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Archives de Catégorie: A pile et face

Assia n’est plus.

Comme une dernière prière,
Deux messages reçus aujourd’hui,l’un a 2:30h du matin ,heure Américaine et l’autre a 16:00. Deux messages de deux amies, l’une a Paris , l’autre a Londres, rédigés en langue Française, j’allais dire dans la langue d’Assia Djebar pour dire l’amour, la douleur mais surtout l’abnégation.
Heureusement que la force des mots n’est pas une matière friable et cela permet aux écrivains de transcender le temps et la géographie.
Assia djebar comme Malek Haddad et tant d’autres n’ont pas de coordonnées temporelles et donc leur disparition n’est qu’un énième découpage scénique comme ils savent faire avec grâce.
La magie est celle de transformer la solitude qu’impose l’écriture en des moments de lumière et ça Assia sait y faire puisqu’elle a transformé notre regard apeuré sur l’existence en un récit ethnique triomphant.

A sa manière espiègle, joueuse, brillante en forçant parfois sur le « déhanché » verbal elle aura imposé avec panache, une parole feminine Algerienne et quelle parole.
Assia n’a eu de cesse de déstructurer les lignes rigides du patriarcat pour dresser a la place des ponts, consolider des digues et essaimer les paroles apaisées et apaisantes, les vraies, celles qui remettent les aiguilles de nos cheminements dans le vaste humain.
Ce soir Assia Djebar , nous dit a sa maniere qu’il est impératif d’échapper a la solitude intérieure et nous livre dans un ultime testament, les codes d’une vie hygiéniste.
Ce soir, l’idée de la femme universelle traverse le tout Cherchel jusqu’à mon éloignement Americain et les possibilités de vivre femme et Algérienne apparaissent comme une évidence.
Dors en paix l’Artiste et restons élégants-es- dans notre douleur par amour pour Assia et par respect pour son combat.

Assia Djebar.
Assia Djebar.
 

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Composer l’instant…

Il avait coutume de dévaler la colline a la pointe du jour, après un siècle d’absence. Il se présentait cote jardin, mains dans les poches en sifflotant un air jazzy avant de donner trois coups léger sur la porte vitrée .
Elle devinait son sourire moqueur,sa voix poivrée,son souffle en bulles de savon…
Besoin d’un siècle pour réussir une torsion sur la vie, mettre de l’ordre dans ses palpitations , déplier ses pas, remettre les mots dans le bon ordre: sujet,verbe,complément ,faire ses gammes,travailler ses effets et ne pas se laisser envahir par les possessifs,les suffixes et ses autres préfixes
Trois nouveaux coups sur la porte vitrée,un peu plus posées,ceux la, un tantinet insistants.
Faudrait repenser la vie des déplacés,faudrait reprendre les entres-deux, déployer les gestes religieux,dramatiser les cheminement ,donner du relief, composer l’instant…
Elle opta pour une clarté de bougie baignée de rose et tendit une main tremblante vers la porte en verre.


 
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Publié par le 1 mars 2015 dans A pile et face

 

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Solitude blanche…

Washington DC, ville blanche, le paysage se résume en deux structures symétriques glacées annulant l’effet miroir qu’offrait la surface du fleuve potomac au ciel.
L’hiver se tait et laisse place a la lumière, ma promenade, ce matin,tournera vite au rayonnement carré, fermé a toutes allégories optiques.
Le tableau grandeur nature opte pour l’absolu plat comme unique variante de perspective, une manière de souligner la solidité du cadre.
Nous assistons, en ce matin du mois de février a un cour magistral que nous donnerait Dame nature qui se se drape d’audace et décline avec une extrême  grâce l’élégance des mouvements de retrait.
Prenons en de la graine et travaillons la justesse de nos pas…Se renouveler, savoir s’éclipser mais tenir ses promesses d’émerveillement, serait, donc, l’ultime leçon de vie.

Le fleuve Potomac  Washington DC poty1 poty

 

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Obsession d’été…

                                             le matin

Elle allumait une a une toutes les lampes du salon,le principe était celui de brouiller la nuit…Encore enfant, elle avait coutume d’ouvrir grand les yeux devant l’étendue bleue ,une manière de faire le plein d’azur…comme une prémonition.
Aujourd’hui le peu de poussière-de-soleil que laissaient entrevoir les journées trop courtes de ce mois de décembre la rendait plus que nerveuse.Faut il s’en etonner quand on est né dans un pays incandescent et qu’on ai respiré de l’iode par vagues entières.
Cela fait vingt ans qu’elle essayait vainement de retrouver ses odeurs.
« Allo ,maman…ça va ? Tu sais quoi? J’ai mis ton parfum,ce matin, je t’ai sentie toute la journée et c’était tout drôle. ».
Le rire limpide comme une partition de vivaldi etait tout proche, il lui coulait au creux de l’oreille…Elle respira profondément avant de raccrocher puis ferma les yeux pour mieux voguer sur cette stylisation extrême des palpitations maternelles.
20:14mn,seule au milieu de toutes ces taches de lumiere ,elle appuie sur la touche radio, france inter diffusait de la musique « Gnawa »,l’animatrice avait du mal a prononcer le titre de la chanson.Elle disait avec beaucoup de mal »Lawah,lawah ».
Le « h » etait muet comme un regret..

