À propos de Jasmins de nuit
« La mode passe, le style reste. »
Merci Coco Chanel pour la punchline intemporelle.
Ici, on ne parle pas que de fringues ou de tendances.
On parle d’un regard.
D’une manière de marcher dans le monde.
D’un souffle — un peu poétique, un peu politique, un peu fou.
Le style, c’est une humeur.
C’est ce petit twist entre panache, pulsion et poésie.
C’est l’art de réinventer les lieux, de faire swinguer le quotidien sans jamais oublier de s’amuser.
🇩🇿🇺🇸 Bienvenue dans un espace à mi-chemin entre Alger et Washington,
où les vibes s’entremêlent,
où l’on cause, l’on rit, l’on observe, l’on ose.
J’espère que ce blog vous parlera.
Mieux : j’espère que vous y laisserez vos battements de cœur, vos doutes, vos idées, vos cris et vos rires.
Parce qu’un style, ça ne se porte pas seul.
À vous de jouer.
Cheers .
Ce diaporama nécessite JavaScript.
Nous parlons de quelques neuf cent toiles et deux mille aquarelles et ce n’est surement pas la meilleure manière d’aborder la collection du peintre Américain,John Singer Sargent (1856-1925) .
Nous allons donc limiter notre incursion dans l’atelier intime de l’artiste aux œuvres d’aquarelles qui offrent une très grandes spontanéité et une rare fraîcheur.
la campagne anglaise, Venise, le Moyen-Orient et particulièrement l’Afrique du Nord,Sargent nous comble et nous livre des aquarelles d’une transparence extraordinaire, à la fois onctueuse, intense et tellement douce.
Ainsi défilent devant nos yeux émerveillés des paysages des monuments, des palais, des bédouins, des bergers ,des pêcheurs, des amis, des paysages des monuments,et des palais.
Une façon particulièrement fidele de raconter le quotidien qui s’illumine et décline une fluidité ,voire une lisibilité d’un monde totalement irrationnel,la couleur..
les tableaux de Sargent sont un chapitre délectable de la vie de l’artiste voyageur déambulant pendant un moment dans les ruelles étroites de la casbah Algéroise et la casbah Algéroise contrairement aux autres médinas du monde , permet de penser confortablement la magie…
Cadeau donc ce récit au trait précis,ample ,généreux et plein de grain.
Étiquettes : Algerie, la casbah, Latifa Kharrat, Peinture Americaine, peinture aquarelle, Sargeant

Les gestes du matin restent les mêmes en ce premier jour de l’été : ouvrir les fenêtres,mettre la radio,la douche ,le café,faire semblant de lire le courrier ,zapper les factures et les notes administratives, un deuxieme café pour ancrer le quotidien viendra ensuite le premier coup de téléphone s’ensuivra les retrouvailles via skype…elle égrène ainsi ses histoires de villes et elles sont tellement nombreuses ces villes qui l’entourent et qui grignotent de son espace contemplatif tous les jours un peu plus…Vérifier ses poches et s’assurer que les crayons de couleurs sont bien la car elle n’est jamais a l’abris de rectifier une ligne du ciel ou de raviver les tons d’un coin de sa mémoire assiégée.
Premier jour de l’été donc et mère nature semble tenir sa promesse en cette matinée ensoleillée juste comme il se doit…un savant dosage de Lumière et de silence et si les oiseaux sont au rendez-vous c’est aussi et surtout pour parler des âmes et de leurs gloires. .
De mémoire de voyageuse ,elle a toujours vacillé entre deux mondes l’un dans sa tête et l’autre dans les rues…Et la elle sourit franchement en pensant a la tête ahurie de ses deux amies médecins- un médecin c’est déjà top sérieux mais deux au même temps cela devient carrément grave- qui accusèrent clairement son histoire d’une » espèce de voix qui lui parle constamment dans la tête » .
Elle s’était alors empressée de dissiper leur craintes « Hippocratique » sentant que ce n’était ni le moment ni l’endroit pour parler de melodie jusqu’au bout…
La voix dans la tête ou comment tricoter le « moi »…une polyphonie des forces sonores ,une onde réversible,un foisonnement de charges mémorielles et émotionnelles…des visages que l’on porte a l’intérieur de nous et que nous finissons par confondre avec le notre…
un jeu d’enfant en sommes qui consiste a faire semblant d’écouter l’autre pour finir par faire exactement ce qui nous passe par la tête .
Dixit la voix,dans ma tête.
Étiquettes : Algerie, âme voyageuse, La voix, Latifa Kharrat, Paris sonore, USA
Le paradoxe des villes, en général, c’est qu’on s’y sent plus seul que dans partout ailleurs … c’est comme qui dirait ,la voix perd son échos et le monde ne répond plus.
les visages défilent , rares sont les regards qui s’attardent sur vous et vous perdez ainsi prise sur votre propre ombre a longueur d’heures citadines .
la loi du milieu urbain fait tache d’huile …votre âme ne se réverbère ni dans les grandes artères, tellement, elles sont longues ,ni dans les boutiques a la mode si clinquantes et encore moins sur les terrasses dynamiques et hypes..
Vous serrez la mâchoire sur votre solitude , sur le délabrement dégoulinant de vos soirées de « rat des villes » et seules les fêlures des trottoirs peuvent raconter vos titubements et l’incandescence de vos chapelles intérieures.
Bravo ,vous venez de toucher le fond de l’angoisse atmosphérique.

