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Une lignée de femmes a la fenêtre…

Il disait que le sac des femmes le fascinait car on y mêlait les choses précieuses aux choses futiles. 
Il disait encore que son boulot c’est écouter Le goût des autres. 
Il disait toujours « c’était mieux avant » et avait cette façon de bouger le corps,d’ajuster la tonalité d’un tableau avec… rien.
Il est brillant. 
Il est troublant de clairvoyance et de noirceur et la chronique permet l’exagération de tout cela.
L’histoire,toute l’histoire commence par une caresse,par une magie qui s’impose. 
C’est donc votre éclat que je salue sur le seuil des villes que j’ai coutume de traverser de toute part a la recherche de ceux dont les yeux pensifs contemplaient la vie.
Et justement il en faisait partie et justement il en était l’incarnation.
Vous n’en pouvez plus de promener ces deux mondes ,l’un dans la tête et l’autre dans les rues…Ce n’est pourtant pas faute d’avoir porter la mélodie jusqu’au bout.
En effet c’est l’histoire de ceux que l’on porte a l’intérieur de nous de façon intense,de façon irréversible… 
Une lignée de femmes a la fenêtre,le visage collé a la vitre..L’heure est aux connotations troubles et colorées.

 

 
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Publié par le 24 novembre 2013 dans A pile et face

 

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Palpitations en Noir et Blanc…

Palpitations en Noir et Blanc.Photo de Lydia Chebbine.

Entre deux désirs…
Nous avons longtemps rêvé devant les pages blanches, devant les villes invisibles,devant la pénombre de nos vies..
l’intime a ses moments de prédilection et c’est devant les valises qui débordent,qu’il retrouve son lyrisme…
Il n’y a pas mieux que les valises des voyageurs pour raconter les palpitations disait le Baladin…
Non,il n’y a pas mieux que les maisons pour raconter l’ultime moment de l’ivresse des espérances, répondaient les dunes qui couraient le soleil..
Des dunes qui rêvent de maison…
C’est en fait, l’histoire de ces maisons ouvertes sur les équilibres fragiles que l’on a vu prendre le large pour mieux défier les certitudes…
La vie est un immense casino et tous les jeux sont permis pourvu qu’ils donnent le bla,bla,bla …
A l’aube d’une Vie ,a l’entre deux désirs,Dieu se tenait parfois la ,entre deux grains de sable…l’un noir et l’autre blanc.
L.K

Photo de Lydia Chebbine.

 
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Publié par le 13 novembre 2013 dans A pile et face

 

Ceux qui venaient de loin…

Ceux qui venaient de loin…

07:45 ,Canal Street peinait a garder ses yeux ouverts sous le poids des épaisses couches de brumes qui ourlaient le ciel  encore trop noir et encore trop bas en ce matin de novembre, automnal.
les conducteurs New-yorkais désespéraient devant les annonces de bouchons et rien ne dissipaient leur malaise ,ni les gobelets de café trop chauds ni les bulletins de meteo , a peine, enthousiastes que déversaient les stations de radios locales.
la longue rivière de lumière artificielle que composaient les phares des voitures collées les unes aux autres, coulaient pratiquement sous le trop plein de pluie serrée et lourdement soutenue par les grondements du fleuve Hudson…
Au fil des minutes,la ville se liquéfiait et avec elle disparaissaient les grattes ciel…
Une  jeune étudiante en critique d’art, tend machinalement la main vers son Ipad, déposé sur le siège  d’à côté, et fait défiler les pages de son exposé en attendant patiemment le passage des feux au vert…
Les pages électroniques sentant les oasis et les colliers d’ambres prirent de cours le lyrisme hivernal de ce début de journee et amorcèrent au quart de tour ,le voyage fulgurant vers les espaces infinis du…
« la-bas ».
Et Dieu seul sait comme c’est grand « la-ba » avec ses dunes infinies.

