Elle avait une robe noire et ses cheveux blonds ,presque blancs dénotaient drôlement avec le reste. Elle jouait »what a wonderfull World » sur une harpe… Le voyage a » l’Hotel Emirates Place » passe par cette errance sonore.
Passé ,présent ,réel et imaginaire ne font qu’un et l’exaltation se décline en une déferlante de luxe,d’extravagance presque naturelle pour les lieux…
Cette histoire de bouche et d’intimité ,je voudrai la commencer par un délicieux gâteau noix caramel couvert d’une fine feuille d’or 24 carats…c’est ce que nous appelons rentrer dans une communauté ..lol .
Tout en buvant le café doux et aromatique , je tentais de deviner l’état d’âme de la citée en observant le travail plastique des artisans venus d’un peu partout ..Hors ces murs c’est le début d’une histoire de fous: celle d’un désert de béton ou comment réinventer son destin…enfin, c’est selon.
Les frontières architecturales de nos jours semblent être si floues d’un continent a un autre qu’il nous est difficile de comprendre dans quel monde nous sommes..La globalisation de la pierre s’avère être désormais un ennemi et non des moindres de « l’ivresse nomade » tant promise par les brochures touristiques .
Archives de Tag: Latifa Kharrat
Chronique d’une derive douce…
Polaroid…
Neuf heure du matin ,une journee commence….A priori il n’y a pas une grande difference: se réveiller,mettre la radio, prendre une douche,vérifier le courrier, s’habiller ,monter dans la voiture,faire attention au feu ….Non il n’y a aucun revirement jusqu’au moment ou je pousse la porte du nouveau café du centre ville « Paul » .
la ville apparaît un cran en dessous et c’est week-end,du moins pour moi..Et puis il y a du soleil et le soleil c’est cadeau…

Café noir,viennoiseries,cliquetis des cuillères dans les tasses… le fleuve Potomac n’est pas loin et les fleuves sont toujours porteur d’histoires surprenantes .
Elle est arrivée très en retard,un peu essoufflée, des cheveux blonds très courts,plutôt jeune,une robe portefeuille en lin et des sandales hautes en cuir naturel…elle sort deux téléphones portables de son grand sac ainsi qu’un Ipad Elle se laisse tomber sur la chaise non sans se confondre en excuses.
Il ne répond pas et se contente de faire signe à la serveuse… Ils se regardent et commencent a manger en silence.
Lui, la quarantaine largement entamée,cheveux grisonnants et une peau hâlée par le soleil . Ses gestes sont précis et une certaine élégance dans sa manière de couper le croissant.
je redemande un thé cette fois en plus d’un assortiment de macarons et me laisse aller au mode de l’atelier intime devant ce chapitre inédit et délectable qui se joue a deux.
j’opte pour un angle ample,généreux et plein de grains qui fait lever en moi un infini de visages,de gestes et de voix…
La littérature permet l’exagération et c’est tant mieux car cela m’évitera de me brouiller avec ma journée.
D’ici et d’ailleurs…
La terre de Yixing est un matériau incomparable. Son extraordinaire porosité fait dire en CHINE qu’une théière en terre de Yixing « sucre le thé ». En effet, en préparant régulièrement une même gamme de thé dans votre théière, vous améliorerez nettement la qualité de l’infusion. Votre théière s’ imprégnera progressivement des parfums de vos thés favoris et les restituera en arrondissant vos infusions.
Un tableau, une tonalite…
Re- New York et re-Manhattan…33 étage de l’hôtel inter continental..Je fixe la rivière Hudson et ses bleus qui alternent avec d’étranges verts .Une sorte de voix qui raconte l’extravagance de « the city » , Une maniere de bouger le corps et de s’exprimer …c’est très puissant et cela veut dire forcement quelque chose…
Le lobby,le jardin Japonais et les touristes très « business class » …un peu plus loin dans le lounge on trinque a la sante du printemps…
On me sourit de part et d’autre ,j’essaye de rendre la politesse un peu éberluée par cet éclat de couleurs ,de voix et de mouvements dans la rue..Le monde entier s’est donné rendez- vous a Soho en ce weekend du mois de mai..
Des touristes ,encore eux ,mitraillent de leur flash les agents du FBI qui ont bloqué une rue .
Non ce n’est pas le tournage d’une série a la mode mais il s’agit d’une enquête sur une double affaire saugrenue de kidnapping et de meurtre.
Grrrrrrrrr, ce n’est décidément pas dans l’esprit de ma flânerie qui porte essentiellement sur le gout pour la poésie .je m’éloigne au plus vite en suivant les rayons du soleil dans une tentative de trouver la tonalité du tableau..
Soho se « francise » a une grande vitesse…On varie et le tempo et le timbre et Les enseignes se disputent les noms de Loulou, Kiki de Montparnasse et autres frivolités du genre .
Le poème, m’a-t-on dit , n’a pas boudé cette distraction : il a traversé la limite de la géographie avec panache et s’est drapé tantôt de ballots asiatiques,tantôt de notes made in » Moulin rouge » .
