Re- New York et re-Manhattan…33 étage de l’hôtel inter continental..Je fixe la rivière Hudson et ses bleus qui alternent avec d’étranges verts .Une sorte de voix qui raconte l’extravagance de « the city » , Une maniere de bouger le corps et de s’exprimer …c’est très puissant et cela veut dire forcement quelque chose…
Le lobby,le jardin Japonais et les touristes très « business class » …un peu plus loin dans le lounge on trinque a la sante du printemps…
On me sourit de part et d’autre ,j’essaye de rendre la politesse un peu éberluée par cet éclat de couleurs ,de voix et de mouvements dans la rue..Le monde entier s’est donné rendez- vous a Soho en ce weekend du mois de mai..
Des touristes ,encore eux ,mitraillent de leur flash les agents du FBI qui ont bloqué une rue .
Non ce n’est pas le tournage d’une série a la mode mais il s’agit d’une enquête sur une double affaire saugrenue de kidnapping et de meurtre.
Grrrrrrrrr, ce n’est décidément pas dans l’esprit de ma flânerie qui porte essentiellement sur le gout pour la poésie .je m’éloigne au plus vite en suivant les rayons du soleil dans une tentative de trouver la tonalité du tableau..
Soho se « francise » a une grande vitesse…On varie et le tempo et le timbre et Les enseignes se disputent les noms de Loulou, Kiki de Montparnasse et autres frivolités du genre .
Le poème, m’a-t-on dit , n’a pas boudé cette distraction : il a traversé la limite de la géographie avec panache et s’est drapé tantôt de ballots asiatiques,tantôt de notes made in » Moulin rouge » .
A New York , je ne m’aperçois de rien; et je le dis lentement, répétant à voix basse toutes ses contradictions.
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Un tableau, une tonalite…
Recit nomade…
Qu’est ce qui serait plus bavard qu’une porte fermée? un livre , un miroir?.
Que devient le récit quand ces trois éléments se donnent rendez-vous au même endroit?
Des mots sur des pages ou des mots en images et des mots qui se tapissent derrière des portes closes…Les maisons sont ainsi faites avec beaucoup de mots, des silences volontaires et d’autres imposés …. Une sorte d’éloges des vagabonde a n’en plus finir…
Tous les matins en ouvrant la porte de ma chambre j’ai le sentiment d’écrire une histoire nouvelle qui enrichira a la tombée du jour la collection de livres qui ornent les étagères.
Au fil de l’Histoire nous pouvons ainsi voir que ce nouveau commencement était « nous » et lorsque la lumière du jour se transforme en obscurité nocturne,c’est aussi et toujours » nous ».
Autofiction , littérature du nombrilisme ou rentrer de plein pied dans le grand bazar … Ce nomadisme du récit est quelque part la face ludique et puérile de la vie…
New York au lointain parfum d’Algerie…
New York, Soho 18h30 et » Spring street » s’étire langoureusement sous les caresses des derniers rayons du soleil….le printemps était doublement au rendez-vous et nous comptions Lydia et moi en profiter ..
Nous poussons, au bout d’une heure de ballade dans le quartier ,non sans un certain plaisir la porte du Restaurant -bistrot » Balthazar » et New York s’éclipse discrètement pour laisser place a Paris :
Les immenses glaces accrochées aux murs ,les tables pour deux personnes ,très bistrots années 30, le coin pain frais, la cave a vin sur les murs, les serveurs avec leurs longs tabliers noirs, les menus imprimés avec ce caractère très frenchi aux titres alléchants…les banquettes dans le fond de la salle et les serveurs aux petits soins -la c’est décidément la seule note Américaine .lol -. nous transportent dans une espèce de voyage hors temps et hors géographie.
