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Archives de Tag: Latifa Kharrat

Négoce citadin…

Une ville,disons New York a l’heure du crépuscule.
L’heure n’est jamais une coïncidence fortuite mais plutôt une sorte de cahier des charges de l’intime…une ambiguïté qui ne saurait expliquer l’exaltation du regard qui se pose sur un détail et non un autre…Que cède t-on a ce moment précis de l’émerveillement solitaire en terme de rencontre,d’échange,de révélation,bref d’inédit?.
Et me voila, a jamais et pour toujours, en l’espace d’une énergie, a jouer mes fouillis, mes exubérances, mes triomphes et mes tragédies…Encore un tour de mon double ,cet autre miroir résolument moderne.
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Publié par le 9 avril 2015 dans A pile et face

 

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En sursis…

                                          Carte citadine.
   New York déroule ses compositions foisonnantes et un brin désordonnés .
 Des bennes a ordure pour faire le printemps, motif a controverse ou une  manière de fluidifier le jeu citadin ?.
  » Une jubilation urbaine ». répétait-il .
 Tiens,elle le regardait différemment ce matin. Il est vrai que vu sous cet angle  de lumière fragile de 07:00h du matin, il paraissait plus aérien, moins ramassé  sur lui même.
  Elle voulait ,comment dire, fixer la voix veloutée qui venait se superposer et  sur son tympan et sur le bruit de leur pas, ou le contraire d’ailleurs.
 Dans le vaste 5e avenue,deux bruits essayaient de se superposer, de se  dédoubler,de disparaître l’un dans l’autre pour n’en faire qu’un.
 Une voix en guise de pas et un pas se calant sur une voix réécrivaient par ce matin d’avril, les respirations a tout ouïe .
« Tu sais quoi ?. »
Sans attendre sa réponse ,il continuait a déclamer sa manière de penser, confortablement,la vulnérabilité de la nature.
Sa barbe naissante parsemée de poils blancs lui donnait, paradoxalement, des airs de…
 » D’adolescent. »se disait elle.
Elle essayait de se concentrer sur sa parole,cela fait quelques cinquante ans deja, qu’elle s’était laissée embarqué par ce timbre de voix tres particulier. Parier sur un tempo pour un demi siecle de vie,c’est…
-« Tres risqué comme pari pictural. » ajoutait-il en scrutant le feuillage et les fleurs agrémentant ces espèces d’immenses vases/poubelle étalés, la devant.
Elle continuait son errance mentale en silence et toujours a ses cotés, sur ce trottoirs qui longeait le Washington parc.
Elle suivait lentement l’ombre de son profile harmonieux aux traits réguliers et s’attardait sur le rivage blanc que présentaient ses tempes de jeunes quinquas.
– » Dis,te rappelles-tu de ta première expo?.
Bouleversée,c’était le mot.
Elle était, profondément bouleversée et voulait surtout l’entendre égrener le récit des vivants.
Hier en mettant de l’ordre dans le bureau ,elle était tombée et c’est peu dire, sur un rapport médical…Une sentance, tragiquement, catégorique.
Il l’avait soigneusement caché sous un fatras de postures qu’il empruntait depuis un moment.
– Votre vie est un langage,un titre tellement kitsch. lâcha t-il en riant et en pressant le pas vers…
-Un café ma chérie? tiens arrêtons nous la. »

Photo de Lydia Chebbine.

 
 

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La couleur du destin…

    Joy,Rudy,Marwan.Ahmed,Tony,Michel, autant de noms et d’interprètes pour jouer un    spectacle a scène unique. Nous parlons d’une mélodie grinçante, d’un authentique tableau  vivant, ouvrant sur un monde d’hommes qui règnent implacablement sur les temples des  plaisirs illusoires.
 Les salons de coiffures pour dames,les plus huppés de toutes les dunes avoisinantes ne  juraient que par le nom de ces dandys faussement connaisseurs et a la réputation  sulfureuse,savamment entretenue. A croire qu’ils n’ont fait que cela et ce depuis la  première aube, ordonner les dentelles et faire régner la loi du mâle sur l’être et le paraître.
 Des femmes de toutes les formes et de toutes les origines,a commencer par les  divinement pulpeuses pour arriver aux troublantes androgynes,en passant par les  déclinantes. Toutes défilaient inlassablement et immanquablement sous les mains  expertes qui redessinaient, réinterprétaient et coloriaient les ombres a coup de piquouse s’il le faut, le but étant celui de défroisser chaque millimètre du corps féminin, lisser le moindre  pli et remplir les sillons pour faire place a de pittoresques silhouettes de femmes made in  Khalidj revisité par Beyrouth.

