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Archives de Tag: Latifa Kharrat

Ceux qui venaient de loin…

Ceux qui venaient de loin…

07:45 ,Canal Street peinait a garder ses yeux ouverts sous le poids des épaisses couches de brumes qui ourlaient le ciel  encore trop noir et encore trop bas en ce matin de novembre, automnal.
les conducteurs New-yorkais désespéraient devant les annonces de bouchons et rien ne dissipaient leur malaise ,ni les gobelets de café trop chauds ni les bulletins de meteo , a peine, enthousiastes que déversaient les stations de radios locales.
la longue rivière de lumière artificielle que composaient les phares des voitures collées les unes aux autres, coulaient pratiquement sous le trop plein de pluie serrée et lourdement soutenue par les grondements du fleuve Hudson…
Au fil des minutes,la ville se liquéfiait et avec elle disparaissaient les grattes ciel…
Une  jeune étudiante en critique d’art, tend machinalement la main vers son Ipad, déposé sur le siège  d’à côté, et fait défiler les pages de son exposé en attendant patiemment le passage des feux au vert…
Les pages électroniques sentant les oasis et les colliers d’ambres prirent de cours le lyrisme hivernal de ce début de journee et amorcèrent au quart de tour ,le voyage fulgurant vers les espaces infinis du…
« la-bas ».
Et Dieu seul sait comme c’est grand « la-ba » avec ses dunes infinies.

Arrêt sur image:
voyons ,voyons nous avions une jeunes Américaine qui venait de très loin, d’Algérie précisément ,se noyant dans ses pensées et dans sa voiture par une matinée automnal qui avait du mal a s’extraire de la nuit, quelque part sur canal Street a New York city ..

le songe du désert:
La reine Tin hinan ,l’ancêtre des Touaregs, a quelques brassées d’années en arrière , commençait le rituel de sa toilette matinale en presence de sa fidele servante Takamat dans le désert des déserts en plein cœur d’Abalessa dans le grand Hoggar d’Algerie.
La reine bougeait son émouvante silhouette suivant les mouvements lestes et précis de la servante qui laissa glisser le long du corps mince et gracile la robe de riche soie composée de deux étoffes d’un dégradé de bleu aérien.
Et la couleur azure reflétait a merveille la mer profonde qui s’était glissée dans les yeux de l’aïeule royale, il y a de cela 17 siècles …
la longue et épaisse chevelure tressée fut serrée sous un lourd bijoux en Argent qui rappelait les tons de l’imposant collier qui lui tombait sur la poitrine .Takamat fait glisser,par la suite, avec douceur deux bracelets sur le poignet gauche de sa reine et un autre sur celui de droite.
Le peintre racontera ,par la suite,le pari fou de cette reine, que la légende voulait, éprise de liberté et qui courait les dunes a dos de chamelle blanche a la rencontre des levers de soleil…
La métaphore prend corps et le pinceau parlera longuement de la reine mère dont le nom en tamachek veut dire « celle qui vient de loin. »

De l’Amérique a Alger…
Il faudra attendre le vingtième siècle et le moment ou deux archéologues, dont l’un était Américain , entrèrent dans une immense nécropole et découvrirent la sépulture de la reine du désert morte.
Elle était jeune,
Elle était belle,
Elle avait fui le nord du pays berbère pour parcourir le désert des déserts et aller encore plus loin que les légendes .
Le peintre fut alerté de l’histoire ainsi que notre jeune étudiante New-yorkaise a quelques intervalles espace-temps, a une légende et a un rêve prés.
Scène fictive ou réelle qu’importe puisqu’elle nous permet de continuer le pèlerinage ,de creuser les tonalités et de tracer le périple des âmes voyageuses…
Sur le chemin d’une vie ,il y a parfois l’occasion majuscule qui prend l’apparence de trois visages…
la Reine qui venait de loin , le Peintre deja bien loin et la jeune étudiante encore plus éloignée dans le lointain …
D’Abalessa a Alger,d’Alger a Strasbourg,de Strasbourg a New york,ils furent de toutes les partitions du voyage, de toutes les jubilations intelligentes comme une preuve de reconnaissance visible et lisible d’une Algérie qui n’a pas livré tous ses poèmes .
Femmes d’Alger dans vos appartement veuillez donner ce qu’il réclame a ce brave baladin …
veuillez lui rendre de l’émerveillement et des chapelets d’ambre autrefois retrouvés dans les fonds de malles de la reine d’Alabessa.
L.K.

