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Archives de Catégorie: A pile et face

Comme le »Baghrir » de Proust…

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Le plaisir se construit en escalier. Du miel et du beurre a la base pour enduire les quelques mille trous du « baghrir » encore chaud.
Puis dans le désordre, goûter, rire, de gourmandise se lécher les doigts, fermer les yeux et se laisser porter par la délicatesse des souvenirs.
les réminiscences sentaient bon le parfum a la lavande de la grand mère rompue au travail de la pâte lisse et onctueuses.
C’est vous dire la portée de ces histoires de bouche et de coeur …Il y a toujours un bonheur presque enfantin a reproduire les gestes d’antan et ne pas se laisser rouiller par l’urbanité quotidienne.
L’Algérie en ce sens pourrait s’avérer un dosage précieux et parfois peu probable, d’une table d’été au fond du jardin par un matin a Bethesda ou partout ailleurs.
Bonjour a tous et bon appétit.

 
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Publié par le 6 août 2015 dans A pile et face

 

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L’honneur délicieux…

Il était beau,droit, avec un sens aigu de la morale mais surtout très amoureux de sa Yasmine de femme. Le commandant Jeff Allias Djaffar est le moudjahid dont on a soigneusement tu l’Histoire pour réinventer « l’histoire ».
l’Oranais, cette épopée du brut,du vrac,des vérités blafardes dira crûment ce que 50 ans de mythologie glauque aura dévié,feinter et nier a coup de traîtrise.
Le Film de Lyes Salem vous happe des les premières minutes et vous embarque dans le sillage effréné d’une camera qui détricote avec une maîtrise prouvée les tremblements, colères,éclats de voix et encore plus les faiblesses du moudhahid Djaaffar.
Il rejoindra le maquis,un peu malgré lui et presque  accidentellement » pour se transformer cinq annees durant en héro, l’un des plus  vaillants de la guerre de libération Algérienne.

Et vous n’en pouvez plus d’aimer Djeff, de trembler pour lui tellement il vous ressemble ,tellement il vous parle et parle  magistralement de vous.
Djeff aimait l’Algérie, son fils – enfin, ce petit blanc/blond que sa femme avait mis au monde du temps ou il était au maquis- et ses amis.
Il y avait Hamid, le ministre qui dit que gérer un pays n’est pas comme gérer une quasma en ponctuant sa phrase d’un « Merde » sonnant juste et ça le fait et on y croit puis Farid le gaucho pour qui la berberite,spécificité absolue du peuple Algérien est catégoriquement non négociables et enfin Said ,plus fidèle qu’une ombre.
Mais les ombres assombriront tres vite le ciel de cette amitié indéfectible qui pliera sous la bourrasque des phrases enflammées dépassant les pensées et brouillant les appareillages::
« – Ne dis pas n’importe quoi ma chérie ,on a fait une guerre de libération et non pas une guerre de religion. »
Le film balayera ainsi sur son passage par vagues entières,les idées reçues,les portraits feints et fera preuve d’une clairvoyance rare et tellement nécessaire a l’Algerie d’aujourd’hui sans jamais revenir sur les fondamentaux:
« Tu peux prendre la chose par tous les bouts mais tes parents sont interchangeables. » lâchera Jeff a son fils pour dire combien nous sommes et devons rester Algeriens.
El wahrani,cette « incorrection » visuelle construite sur le mode zoom serré pour y mettre ce que nous avons manqué de vivre en colories fortes : Une Algérie qui a menti sur l’essentiel à savoir l’humanisation de ses héros.
El Wahrani n’est pas seulement une histoire naturelle sur les émotions et l’amitié, encore moins un plaidoyer vil et honteux sur les moudjahidines – comme on a voulu le faire entendre- mais c’est tout l’amour dont 40 millions d’Algeriens ont manqué et ce depuis 50ans.
Lyes Salem avec l’Oranais tout comme Safinez Bousbia dans El Gosto et avant eux Nadir Moknèche avec Délice Paloma remettent sur pieds par la seule envie furieuse de vivre une Algerie titubante et signent triomphalement un vaste champ des possibles.
La diaspora Algerienne réussira, ainsi,une expérience du sublime et nous applaudissons et on en redemande.

PS:
++ la prestation d’Amazigh kateb dans le film est bluffante et la chanson Hlel ellila fera du chemin..
++ Lyès Salem,Khaled Benaïssa,Djemel Barek Najib Oudghiri brillent par leur naturel et on y croit fortement. 
++Nous avons tous connu au sein de nos familles un commandant Jeff dont les « etoiles » nous ont définitivement marquées.
– – Le film est un vrai travail de réalisation exception faite d’une scène assez longue et plutot dramaturgique-ment théâtrale.