Rewind…
Le haut couture blanc sur un pantalon capri en soie de même ton poussa d’une main précise la porte du prestigieux Hair Salon de « l’Emirats palace ».
Une galerie de glaces se faufilaient a l’infini et doublaient par effet de réflexion, le nombre de filles,toutes de type Asiatique, affairées a laver, démêler et faire sécher des extensions de cheveux, de couleurs et de longueurs différentes.
Entre le Harem et le souk se déroulait sous ses yeux un monde singulièrement étrange de la chose féminine.
Elle prit place au milieux des Abayates parfumées au bois de santal et les visages extraordinairement ourlés au botox et se rendit vite compte que le livre qu’elle avait entre les mains n’était pas la meilleure stratégie a emprunter dans cette arabesque.
-« Vous avez pris rendez-vous avec lequel de nos designers Madaaaaame? ».
L’hôtesse que nous appellerons »little marmaide » au vu de ses immenses yeux,fortement dessinés au Khol sous une lourde et longue chevelure d’un mauve surprenant pour un maximum de vingt ans sur pieds, la considéra de haut en bas puis de bas en haut avant de décider de « l’attribuer » a RoY!.
-« Vous verrez ,c’est le meilleurs de tous, Madaaaame ».
D’un geste de tête elle intima l’ordre a la shampouineuse d’apporter une boisson et d’inviter la cliente a prendre place sur l’un des fauteuils massants.

Des dunes versus pétrole…
Le jeu se jouait a trois: La cliente d’une part ,a l’évidence, un ovni avec un haut couture.
Le « designer », un entre-deux/homme avec barbe fournie et déhanché que l’on qualifiera de très technique.
En dernier, le reste d’essaim de femelles,personnages dantesques aux accents et personnalités confondus et confondants.

le descriptif s’arrêtera la,puisque l’arrière cour des palais n’avait pas grand chose a raconter hormis les intrigues de coucheries et la politesse du désespoir.
C’était un petit monde qui péchait par facilité .
Un petit monde qui vivait très insuffisamment ,faute d’intelligence.
-« C’est votre couleur naturelle,n’est ce pas Madame?. »
– » Je confirme,je ne me teins pas les cheveux. »
-« Waouh,c’est bien la première fois que cela arrive. Des cheveux sans artifices,c’est tellement rare par ici mais d’ou venez-vous? ».
Le reste de la discussion se perdra dans les vapeurs des nombreuses conversations téléphoniques des « Customers » et le bruit des sèches cheveux.

Abu Dhabi .Mars 2015.

 
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Publié par le 23 mars 2015 dans A pile et face

 

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Assia n’est plus.

Comme une dernière prière,
Deux messages reçus aujourd’hui,l’un a 2:30h du matin ,heure Américaine et l’autre a 16:00. Deux messages de deux amies, l’une a Paris , l’autre a Londres, rédigés en langue Française, j’allais dire dans la langue d’Assia Djebar pour dire l’amour, la douleur mais surtout l’abnégation.
Heureusement que la force des mots n’est pas une matière friable et cela permet aux écrivains de transcender le temps et la géographie.
Assia djebar comme Malek Haddad et tant d’autres n’ont pas de coordonnées temporelles et donc leur disparition n’est qu’un énième découpage scénique comme ils savent faire avec grâce.
La magie est celle de transformer la solitude qu’impose l’écriture en des moments de lumière et ça Assia sait y faire puisqu’elle a transformé notre regard apeuré sur l’existence en un récit ethnique triomphant.