Mes voisins de table a gauches parlaient un anglais au fort accent British et ceux de droite, une famille avec 3 grands enfants , conversaient dans une langue que je ne connaissais pas. Des touristes sûrement vu que la maman portait un collier en perle et un lourd bracelet en or …Non pas que les Américaines ne sont pas chics mais il n’était que 18h30 tout de même…
A deux reprises on vient me demander si je voulais changer de table vu que nous étions un chouia a l’étroit…Avant de passer commande un monsieur très distingué dans son costume bleu nuit s’approche de notre table pour vérifier pour la énième fois si tout allait bien . le reste du dîner se déroulait plutôt agréablement et Lydia me parlait par menu détails de sa vie estudiantine au milieu des cliquetis des couverts et des effluves délicats qui nous parvenaient des assiettes…Vient le moment de se poudrer le nez et de passer au cabinet d’aisance – J’essaye d’adapter mon vocabulaire au décors ambiant .lol
Je descends donc les escaliers en bois sombre et cossu et je tombe sur deux « molosses » en habits noirs entrain de pester sur les clients et déplorant le cote pingre de certains, le tout était dit en français a l’accent Africain….Monsieur et Madame « pipi » se ressaisissent et tentent de reprendre figure accueillante…A la sortie je fais remarquer a la Dame- qui semblait réclamer son dû – que ce n’était pas agréable de l’entendre descendre ainsi et avec tant de véhémence les clients dont je fais partie ..Elle me lance en guise de réponse un regard foudroyant et se retient péniblement de m’en envoyer une..lol.. Sur ce je cours retrouver refuge auprès de Lydia dans la salle en haut et faire le plein de son sourire radieux…
Le dessert s’avère au dessus de toute attente et signe ainsi le caractère très convivial et tre pro du restaurant .
Après avoir réglé la note, le Monsieur au costume foncé et au grain de beauté au coin de la lèvre ,revient nous voir arborant un sourire radieux et nous prie de revenir au Balthazar soon …
je découvre que le dessert est offert par la maison et par la même que »Kouider » le monsieur au costume sombre, était un Algérien de ‘France » ,installé a New York depuis 98…et bla,bla,bla…Kouider scelle nos origines communes avec un « Hamdoullah » prononcé a L’Algérienne et je promis de revenir « soon » avec ma fille a la rue du printemps goûter encore une fois aux délices du Blatahazar » au lointain parfum d’Algérie…
Ecriture et objets…
Pourrions-nous écrire, créer ou même simplement vivre sans le regard de ces objets sans usages, qui peuplent nos lieux de vie ? Sont-ils des voix, d’ancêtres ou du passé? Des images ou des fantômes, des reproches ou des regrets ? Eux qui me survivront, m’enterrent-ils ? Ou me donnent-ils, avec la direction, le courage de la suivre ? Quels sont vos objets fétiches, comme les dieux ou les démons qui veillent sur votre bureau ?
A titre d’exemple d’intime et de sacré, voici le bureau de George Sand, vu par Ella Balaert :
« J’entre dans le bureau de Sand. Elle est assise sur une simple chaise héritée de son père, penchée sur sa feuille. Sa main trempe régulièrement la plume dans un encrier de faïence blanche. À portée de main, sur les trois tablettes d’un bureau long de plus de deux mètres, deux boîtes : dans l’une, une pile de pages blanches; dans l’autre, des cigarettes[1]. Quelques souvenirs aussi, un jouet de Jeanne, sa petite fille morte, un éléphant de porcelaine, quelques échantillons minéralogiques. Un petit pot fait office de cendrier : Sand y éteint ses mégots dans l’eau. Pas d’autres excitants, depuis toujours, que le tabac et le café noir sans sucre – ni opium, ni alcool, passé le verre de lait et la limonade des premières années.»
D’apres:Jean-Paul Galibert.
Tourner rond…
Au commencement ,il y avait une table ronde en bois brun avec un seul pied joliment travaillé .