L’ORANAIS.
Un film réalisé par Lyes Salem
Date de sortie : 19 novembre 2014
Production Algero/Française.

 
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Publié par le 21 juin 2015 dans A pile et face

 

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Elle en creve…

Cela se passait aux environs du mois de mai. Il fallait attendre 20:30 et pas une minute de plus. A l’heure ou le ciel tournait au bleu vague méditerranéenne .
Un bleu que nombre de cinéastes,écrivains,poètes et autres hurluberlus auraient tenté de reproduire sans succès .

Je reprends donc:
20:30 a l’heure ou le ciel empruntait au bleu de klein son intensité et aux perles de culture leur lustre et cela donnait un bleu klein/ perle méditerranéenne, elle
ouvrait grand les fenêtres de la chambre, libérait les voilages de leur attaches, faisait tourner le vieux pick-up et invitait la brise pour la soirée.
Ce n’était plus tout a fait une chambre mais un bateau ivre .

Mouais, c’est assez facile,sirupeux et tellement mièvre, particulièrement le pompeux « ivre »,je vous l’accorde.
Je reprends bis:
Cela se passait au mois de mai ,blablabla jusqu’au voilage tiré afin de permettre aux mouettes de prendre place dans la chambre bleutée.

Quoi? Il n’y a jamais eu de mouettes au départ?
Oh,que si et meme des goélands qui volaient au grès des bruits des vagues. Des vagues au grain serré et un point poivré que libérait le 33 tours tournant sur le vieux pick-up. Et puis il y avait le souffle enveloppant,déjà chaud du mois de mai qui entraînait le voilage des fenêtres dans un mouvement chaloupé et projetait sur les murs le plus sensuel des déhanchés nocturne.

Cela en fait du monde dis- donc,pour une chambre de ville?
Si seulement tu ne m’interrompais pas avec tes tics citadins,tes contradictions et ton non sens. Et cette terrible carence en matière de fantaisie, ce manque d’imagination…ça ne te parle pas car il est impossible de te parler de magie ,de mer dans une une ville qui n’en contient pas, d’amour, de passion ,de folie car tout cela est a l’opposé de ta vie droite comme un I. Au final,tu n’es qu’un homme moderne,sage,terne qui ne croit,ne respire et ne prie que wall street .
Oui Monsieur, je suis en colère car ta perdition urbaine me fait gerber,me désespère et nous perds. A part moi,personne dans cette maison, ne pense a mettre des pivoines dans les vases.
– Pardon?
les pivoines sont exagérément « expensive » – en anglais dans le texte- et 20$ le bouquet /semaine cela commence a bien faire ? Mon surplus d’émotivité prend trop de place,devient gênant ,déborde sur le jardin des voisins et fait de notre vie un champs de guerre?
Autant pour moi,Monsieur et tant qu’a faire faisons un movie de tout cela. Promis je te cède d’entrée les droits d’auteur ,le retour sur recette et payerai,meme,mon ticket de cinéma le jour de la projection.

Le pitch:
Une femme soupçonnait la terre de rétrécir,tout les jours, un peu plus.
Cela la mettait dans un état tel qu’elle entreprit de chercher inlassablement,poings et front serrés, chaque soir a 20:30 pile, le bruit des vagues sur… Youtube.

                                

 
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Publié par le 22 Mai 2015 dans A pile et face

 

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Je vous dérange?

C’est la vie.
C’est une grande ville.
Il y a un homme.
Il y a une femme.
Il y a deux « keyboard »
C’est le soir chez l’un d’eux.
C’est la grande banalité des bavardages d’été.
Une parole lâchée,c’est aussi un sermon

Je ne sais pas ce que c’est qu’écrire mais j’ai appris et ce depuis cinquante ans a parler et dans la foulée avaler plusieurs langues. J’abuse de figures de style, d’ellipses, des nuances et des « re-departs ». J’avoue avoir réussi pas mal de pirouettes,comme ça a l’instinct. J’en fais même un genre .
Un homme ajuste ses lunettes devant son écran d’ordinateur.
Une femme est la, devant, penchée sur son « Aie-phone ».Elle fait genre,tres intéressée par l’échange de voix et ponctue ses phrases par des onomatopées aiguës.

On ne voit que ses cheveux.

