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Archives de Catégorie: Arts Visuels

« Fumée d’Ambre Gris  » . Tableau de John Singer Sargent

 Nous parlons très peu dans le Maghreb des peintres Américains. Il en est de même des œuvres de plusieurs orientalistes qui sont passés par nos pays et ont puisé leurs inspirations dans nos lumières et nos couleurs.
Il nous serait difficile  en parlant de ce registre de ne pas citer John Singer Sargent , né en 1856 à Florence en Italie et mort en 1925 à Londres .
A Paris qui restera sans conteste son port d’attache, notre  Américain a la palette innovatrice est passé par l’atelier de Carolus-Duran, était influencé par les grands peintres italiens et espagnols comme Vélasquez dont il était copiste . Il  était  également ami avec Monet et bien d’autres célébrités de l’époque.  
Singer a aussi  beaucoup voyagé dans un souci de perfectionner son coup de pinceau  et de s’offrir par la même une  stimulation picturale certaine.
C’est vers1880 que nous retrouverons ses traces en Tunisie , un séjour considéré comme un premier pas dans les sentiers de l’orientalisme.
Par ailleurs deux tableaux témoignent incontestablement de son passage en Algérie .Dans l’un Sargent  a peint une rue d’Alger et dans l’autre il  mit a l’honneur la Côte Algéroise.
 Au Maroc, Singer s’est concentré sur les lieux et les costumes, il a même dessiné une série de bijoux orientaux d’une grande beauté.
Enfin en Jordanie, il a  également peint des portraits des bédouins et de leurs campements en offrant ainsi un nouveau regard d’une sensibilité rare et d’un émerveillement non caché pour cet ailleurs enchanteur .

Sargent a été Longtemps critiqué par ses paires  qui comme Camille  Pissaro dira de lui : » il  n’est pas un passionné, mais plutôt un habile interprète » .
Malgré une longue période de critiques défavorables, la popularité de Sargent reprit dans les années 1950.
Dans les années 1960, une renaissance de l’art victorien et de nouvelles études sur Sargent  confortèrent sa réputation .
Sargent se verra honoré par le biais d’expositions diverses dans les plus grands musées, dont une rétrospective au Whitney Muséum of American  Art en 1986, et, en 1999, une exposition itinérante qui fut présentée au musée des beaux-arts de Boston, à la National  Gallery of Art de Washington D.C. et à la National Gallery de Londres.

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Publié par le 11 mars 2012 dans Arts Visuels

 

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le “Rimbaud de la sculpture”…Camille Claudel

10 mars 1913 : Pétant les plombs à cause de Rodin, Camille Claudel est jetée à l’asile.

La sculptrice passe les 30 dernières années de sa vie enfermée, ignorée par son frère Paul Claudel, trop préoccupé par sa carrière.

Ce 10 mars 1913, un fourgon tiré par des chevaux tourne sur le quai Bourbon de l’île Saint-Louis, à Paris. Les fers résonnent violemment sur le pavé. Le véhicule s’arrête devant le numéro 19. Les rares passants assistent à un véritable enlèvement. Deux infirmiers musclés forcent les portes de l’atelier où vit Camille Claudel. Ils peinent à pénétrer, tout est barricadé. Alors, ils passent par la fenêtre. Une fois à l’intérieur, ils sont stupéfaits de tant d’immondices, de tant de puanteur. Ils ont peine à croire qu’on puisse vivre dans un tel capharnaüm plongé dans l’obscurité et l’humidité. Des chats circulent autour de plusieurs sculptures brisées. Celles que Camille s’applique autant à modeler qu’à détruire comme une furie, à coups de marteau.

La sculptrice est bien dans sa tanière, crasseuse au possible, qui vocifère. À 48 ans, elle en paraît dix de plus. Elle est comme une bête meurtrie au fond de son antre, isolée du monde, emportée par la folie, comme possédée. Les infirmiers la balancent dans le fourgon, direction l’asile de Ville-Evrard à Neuilly-sur-Marne. Elle ne reverra jamais son atelier.
 Sa famille la prétend incapable de s’occuper d’elle-même et affirme qu’il faut donc la soigner. Mais c’est à se demander si elle ne cherche pas plutôt à s’en débarrasser. La demande d’internement de Camille intervient seulement une semaine après que son père qui la protégeait a rendu son dernier souffle. C’est la propre mère de Camille qui a manigancé son internement en demandant un certificat au docteur Michaux – qui loge au-dessus de son atelier – et qui a poussé son frère Paul, le poète et écrivain de renom, à agir. Sa fille est un boulet, une erreur de la nature. Elle n’en veut pas ! Qu’on la balance dans un asile et qu’elle lui foute la paix.

