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Archives Mensuelles: octobre 2013

« Es-Stouh »cash…

C’est l’histoire d’un espace de 2 millions 400 mille km²,de 38 millions de palpitations et d’une camera qui procède a une sorte de retour aux fondamentaux .
« Es-Stouh » (Les terrasses), le dernier film de Merzak Allouache déroule une société algérienne qui retient son souffle et nous parle d’une anarchie qui s’autogénère et se multiplie désespérément a l’infini.
« Es-stouh » c’est surtout un constat très sévère ,un regard cru,une lumière blafarde qui met a nu tous ce que nous essayons de taire dans l’Algérie post-années 90.
Le réalisateur filme cash la mal-vie,le règne de l’argent sale,les rapports extrêmement durs,hommes/hommes d’abord puis par glissement hommes/femmes,l’homosexualité,la pédophilie, la schizophrénie religieuse ,l’obscurantisme, les incompréhensions sociétales et l’hypocrisie generalisee…bref tout y passe.
Merzak Allouache ne fait aucune concession et procède a la manière d’une tronçonneuse qui déchiquette dans le vif une capitale qui finit par devenir un seul quartier…
les terrasses des immeubles de Bab El Oued, Belcourt,Chevalet..,
5 quartiers en tout, nous content la respiration de toute une population.
Une respiration très difficile ,éraillée, rocailleuse,étouffée et étouffante…
le film déroule en 24 heures chrono une vie présente /absente , ponctué par l’appel du Muezzin aux 5 prières.
Décomposer la vie en 5 moments ,l’ordre du montage branché /connecté par le son d’une voix frêle,sereine qui parle d’amour et de partage, creuse cruellement le fossé entre le réel glauque d’une société et une spiritualité très « ritualisée « .
Nous assistons ainsi tout au long du film a une sorte de jeu de miroirs déformant qui nous renvoie une image infiniment alarmante de …
Nous même .
Pourquoi monter si haut pour filmer tout ce qui est bas ?
Une question légitime, a mon sens, a moins que ce ne soit le Dieu tout haut qui nous regarde, nous ,qui avons touché le fond.
Les larmes de Merzak Allouache a la fin de la représentation diront le reste.
Elles diront sa souffrance d’aimer comme un fou ,comme un malade,comme un désespéré une Algérie qui nous glisse entre les mains…
Et dans les yeux du réalisateur miroitait, la peur de tout un peuple qui ne se reconnaissait plus dans son quotidien.
« Es-Stouh »,Une promenade du funambule a bout portant d’une camera qui tentait désespérément de maintenir en équilibre les espoirs de toutes les femmes Algeroises tremblantes , ce soir la ,dans leur appartement.

 
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Publié par le 31 octobre 2013 dans Arts Visuels

 

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Gate 42 …

Plus de 19 heures passées a traverser des aéroports,trois en tout.
A suivre des panneaux lumineux,a écouter les mêmes annonces en plusieurs langues.Bien sur il y a les livres aux pages plus que cornées,les films dont il ne se rappellera pas,les news qu’il aura volontairement zappé,les litres de café au goût incertain ,les voisins de fauteuils fatigués avec qui il aura échangé au plus une banalité sur le temps ou sur l’amabilité du personnel naviguant..le tel qu’il aura mis en mode avion ,La barbe qu’il aura rasé a la hâte devant le » Gate 42″ et la chemise bleue de bonne signature achetée a la boutique du duty free.
La nuit puis le jour puis la nuit et le voila enfin arrivé sur terre d’Asie. 
Le baladin est déphasé ,il a du mal a suivre ce ballet de regards tantôt bridés, tantôt fortement soulignés au khol quand ils ne se déclinent pas en couleurs incertaines,les sourires sont forts apprêtés,les longues robes noires et ces autres blanches,les voitures vomissant sur les trottoirs leur trop plein de luxe ,les vitrines indécentes…
le ton n’est décidément pas aux prières…l’air de la nuit est connu d’avance et il n’y a aucune place a l’énigme. 
Dommage…
Le baladin est mal a l’aise trop de quidams autour de lui avancent tranquillement de ce pas vulgaire des mauvais métiers. 
Le carillon sonne 19h, elle dépose a regret son roman puis se dirige d’un pas nonchalant vers la cuisine, portée par une lumière qui vient de l’intérieur, elle dresse des pigments dorés sur la table et sert le dîner…
la discussion est animée ,la soirée ouverte sur une joie voluptueuse ponctuée de rires intenses qui tracent des étoiles veillant au loin sur les rêves des femmes Algéroises dans leur appartement.

1-photo (38)

 
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Publié par le 29 octobre 2013 dans A pile et face

 

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Avant l’effacement…

A street in Algiers. Tableau de John Singer Sargent. Il y avait quelque part dans le grand Alger dans l’une des ruelles de la pointe Pescade une somptueuse villa mauresque.
Le récit pourrait s’arrêter la et nous ne saurons rien de l’histoire boulversante de cet illustre musicien de 38ans qui quittait ainsi le monde sur un geste de folie.