 

 
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Publié par le 5 décembre 2014 dans A pile et face

 

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la loi des algorithmes…

 

Photo de Lydia Chebbine.  Automne Americain.  Octobre 2014.

Photo de Lydia Chebbine.
Automne Americain. Octobre 2014.

Qu’est ce qui fait le miracle d’une vie… Et si c’était tous ces récits sur le elle et le il. 
Tous ces contes pour grandes personnes ou la langue sert de socle performatif. Puisque la rencontre,toutes les rencontres entre le feminin et le masculin relèveraient immanquablement d’une mysticité classique.
Le ton etait monté très vite ce soir la…les intercisses racontaient avec une certaine violence les hors champs délabrés,la confusion de l’éloignement et toutes les obsessions tenaces…car entre une femme et un homme,c’est une histoire de séduction,avant tout…un luxe du temps.
Au final,toutes les histoires des femmes et des hommes sont directement ou indirectement des matières a roman .
-« L’Algérien que tu connais, c’est qui déja? ».
Sa voix empruntait ,au fil des minutes,les intonation du désespoir pour finir par se lâcher  :
-« Tu ne peux pas imaginer que l’Algérien que tu connais n’existe plus?. »
Elle soutient son regard et avoue d’une voix voilée, presque a regret :
-« C’est vrai que je pense l’Algérien a l’image de Malek Haddad,l’homme de ma vie. »
Il ne se démonte pas et lui envoie tout de go:
-« les mutations sont énormes. »
Et a elle de reprendre:
-« Je n’ai pas changé,moi. »
Le ton grondait et les mots disaient plus qu’il n’en fallait comme pour mettre fin a une ébauche du sublime.
-« Malek Haddad qui a honte d’écrire en français ou juste celui qui a créé je t’offrirai une gazelle ? Peut etre ,cet autre de la dernière impression? Mais bien entendu, tu as changé par petites touches sans que tu n’y prêtes attention .Tu as tellement changé que tu t’en rappelles meme pas …Que tu t’en rappelles plus. »
-« En effet ,je parle du fabuleux Malek Haddad,du regardeur, de l’homme qui sème le merveilleux et qui n’a pas honte de lever les bras au ciel…je parle du règne des hommes qui ne sont pas pressés. »
Mais contrairement a son héros elle laissa tomber les bras…les orchestrations se brouillaient et les notes se confondaient dans des boucles inaudibles…Ainsi éclataient les récits des fous de l’impossible.Entre pari démesuré et fracas de passion s’évanouissaient le mystère et les lieux des romans. 

 
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Publié par le 24 octobre 2014 dans A pile et face

 

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Crispation…

Samedi matin,il pleut, il fait gris et suinte le regret de l’été…Une femme,deux,quatre et une palette très variée du » moi »,du « nous » mais au fond il s’agissait surtout de l’image que chacune d’elles se faisait de sa petite romance…
Que peut-on s’accorder comme contradictions quand on « se joue » en direct?
Nous épousons les modèles,accentuons les reliefs pour arrondir les angles voire les lisser au delà des vagues fantomatiques du « plus jamais cela » ou cet autre « Ah,si je savais »…Les mots tombent par paquet pour raconter le maintenant et plus prudemment les lendemains.
Des femmes prennent la pause,se parlent en jouant les accords,les désaccords et il n’y a rien d’original a cela si ce n’est que les autoportraits « marbrés » révèlent, généralement,les solitudes orphelines.

 
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Publié par le 11 octobre 2014 dans A pile et face

 

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Enchantement et plus s’il y a affinité…