A sa manière espiègle, joueuse, brillante en forçant parfois sur le « déhanché » verbal elle aura imposé avec panache, une parole feminine Algerienne et quelle parole.
Assia n’a eu de cesse de déstructurer les lignes rigides du patriarcat pour dresser a la place des ponts, consolider des digues et essaimer les paroles apaisées et apaisantes, les vraies, celles qui remettent les aiguilles de nos cheminements dans le vaste humain.
Ce soir Assia Djebar , nous dit a sa maniere qu’il est impératif d’échapper a la solitude intérieure et nous livre dans un ultime testament, les codes d’une vie hygiéniste.
Ce soir, l’idée de la femme universelle traverse le tout Cherchel jusqu’à mon éloignement Americain et les possibilités de vivre femme et Algérienne apparaissent comme une évidence.
Dors en paix l’Artiste et restons élégants-es- dans notre douleur par amour pour Assia et par respect pour son combat.

Assia Djebar.
Assia Djebar.
 

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Composer l’instant…

Il avait coutume de dévaler la colline a la pointe du jour, après un siècle d’absence. Il se présentait cote jardin, mains dans les poches en sifflotant un air jazzy avant de donner trois coups léger sur la porte vitrée .
Elle devinait son sourire moqueur,sa voix poivrée,son souffle en bulles de savon…
Besoin d’un siècle pour réussir une torsion sur la vie, mettre de l’ordre dans ses palpitations , déplier ses pas, remettre les mots dans le bon ordre: sujet,verbe,complément ,faire ses gammes,travailler ses effets et ne pas se laisser envahir par les possessifs,les suffixes et ses autres préfixes
Trois nouveaux coups sur la porte vitrée,un peu plus posées,ceux la, un tantinet insistants.
Faudrait repenser la vie des déplacés,faudrait reprendre les entres-deux, déployer les gestes religieux,dramatiser les cheminement ,donner du relief, composer l’instant…
Elle opta pour une clarté de bougie baignée de rose et tendit une main tremblante vers la porte en verre.


 
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Publié par le 1 mars 2015 dans A pile et face

 

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Solitude blanche…

Washington DC, ville blanche, le paysage se résume en deux structures symétriques glacées annulant l’effet miroir qu’offrait la surface du fleuve potomac au ciel.
L’hiver se tait et laisse place a la lumière, ma promenade, ce matin,tournera vite au rayonnement carré, fermé a toutes allégories optiques.
Le tableau grandeur nature opte pour l’absolu plat comme unique variante de perspective, une manière de souligner la solidité du cadre.
Nous assistons, en ce matin du mois de février a un cour magistral que nous donnerait Dame nature qui se se drape d’audace et décline avec une extrême  grâce l’élégance des mouvements de retrait.
Prenons en de la graine et travaillons la justesse de nos pas…Se renouveler, savoir s’éclipser mais tenir ses promesses d’émerveillement, serait, donc, l’ultime leçon de vie.

Le fleuve Potomac  Washington DC poty1 poty

 

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Obsession d’été…

                                             le matin

Elle allumait une a une toutes les lampes du salon,le principe était celui de brouiller la nuit…Encore enfant, elle avait coutume d’ouvrir grand les yeux devant l’étendue bleue ,une manière de faire le plein d’azur…comme une prémonition.
Aujourd’hui le peu de poussière-de-soleil que laissaient entrevoir les journées trop courtes de ce mois de décembre la rendait plus que nerveuse.Faut il s’en etonner quand on est né dans un pays incandescent et qu’on ai respiré de l’iode par vagues entières.
Cela fait vingt ans qu’elle essayait vainement de retrouver ses odeurs.
« Allo ,maman…ça va ? Tu sais quoi? J’ai mis ton parfum,ce matin, je t’ai sentie toute la journée et c’était tout drôle. ».
Le rire limpide comme une partition de vivaldi etait tout proche, il lui coulait au creux de l’oreille…Elle respira profondément avant de raccrocher puis ferma les yeux pour mieux voguer sur cette stylisation extrême des palpitations maternelles.
20:14mn,seule au milieu de toutes ces taches de lumiere ,elle appuie sur la touche radio, france inter diffusait de la musique « Gnawa »,l’animatrice avait du mal a prononcer le titre de la chanson.Elle disait avec beaucoup de mal »Lawah,lawah ».
Le « h » etait muet comme un regret..

 

 
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Publié par le 5 décembre 2014 dans A pile et face

 

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les silences pervers …

« Meursault contre- enquête ».
Roman de Kamel Daoud .