[to be continued]

La reine Tin Hinan par l'Artiste Peintre Algerien Hocine Ziani.

La reine Tin Hinan par l’Artiste Peintre Algerien Hocine Ziani.

La reine Tin Hinan par l’Artiste Peintre Algerien Hocine Ziani.

 
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Publié par le 9 novembre 2013 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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« Es-Stouh »cash…

C’est l’histoire d’un espace de 2 millions 400 mille km²,de 38 millions de palpitations et d’une camera qui procède a une sorte de retour aux fondamentaux .
« Es-Stouh » (Les terrasses), le dernier film de Merzak Allouache déroule une société algérienne qui retient son souffle et nous parle d’une anarchie qui s’autogénère et se multiplie désespérément a l’infini.
« Es-stouh » c’est surtout un constat très sévère ,un regard cru,une lumière blafarde qui met a nu tous ce que nous essayons de taire dans l’Algérie post-années 90.
Le réalisateur filme cash la mal-vie,le règne de l’argent sale,les rapports extrêmement durs,hommes/hommes d’abord puis par glissement hommes/femmes,l’homosexualité,la pédophilie, la schizophrénie religieuse ,l’obscurantisme, les incompréhensions sociétales et l’hypocrisie generalisee…bref tout y passe.
Merzak Allouache ne fait aucune concession et procède a la manière d’une tronçonneuse qui déchiquette dans le vif une capitale qui finit par devenir un seul quartier…
les terrasses des immeubles de Bab El Oued, Belcourt,Chevalet..,
5 quartiers en tout, nous content la respiration de toute une population.
Une respiration très difficile ,éraillée, rocailleuse,étouffée et étouffante…
le film déroule en 24 heures chrono une vie présente /absente , ponctué par l’appel du Muezzin aux 5 prières.
Décomposer la vie en 5 moments ,l’ordre du montage branché /connecté par le son d’une voix frêle,sereine qui parle d’amour et de partage, creuse cruellement le fossé entre le réel glauque d’une société et une spiritualité très « ritualisée « .
Nous assistons ainsi tout au long du film a une sorte de jeu de miroirs déformant qui nous renvoie une image infiniment alarmante de …
Nous même .
Pourquoi monter si haut pour filmer tout ce qui est bas ?
Une question légitime, a mon sens, a moins que ce ne soit le Dieu tout haut qui nous regarde, nous ,qui avons touché le fond.
Les larmes de Merzak Allouache a la fin de la représentation diront le reste.
Elles diront sa souffrance d’aimer comme un fou ,comme un malade,comme un désespéré une Algérie qui nous glisse entre les mains…
Et dans les yeux du réalisateur miroitait, la peur de tout un peuple qui ne se reconnaissait plus dans son quotidien.
« Es-Stouh »,Une promenade du funambule a bout portant d’une camera qui tentait désespérément de maintenir en équilibre les espoirs de toutes les femmes Algeroises tremblantes , ce soir la ,dans leur appartement.

 
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Publié par le 31 octobre 2013 dans Arts Visuels

 