Roman1
Une mise en scène des plus ordinaire, une ville, un café et les clients de 10h du matin
détendus et a majorité féminine .
Zoom sur la table coté fenêtre ou se mêlent confusément les intériorités qui doutent, deux tasses fumantes, deux verres d’eau glacée, un pains au chocolat, un autre aux raisins, le tout saupoudré du label bio, farine de seigle, sucre roux et autres coquetteries dans l’air du temps .
Pour le moment nous ne voyons que la jolie et pétillante blonde qui souriait beaucoup derrière le regard bleu quelque peu froissé.
De dos, la copine aux bouclettes légères et courtes offrait un cou gracile finement serti d’un collier de perles couleur champagne.
Plan serré sur la blonde qui égrainait d’une voix posée et incroyablement musicale la conception du temps sur les corps, les visages ainsi que les âmes.
Entre café et brioche,elle remet en jeux et cash, ses volumineux 25ans de vie de couple, en un seul et courageux tirage.
– Comment ferais-tu s’il t’arrivait de découvrir l’infidélité de ton
mari ?. Moi, je ne tiendrai pas le coup.
Par quelle magie Les quadras made 2014 sont -ils devenus si incroyablement lucides face a un monde plutôt périlleux et indécis sur l’essentiel a savoir le couple. Ah, le couple, ce jeu binaire a temps multiples ,que nous avons, des siècles durant, ensevelie sous des silences pervers et tellement confortables pour les uns.
le collier en perles de culture adopte la mesure et répondit non sans malice:
-Que peut-on s’accorder comme liberté en réponse a l’usure du temps?.
– Tu veux dire que tu conçois la chose aisément pour ton mari?.
-Concevoir?. Comme tu y vas ma cop. Disons que je n’écarte pas l’éventualité qu’il puisse prendre un pot avec une autre .
– Comment prendre un pot ,tu veux dire sortir, flirter?.
– Etre,plutôt,enchanté pour un court moment par une rencontre fortuite, un petit flirt, si tu veux ,question de chahuter les certitudes.
Commence alors un long et curieux ping-pong sur l’ovni masculin, son verbiage, le délire des testostérones mais surtout l’histoire de ces nombreux hommes qui se laissent piéger par un rôle que la mythologie leur a tendu et ce des le commencement.
Plan séquence sur les tasses a demi vides, le temps que la camera saisisse le collier en perles de face cette fois .
Les mots tombaient sans ambages et avec une exactitude chirurgicale afin d’épouser et mieux accentuer les territoires violents, extrêmement sombres de la chose humaine. Elle s’étonnait elle même de son ton, elle s’écoutait parler d’exigence folle et tres improbable que celle de vouloir exister et en exclusivité dans le regard de l’autre. Elle ponctuait ses phrase d’un ostentatoire, faudrait penser a rendre un peu de temps a l’autre .
Rendre a qui et quoi ?. Elle n’en savait pas plus. L’urgence consistait a écarter le bouleversement de tout remettre en cause, de tout perdre a 50 ans , sa jeunesse, sa vie d’épouse, l’album de famille, les gâteaux d’anniversaire, les réveilles douillets des weekends d’hiver, les bouderies dans les aéroports durant les grandes vacances, les factures, les sonneries du tel a des heures improbables pour dire les mots magiques, la main que l’on étreint a la cérémonie de l’agrégation du dernier, le regard tendre et reconnaissant qui conclue les retrouvailles des fêtes de fin d’année.
Perdre tout.
Absolument tout sous prétexte d’être enchanté par un parfait étranger.henna

 

 
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Publié par le 19 septembre 2014 dans A pile et face, Litterrature

 

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Coming Up…

Ce soir    Elle ne savait pas grand chose de lui si ce n’est qu’il a fait un stop en Europe avant de débarquer,il y a de cela presque une année, dans « l’open space » de la firme internationale ou elle passait quelques 10h/jour .
Elle ne savait rien de lui mais devinait ses goûts,ses coups de cœur et surtout ses faiblesses…Il faut croire qu’il laissait facilement montrer son trouble depuis un petit moment…Une idée d’anticiper le pressait chaque matin jusqu’à a son « desk »pour balbutier confusément et presque a regret « un bonjour » dont il s’étonnait le premier et cela se voyait a sa manière de battre en retraite pour finir a reculons avant de s’enfermer pour le reste de la journée dans son bureau.
Une construction dramatique se mettait donc en place autour d’une femme d’un chic absolument fatal et un quinquagénaire d’apparence assez retenue presque sévère…
pas très grand ni vraiment mince avec ce je ne sais quoi de lumineux dans les yeux.
Il ne l’intéressait pas!
Il ne l’intéressait pas mais elle choisissait,pourtant ,chaque matin avec minutie ses robes,jupes,vestes.pantalons,dentelles,pashminas,chaussures,parfum,bijoux, le tombé d’une mèche,la moue faussement désinvolte,la lèvre que l’on mord pour feindre une hésitation jusqu’au regard faussement innocent ,jusqu’au rire millimétré a la sonorité étonnamment fuyante..

Comment fait-elle?.

habiller les visages ,faire parler les corps ,elle savait y faire et mieux que quiconque non par méchanceté mais par ennui de la chose humaine.
Ça joue a ces bulles de savonnettes sur lesquelles miroitaient tous les arcs en ciel de ce monde réunis..Ça joue ,le temps d’y croire…le temps d’esquisser une musique délicieusement enjôleuse pour ne pas dire carrément contre nature.
Que fera t-elle de lui ?
La distribution des rôles est ainsi faite,nous partons toujours d’une réalité familière avec des notes d’intelligence et de féerie …le panorama repose essentiellement sur un mélange d’emprunt fictionnel et d’enthousiasme… il suffirait de l’ombre d’un sourire ou d’un regard deroulant des errances interdites et le voila comme un enfant sautant aux éclats sur la trampoline de la mise en jeu.
Mais a quoi joue-elle?.
La possession s’annonçait joyeuse ,insouciante,contemporaine et obéissait pour ainsi dire a une plasticité de l’écriture avant tout.
Elle prend la pause ,mis son doigt sur ses levres et gratifia le lecteur d’un
généreux :
« chuuut mais chuuuut »

 
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Publié par le 13 septembre 2014 dans A pile et face, Litterrature

 

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