Paul a consenti. Et cette mauviette n’a même pas eu la force de venir sur place pour assister à l’exécution de ses ordres. Sans doute en a-t-il marre des fabulations de sa soeur, de ses crises d’hystérie, de ses délires de persécution. Elle va jusqu’à accuser publiquement le grand Rodin de vouloir lui voler ses oeuvres. La famille Claudel a une réputation à protéger. Qu’elle dégage !
 Si Camille accuse Rodin de tous les maux de la terre, c’est qu’il l’a laissé tomber comme une vieille chaussette. Voilà tout.

Tension entre amants

Pourtant, leur rencontre avait été si belle. La jeune femme a 20 ans quand elle devient l’élève du sculpteur de 24 ans son aîné. Non seulement elle est jeune, belle, mais, pour ne rien gâcher, elle est dotée d’un talent rare pour la sculpture. Ce vieux libidineux met ce talent à profit, fait d’elle son inspiratrice, sa collaboratrice, et bien sûr sa maîtresse. Il aurait tort de s’en priver. Camille ne demande pas mieux, quitte à se tuer à la tâche pour l’aider. Son succès à lui va grandissant, elle, reste dans l’ombre. À son tour, elle veut exister, elle travaille comme une dingue, ose des sculptures qui lui amènent les éloges de la presse. Son talent est bientôt reconnu. La tension monte entre les amants, car Rodin a une maîtresse « officielle », Camille ne le supporte pas. En 1898, après presque quinze ans d’attente et plusieurs ruptures, elle comprend qu’il ne l’épousera jamais. C’est la rupture, définitive.

Pour Camille, la blessure de la séparation reste vive, même si, au fil des années, elle parvient à s’affranchir de l’influence artistique de Rodin. Elle mange de la vache enragée : peu de soutiens financiers, peu de commandes, les factures s’accumulent, elle ne s’en sort pas. Elle commence à penser que Rodin est derrière tout ça. Elle se referme sur elle-même, ne fait plus confiance à personne, refuse les soirées mondaines, les déjeuners avec des personnes influentes. Elle se sent persécutée. Rodin monte tout le monde contre elle, pour lui nuire, c’est obligé. Camille bascule dans un délire de persécution. 


Relation incestueuse

Impossible de trouver du réconfort auprès de son frère, « mon petit Paul », comme elle dit. Lui aussi lui fausse compagnie. Pourtant, ils ont toujours eu des relations gémellaires, fusionnelles, incestueuses, diront certains. Tous les deux étaient animés de la même soif créatrice et fascinés l’un par l’autre, jusqu’à ce que Paul transforme cette fascination en une forme de répulsion. A-t-il peur que le génie de sa soeur surpasse le sien ? En se mariant, il a comme rompu avec elle. Depuis lors, il se voue à la religion, à l’écriture et, d’abord, à sa réussite sociale. Et voilà ce qu’elle est devenue, sa soeur chérie, pendant qu’il jouait les égoïstes : une folle. Une folie dans laquelle il aurait pu lui-même basculer. Il l’avoue : « J’ai tout à fait le tempérament de ma sœur, quoiqu’un peu plus mou et rêvasseur, et sans la grâce de Dieu, mon histoire aurait sans doute été la sienne ou pire encore », écrit-il dans une lettre-confession datée du 26 février 1913, avant « l’incarcération » de Camille.

Une fois à Ville-Evrard, on limite à Camille les visites, les courriers, on l’isole. La guerre éclate, les hôpitaux sont réquisitionnés et les internés de Ville-Evrard transférés à Montdevergues, dans le Vaucluse. La famille Claudel s’en réjouit certainement : plus la folle est loin, mieux elle s’en trouve. À la libération, tous les malades transférés regagnent Paris ; bizarrement, pas Camille. On la tient à l’écart, on ne veut plus que ses scandales salissent la prestigieuse famille Claudel.