Arrêt sur image:
voyons ,voyons nous avions une jeunes Américaine qui venait de très loin, d’Algérie précisément ,se noyant dans ses pensées et dans sa voiture par une matinée automnal qui avait du mal a s’extraire de la nuit, quelque part sur canal Street a New York city ..

le songe du désert:
La reine Tin hinan ,l’ancêtre des Touaregs, a quelques brassées d’années en arrière , commençait le rituel de sa toilette matinale en presence de sa fidele servante Takamat dans le désert des déserts en plein cœur d’Abalessa dans le grand Hoggar d’Algerie.
La reine bougeait son émouvante silhouette suivant les mouvements lestes et précis de la servante qui laissa glisser le long du corps mince et gracile la robe de riche soie composée de deux étoffes d’un dégradé de bleu aérien.
Et la couleur azure reflétait a merveille la mer profonde qui s’était glissée dans les yeux de l’aïeule royale, il y a de cela 17 siècles …
la longue et épaisse chevelure tressée fut serrée sous un lourd bijoux en Argent qui rappelait les tons de l’imposant collier qui lui tombait sur la poitrine .Takamat fait glisser,par la suite, avec douceur deux bracelets sur le poignet gauche de sa reine et un autre sur celui de droite.
Le peintre racontera ,par la suite,le pari fou de cette reine, que la légende voulait, éprise de liberté et qui courait les dunes a dos de chamelle blanche a la rencontre des levers de soleil…
La métaphore prend corps et le pinceau parlera longuement de la reine mère dont le nom en tamachek veut dire « celle qui vient de loin. »

De l’Amérique a Alger…
Il faudra attendre le vingtième siècle et le moment ou deux archéologues, dont l’un était Américain , entrèrent dans une immense nécropole et découvrirent la sépulture de la reine du désert morte.
Elle était jeune,
Elle était belle,
Elle avait fui le nord du pays berbère pour parcourir le désert des déserts et aller encore plus loin que les légendes .
Le peintre fut alerté de l’histoire ainsi que notre jeune étudiante New-yorkaise a quelques intervalles espace-temps, a une légende et a un rêve prés.
Scène fictive ou réelle qu’importe puisqu’elle nous permet de continuer le pèlerinage ,de creuser les tonalités et de tracer le périple des âmes voyageuses…
Sur le chemin d’une vie ,il y a parfois l’occasion majuscule qui prend l’apparence de trois visages…
la Reine qui venait de loin , le Peintre deja bien loin et la jeune étudiante encore plus éloignée dans le lointain …
D’Abalessa a Alger,d’Alger a Strasbourg,de Strasbourg a New york,ils furent de toutes les partitions du voyage, de toutes les jubilations intelligentes comme une preuve de reconnaissance visible et lisible d’une Algérie qui n’a pas livré tous ses poèmes .
Femmes d’Alger dans vos appartement veuillez donner ce qu’il réclame a ce brave baladin …
veuillez lui rendre de l’émerveillement et des chapelets d’ambre autrefois retrouvés dans les fonds de malles de la reine d’Alabessa.
L.K.

[to be continued]

La reine Tin Hinan par l'Artiste Peintre Algerien Hocine Ziani.

La reine Tin Hinan par l’Artiste Peintre Algerien Hocine Ziani.

La reine Tin Hinan par l’Artiste Peintre Algerien Hocine Ziani.

 
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Publié par le 9 novembre 2013 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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« Es-Stouh »cash…

C’est l’histoire d’un espace de 2 millions 400 mille km²,de 38 millions de palpitations et d’une camera qui procède a une sorte de retour aux fondamentaux .
« Es-Stouh » (Les terrasses), le dernier film de Merzak Allouache déroule une société algérienne qui retient son souffle et nous parle d’une anarchie qui s’autogénère et se multiplie désespérément a l’infini.
« Es-stouh » c’est surtout un constat très sévère ,un regard cru,une lumière blafarde qui met a nu tous ce que nous essayons de taire dans l’Algérie post-années 90.
Le réalisateur filme cash la mal-vie,le règne de l’argent sale,les rapports extrêmement durs,hommes/hommes d’abord puis par glissement hommes/femmes,l’homosexualité,la pédophilie, la schizophrénie religieuse ,l’obscurantisme, les incompréhensions sociétales et l’hypocrisie generalisee…bref tout y passe.
Merzak Allouache ne fait aucune concession et procède a la manière d’une tronçonneuse qui déchiquette dans le vif une capitale qui finit par devenir un seul quartier…
les terrasses des immeubles de Bab El Oued, Belcourt,Chevalet..,
5 quartiers en tout, nous content la respiration de toute une population.
Une respiration très difficile ,éraillée, rocailleuse,étouffée et étouffante…
le film déroule en 24 heures chrono une vie présente /absente , ponctué par l’appel du Muezzin aux 5 prières.
Décomposer la vie en 5 moments ,l’ordre du montage branché /connecté par le son d’une voix frêle,sereine qui parle d’amour et de partage, creuse cruellement le fossé entre le réel glauque d’une société et une spiritualité très « ritualisée « .
Nous assistons ainsi tout au long du film a une sorte de jeu de miroirs déformant qui nous renvoie une image infiniment alarmante de …
Nous même .
Pourquoi monter si haut pour filmer tout ce qui est bas ?
Une question légitime, a mon sens, a moins que ce ne soit le Dieu tout haut qui nous regarde, nous ,qui avons touché le fond.
Les larmes de Merzak Allouache a la fin de la représentation diront le reste.
Elles diront sa souffrance d’aimer comme un fou ,comme un malade,comme un désespéré une Algérie qui nous glisse entre les mains…
Et dans les yeux du réalisateur miroitait, la peur de tout un peuple qui ne se reconnaissait plus dans son quotidien.
« Es-Stouh »,Une promenade du funambule a bout portant d’une camera qui tentait désespérément de maintenir en équilibre les espoirs de toutes les femmes Algeroises tremblantes , ce soir la ,dans leur appartement.