Étiquettes : Algerie, Espace Urbain, Latifa Kharrat, New York, Paris, ville lumiere
Image

-« Car il fallait qu’elles fussent folles ces femmes pour affirmer leur volonté présomptueuse d’écrire dans un milieu littéraire essentiellemnt gouverné par les hommes. Car il fallait qu’elles fussent folles pour s’écarter aussi résolument dans leurs romans ou leurs poèmes, de la voie commune, pour creuser d’aussi dangereuses corniches, pour impatienter leur temps ou le devancer comme elles le firent, et endurer en conséquence les blâmes, les réprobations, les excommunications, ou pire l’ignorance d’une société que, sans le vouloir ou le voulant, elles dérangeaient. »
Lydie Salvayre- 7 femmes.
Elle était plutôt jolie et très chic …une sorte de présence anachronique au milieu de cette station d’essence dans une de ces villes Américaines carrée, limitée et délimitée .
Il se tenait tout prés…Ah,comme le hasard provoque les choses .Ils ont la même voiture avec la même couleur et tout et tout mais de la a y voir un signe,il en aurait fallut un peu plus.
– » Allô oui allô, je te dis que je viens de trouver la femme de ma vie…elle est la juste la …oh,si tu la voyais …hein, quoi ?je devrai le lui dire,la tout de suite?. »
L’homme dont elle ne percevait que la silhouette, vu qu’elle lui tournait le dos continue de plus belle . « Voyez-vous j’expliquais a mon ami que je vous trouve très belle et il suffirait d’un mot de votre part pour que ma vie puisse enfin commencer. Allez ,s’il vous plaît donnez nous cette chance..Dites oui et je vous emmène tout de suite a Vegas. »
Elle n’oubliera pas d’esquisser un sourire poli avant de disparaître dans sa voiture et s’éloigner ainsi au plus vite de cet univers masculin ou une fois sur deux ,la parole urgente éclate en bulles disparates imprécises et sans épaisseurs aucunes .
Sa voix pensait a sa place : c’était mieux avant ,le goût pour la poésie et le panache
réinventait les lieux avec les notes en toiles de fond… c’était mieux avant quand elle n’avait pas besoin de dire: je me souviens…
« Avant » ,un mot assez curieux que nous pouvons facilement confondre avec un sac de femme qui mêle les choses précieuses aux choses futiles et pour une seconde elle fut tentée d’aller voir dans tous les coins ce qui se passe..de vider les fonds de poche afin de pouvoir glisser dans une certaine communauté ou l’incertitude débouche toujours sur quelque chose.
Une pluie fine commence a tomber ,elle n’aime pas la pluie …la pluie est l’éloge de l’éphémère car sitôt arrivée au sol ,elle cesse d’être pluie et on parlera de flaques,de ruisseaux et d’une multitude de variations liquéfiées ..Sa pensée s’amplifiait ,se précisait pour aller puiser dans ces grains qui faisaient lever en elle un infini de visages,de gestes et de voix et au milieu de tout cela ,elle le vit. Elle tente de s’accrocher a ce visage ,veritable narration d’une histoire d’amour qu’elle a vécu et qu’elle considère que c’est tout l’amour qu’elle n’a jamais vécu. .
Elle se surprend au coin du rétroviseur et se força de répéter a haute voix qu’elle ne devrait pas se fâcher avec la vie qui est avant tout un état d’esprit… La vie en ce sens est comme la beauté ,la vraie,celle qui est bouleversante et qui fait souvent pleurer.

Étiquettes : Histoire d'amour, Homme, Latifa Kharrat, Paris, Sac de femme, Souvenirs, USA, Vegas
Ce diaporama nécessite JavaScript.
Marcher droit ,ne penser a rien et seulement marcher…c’est difficile de penser confortablement la vulnérabilité …Marcher encore plus droit sans penser a la maison silencieuse,aux salles de bain qui restent muettes le matin, ,aux escaliers qui ne craquent pas sous les pas…Marcher malgré le souffle court ,marcher contre la solitude vengeresse,contre le silence tapi dans un coin et qui guette …Marcher en négociant les territoires afin de ramener la parole a une possible éclosion…Marcher toujours droit dans l’espoir de retrouver l’équilibre entre l’être et le chant …marcher dans l’espoir de croiser les rues de l’enfance bruyantes, colorées et impatientes… Marcher le long de cette irrationalité,de ce principe intangible de cette sorte de lois: Devenir adulte.
la discussion est infinie..le malaise est visible et lisible ,l’accent est mis sur des connotations : Même les enfants grandissent !attention, les jeux tous les » je » se crispent. Motif de la controverse : une impossibilité de penser a autre chose ,une détresse absolue au delà de laquelle il n’y a plus rien.Un moment de vertige humain…

Elle lui racontait pendant des nuits entières ce qu’il fallait de silence pour que la parole respire, se tisse de sens, laisse place à l’autre.
Les mots tournoyaient et se poursuivaient en dévalant les rues par les journées de printemps. Le monde, avec ses mots paraissait évident presque a portée de la main .
Il y a 20 ans qu’elle lui parle mais il y a 20 ans qu’il s’obstine a faire la sourde oreille…c’est un choix exigeant que celui qu’il fait de se fondre dans une composition d’incompréhension foisonnante et désordonnée …
Il entretient de manière carrément irrationnel une communication de l’ordre zéro.
Tout est dit dans cette simple forme d’imprécision lexicale , dans le délice du déni et dans ses mains qui se replient a ceci prés que ça ne peut être qu’ une jubilation de l’intelligence.
Étiquettes : Algerie, Couple, Femme/Homme, Latifa Kharrat, Paris, USA