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Archives de Catégorie: A pile et face

Je vous dérange?

C’est la vie.
C’est une grande ville.
Il y a un homme.
Il y a une femme.
Il y a deux « keyboard »
C’est le soir chez l’un d’eux.
C’est la grande banalité des bavardages d’été.
Une parole lâchée,c’est aussi un sermon

Je ne sais pas ce que c’est qu’écrire mais j’ai appris et ce depuis cinquante ans a parler et dans la foulée avaler plusieurs langues. J’abuse de figures de style, d’ellipses, des nuances et des « re-departs ». J’avoue avoir réussi pas mal de pirouettes,comme ça a l’instinct. J’en fais même un genre .
Un homme ajuste ses lunettes devant son écran d’ordinateur.
Une femme est la, devant, penchée sur son « Aie-phone ».Elle fait genre,tres intéressée par l’échange de voix et ponctue ses phrases par des onomatopées aiguës.

On ne voit que ses cheveux.

– Je t’avais dit que je passerai te prendre.
– j ‘ai une grippe. Je ne contrôle pas mes paupières, beaucoup de mal a les garder ouverts. j’ai reçu ton message en retard.
– Montre moi tes paupières.
-Heu, valaaaaaaa.
-Tu lis quoi en ce moment?
– C’est l’heure du crépuscule,par ici…j’hésite a allumer la lumière,il fait si doux.
– Pas trop le temps pour les pauses lectures .C’est une période assez chargée.je lis beaucoup de trucs copiés par mes étudiants sur internet. Faudrait penser a soulager tes yeux,mets un peu de lumière.
Rire.
– Autrement dit, tu écris un chapitre a la Zola…Du réalisme au réveil,a midi et a l’heure du coucher,en sommes.
– Toi,tu lis quoi?
– Je switch entre Marguerite Duras et un autre écrivain British,Une lecture croisée.
-Et Modiano alors?
– Heu,Modiano? Trop beau,trop précis voire pointilleux. il écrit a la manière d’une broderie ancienne avec un fil très serré, Je ne sais pas si tu vois cela?.
– Tu as donc lu son dernier ouvrage?
– J’y reviens de temps a autre comme on le fait avec un ancien album de photos de famille. Je crois te l’avoir deja dit, je commence par les premiers. J’y vais par ordre chronologique. Envie de le connaitre comme dans la vraie vie,depuis le début.

Et c’est la que l’histoire commence…
                                       kou

 
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Publié par le 21 Mai 2015 dans A pile et face

 

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Friday,May 08, 2015..

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Il  aimait les commencements,tout comme ces matins d’été qui sentaient le café en dedans et les pivoines en dehors.
– « Nous sommes le 8 mai,n’est ce pas?.  »
-« Effectivement mais nous sommes aux States. »
Il continuait calmement a servir le liquide brûlant dans les tasses posées sur la table dressée.Une brise arrivait par la fenêtre ouverte sur le glissement des rames du métro…A coté, une ombre,elle, passait sur les souvenances des débuts.
Le regard fixe,il se tourne, fit une brève halte sur la mer d’Alger puis revint dans la petite cuisine.
Il la regarde, ils se regardent.
Soixante dix ans,
Soixante dix ans et un 8 mai pour esquisser les prémices d’une mémoire tourmentée.
-« Pas de sucre pour moi, ce matin, merci ».
Le ciel est limpide,les voici revenus. De nouveau ils se remettent a l’heure Américaine.

 
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Publié par le 8 Mai 2015 dans A pile et face

 

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Il en serait comme de votre sourire…

A une ville en béton plus de soleil que de jours en une vie entière
Il a fallu pour cela beaucoup de décolletés impatients, autant de jolies jambes nues et des tonnes de tulipes sur les artères en travaux, même que Marie Antoinette en perdait ses froufrous sur la 5e avenue.Fiou,fiou,les livres a 3000$ qui chantaient le printemps.
Et aussi bien que la ville s’appelait New York et que l’excès soit a la base, Américain.
Quelques fois,l’après-midi a l’heure ou le soleil était plus doux, les riverains reprenaient l’histoire de ces promeneurs fantastiquement ivres de sublime, ceux la mêmes qui calaient leur existence entre deux couleurs d’un seul tableau:
La notre de vie.

 
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Publié par le 30 avril 2015 dans A pile et face

 

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Scène totale…

                                                        photo (69)
La tentation d’aborder cet accordéon de lignes parfaitement parallèles,traversées  par des façades calibrées, identifiées, numérotées en faisant fi du temps,  l’amusait énormément.