A New York , je ne m’aperçois de rien; et je le dis lentement, répétant à voix basse toutes ses contradictions.
Recit nomade…
Qu’est ce qui serait plus bavard qu’une porte fermée? un livre , un miroir?.
Que devient le récit quand ces trois éléments se donnent rendez-vous au même endroit?
Des mots sur des pages ou des mots en images et des mots qui se tapissent derrière des portes closes…Les maisons sont ainsi faites avec beaucoup de mots, des silences volontaires et d’autres imposés …. Une sorte d’éloges des vagabonde a n’en plus finir…
Tous les matins en ouvrant la porte de ma chambre j’ai le sentiment d’écrire une histoire nouvelle qui enrichira a la tombée du jour la collection de livres qui ornent les étagères.
Au fil de l’Histoire nous pouvons ainsi voir que ce nouveau commencement était « nous » et lorsque la lumière du jour se transforme en obscurité nocturne,c’est aussi et toujours » nous ».
Autofiction , littérature du nombrilisme ou rentrer de plein pied dans le grand bazar … Ce nomadisme du récit est quelque part la face ludique et puérile de la vie…
L’excentrique Japon…
Que faire a Washington DC un vendredi par temps gris et froid ? Rien de mieux que de se laisser aller au récit de voyage de 30 rouleaux de peintures d’oiseaux et de fleurs par Ito Jakuchu , intitulé royaume des êtres vivants ( 1757-1766) .
Ces rouleaux sont exposés aux États-Unis , pour la première fois après 6 années de long et minutieux travail de restauration a la maison impérial du Japon.
« Realm coloré » se présente donc comme la plus dynamique et la plus complète expression du monde naturel dans l’ensemble de l’art japonais.
Synthèse de nombreuses traditions de l’Asie orientale de la peinture des oiseaux et des fleurs, l’ensemble représente chacun de ses 30 sujets en détail merveilleusement soigné ayant pour unique souci celui de transcender les apparences superficielles et de capturer l’essence vitale du cosmos .
Le plus ancien des 30 parchemins, « Pivoines et papillons », combine deux sujets qui connurent une grande popularité dans les traditions picturales Asie de l’Est.
D’une part, la fleur de pivoine qui représente la beauté féminine et la prospérité.
D’autre part son aspect complet et magnifique se prête à des associations simples avec la richesse et la bonne fortune.

Le papillon a aussi été un symbole de bon augure, même si sa popularité était également attribuable à son apparition dans l’une des paraboles les plus célèbres de la pensée chinoise au début: le rêve de Zhuangzi d’un papillon.
Selon cette parabole, le légendaire sage Zhuangzi rêve qu’il est un papillon jaune insouciant . Au réveil, toutefois, «il ne savait pas s’il était Zhuangzi qui avait rêvé qu’il était un papillon ou un papillon rêvant qu’il était Tchouang Tseu.
Pivoines et papillons suggère également l’incertitude d’un rêveur éveillé qui confond juste momentanément la rêverie à la réalité.

Ainsi se déroule le reste de l’exposition, des peintures a fleur de peau j’allais dire , une expression ultime d’un monde aérien à peine compréhensible par nous autres rustres hommes modernes..une expérience artistique , les plus intenses données à un visiteur de musée dans sa vie ..Aussi je m’arrête interdite devant l’un des rouleaux qui met en scène 60 insectes ,oui je dis bien 60 insectes.
l’artiste sur ce rouleau a particulièrement soigné l’harmonie .Ce qui suggère que le vrai sujet ici ne sont pas les insectes mais l’atmosphère conceptuel qui les enveloppait.
Le goût de l’Orient se prolonge avec une autre exposition sur l’art en extrême orient a savoir,l’Inde ,l’Iran, l’Irak et la Syrie …un foisonnement de gestes millénaires qui ne cessent de raconter l’humain et sa réinvention quasi permanente de la vie.
1eTableau
Pivoines et papillons, couleurs sur soie 142 x 79,8 cm. © Sannomaru Shōzōkan (Musée des collections impériales), Bureau de la Maison impériale, Tokyo.
2eTableau:
Canards mandarins sous la neige, couleurs sur soie 142 x 79,8 cm. © Sannomaru Shōzōkan (Musée des collections impériales), Bureau de la Maison impériale, Tokyo.
3e Tableau:
Fleurs de pêcher et oisillons, couleurs sur soie 142,6 x 79,4 cm. © Sannomaru Shōzōkan (Musée des collections impériales), Bureau de la Maison impériale, Tokyo
Sous toutes les coutures du Serouel…
Au début nous citerons le célèbre tableau du peintre orientaliste Eugène Delacroix » Femmes d’Alger dans leur appartement » …Le Serouel féminin Algérien sera mis ainsi en avant dans de nombreuses autres toiles pour intégrer par la suite les vitrines occidentales, et orientaliser les podiums des capitales de la mode avec au tout debut le couturier Paul Poiret qui donna en 1911 une fête persanes où les femmes portaient des serouels .