Nous reprenons donc :

le spectacle était hallucinant,…par une fiévreuse nuit du mois d’août quelque part sur les rives de la pointe Pescade ,un homme de 38 ans d’une lucidité intacte ouvrit grand la fenêtre de sa chambre et lâcha sur la ville par poignées entières des centaines de partitions musicales…
A l’ultime instant de la fin de sa vie ,un homme libérait l’œuvre d’une vie qui s’en alla traîner les rues, les maisons,les balcons et les cuisines encore allumées malgré l’heure tardive …
Et depuis comme touchées par la grâce, des femmes Algéroises dans leurs appartements commencèrent a chanter pour les dizaines d’années a venir… [to be continued]
L.K

 
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Publié par le 24 octobre 2013 dans A pile et face

 

Des doigts… très bavards.

malleJour J.
A courir .
A enjamber les feux rouges.
La ville est un immense trampoline et des crayons de couleurs en veux tu en voila afin de tout recommencer depuis le début…
Faut croire que cela s’apprend de plaisir en plaisir ,nous tâtons la température,questionnons les valises et vérifions les pense- bêtes.
Passeport,carte de crédit,billet électronique et nous fixons le large pour mieux mesurer notre chance…Transcrire le plaisir cela peut passer par des doigts très bavards ou par des itinéraires surprenants et passer de l’automne a l’été sans préambule restera un talent rare et précieux que seule la fantaisie humaine peut permettre .
Passeport,carte de crédit,billet électronique,le baladin se promettait de rencontrer les mots …
Et l’alphabet entière était enfuie, depuis un moment déjà, dans les vielles malles des femmes Algéroises dans un coin de leur appartement…
L.K.
[to be continued]

 
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Publié par le 24 octobre 2013 dans A pile et face

 

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La prière des petites filles…

Le banal d’une vie sociale , des amies autours d’un café dans un café cette fois Français dans une Amérique au visage poli et au verbiage bienveillant…
la parole tournoyait gaiement autours des tables ,celles-ci chargées de macarons,de théière parfumées aux pétales de roses, de scones au » maple sirup » et ces autres au » strawberry » le tout en parfait accord avec les palpitations.
Le brouhaha de la salle revenait au creux des propos en pas chassé ,en demi-plié, tantôt déboulé pour revenir développé en dedans,en dehors,en entrechat même si parfois la discussion esquissait un grand écart…Ecouter,renchérir,se moquer ,insister,faire mine de se fâcher ,nier avec beaucoup de mauvaise foi et se laisser prendre dans les froufrous des douces amitiés et les notes de Vivaldi en large lampées étanchaient un tant soit peu la soif d’une intimité retrouvée au détour
d’une évocation du fameux: »la-bas. »
En arrière de cet écran scintillant,s’élevait une voix:
-« Au fait ,tu sais que je connais ton père allah yarhmou. »
-« Le mien de père?. »
-Oui,Il s’est occupé de moi depuis l’age de 5ans et ce jusqu’a beaucoup plus tard…Ce n’etait pas seulement un médecin de famille mais il etait ami avec mes parents surtout. »
-C’est fou que tu me le dises comme ça et aujourd’hui ».
-« En effet ils étaient amis et je pourrai te raconter des choses notamment sur le divorce de tes parents,des choses que tu ignores peut etre. »
Puis….. plus rien.
Me revient encore ses yeux écarquillées, ses lèvres essayant avec grande difficulté de maîtriser un léger tremblement ,préambule a tous les doutes.. les voyelles,toutes les voyelles baissaient la tête, arrondissaient le dos , se ramassaient et tentaient de faire désespérément barrage aux grincements des sons,aux brisures des voix…
Les « Heu », « Ah », « Oh », restaient suspendu juste la ,au dessus des tasses de café …Et le silence comme une lave de volcan ,cendres froides ,déboulait sur les aiguilles des montres.
Je regarde l’une et l’autre et une voix blanche monte en moi et une voix blanche essaye de la retenir mais c’était déjà trop tard…
Elle était déjà loin,elle était déjà en terre de douleur a chercher son père dans les moindres souvenirs ,dans l’infime image, dans les silhouettes imprécises, dans les ombres furtives…
Elle exigeait une réponse .
Elle, l’enfant qui n’a jamais cessé de dessiner les points d’interrogation .
Lui ,le Papa qui n’avait qu’un désir ,celui de ménager sa poupée , comme une dernière tentative afin d’expier les illusions dangereuses .
Les femmes Algéroises dans leur appartements entendirent au loin , les pas de la petite fille sur le seuil des vérités nues et blafardes…Elles baissèrent la voix ,changèrent de ton pour entamer une prière ,celle des petites filles qui cherchaient leur petit papa dans les vielles rues aux pavés froissés .
L.K.
[To be continued]

PS:
Bien qu’inspirée en partie de faits réels, les personnages et situations décrits dans ce texte sont purement fictifs, blablabla.

http://www.youtube.com/watch?v=OY7LHGs0dws

fille

 
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Publié par le 21 octobre 2013 dans A pile et face

 

