Debout ,seule devant la fenêtre , elle s’assurait que le monde vivait sa vie de dehors a peu prés correctement…
Cela devenait de plus en plus fréquent cette manie qu’elle avait de s’enfermer chez elle , plusieurs jours par semaine , avec pour seule compagnie les voix nues et rondes de la radio et c’est toujours la même station et les mêmes programmes qui laissent parler les saisons…
La , ils en sont au début de l’automne…une copine disait d’ailleurs qu’il neigeait en ce moment même a Winnipeg … Heureusement qu’ici il fait encore beau et drôlement beau en tout cas … Cette explosion de rayons de soleil ,elle la vit comme un pied de nez que l’on ferait aux bulletins de météo savants et très effrontés … »Des bulletins de météo effrontés » l’expression aurait plu a l’autre Monsieur debout depuis un moment déjà ,sur le quai de cette gare Parisienne vide, a attendre l’arrivée de la gazelle …
Elle sourit tendrement au souvenir du Monsieur, de la gare Parisienne et de la gazelle puis s’empresse de signer le message dans lequel elle explique a son collègue qui ne savait pas ou il était possible de trouver de bons mille-feuilles en ville …Ici ,on les appelle les Napoléons.
« je t’invite a partager un Napoléon . » dirait l’autre .
Et tandis qu’elle habillait sa dernière phrase en imaginant un visage voire une allure a son auteur.
Le téléphone sonna et c’est son frère a l’autre bout de la ligne , a l’autre bout du monde.
» Allô ,il est quelle heure chez toi ,il est pas tard j’espère… écoute bon anniversaire surtout ».
-« Ohhh , » manqua t-elle de s’étouffer pendant qu’il continuait à parler toujours a l’autre bout de la ligne et de l’autre bout du monde : » c’est toi qui m’a envoyé un mail pour me dire de ne pas oublier ton annif…voila s’est fait ,bon annif ma vielle. »
Quoi? mais son anniversaire est dans deux jours…Mais qu’est ce qu’ils ont tous a se tromper de saison?
Archives de Catégorie: A pile et face
La fenêtre, le téléphone et la gazelle…
Arpenter la magie…
Porté par la lumière, pour toi c’est déjà l’automne et tu ne prêtes ,ne serait-ce qu’une seconde, attention a ce que prédisent toutes les études météorologiques et autres frivolités de l’équinoxe.Non, pas plus que ça.
Scène fictive ou réelle ? Qu’importe ,puisque cette aventure tactile te permet de continuer le voyage et de creuser l’obsession.
On dit que les âmes au lever du jour se laissent invariablement assiéger par l’enfance et te voila libre d’arpenter la magie …
Des valises discrètes…
« Il y a d’abord ces milliers de valises discrètes puis je finis par trouver un petit recoin dans cet immence aéroport ..
le début prend la forme de l’amorce difficile des longs périples nostalgiques qu’entament certains voyageurs …je préfère me concentrer sur l’émotion, tellement bavarde de ces autres hommes du voyage, qui racontent l’extrême impatience de retrouver l’autre car la destination finale de tous les voyages c’est « l’autre ».
3h du matin et l’aéroport de Dubai croule sous le clinquant habituel…7h30 ,cet autre aéroport de Doha a du mal a contenir les flots de voyageurs tellement ils y sont a l’étroit ,Washington est a portée de main , a quelques 13h de vol..lol
Ainsi va la vie des aéroports au milieu des annonces souvent inaudibles des hotesses ,le brouhaha du Duty free et les cafés au gout kilométrique..
Mon voisin dans l’avion est un homme au grand coeur ,il rentre a l’instant de Katmandou ou il a aidé a construire des maisons pour les orphelins…sa voix trahie une émotion toute fraîche…nous rions discrètement de cet autre voyageur en tenue de sport une bouteille d’Evian a la main qui expliquait a tout le monde la nécessité d’amenager une salle de gym a bord des vols long courrier… idée a creuser en tout cas…
Je regarde un premier film, puis un 2e pour finir par me réfugier dans le livre de Anouar ben Malek « O Maria » et c’est a ce moment précis que commence le vrai voyage…je reviendrai sur ce livre plus en détails.