« Meursault contre- enquête »,le livre de Kamel Daoud , »Goncourable » a souhait et de ce fait légitimement critiquable sur les 153 pages que Meursaultconstitue le récit de l’enfant de Mostaghanem , ce roman, cousu de bout en bout avec des mots qui pensent, explique que l’on ne naît pas Arabe mais qu’on le devient,l’absurde aidant.
Contrairement a toute logique marketing, l’auteur nous défie d’entrée en déclinant sa narration comme un fantasme, une construction imaginaire, une couleur qui viendrait en deuxième temps pour dire les choses que l’on a tu, pour combler les vides,un caprice littéraire en somme.
L’auteur nous projette dans un tourbillon temporel où passé et présent sont mis a l’épreuve,un incroyable « labourage » a ciel ouvert.

Mais de quoi s’agit -il au juste?
« Meursault contre- enquête » est un livre sur la colère et écrit avec colère.
Une écriture de mec, a coup-de-point crocheté, descendant balancé. les coups pleuvent désespérément contre le « nous collectif  » dans lequel se débat un homme/enfant livré a lui même dans une ville ,elle même livrée aux Roumis,comprendre les colonisateurs, dans la langue plebienne/daridja Algerienne.
153 pages en mode télescopage entre la vie du frère de l’arabe tué dans le livre de Camus et celle de l’auteur ,l’Algerien /post-indépendance,brimé, au mieux bâillonné quand il n’est pas infantilisé par un pouvoir reposant essentiellement sur la légitimité historique a défaut de cette autre fondamentale, la blasphématoire légitimité législative.
Daoud a tressé a longueur de pages un pont entre la vie de l’auteur-le frère de l’arabe- et la sienne de vie en voguant sur une une identité mentale que l’on transcrit a coup de sang et de douleur sur la peau dans l’Algérie de tous les temps et nous lisons:
« Les soûleries fréquentes de Moussa ces derniers temps ,ce parfum qui flottait dans l’air ,ce sourire fier qu’il avait quand il croisait ses amis ,leurs conciliabules trop sérieux,presque comiques et cette façon qu’avait mon frere de jouer avec son couteau et de me montrer ses tatouages:Echedda fi Allah »(« Dieu est mon soutien »). »Marche ou creve »,sur son epaule droite « Tais toi « avec dessiné sur son avant- bras gauche,un cœur brisé.C’est le seul livre ecrit par Moussa.Plus court qu’un dernier soupir,se résumant a trois phrases sur le plus ancien papier du monde,sa propre peau. « 

meursaul1Non concordance des temps,
Le tête a tête avec Meursault ou « mersoul » voire « rassoul » – prophète- n’est décidément pas de tout repos .Le livre se nourrit d’un immense hors champs religieux conforté par une profusion de prophètes . Nous y croisons le prophète Haroun, Moussa-moise- Caïn et Abel, des clergés délurés et des » Ève » en mini jupe se tenant sur la ligne de démarcation qui séparait l’espace terne des arabes de celui plus flamboyant des colons.
Et c’est justement sur cette ligne infime qui sépare le bien du mal, le convenu de l’imprévue, le désir de la répugnance, la cécité de la lucidité que se tient Haroun,le frère de l’arabe faute de tout comprendre.
“Un jour M’ma a voulu que j’aille a la mosquée du quartier,qui sous l’autorité d’un jeune imam,servait plus ou moins de garderie .C’était l’été .M’ma a du me traîner par les cheveux jusque dans la rue ;le soleil était si dur.J’ai réussi a lui échapper me débattant comme un forcené et je l’ai insulté .Puis j’ai couru tout en tenant la grappe de raisin qu’elle m’avait donnée juste avant pour m’amadouer.Dans ma fuite j’ai trébuché ,je suis tombé,et les grains se sont écrasés dans la poussière,J’en ai pleuré,toutes les larmes de mon corps,et j’ai fini par rejoindre la mosquée penaud .Je ne sais pas ce qui m’a pris mais quand l’imam m’a demandé qu’elle était la cause de mon chagrin ,j’ai accusé un gamin de m’avoir battu. C’était, je crois, mon premier mensonge .Mon expérience a moi du fruit volé au paradis.Car a partir de ce moment la,je devins rusé et fourbe,je me mis a grandir. “