Et depuis ,c’est très souvent des tables rondes avec 4 chaises…. on a rêvé, On a ri, on a mangé et parfois même grimacé autours de ces tables toujours semblables quelque soit la géographie et quelque soit le temps…Il y a les albums photos,les draps, les napperons,les livres, les bouteilles de parfums, les bibelots et la table ronde ….
Ma vie tourne inconsciemment autour de ces tables aux courbes gracieuses et fluides .
Certains y voient un symbole de paix et d’égalité, car il ne peut y avoir de préséance autour d’une table ronde tandis-que d’autres rappellent l’idée « d’horometrie » des philosophes grecs qui expliquent que puisque le cercle n’a ni début ni fin ,il rend donc possible l’idée de l’infini et de la permanence qui s’accorde parfaitement avec le déplacement des astres… .C’est donc le symbole du temps et du ciel par ce mouvement circulaire implacable et immuable qui avance sans fin et sans jamais varier.
En terme d’architecture on ne trouve pas le cercle chez les chrétiens ou les juifs mais chez les byzantins. Il est à l’origine des coupoles qui symbolisent la voûte céleste, encore un cercle.
Pour l’Islam, le cercle est la forme parfaite et est symbolisée par la forme de la bouche.
Pourquoi j’en parle ?
C’est en plein milieu d’après -midi que j’ai eu cette vision,aujourd’hui même, d’une table ronde dans une maison toute neuve loin très loin ,quelque part a Abu Dhabi.

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Faux profil ou la fable Facebook…
Le geste fait partie du quotidien . Désormais surfer sur sa page Facebook c’est un peu renaître , se réinventer, changer de vie et pourquoi pas romancer sa vie a chaque clique que l’on fait .
Le mot est lâché donc puisque certains parlent même de roman latent dans le sens ou chaque page Facebook est un roman possible, un potentiel de millions de vies…
Une sorte de nouvelle forme de narration et la nous tenons notre sujet : « la valeur romanesque des réseaux sociaux ».
Parler ,écrire,raconter, nous sommes face a une sorte d’auto portrait pas souvent puéril , particulièrement, lorsque nous abordons le thème de la double vie , l’une on line et l’autre off line .
Le faux profil véritable « jeux de piste » virtuel , constitue a l’unanimité le mal sur Facebook et il s’agit la aussi d’un élément de la narration romanesque .Le mal existe et le bien egalement.
Le personnage de Facebook sous forme de profil privé et cet autre publique sans oublier le troisième souvent exclusivement sexuel emprunte a la narration romanesque qui s’appuie sur la multiplicités des personnages.
Si le roman consiste a organiser, a agréger beaucoup de notes et de réflexions, Le réseau , lui fonctionne a coups de copier coller de la réflexion du moment qu’offre la révolution numérique et qui pourrait désorganiser notre pensée ..
le compte Facebook permet le fantasme certes mais décline également une littérature du moment , une écriture du moderne qui expérimente la navigation intuitive …
le réseau permet une sorte de ballade rapide qui nous plonge dans des univers plus extraordinaires les uns que les autres et a une vitesse incroyable vue la rapidité de la circulation de l’information et sa fluidité ainsi que la multiplicité des sources..
Nombreux , cependant , crient au formatage systématique des modes de réflexions des masses sur les réseaux en invoquant les applications que nous vendent certains moteurs de recherche , ces mêmes applications qui simplement réfléchissent a notre place.
A ce stade de la réflexion ,rien ne vous empêche de penser a un Facebook idéal,rêvé ,tiré vers le haut. S’amuser d’une façon non médiocre pourrait même s’avérer salutaire pour plus d’un.
Si dans votre quotidien vous Likez ,disliker ,enjoyer ,poster et loller , vous êtes désormais dans la production litteraire avec une grande tendance au romanesque. cheers.
PS:
Nous assistons aujourd’hui a un florilège de livres,essais et réflexions qui traitent de la problématique Facebook….