Indifférence générale

En 1919, l’état de santé de Camille s’est amélioré, elle pourrait sortir. Pas question ! Non, non, non ! Sa mère refuse violemment dans les courriers adressés au directeur de Montdevergues, elle hait sa fille au plus haut point. Bel instinct maternel. Jusqu’à la mort de sa mère en 1929, Camille l’implore de la sortir de là, lui exposant sa sordide condition, criant à l’injustice, jurant de se tenir tranquille. En vain. La bougresse ne répond pas et n’ira même jamais la voir à l’asile. Après 1929, c’est à Paul qu’elle adresse ses lettres désespérées. Lui non plus n’y répond pas, se contentant de lui rendre de rares visites. Une quinzaine en trente ans ! Qu’elle reste à Montdevergues jusqu’à sa mort !

C’est ainsi qu’après trente ans d’incarcération, Camille Claudel s’éteint le 19 octobre 1943 dans l’indifférence générale. Sans doute meurt-elle de faim, comme huit cents autres pensionnaires sur les deux mille que contient l’asile. La nourriture étant réquisitionnée par les Allemands, la direction n’a plus les moyens de nourrir ses aliénés. Pendant que l’estomac de sa sœur crie famine, Paul s’offre un domaine somptueux. Il ne se déplace même pas pour les obsèques, ni personne d’autre de la famille. Pas de temps à perdre, un chèque suffira. La dépouille de Camille est jetée dans la fosse commune. 
Paul dira : « … J’ai abouti à un résultat, elle n’a abouti à rien… » Rien, sinon Les causeuses, L’abandon, La valse, et tant d’autres œuvres majeures de Camille Claudel. Et si le véritable génie de la famille, c’était elle, et pas son frère ? Certains la surnommeront le « Rimbaud de la sculpture ». Artiste maudite. « Avons-nous fait, les parents et moi, tout ce que nous pouvions ? » écrit Paul un mois avant le décès de Camille. Il ne manque vraiment pas de toupet.

le Point.fr- Publié le 10/03/2012  .

 
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Publié par le 10 mars 2012 dans Arts Visuels

 

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La villa Abdel Tif . Un demi siecle de vie artistique en Algerie.

 

 

 

Dans la trilogie des  fondations nationales (Villa Médicis, Casa de Vélasquez), la Villa Abd-el-Tif inscrit son histoire en Algérie, de 1907 à 1962.
Une pittoresque saga d’artistes, pensionnaires boursiers communément appelés « les Abd-el-Tif », se joue entre ombre et lumière, formes et couleurs dans cette ancienne villa turque édifiée sur les hauts d’Alger.
La situation privilégiée de cette villa de style mauresque était parfaitement destinée à recevoir des artistes ; ils vont s’y succéder pendant un demi-siècle et seront au nombre de quatre-vingt-sept, soixante-sept peintres et graveurs, dix-sept sculpteurs et un seul architecte. Nous retrouvons Nivelt et Dubois chez les hommes bleus du Hoggar, Le Poitevin au Tassili des Adjers, Bouviolle chez les Ouled-Naïls, de Buzon à Ouargla au passage de la mission Lhote, Dufresne et Launois dans les quartiers à matelots du port d’Alger, Jouve chez les lions de Delacroix et tous les Abd-el-Tif dans l’espace saharien de Fromentin, Alger restant le port d’attache.

extrait du livre:
-La villa Abdel Tif  . Un demi siecle de vie artistique en Algerie..

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Publié par le 8 mars 2012 dans Arts Visuels

 
Vidéo

Collier de jasmins…

Les tableaux sont du peintre Americain Frederick Arthur Bridgman.
Il a commencé comme dessinateur dans la ville de New York. Il se rend très jeune, en 1866, à Paris.
Il étudie la peinture auprès de la colonie américaine de Pont-Aven puis à Paris Il se spécialise dans les portraits et la peinture orientaliste.
Il visite l’Espagne puis Tanger durant l’hiver 1872-1873 puis l’Egypte où il reste cinq ans avant de revenir à Paris en 1877.
Il visite l’Algérie pour la première fois en 1885-86. Il y retourne plusieurs fois. Il séjourne quelques temps à Alger où il loue avec difficulté une chambre atelier dans la Casbah.
Il travaille d’après des esquisses mais aussi sur des photographies qu’il réalise lui-même.
Il obtient sa première récompense au Salon de 1877, puis une médaille d’argent aux expositions universelles de 1889 et une autre à celle de 1900.
Il est le fondateur de la Société des Artistes Américains à Paris. Il est aussi écrivain et photographe de ses voyages.