épuisés nous arrivons enfin a destination , contrôle de douane tres fluide et le « welcome home » des officiers souriants nous déride un chouia….Re-valises et taxi a la sortie et…
Le comité d’acceuil s’appelle une lumière magnifique et un ciel limpide …Washington joue la carte de la séduction et ça lui va tellement bien …je respire a plein poumons les molécules de chlorophylles et retrouve ma maison avec beaucoup de sérénité.
Arroser les plantes , ouvrir les fenêtres ,prendre une douche, répondre au tel et récupérer le courrier en retard avant de s’écrouler avec délice ds son lit… Réveil brumeux a 4heure du matin -décalage horaire oblige-et la rédaction de ces lignes avant de retrouver encore une fois le sommeil..
Mais qu’est ce que ça serait bien de retrouver la vue sur mer de la maison d’Abou Dhabi au bout du Jardin de ma maison de Bethesda!… lol .
Alcazar…
Grisée par la magie du keyboard, je tapais frénétiquement des mots, toute sorte de mots, une façon d’habiller le vide, une façon de me perdre dans les dédales de l’absence…
La maison mauresque a la plage Saint Cloud .Annaba. Algérie.
Un immense champs de blés…
Le café Léopold du centre ville peinait a respirer sous les fortes chaleurs en ce mercredi du mois de juillet . Mon rendez-vous est un joli brin de femme avec un sourire qui fait et fera tourner la tête a plus d’un…
Grande , élancée avec une élégance naturelle ,Houda tentait de vaincre sa timidité que trahissait la délicate rougeur dont s’empourpraient ses joues… passés les premiers instants ,la promiscuité déploie ces ailes et l’exile devient déchiffrable puisqu’il parlait Algérien…
Thé glacé ,jus d’orange ,mousse au chocolat fourrée aux amandes et les rues de la capitale qui défilaient devant nous au rythme des anecdotes ..De Kouba a Bab el Oued , Alger fascinait , émerveillait et nous offrait un instant vrai.
Washington s’effaçait petit a petit pour faire place a notre lyrisme Méditerranéen quand on nous annonce une tempête imminente …Pas le temps de compter jusqu’à trois et la terrasse du café ruisselait littéralement sous l’averse précipitée et soutenue ..
Des quidams surpris par la pluie s’engouffraient par paquets entiers dans le salon de thé dans un brouhaha presque jovial , je regarde alors non sans effroi mes chaussures en daim couleur lilas de chez Heyraud ,payés a Paris l’été dernier ,la modique somme de deux cent et quelques poussieres d’euros…
En l’espace de quelques secondes notre décision était prise et nous quittons Houda et moi , le café la tête haute et les pieds merveilleusement nus. lol.
La voiture était a quelques deux cent mètres de la , j’avançais avec ma petite jupe en dentelle ,mon haut en soie et mon foulard mélange pachmina /soie, mon sac LV et surtout pieds nus sous les sourires complices et amusés que l’on me renvoyait et les « Hi » appuyés des promeneurs .
Ainsi vont les journées d’été a Washington DC entre rencontres intelligentes et promenades improvisées sous la pluie … La fantaisie s’éveille et efface majestueusement mes appréhensions de citadine et du coup mes pieds nus frôlaient avec ravissement un immense champs de blés …
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فلفل عكري…..Paprika
Washington DC , été 2012 Le grand boulevard de Georgetown , le coeur de la cité , étalait sous le soleil son trop plein de boutiques a la mode de terrasses de cafés et de restaurants… les trottoirs grouillaient de monde qui se frôlait ,se regardait et se saluait.
l’été est la ,bien la avec cette atmosphère vaporeuse, propice aux ballades et a la débauche du regard…
Je fais don au soleil de mes réflexes de citadine avertie et me laisse prendre au jeu des rues qui s’ouvraient sur d’autres ruelles donnant sur des petites allées conduisant à des petits accès…
la vielle ville se montrait du coup plus bavarde et me livrait ses petits jardins…véritables petites parcelles du désir a l’image de ce carré de tournesols dorés qui caressaient du regard la rivière du Potomac. Plus loin, deux chaises ,une table et un vélo complétaient ce tableau bucolique ,inattendu et surtout inédit.