En Algérie ,la Mecque du serouel ,ce pantalon en toile, bouffant, à entrejambes basse est porté traditionnellement par les deux sexes .
La femme Algéroise connue pour son élégance et son raffinement déclinera l’habit en plusieurs formes dont:
» Serouel al chelka » qui est la version « maison » du serouel Algérois.
Il est plus léger et de ce fait plus pratique pour les taches quotidiennes, plié des deux cotés a mi jambes pour faciliter le mouvement et accélérer la marche,pour s’asseoir plus facilement également d’où son autre appellation « serouel el qaada ».
« Le Serouel al mdawer « quant a lui est plus bombé et un chouia contraignant.
Il était fait pour sortir, d’où son appellation : »serwal zenqa » et se faisait avec 8-10 mètres de tissu .
Ce prélude m’amènera a ma ballade le jeudi dernier dans – New York- et ma rencontre foudroyante avec un serouel très proche de ce que nous faisons chez nous…En fait il s’agit d’une mixture fort réussie de la version masculine et cette autre féminine de notre habit traditionnel .
La célèbre enseigne New -yorkaise « JNBY » le décline donc en trois colories -noir ,chocolat et indigo- sous le label très fashion de » Harem Pants » autrement dit « pantalons de Harem » . J’applaudis fortement le choix des matière et ce clin d’oeil haute couture qui consiste en un élégant petit bouton rajouté aux niveau des poches.
Comment? vous voulez connaître le prix?
Heu,quelques 175$ hors taxe mais comme dirait l’autre ,vous le valez bien…
Cheers ou plutôt bsahetkoum pour rester dans les tons Algeriens. lol.
New York au lointain parfum d’Algerie…
New York, Soho 18h30 et » Spring street » s’étire langoureusement sous les caresses des derniers rayons du soleil….le printemps était doublement au rendez-vous et nous comptions Lydia et moi en profiter ..
Nous poussons, au bout d’une heure de ballade dans le quartier ,non sans un certain plaisir la porte du Restaurant -bistrot » Balthazar » et New York s’éclipse discrètement pour laisser place a Paris :
Les immenses glaces accrochées aux murs ,les tables pour deux personnes ,très bistrots années 30, le coin pain frais, la cave a vin sur les murs, les serveurs avec leurs longs tabliers noirs, les menus imprimés avec ce caractère très frenchi aux titres alléchants…les banquettes dans le fond de la salle et les serveurs aux petits soins -la c’est décidément la seule note Américaine .lol -. nous transportent dans une espèce de voyage hors temps et hors géographie.
Mes voisins de table a gauches parlaient un anglais au fort accent British et ceux de droite, une famille avec 3 grands enfants , conversaient dans une langue que je ne connaissais pas. Des touristes sûrement vu que la maman portait un collier en perle et un lourd bracelet en or …Non pas que les Américaines ne sont pas chics mais il n’était que 18h30 tout de même…
A deux reprises on vient me demander si je voulais changer de table vu que nous étions un chouia a l’étroit…Avant de passer commande un monsieur très distingué dans son costume bleu nuit s’approche de notre table pour vérifier pour la énième fois si tout allait bien . le reste du dîner se déroulait plutôt agréablement et Lydia me parlait par menu détails de sa vie estudiantine au milieu des cliquetis des couverts et des effluves délicats qui nous parvenaient des assiettes…Vient le moment de se poudrer le nez et de passer au cabinet d’aisance – J’essaye d’adapter mon vocabulaire au décors ambiant .lol
Je descends donc les escaliers en bois sombre et cossu et je tombe sur deux « molosses » en habits noirs entrain de pester sur les clients et déplorant le cote pingre de certains, le tout était dit en français a l’accent Africain….Monsieur et Madame « pipi » se ressaisissent et tentent de reprendre figure accueillante…A la sortie je fais remarquer a la Dame- qui semblait réclamer son dû – que ce n’était pas agréable de l’entendre descendre ainsi et avec tant de véhémence les clients dont je fais partie ..Elle me lance en guise de réponse un regard foudroyant et se retient péniblement de m’en envoyer une..lol.. Sur ce je cours retrouver refuge auprès de Lydia dans la salle en haut et faire le plein de son sourire radieux…
Le dessert s’avère au dessus de toute attente et signe ainsi le caractère très convivial et tre pro du restaurant .
Après avoir réglé la note, le Monsieur au costume foncé et au grain de beauté au coin de la lèvre ,revient nous voir arborant un sourire radieux et nous prie de revenir au Balthazar soon …
je découvre que le dessert est offert par la maison et par la même que »Kouider » le monsieur au costume sombre, était un Algérien de ‘France » ,installé a New York depuis 98…et bla,bla,bla…Kouider scelle nos origines communes avec un « Hamdoullah » prononcé a L’Algérienne et je promis de revenir « soon » avec ma fille a la rue du printemps goûter encore une fois aux délices du Blatahazar » au lointain parfum d’Algérie…