Musique d’Ambiance Mohamed Rouane -Algerie –

 
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Publié par le 4 mars 2012 dans Arts Visuels

 

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Oeuvre de Mohamed Boumehdi. Ceramiste Algerien.

 Un fragment d’Algerie a Washington DC.
Il s’agit d’un Tableau du célèbre céramiste Algérien. Mohamed Boumehdi.
La khamsa est une sorte de « main protectrice » .
Certains associent la signification des cinq doigts aux cinq livres de la Torah pour les Juifs, aux cinq piliers de l’islam pour les sunnites ou aux cinq du manteau (Ahl al-Kisa) pour les chiites .  La khamsa est essentiellement répandue dans le monde nord africain et se voit vendue sous différentes formes, en particulier en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Elle est souvent peinte sur les façades des maisons et des plaques, souvent réalisées en céramique  parfois de couleur turquoise .
Khmouss a3likoum!! lol.

 
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Publié par le 4 mars 2012 dans Arts Visuels

 

Le merveilleux a petits carreaux…Boumehdi, le magicien.

Le quartier de Kouba a Alger n’est plus a présenter …c’est  la  dans l’une des ruelles  ensoleillées que  se trouve  l’atelier du  magicien de la céramique made in Algeria…
Le maestro Mohamed Boumehdi a 80 ans continue a  guetter chaque matin, le cœur battant,  les carreaux, les vases, la vaisselle que l’on extrait du four, encore brûlants.
« Il y a toujours une surprise après la cuisson de la nuit. La profondeur et le mariage des couleurs. « On ne sait jamais exactement ce que cela va donner. »,aime-il a répéter de sa voix posée qui contraste  drôlement avec sa profonde et exubérante passion.
Flash back..
C’est en 1966 que le « miracle » a eu lieu. L’architecte  Fernand Pouillon avait quitté la France l’année précédente pour s’installer en Algérie à la suite de déboires financiers et d’un séjour en prison qui l’avait durablement blessé.
Le ministère algérien du tourisme de l’epoque lui avait confié la tâche d’équiper en complexes hôteliers l’Algérie nouvellement indépendante.
Au cours d’une visite au  Palais du peuple à Alger, Fernand Pouillon était tombé sous le charme d’un panneau de céramiques.
– C’est magnifique, mais plus personne ne sait faire cela de nos jours , avait-il soupiré.
– Détrompez-vous, lui  repondit un accompagnateur, ce panneau a été fait il y a juste six mois.  L’architecte avait sursauté : « Amenez-moi tout de suite celui qui est capable de faire cela.
Cet homme, c’était Mohamed Boumehdi, postier le jour et céramiste la nuit.
Ses moments de liberté, il les consacrait à la céramique.  La première rencontre entre Fernand Pouillon et Mohamed Boumehdi a eu lieu à la villa des Arcades, une résidence du XVIe siècle, où l’architecte français avait installé ses bureaux.  J’avais apporté avec moi quatre ou cinq carreaux. Pouillon les a regardé  et m’a dit : « C’est vous qui faites cela ? »
J’ai dit : « Oui, c’est moi. » Il m’a alors demandé : « Montrez-moi votre main, vous avez de l’or dans cette main ».
Boumehdi devient ainsi  l’habilleur » des œuvres architecturales de Pouillon.
Ensemble ils s’attelleront à la réalisation de nombreux sites hôteliers dont  Moretti, Zeralda, Sidi Fredj  ou encore Tipaza.
Avec eux, l’ornementation, cet art de la civilisation musulmane, renaît. Desormais, Alger respire  différemment et L’hôtel El Djazair constituera l’une de leurs plus belles réussites.
Le résultat ? Une profusion d’arabesques, de fleurs, d’oiseaux, de volières envahissent le bitume et le beau porte ainsi un nom: Mohamed Boumehdi.

 
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Publié par le 1 mars 2012 dans Arts Visuels