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Gate 42 …

Plus de 19 heures passées a traverser des aéroports,trois en tout.
A suivre des panneaux lumineux,a écouter les mêmes annonces en plusieurs langues.Bien sur il y a les livres aux pages plus que cornées,les films dont il ne se rappellera pas,les news qu’il aura volontairement zappé,les litres de café au goût incertain ,les voisins de fauteuils fatigués avec qui il aura échangé au plus une banalité sur le temps ou sur l’amabilité du personnel naviguant..le tel qu’il aura mis en mode avion ,La barbe qu’il aura rasé a la hâte devant le » Gate 42″ et la chemise bleue de bonne signature achetée a la boutique du duty free.
La nuit puis le jour puis la nuit et le voila enfin arrivé sur terre d’Asie. 
Le baladin est déphasé ,il a du mal a suivre ce ballet de regards tantôt bridés, tantôt fortement soulignés au khol quand ils ne se déclinent pas en couleurs incertaines,les sourires sont forts apprêtés,les longues robes noires et ces autres blanches,les voitures vomissant sur les trottoirs leur trop plein de luxe ,les vitrines indécentes…
le ton n’est décidément pas aux prières…l’air de la nuit est connu d’avance et il n’y a aucune place a l’énigme. 
Dommage…
Le baladin est mal a l’aise trop de quidams autour de lui avancent tranquillement de ce pas vulgaire des mauvais métiers. 
Le carillon sonne 19h, elle dépose a regret son roman puis se dirige d’un pas nonchalant vers la cuisine, portée par une lumière qui vient de l’intérieur, elle dresse des pigments dorés sur la table et sert le dîner…
la discussion est animée ,la soirée ouverte sur une joie voluptueuse ponctuée de rires intenses qui tracent des étoiles veillant au loin sur les rêves des femmes Algéroises dans leur appartement.

1-photo (38)

 
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Publié par le 29 octobre 2013 dans A pile et face

 

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Des doigts… très bavards.

malleJour J.
A courir .
A enjamber les feux rouges.
La ville est un immense trampoline et des crayons de couleurs en veux tu en voila afin de tout recommencer depuis le début…
Faut croire que cela s’apprend de plaisir en plaisir ,nous tâtons la température,questionnons les valises et vérifions les pense- bêtes.
Passeport,carte de crédit,billet électronique et nous fixons le large pour mieux mesurer notre chance…Transcrire le plaisir cela peut passer par des doigts très bavards ou par des itinéraires surprenants et passer de l’automne a l’été sans préambule restera un talent rare et précieux que seule la fantaisie humaine peut permettre .
Passeport,carte de crédit,billet électronique,le baladin se promettait de rencontrer les mots …
Et l’alphabet entière était enfuie, depuis un moment déjà, dans les vielles malles des femmes Algéroises dans un coin de leur appartement…
L.K.
[to be continued]

 
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Publié par le 24 octobre 2013 dans A pile et face

 

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Je t’offrirai toutes les gazelles bleues…

1-Hoggar

Ives Klein disait : « Mes peintures ne sont que les cendres de mon art »
Essoufflée j’arrive ,encore une fois, en retard avec ce verdict solennel et sans équivoque celui de ne pouvoir franchir le seuil du monde.
La frustration est double car l’écran de l’ordinateur ,une veritable peau qui me sépare du tableau échoue lamentablement a me donner ce rendu tactile face a cette explosion de bleu qui s’offre devant mon regard et jaillit dans ma tête comme un éclat d’Algérie qui tour a tour m’étourdit et m’enivre…
Comment résoudre dans ce cas, la problématique artistique et assurer la transition de la chair vers le spirituel?
Le bleu dans tous ses états ,du bleu a n’en plus finir,en vagues épaisses enveloppant le tout, en taches compactes ,en veritables blocs rocailleux aux racines profondément solides , en miroirs ,en petites touches pour compter et conter les désirs murmurés du bout des lèvres.
Du bleu pour déconstruire le temps et reconstruire l’espace.
Du bleu pour revisiter l’acte premier pour réajuster le rite initiatique.
Du bleu en guise d’Histoire du monde.
Du bleu pour sublimer et encore du bleu a vous rendre magistralement..
FOU.
Le pinceau effleure, les ongles grattent, la main déplie et lisse,l’éponge estampe,l’illusion trompe .
On froisse alors les ombres.
On élabore les reliefs .
On décale les accroches .
On prends soins de ne pas contrarier la couleur.
On éclaire les perspectives pour finalement s’effacer devant la sensibilité picturale .
le cœur éclabousse les teintes,la tête tourne et s’essouffle a force de rêver aux ascensions périlleuses qui voguent sur les rayons de lune…
La terre prend le pari de se mêler de l’instant premier et ce choisit une nouvelle naissance : Elle est désormais bleu et la nous entamons franchement le pèlerinage vers l’eau delà .
C’est ainsi et nous n’y pouvons rien…nous nous laissons prendre par le jeux malicieux et goguenard de l’artiste celui d’illuminer la matière.
Qui des deux a créer l’autre dans cet espace immatériel?
la montagne nez au ciel ou les Touaregs, veritable utilité optique qui laisse place a un incroyable décor pour les étincelles.
On reprend notre souffle.
Nous recommençons donc depuis le début:
Mes montagnes sont bleu.
Mon désert est mer .
Viendra la jouissance du style pour unir a la perfection et dans l’absolu l’artiste,la toile et le cosmos…
Et la voix du poète qui chantait depuis le début:
« On dira ce que l’on voudra ,c’est peut être une vraie gazelle ,c’est peut être une vraie gazelle qui n’est pas vraie.
Mais elle a dit :
Tu peux me prendre si tu veux.
Mais il a dit :
Je veux bien ,Yaminata sera heureuse ,elle aura une gazelle ,un enfant,un foulard… »