Le passage initiatique promettait ainsi plus d’une surprise et il aurait été dommage de s’arrêter a la première gare.
je choisis donc la magie, son pari difficile et pousse la quête sur cette ligne du coeur jusqu’à la porte de la coquette enseigne « Spices and Teas » et c’est comme si je pénétrais le monde des mythes..
Le temps s’arrête et je me retrouve en conversation avec mes sens, les effluves de lavande, le jasmin, le thé blanc a la rose, les herbes de provence , la citronnelle , la muscade, la Menthe, l’anis, le cumin , la cardamome … Autant de parfums qui vous enivrent et vous plongent dans une sorte d’ atmosphère lyrique.. Nous sommes décidément dans l’ordre du désir.
je plonge mon nez dans les bocaux et respire un monde suave et caréssant …
le monde entier s’est donné rendez-vous dans ce palais enchanté et je caresse du doigt la poudre veloutée de » rass al hanout » et cette autre flamboyante du » felfel aakri ».
les distances s’effacent et je suis sur le seuil de toutes les casbahs d’Algérie et recouvre ainsi d’une épice a l’autre mon identité culinaire et cela me fait vivre et cela me fait vibrer.
Femmes Algeriennes dans leurs appartements…
Ce n’était pas tout a fait la nuit mais le soleil s’était retiré depuis un moment deja et sous cette lumière bleuâtre et fragile je voyais la silhouette qui remontait la rue .
On apercevait au départ le corps drapé de voile blanc, léger et surtout précieux car tissé de soie pure et rayé de fils d’or et d’argent .
Puis me parvenait Le bruit des talons claquants et urbains…des sons auxquels j’étais habitue car il s’agissait des notes de la médina .
le haik laissait deviner les épaules fragiles, la taille fine et l’ondulation du corps racontant une grâce millénaire qui remonterait jusqu’au porte d’Istanbul….
la voilette courte en dentelle ne laissait voir du visage que les yeux d’un noir profond au regard caressant … le mouvement des lourds cils noirs et recourbés soulignait délicieusement cette intensité unique et dangereusement bouleversante.
A défaut de voir le visage on glisse vers les jambes galbées et marbrées que laissait entrevoir la fente du serouel Algerois ..le contact de l’étoffe avec la peau noyait la silhouette dans une douce mélodie de froufrous soyeux..
Volupté , désir, beauté , féminité, raffinement sobriété autant de respirations pour raconter l’Algérienne en haik qui venait tous les soirs chatouiller mes rêves …ceux d’une petite fille en plein balbutiements » chrysalides ».
L’Algerie,une prière …
Washington DC,dimanche 2juillet,16h et c’est le début du pèlerinage…C’est aussi l’impact de millions d’histoires que l’on nous a raconté 50ans durant.
Certes nous n’avons pas un vocabulaire commun pour décrire cette histoire d’amour plus réel que le réel…Nous sommes assurément devant le témoignage d’une vie.
« Kassaman »made in USA:
L’image de départ est une chorale …Lina,Yannis,Adam,Khalil,Idhir,Nesma,Mimi,Sarah sont de ceux qui ont choisis d’écrire l’histoire de l’Algérie 2012 avec la voix.La plupart d’entre eux ne connaissent pas l’Algérie ou vaguement mais lorsqu’ils entonnèrent en coeur l’hymne national Algérien, la passion s’est littéralement intensifié jusqu’au sublime.
Dites le en dansant:
Le tempo est quelque chose d’inexplicable et quand l’audace et la liberté s’y mêlent cela donne de véritables portraits vivants d’Algeriens haussant haut les couleurs de la Kabylie,des Aures,de l’Oranie ,du Hoggar ,du centre et de l’est… la danse était l’ultime cri d’amour lancé a la terre de ses ancêtres…Le defis etait de taille mais ce serait sans compter sur la grâce et l’art du sillage …le coeur des jeunes Algeriens a fait la différence ce soir .Bravo les Artistes.
L’Algérie, une prière:
Évoquer l’Algérie pour tous ces visages présents lors de cette soirée n’étaient pas seulement la narration d’une histoire d’amour vécue. La quête de ce soir vous l’aurez compris et celle de pouvoir retrouver sa terre natale et de toucher la note de fond et c’est encore plus vaste.
PS:
Merci a tous ceux qui ont permis de concrétiser le reve.cheers.