Je t’offrirai toutes les gazelles bleues…

1-Hoggar

Ives Klein disait : « Mes peintures ne sont que les cendres de mon art »
Essoufflée j’arrive ,encore une fois, en retard avec ce verdict solennel et sans équivoque celui de ne pouvoir franchir le seuil du monde.
La frustration est double car l’écran de l’ordinateur ,une veritable peau qui me sépare du tableau échoue lamentablement a me donner ce rendu tactile face a cette explosion de bleu qui s’offre devant mon regard et jaillit dans ma tête comme un éclat d’Algérie qui tour a tour m’étourdit et m’enivre…
Comment résoudre dans ce cas, la problématique artistique et assurer la transition de la chair vers le spirituel?
Le bleu dans tous ses états ,du bleu a n’en plus finir,en vagues épaisses enveloppant le tout, en taches compactes ,en veritables blocs rocailleux aux racines profondément solides , en miroirs ,en petites touches pour compter et conter les désirs murmurés du bout des lèvres.
Du bleu pour déconstruire le temps et reconstruire l’espace.
Du bleu pour revisiter l’acte premier pour réajuster le rite initiatique.
Du bleu en guise d’Histoire du monde.
Du bleu pour sublimer et encore du bleu a vous rendre magistralement..
FOU.
Le pinceau effleure, les ongles grattent, la main déplie et lisse,l’éponge estampe,l’illusion trompe .
On froisse alors les ombres.
On élabore les reliefs .
On décale les accroches .
On prends soins de ne pas contrarier la couleur.
On éclaire les perspectives pour finalement s’effacer devant la sensibilité picturale .
le cœur éclabousse les teintes,la tête tourne et s’essouffle a force de rêver aux ascensions périlleuses qui voguent sur les rayons de lune…
La terre prend le pari de se mêler de l’instant premier et ce choisit une nouvelle naissance : Elle est désormais bleu et la nous entamons franchement le pèlerinage vers l’eau delà .
C’est ainsi et nous n’y pouvons rien…nous nous laissons prendre par le jeux malicieux et goguenard de l’artiste celui d’illuminer la matière.
Qui des deux a créer l’autre dans cet espace immatériel?
la montagne nez au ciel ou les Touaregs, veritable utilité optique qui laisse place a un incroyable décor pour les étincelles.
On reprend notre souffle.
Nous recommençons donc depuis le début:
Mes montagnes sont bleu.
Mon désert est mer .
Viendra la jouissance du style pour unir a la perfection et dans l’absolu l’artiste,la toile et le cosmos…
Et la voix du poète qui chantait depuis le début:
« On dira ce que l’on voudra ,c’est peut être une vraie gazelle ,c’est peut être une vraie gazelle qui n’est pas vraie.
Mais elle a dit :
Tu peux me prendre si tu veux.
Mais il a dit :
Je veux bien ,Yaminata sera heureuse ,elle aura une gazelle ,un enfant,un foulard… »

PS:
Cette toile n’est pas la mer ,cette toile n’est pas le désert ,cette toile n’est pas le ciel ni la montagne…Cette toile est mon âme voguant sur les cimes de mes années Algériennes de bout en bout et venant a bout des tendresses maladroites et longuement tues. Merci l’Artiste.

L.K.

Index,
Tableaux: « Le Hoggar » de l’Artiste peintre Hocine Ziani
Extraits du livre: de Malek Haddad. Je t’offrirai une gazelle.|
Musique: Amina Alaoui – Malûf Instrumental.

http://www.youtube.com/watch?v=T-WC-k7Thck

 
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Publié par le 19 octobre 2013 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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J’ai enfin rencontré ma mère…

 La Dame de Venise .Tableau de l'artiste peintre Algerien Hocine Ziani.


La Dame de Venise .Tableau de l’artiste peintre Algerien Hocine Ziani.

Il y a de ces ateliers intimes qui permettent des égarements délicieux, délectables et qui ouvrent sur des rencontres insolites …L’enfant qu’elle etait il y a de cela plusieurs fois dix ans n’arrivait pas a détacher ses yeux de la toile… les formes ramassées,le déroulé des couleurs,les traits liquides, les arrondis,le clair,l’obscure,le flou artistique et cet autre plus réel,le rugueux,le lisse,le presque palpable, le fuyant,le moqueur,le réfléchi,le bienveillant ,le cynique,le pervers autant de pirouettes du pinceau qui cherchent a y aller de plus prés ,a y voir un peu clair,a y mettre un peu d’ordre a coup d’obstination ,de front serré,de poings fermés mais l’insoutenable incohérence personnelle fait barrage et résiste le temps d’un souvenir. 
Ce n’est pas la narration d’une violente histoire d’amour qu’ elle aurait vécue un jour mais c’est tout l’amour qu’elle ne pourra jamais réussir a vivre dans sa vie.
le temps est quelque chose d’inexplicable mais en version romantique, il prend l’allure d’un peintre aux mains encombrées de taches de lumière qui laisse échapper 50 ans de la vie d’un enfant … une idée auprès de laquelle nous pouvons grandir a simplement regarder cette femme qui se tient la ,a porté de toile .

 

 

 
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Publié par le 14 octobre 2013 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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