 Elle plissait les yeux très souvent, peut être même trop souvent, pour accentuer  l’effet d’abstraction .
    D’un battement de cil, elle retouchait les obsessions architecturales, ourlait les  nuages
 d’un trait de lumière et enfilait les étoiles une a une sur du fil de soie. C’est vous  dire combien l’ébauche était farfelue.
Par un matin d’hiver ,il y a de cela un siècle ,le destin l’avait conduit vers New York et il ne fallait pas le contredire .

Photo de Lydia Chebbine,

 
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Publié par le 9 avril 2015 dans A pile et face

 

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Négoce citadin…

Une ville,disons New York a l’heure du crépuscule.
L’heure n’est jamais une coïncidence fortuite mais plutôt une sorte de cahier des charges de l’intime…une ambiguïté qui ne saurait expliquer l’exaltation du regard qui se pose sur un détail et non un autre…Que cède t-on a ce moment précis de l’émerveillement solitaire en terme de rencontre,d’échange,de révélation,bref d’inédit?.
Et me voila, a jamais et pour toujours, en l’espace d’une énergie, a jouer mes fouillis, mes exubérances, mes triomphes et mes tragédies…Encore un tour de mon double ,cet autre miroir résolument moderne.
[                            

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Publié par le 9 avril 2015 dans A pile et face

 

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En sursis…

                                          Carte citadine.
   New York déroule ses compositions foisonnantes et un brin désordonnés .
 Des bennes a ordure pour faire le printemps, motif a controverse ou une  manière de fluidifier le jeu citadin ?.
  » Une jubilation urbaine ». répétait-il .
 Tiens,elle le regardait différemment ce matin. Il est vrai que vu sous cet angle  de lumière fragile de 07:00h du matin, il paraissait plus aérien, moins ramassé  sur lui même.
  Elle voulait ,comment dire, fixer la voix veloutée qui venait se superposer et  sur son tympan et sur le bruit de leur pas, ou le contraire d’ailleurs.
 Dans le vaste 5e avenue,deux bruits essayaient de se superposer, de se  dédoubler,de disparaître l’un dans l’autre pour n’en faire qu’un.
 Une voix en guise de pas et un pas se calant sur une voix réécrivaient par ce matin d’avril, les respirations a tout ouïe .
« Tu sais quoi ?. »
Sans attendre sa réponse ,il continuait a déclamer sa manière de penser, confortablement,la vulnérabilité de la nature.
Sa barbe naissante parsemée de poils blancs lui donnait, paradoxalement, des airs de…
 » D’adolescent. »se disait elle.
Elle essayait de se concentrer sur sa parole,cela fait quelques cinquante ans deja, qu’elle s’était laissée embarqué par ce timbre de voix tres particulier. Parier sur un tempo pour un demi siecle de vie,c’est…
-« Tres risqué comme pari pictural. » ajoutait-il en scrutant le feuillage et les fleurs agrémentant ces espèces d’immenses vases/poubelle étalés, la devant.
Elle continuait son errance mentale en silence et toujours a ses cotés, sur ce trottoirs qui longeait le Washington parc.
Elle suivait lentement l’ombre de son profile harmonieux aux traits réguliers et s’attardait sur le rivage blanc que présentaient ses tempes de jeunes quinquas.
– » Dis,te rappelles-tu de ta première expo?.
Bouleversée,c’était le mot.
Elle était, profondément bouleversée et voulait surtout l’entendre égrener le récit des vivants.
Hier en mettant de l’ordre dans le bureau ,elle était tombée et c’est peu dire, sur un rapport médical…Une sentance, tragiquement, catégorique.
Il l’avait soigneusement caché sous un fatras de postures qu’il empruntait depuis un moment.
– Votre vie est un langage,un titre tellement kitsch. lâcha t-il en riant et en pressant le pas vers…
-Un café ma chérie? tiens arrêtons nous la. »

Photo de Lydia Chebbine.

 
 

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La couleur du destin…

    Joy,Rudy,Marwan.Ahmed,Tony,Michel, autant de noms et d’interprètes pour jouer un    spectacle a scène unique. Nous parlons d’une mélodie grinçante, d’un authentique tableau  vivant, ouvrant sur un monde d’hommes qui règnent implacablement sur les temples des  plaisirs illusoires.
 Les salons de coiffures pour dames,les plus huppés de toutes les dunes avoisinantes ne  juraient que par le nom de ces dandys faussement connaisseurs et a la réputation  sulfureuse,savamment entretenue. A croire qu’ils n’ont fait que cela et ce depuis la  première aube, ordonner les dentelles et faire régner la loi du mâle sur l’être et le paraître.
 Des femmes de toutes les formes et de toutes les origines,a commencer par les  divinement pulpeuses pour arriver aux troublantes androgynes,en passant par les  déclinantes. Toutes défilaient inlassablement et immanquablement sous les mains  expertes qui redessinaient, réinterprétaient et coloriaient les ombres a coup de piquouse s’il le faut, le but étant celui de défroisser chaque millimètre du corps féminin, lisser le moindre  pli et remplir les sillons pour faire place a de pittoresques silhouettes de femmes made in  Khalidj revisité par Beyrouth.