– Je t’avais dit que je passerai te prendre.
– j ‘ai une grippe. Je ne contrôle pas mes paupières, beaucoup de mal a les garder ouverts. j’ai reçu ton message en retard.
– Montre moi tes paupières.
-Heu, valaaaaaaa.
-Tu lis quoi en ce moment?
– C’est l’heure du crépuscule,par ici…j’hésite a allumer la lumière,il fait si doux.
– Pas trop le temps pour les pauses lectures .C’est une période assez chargée.je lis beaucoup de trucs copiés par mes étudiants sur internet. Faudrait penser a soulager tes yeux,mets un peu de lumière.
Rire.
– Autrement dit, tu écris un chapitre a la Zola…Du réalisme au réveil,a midi et a l’heure du coucher,en sommes.
– Toi,tu lis quoi?
– Je switch entre Marguerite Duras et un autre écrivain British,Une lecture croisée.
-Et Modiano alors?
– Heu,Modiano? Trop beau,trop précis voire pointilleux. il écrit a la manière d’une broderie ancienne avec un fil très serré, Je ne sais pas si tu vois cela?.
– Tu as donc lu son dernier ouvrage?
– J’y reviens de temps a autre comme on le fait avec un ancien album de photos de famille. Je crois te l’avoir deja dit, je commence par les premiers. J’y vais par ordre chronologique. Envie de le connaitre comme dans la vraie vie,depuis le début.

Et c’est la que l’histoire commence…
                                       kou

 
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Publié par le 21 Mai 2015 dans A pile et face

 

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Friday,May 08, 2015..

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Il  aimait les commencements,tout comme ces matins d’été qui sentaient le café en dedans et les pivoines en dehors.
– « Nous sommes le 8 mai,n’est ce pas?.  »
-« Effectivement mais nous sommes aux States. »
Il continuait calmement a servir le liquide brûlant dans les tasses posées sur la table dressée.Une brise arrivait par la fenêtre ouverte sur le glissement des rames du métro…A coté, une ombre,elle, passait sur les souvenances des débuts.
Le regard fixe,il se tourne, fit une brève halte sur la mer d’Alger puis revint dans la petite cuisine.
Il la regarde, ils se regardent.
Soixante dix ans,
Soixante dix ans et un 8 mai pour esquisser les prémices d’une mémoire tourmentée.
-« Pas de sucre pour moi, ce matin, merci ».
Le ciel est limpide,les voici revenus. De nouveau ils se remettent a l’heure Américaine.

 
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Publié par le 8 Mai 2015 dans A pile et face

 

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Il en serait comme de votre sourire…

A une ville en béton plus de soleil que de jours en une vie entière
Il a fallu pour cela beaucoup de décolletés impatients, autant de jolies jambes nues et des tonnes de tulipes sur les artères en travaux, même que Marie Antoinette en perdait ses froufrous sur la 5e avenue.Fiou,fiou,les livres a 3000$ qui chantaient le printemps.
Et aussi bien que la ville s’appelait New York et que l’excès soit a la base, Américain.
Quelques fois,l’après-midi a l’heure ou le soleil était plus doux, les riverains reprenaient l’histoire de ces promeneurs fantastiquement ivres de sublime, ceux la mêmes qui calaient leur existence entre deux couleurs d’un seul tableau:
La notre de vie.

 
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Publié par le 30 avril 2015 dans A pile et face

 

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Scène totale…

                                                        photo (69)
La tentation d’aborder cet accordéon de lignes parfaitement parallèles,traversées  par des façades calibrées, identifiées, numérotées en faisant fi du temps,  l’amusait énormément.

 Elle plissait les yeux très souvent, peut être même trop souvent, pour accentuer  l’effet d’abstraction .
    D’un battement de cil, elle retouchait les obsessions architecturales, ourlait les  nuages
 d’un trait de lumière et enfilait les étoiles une a une sur du fil de soie. C’est vous  dire combien l’ébauche était farfelue.
Par un matin d’hiver ,il y a de cela un siècle ,le destin l’avait conduit vers New York et il ne fallait pas le contredire .

Photo de Lydia Chebbine,

 
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Publié par le 9 avril 2015 dans A pile et face

 

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Négoce citadin…

Une ville,disons New York a l’heure du crépuscule.
L’heure n’est jamais une coïncidence fortuite mais plutôt une sorte de cahier des charges de l’intime…une ambiguïté qui ne saurait expliquer l’exaltation du regard qui se pose sur un détail et non un autre…Que cède t-on a ce moment précis de l’émerveillement solitaire en terme de rencontre,d’échange,de révélation,bref d’inédit?.
Et me voila, a jamais et pour toujours, en l’espace d’une énergie, a jouer mes fouillis, mes exubérances, mes triomphes et mes tragédies…Encore un tour de mon double ,cet autre miroir résolument moderne.
[                            

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Publié par le 9 avril 2015 dans A pile et face

 

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