L’expansion des corps,
Le roman se décline en 2 tableaux ou espaces scéniques . la ville,le village et accessoirement la mer pour l’extérieur autrement dit le « subit » .
la maison, le bar constitueront,pour leur part ,les voix off ,les intériorités plutôt exiguës, plutôt anguleuses.
L’ espace/bar mal éclairé,embué et cotonneux servait comme une caisse de résonance a une sagesse populaire dans le sens brute et par tas entier.
c’est décidément du « layadjouz  » –l’interdit- que jaillira la lumière.
“Les bars encore ouverts dans ce pays sont des aquariums où nagent des poissons alourdis raclant les fonds. On vient ici quand on veut échapper à son âge, son dieu ou sa femme, je crois, mais dans le désordre. Bon, je pense que tu connais un peu ce genre d’endroit. Sauf qu’on ferme tous les bars du pays depuis peu et qu’on se retrouve tous comme des rats piégés sautant d’un bateau qui coule à un autre. Et quand on aura atteint le dernier bar, il faudra jouer des coudes, on sera nombreux, vieux. Un vrai Jugement dernier que ce moment. Je t’y invite, c’est pour bientôt. Tu sais comment s’appelle ce bar pour les intimes ? Le Titanic. Mais sur l’enseigne est inscrit le nom d’une montagne : Djebel Zendel. Va savoir.”

Extinction des voix,
Meursault contre-enquête est un portrait cruel d’un héros mort né, un héros malgré lui qui aura vécu le temps de 153 pages sur la solitude culturelle,sociale et particulièrement celle de la parole afin de servir d’alibi a d’autres pages écrites , il y a de cela soixante dix ans .
Le frere de l’arabe a l’ombre fuyante a tout faux et c’est ce qui explique en partie ce repli sur soi, ce harcèlement qu’il s’impose avant tout.
Haroun ,un enfant désarment de sincérité confondra le vivre et la vérité .
Il restera a la traîne pour avoir cru a un triste jeu de balle .
Le frère de l’arabe s’épuisera a tenter de découdre les enjeux et les excès auront raison de son manque de poésie.
L’auteur/prophète se fait piéger au final par les multiples contradictions et aucune stratégie de survie ne tiendra devant les silences pervers  mais  tellement confortables a commencer par celui de sa propre mère.
« Aujourd’hui,M’ma est encore vivante mais a quoi bon !Elle ne dit presque rien .Et moi je parle trop,je crois.C’est le grand defaut des meurtries que personne n’a encore puni,ton écrivain en savait quelque chose… »

Meursault contre-enquête est un regard glacial ,une fixité inquiétante ,un panoramique qui nous raconte, pas de la façon dont nous aimons souvent l’image mais l’incroyable est que ça marche puisqu’il s’agit d’un roman qui fera date dans la littérature Algérienne mais pas que,la preuve.
Biographie de l’auteur:
Kamel DAOUD
Né en 1970 à Mostaganem (300 km à l’ouest d’Alger), Kamel Daoud a suivi des études de lettres françaises après un bac en mathématiques. Il est journaliste au Quotidien d’Oran – troisième quotidien national francophone d’Algérie –, où il a longtemps été rédacteur en chef et où il tient depuis douze ans la chronique quotidienne la plus lue d’Algérie. Ses articles sont régulièrement repris par la presse française (Libération, Le Monde, Courrier international…).
Il vit à Oran.Il est l’auteur de plusieurs récits dont certains ont été réunis dans le recueil Le Minotaure 504 (Sabine Wespieser éditeur, 2011) – initialement paru à Alger sous le titre La Préface du nègre (éditions barzakh, 2008) et distingué par le Prix Mohammed Dib du meilleur recueil de nouvelles en 2008. Traduit en allemand et en italien, salué par la critique française, Le Minotaure 504 figurait sur la sélection finale du prix Wepler et sur celle du Goncourt de la nouvelle 2011.
Meursault, contre-enquête, publié en Algérie par les éditions barzakh et en France par Actes Sud, est le premier roman de Kamel Daoud.
Edition Actes Sud.

 
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Publié par le 4 novembre 2014 dans Litterrature

 

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