vieux pick-up et invitait la brise pour la soirée.
Ce n’était plus tout a fait une chambre mais un bateau ivre .

Mouais, c’est assez facile,sirupeux et tellement mièvre, particulièrement le pompeux « ivre »,je vous l’accorde.
Je reprends bis:
Cela se passait au mois de mai ,blablabla jusqu’au voilage tiré afin de permettre aux mouettes de prendre place dans la chambre bleutée.

Quoi? Il n’y a jamais eu de mouettes au départ?
Oh,que si et meme des goélands qui volaient au grès des bruits des vagues. Des vagues au grain serré et un point poivré que libérait le 33 tours tournant sur le vieux pick-up. Et puis il y avait le souffle enveloppant,déjà chaud du mois de mai qui entraînait le voilage des fenêtres dans un mouvement chaloupé et projetait sur les murs le plus sensuel des déhanchés nocturne.

Cela en fait du monde dis- donc,pour une chambre de ville?
Si seulement tu ne m’interrompais pas avec tes tics citadins,tes contradictions et ton non sens. Et cette terrible carence en matière de fantaisie, ce manque d’imagination…ça ne te parle pas car il est impossible de te parler de magie ,de mer dans une une ville qui n’en contient pas, d’amour, de passion ,de folie car tout cela est a l’opposé de ta vie droite comme un I. Au final,tu n’es qu’un homme moderne,sage,terne qui ne croit,ne respire et ne prie que wall street .
Oui Monsieur, je suis en colère car ta perdition urbaine me fait gerber,me désespère et nous perds. A part moi,personne dans cette maison, ne pense a mettre des pivoines dans les vases.
– Pardon?
les pivoines sont exagérément « expensive » – en anglais dans le texte- et 20$ le bouquet /semaine cela commence a bien faire ? Mon surplus d’émotivité prend trop de place,devient gênant ,déborde sur le jardin des voisins et fait de notre vie un champs de guerre?
Autant pour moi,Monsieur et tant qu’a faire faisons un movie de tout cela. Promis je te cède d’entrée les droits d’auteur ,le retour sur recette et payerai,meme,mon ticket de cinéma le jour de la projection.

Le pitch:
Une femme soupçonnait la terre de rétrécir,tout les jours, un peu plus.
Cela la mettait dans un état tel qu’elle entreprit de chercher inlassablement,poings et front serrés, chaque soir a 20:30 pile, le bruit des vagues sur… Youtube.

                                

 
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Publié par le 22 mai 2015 dans A pile et face

 

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Les voix regardeuses…

Le bruit que faisait la carte de crédit que l’on passait dans le terminal de paiement électronique était particulièrement jouissif ce jour-là…Un,deux puis quatre magasins douillets,colorés de cette touche discrète et particulièrement chic avec des mannequins sympathiques et aimables prêts a se plier en quatre pour vous satisfaire…
Elle regardait.
Elle caressait la matière.
Elle se laissait séduire par la fluidité des coupes.
Elle vérifiait les coutures ,retouchait mentalement l’image dans l’intimité des cabines d’essayages et répondait en souriant généreusement a la vendeuse tout en restant attentive a la voix qui lui parvenait de la radio…C’est curieux le rapport qu’elle a développé au fil des ans avec l’ouïe.
Son oreille devenait progressivement le souffle de sa vie,le lieux incontournable des croisements éphémères ,ou pas d’ailleurs, de ses palpitations .
Boulot,vie familiale et cette autre sociale,tous passaient par l’oreille …
Au final, elle n’est qu’une résonance magnétique de voix multiples qui se déplacent…Une sorte de phonographe version RH – Un grand label Américain-.
Un phonographe donc que l’on raccorde a un I phone afin de faire vibrer les instants du maintenant associés aux tonalités d’hier …le résultat est magistralement époustouflant : un grain de voix présent/ancien ,une sorte d’alibi rétrospectif.
l’autre voix était quelque peu embuée ce matin…comme fragilisée malgré le ton qui se voulait rassurant:
_ »c’est juste une petite fièvre due a la climatisation…mais non ,que vas tu chercher la …ce n’est rien ,je te dis ».
la couleur d’une voix a cette faculté d’amener les choses et de les mettre en suspens, le temps d’une communication qui nous parvient au delà de quelques 11351 klm ,
de quelques 11351 tâtonnements,
de quelques 11351 caresses maladroites et inachevées,
de quelques 11351 aveux a peine perceptibles,
de quelques 11351 manquements,
de quelques 11351 frustrations et d’un infini de nuits en latence.
11351 valses exécutées goulûment sous un ciel de pleine lune…les instants intimes de l’âme confondus dans les profondeurs de la voix tournoyaient autour des corps…
Elle baisse le son de sa radio et remercie poliment le personnel pour aller respirer profondément sur le trottoir et faire le plein d’instantanés des quidams heureux de se laisser aller au grès des chemins que dessinaient les rayons du soleil de ce samedi printanier.
Regarder la vie en mode aérien…révéler les infimes détails du quotidien a la manière de l’art moderne, par tache entière de lumière qui ne s’expliqueraient que des siècles plus tard par la voix de suffisants critiques de l’image.
La vie ne trouverait son sens qu’en mode » flash back » et c’est tant mieux pour les voies des regardeuses.
Elle sourit a l’idée des voix regardeuses et le boulevard s’élargit devant ses yeux plissés sous l’effet de la lumière du jour…Malek Haddad disait:
_ »Cocher ,conduis nous sur un rayon de lune ».

Photo de Lydia Chebbine. New York,Mai 2014.

Photo de Lydia Chebbine.
New York,Mai 2014.

 

 

 

 
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Publié par le 12 avril 2014 dans A pile et face

 

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