L’amitié dans son sens philosophique et social pose réellement problème sur ce support numérique ou l’on ne peux rien vérifier…Quelle est la dimension du voyeurisme et de l’exhibitionnisme dans ces amitiés virtuelles et est ce si différent ou moins pénalisant que le fait de se mettre a son balcon et suivre ainsi le spectacle qu’offrent les autres,tous les autres?
New York 34th floor…
Hôtel Intercontinental , 34e étage et New York est a mes pieds….Je prends l’ascenseur et en moins de deux je suis au Lounge….Ambiance très épurée , Jardin japonnais coté pile et ambiance cosy avec feu de cheminée a l’appui , coté face.
Il faut dire que l’on cultive le coté » frenchy moderne chic » par ici et l’on pousse la coquetterie jusqu’à nommer le restaurant de l’appellation très suggestive : « ça va » . Prière de prononcer a l’Américaine en prolongeant le dernier « A »…
Le monde entier est la ,des hommes bienveillants et souriants venus prendre l’apéro , des dames très chics dont quelques unes déclinaient une longue chevelure foncée épaisse qui encadrait de grands yeux noirs veloutés tracées finement au khôl….Ces dames étaient en famille apparemment avec maris – il y en avait un qui arborait un maillot de l’équipe nationale de football Qatari. Les enfants étaient de la partie et surtout très détendus et pas du tout intimidés…
Les notes jazzy qui me parvenaient du bar conféraient a cette ambiance quelque chose d’irréel .. Une sorte de nuage au delà du monde et de ses tracas si multiples , confus et surtout dramatiques…
Dans ce lounge au cœur de Manhattan, il n’y avait pas de place aux différents ethniques , aux révolutions et aux dictats des différentes religions …le tout était harmonie et zénitude…
Non,je ne juge personne mais je constate seulement que la quiétude est possible a partir de 400$ la nuitée sans petit déjeuner évidemment…
L’adulte et le jeu…
Une amie,Rafika s’est amusée a me poser ces trois questions:
– 1 Les filles, un jeu à la noix :
Imaginez que vous êtes dans le désert, mais le désert désertique hein ? :))) vous y faites quoi ? Laissez gambader votre imagination, je reviendrai après vos réponses.
-2 Alors suite du jeu à la noix: vous êtes toujours dans le désert et vous trouvez un cube : Décrivez le, qualifiez le .
-3 Plus loin dans ce foutu désert, vous croisez un cheval. Le décrire et dire ce que vous faites
la réponse au test:
Ma Latifa, naviguer c’est toujours rêver d’aller vers un ailleurs qui n’est pas le lieu du maintenant. Tu me suis ? 🙂 .
Tu es une rêveuse invétérée. Pour toi il y a un possible au-delà du rationnel et de préférence le plus poétique possible. La vie pour toi, c’est surtout un entourage fiable, bienveillant, rassurant, avec qui les échanges doivent te nourrir dans ta globalité. Tu aimes ne manquer de rien, un confort certain sans soucis du matériel, car c’est certainement le meilleur moyen pour que l’esprit y trouve le loisir de s’élever en toute sérénité. Tu es une visuelle-olfactive, il te faut voir, parcourir, sentir, humer … Il te faut les mots et les senteurs. Tu es une femme de son temps, consciente du chemin accomplit et de la valeur de ses réussites, mais paradoxalement parfois tu peux douter ou t’en demander beaucoup plus, beaucoup trop. L’amour est un ingrédient essentiel à ton existence. L’amour pour toi est et doit être romanesque, romantique, un rêve absolu. L’amoureux doit être doux et brun 🙂 il se doit d’être intellectuellement brillant, répondre à tes attentes, tes désirs, mais surtout il doit trouver les mots, les bons, les non-communs. La sensualité pour toi, c’est d’abord la caresse des mots.
Merci Rafika pour ce moment ludique…Doit-on s’arrêter de jouer sous prétexte que nous sommes adultes?. Oui? Non?