 
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Publié par le 31 octobre 2013 dans Arts Visuels

 

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Gate 42 …

Plus de 19 heures passées a traverser des aéroports,trois en tout.
A suivre des panneaux lumineux,a écouter les mêmes annonces en plusieurs langues.Bien sur il y a les livres aux pages plus que cornées,les films dont il ne se rappellera pas,les news qu’il aura volontairement zappé,les litres de café au goût incertain ,les voisins de fauteuils fatigués avec qui il aura échangé au plus une banalité sur le temps ou sur l’amabilité du personnel naviguant..le tel qu’il aura mis en mode avion ,La barbe qu’il aura rasé a la hâte devant le » Gate 42″ et la chemise bleue de bonne signature achetée a la boutique du duty free.
La nuit puis le jour puis la nuit et le voila enfin arrivé sur terre d’Asie. 
Le baladin est déphasé ,il a du mal a suivre ce ballet de regards tantôt bridés, tantôt fortement soulignés au khol quand ils ne se déclinent pas en couleurs incertaines,les sourires sont forts apprêtés,les longues robes noires et ces autres blanches,les voitures vomissant sur les trottoirs leur trop plein de luxe ,les vitrines indécentes…
le ton n’est décidément pas aux prières…l’air de la nuit est connu d’avance et il n’y a aucune place a l’énigme. 
Dommage…
Le baladin est mal a l’aise trop de quidams autour de lui avancent tranquillement de ce pas vulgaire des mauvais métiers. 
Le carillon sonne 19h, elle dépose a regret son roman puis se dirige d’un pas nonchalant vers la cuisine, portée par une lumière qui vient de l’intérieur, elle dresse des pigments dorés sur la table et sert le dîner…
la discussion est animée ,la soirée ouverte sur une joie voluptueuse ponctuée de rires intenses qui tracent des étoiles veillant au loin sur les rêves des femmes Algéroises dans leur appartement.

1-photo (38)

 
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Publié par le 29 octobre 2013 dans A pile et face

 

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Avant l’effacement…

A street in Algiers. Tableau de John Singer Sargent. Il y avait quelque part dans le grand Alger dans l’une des ruelles de la pointe Pescade une somptueuse villa mauresque.
Le récit pourrait s’arrêter la et nous ne saurons rien de l’histoire boulversante de cet illustre musicien de 38ans qui quittait ainsi le monde sur un geste de folie.

Nous reprenons donc :

le spectacle était hallucinant,…par une fiévreuse nuit du mois d’août quelque part sur les rives de la pointe Pescade ,un homme de 38 ans d’une lucidité intacte ouvrit grand la fenêtre de sa chambre et lâcha sur la ville par poignées entières des centaines de partitions musicales…
A l’ultime instant de la fin de sa vie ,un homme libérait l’œuvre d’une vie qui s’en alla traîner les rues, les maisons,les balcons et les cuisines encore allumées malgré l’heure tardive …
Et depuis comme touchées par la grâce, des femmes Algéroises dans leurs appartements commencèrent a chanter pour les dizaines d’années a venir… [to be continued]
L.K