Rewind…
Le haut couture blanc sur un pantalon capri en soie de même ton poussa d’une main précise la porte du prestigieux Hair Salon de « l’Emirats palace ».
Une galerie de glaces se faufilaient a l’infini et doublaient par effet de réflexion, le nombre de filles,toutes de type Asiatique, affairées a laver, démêler et faire sécher des extensions de cheveux, de couleurs et de longueurs différentes.
Entre le Harem et le souk se déroulait sous ses yeux un monde singulièrement étrange de la chose féminine.
Elle prit place au milieux des Abayates parfumées au bois de santal et les visages extraordinairement ourlés au botox et se rendit vite compte que le livre qu’elle avait entre les mains n’était pas la meilleure stratégie a emprunter dans cette arabesque.
-« Vous avez pris rendez-vous avec lequel de nos designers Madaaaaame? ».
L’hôtesse que nous appellerons »little marmaide » au vu de ses immenses yeux,fortement dessinés au Khol sous une lourde et longue chevelure d’un mauve surprenant pour un maximum de vingt ans sur pieds, la considéra de haut en bas puis de bas en haut avant de décider de « l’attribuer » a RoY!.
-« Vous verrez ,c’est le meilleurs de tous, Madaaaame ».
D’un geste de tête elle intima l’ordre a la shampouineuse d’apporter une boisson et d’inviter la cliente a prendre place sur l’un des fauteuils massants.

Des dunes versus pétrole…
Le jeu se jouait a trois: La cliente d’une part ,a l’évidence, un ovni avec un haut couture.
Le « designer », un entre-deux/homme avec barbe fournie et déhanché que l’on qualifiera de très technique.
En dernier, le reste d’essaim de femelles,personnages dantesques aux accents et personnalités confondus et confondants.

le descriptif s’arrêtera la,puisque l’arrière cour des palais n’avait pas grand chose a raconter hormis les intrigues de coucheries et la politesse du désespoir.
C’était un petit monde qui péchait par facilité .
Un petit monde qui vivait très insuffisamment ,faute d’intelligence.
-« C’est votre couleur naturelle,n’est ce pas Madame?. »
– » Je confirme,je ne me teins pas les cheveux. »
-« Waouh,c’est bien la première fois que cela arrive. Des cheveux sans artifices,c’est tellement rare par ici mais d’ou venez-vous? ».
Le reste de la discussion se perdra dans les vapeurs des nombreuses conversations téléphoniques des « Customers » et le bruit des sèches cheveux.

Abu Dhabi .Mars 2015.

 
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Publié par le 23 mars 2015 dans A pile et face

 

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La poudreuse…

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le linge de lit blanc satiné courait la grande chambre silencieuse jusqu’au tombé fluide des larges panneaux en tissu de lin ourlant d’un trait léger l’infinie baie vitrée qui donnait sur une errance hivernale,immaculée, cotonneuse,dense et absolue.
Les « mélopées » météorologiques de la veille étaient unanimes et sans nuances sur l’énième absence de couleur en ce mois de mars.
D’un geste léger, elle s’éloigne de la fenêtre ouvre grand son cœur et ses valises pour y entasser pele mêle ses envies de soleil, maillot de bain, huile bronzante,chapeau de pailles,colifichets en dentelle et eau de Cologne citronnée.
Le ton est donné par ces frémissantes notes qu’elle jouait d’un seul doigt sur l’écran du téléphone portable qui affichait miraculeusement les destinations suaves. Au milieu de ce tout blanc d’une Amérique qui gèle, l’hymne est aux champs de l’été, véritable plaidoyer bleu sur la sensualité et les intériorités indolentes . Elle ajuste le grain ,vérifie les tons avant d’enchaîner sur des panneaux plongeant d’assiettes de melon sucré et de salade tomate mozzarella.
10h du matin et il neige lourdement ,reste a trouver les mots qui affineraient la frise et laisseraient filer le vaste monde des cartographies intérieures.
De retour a sa fenêtre ,elle suivait du regard et loin des inquiétudes, Le ciel, la lumière et toute la sensualité fébrile de ce monde. Flanquée de deux valises, l’épopée joyeuse,se laissait ainsi poser comme une douce lenteur sur la banquette arrière d’un taxi a destination de l’aéroport.

 
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Publié par le 5 mars 2015 dans A pile et face

 

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