PS:
Cette toile n’est pas la mer ,cette toile n’est pas le désert ,cette toile n’est pas le ciel ni la montagne…Cette toile est mon âme voguant sur les cimes de mes années Algériennes de bout en bout et venant a bout des tendresses maladroites et longuement tues. Merci l’Artiste.

L.K.

Index,
Tableaux: « Le Hoggar » de l’Artiste peintre Hocine Ziani
Extraits du livre: de Malek Haddad. Je t’offrirai une gazelle.|
Musique: Amina Alaoui – Malûf Instrumental.

http://www.youtube.com/watch?v=T-WC-k7Thck

 
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Publié par le 19 octobre 2013 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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J’ai enfin rencontré ma mère…

 La Dame de Venise .Tableau de l'artiste peintre Algerien Hocine Ziani.


La Dame de Venise .Tableau de l’artiste peintre Algerien Hocine Ziani.

Il y a de ces ateliers intimes qui permettent des égarements délicieux, délectables et qui ouvrent sur des rencontres insolites …L’enfant qu’elle etait il y a de cela plusieurs fois dix ans n’arrivait pas a détacher ses yeux de la toile… les formes ramassées,le déroulé des couleurs,les traits liquides, les arrondis,le clair,l’obscure,le flou artistique et cet autre plus réel,le rugueux,le lisse,le presque palpable, le fuyant,le moqueur,le réfléchi,le bienveillant ,le cynique,le pervers autant de pirouettes du pinceau qui cherchent a y aller de plus prés ,a y voir un peu clair,a y mettre un peu d’ordre a coup d’obstination ,de front serré,de poings fermés mais l’insoutenable incohérence personnelle fait barrage et résiste le temps d’un souvenir. 
Ce n’est pas la narration d’une violente histoire d’amour qu’ elle aurait vécue un jour mais c’est tout l’amour qu’elle ne pourra jamais réussir a vivre dans sa vie.
le temps est quelque chose d’inexplicable mais en version romantique, il prend l’allure d’un peintre aux mains encombrées de taches de lumière qui laisse échapper 50 ans de la vie d’un enfant … une idée auprès de laquelle nous pouvons grandir a simplement regarder cette femme qui se tient la ,a porté de toile .

 

 

 
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Publié par le 14 octobre 2013 dans A pile et face, Arts Visuels

 

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Image

De pierre et d’eau…

De pierre et d'eau...

De pierre et d’eau s’étendait devant moi la ville en prose .
Comment transcrire ce plaisir infini? Faut-il emprunter le figuratif  ou arpenter les chemins du suggestif ?
D’entrée et s’il fallait s’inscrire dans un langage se serait inévitablement celui de l’amour…
Une sorte de permanence de vision ,une lois du vivant en priorité.
La fulgurance des images finit par l’emporter et nous commençons par le début.
Nous commençons par l’essence , par l’odeur citadine suave ourlée de notes sensuelles qui érotisent les vielles battisses,les rues pavées ,les ombres et les taches de lumières…La vie se colore et l’image s’installe,la tout juste en bordure du monde.
L’occasion majuscule prend alors l’apparence d’une femme qui se promène dans la Ville.

 
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Publié par le 4 septembre 2013 dans A pile et face

 

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Vidéo

Amina Alaoui – Malûf Instrumental

Les Passantes…

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Georges Brassens

 
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Publié par le 16 août 2013 dans musiques et videos

 

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