 
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Publié par le 24 octobre 2013 dans A pile et face

 

Des doigts… très bavards.

malleJour J.
A courir .
A enjamber les feux rouges.
La ville est un immense trampoline et des crayons de couleurs en veux tu en voila afin de tout recommencer depuis le début…
Faut croire que cela s’apprend de plaisir en plaisir ,nous tâtons la température,questionnons les valises et vérifions les pense- bêtes.
Passeport,carte de crédit,billet électronique et nous fixons le large pour mieux mesurer notre chance…Transcrire le plaisir cela peut passer par des doigts très bavards ou par des itinéraires surprenants et passer de l’automne a l’été sans préambule restera un talent rare et précieux que seule la fantaisie humaine peut permettre .
Passeport,carte de crédit,billet électronique,le baladin se promettait de rencontrer les mots …
Et l’alphabet entière était enfuie, depuis un moment déjà, dans les vielles malles des femmes Algéroises dans un coin de leur appartement…
L.K.
[to be continued]

 
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Publié par le 24 octobre 2013 dans A pile et face

 

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La prière des petites filles…

Le banal d’une vie sociale , des amies autours d’un café dans un café cette fois Français dans une Amérique au visage poli et au verbiage bienveillant…
la parole tournoyait gaiement autours des tables ,celles-ci chargées de macarons,de théière parfumées aux pétales de roses, de scones au » maple sirup » et ces autres au » strawberry » le tout en parfait accord avec les palpitations.
Le brouhaha de la salle revenait au creux des propos en pas chassé ,en demi-plié, tantôt déboulé pour revenir développé en dedans,en dehors,en entrechat même si parfois la discussion esquissait un grand écart…Ecouter,renchérir,se moquer ,insister,faire mine de se fâcher ,nier avec beaucoup de mauvaise foi et se laisser prendre dans les froufrous des douces amitiés et les notes de Vivaldi en large lampées étanchaient un tant soit peu la soif d’une intimité retrouvée au détour
d’une évocation du fameux: »la-bas. »
En arrière de cet écran scintillant,s’élevait une voix:
-« Au fait ,tu sais que je connais ton père allah yarhmou. »
-« Le mien de père?. »
-Oui,Il s’est occupé de moi depuis l’age de 5ans et ce jusqu’a beaucoup plus tard…Ce n’etait pas seulement un médecin de famille mais il etait ami avec mes parents surtout. »
-C’est fou que tu me le dises comme ça et aujourd’hui ».
-« En effet ils étaient amis et je pourrai te raconter des choses notamment sur le divorce de tes parents,des choses que tu ignores peut etre. »
Puis….. plus rien.
Me revient encore ses yeux écarquillées, ses lèvres essayant avec grande difficulté de maîtriser un léger tremblement ,préambule a tous les doutes.. les voyelles,toutes les voyelles baissaient la tête, arrondissaient le dos , se ramassaient et tentaient de faire désespérément barrage aux grincements des sons,aux brisures des voix…
Les « Heu », « Ah », « Oh », restaient suspendu juste la ,au dessus des tasses de café …Et le silence comme une lave de volcan ,cendres froides ,déboulait sur les aiguilles des montres.
Je regarde l’une et l’autre et une voix blanche monte en moi et une voix blanche essaye de la retenir mais c’était déjà trop tard…
Elle était déjà loin,elle était déjà en terre de douleur a chercher son père dans les moindres souvenirs ,dans l’infime image, dans les silhouettes imprécises, dans les ombres furtives…
Elle exigeait une réponse .
Elle, l’enfant qui n’a jamais cessé de dessiner les points d’interrogation .
Lui ,le Papa qui n’avait qu’un désir ,celui de ménager sa poupée , comme une dernière tentative afin d’expier les illusions dangereuses .
Les femmes Algéroises dans leur appartements entendirent au loin , les pas de la petite fille sur le seuil des vérités nues et blafardes…Elles baissèrent la voix ,changèrent de ton pour entamer une prière ,celle des petites filles qui cherchaient leur petit papa dans les vielles rues aux pavés froissés .
L.K.
[To be continued]

PS:
Bien qu’inspirée en partie de faits réels, les personnages et situations décrits dans ce texte sont purement fictifs, blablabla.

http://www.youtube.com/watch?v=OY7LHGs0dws

fille

 
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Publié par le 21 octobre 2013 dans A pile et face