Tu te réveilles le matin et tu prends conscience que tu es en vacance…Tu te détends et tu te concentres sur ton plateau du petit déjeuner version soleil…jus de fruit ,des tranches de melon ,un pot de miel,du beurre allégée-lol- la corbeille de viennoiseries qui ignore royalement le régime suivi religieusement tout au long de l’année,une Une théière embaumant le parfum delicat de la fleur d’orchidée et petit a petit le monde qui t’entoure s’estompe…
De l’autre cote les postes de télé continuent a parler de désastre planétaire ,les taxieurs bravent les limitations de vitesses et les patrons de tous bords font semblant de travailler ,l’oreille collée en permanence a leurs téléphones.
Face a la piscine tu prends la position la plus confortable qu’importe si c’est sur un transat ,sur une serviette a même la terre ou sur une chaise longue ..Tu te laisses aller au doux bruit que fait l’eau et a cet ultime tableau de mosaïque bleu qui tapisse le fond de la piscine….Tu allonges les jambes que tu ne sens plus tellement elles sont légeres sans chaussettes ni chaussures lacées… Vêtu du simple maillot de bain tu te dis comment as-tu pu vivre jusque la avec toutes ces couches de pulls , bonnets,gants ,manteaux et tu étouffes sous leurs poids rien qu’en y pensant…la brise soulève les mèches de tes cheveux et tu te laisses aller a cette délicieuse sensation de légèreté…
Tu reviens a l’eau et tu repenses sérieusement a l’idée que le corps humain est composé de près des 2/3 d’eau.Du coup la communion est totale avec le bassin qui s’étend sous tes pieds .
Ton émotion est a l’extrême ..que dis-je tu nages -pour rester synchrone avec l’eau- tu nages donc dans le nirvana a l’idée de découvrir a l’instant le sens de ta vie: Tu es fait de liquide et c’est dans le liquide que tu retrouveras ton âme .
Tu jubiles et tu cherches a partager ton extase , tu lèves les yeux et…
Devant toi ,sur cet immeuble de 74 étages, 3 a 4 silhouettes fragiles a peine visibles… des travailleurs que l’on défini comme « laveurs de carreaux » ,s’adonnaient a la tache …lourdement vêtus,dangereusement soutenus par d’hypothétiques fils même s’ils sont en acier sous un soleil de plomb de 45 degres …
Secoué et assez gêné ,tu ne sais pas quoi penser au début…. Effrayé dans un second temps tu te refugies dans les lois de l’offre et la demande et les théories , les plus vils, du marché du travail pour ensuite te barricader dans ton obsessionnelle idée « refuge »: Tu es en vacance et mieux vaut ne penser a rien d’autre.
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Tu…
Chronique d’une derive douce…
Elle avait une robe noire et ses cheveux blonds ,presque blancs dénotaient drôlement avec le reste. Elle jouait »what a wonderfull World » sur une harpe… Le voyage a » l’Hotel Emirates Place » passe par cette errance sonore.
Passé ,présent ,réel et imaginaire ne font qu’un et l’exaltation se décline en une déferlante de luxe,d’extravagance presque naturelle pour les lieux…
Cette histoire de bouche et d’intimité ,je voudrai la commencer par un délicieux gâteau noix caramel couvert d’une fine feuille d’or 24 carats…c’est ce que nous appelons rentrer dans une communauté ..lol .
Tout en buvant le café doux et aromatique , je tentais de deviner l’état d’âme de la citée en observant le travail plastique des artisans venus d’un peu partout ..Hors ces murs c’est le début d’une histoire de fous: celle d’un désert de béton ou comment réinventer son destin…enfin, c’est selon.
Les frontières architecturales de nos jours semblent être si floues d’un continent a un autre qu’il nous est difficile de comprendre dans quel monde nous sommes..La globalisation de la pierre s’avère être désormais un ennemi et non des moindres de « l’ivresse nomade » tant promise par les brochures touristiques .
Polaroid…
Neuf heure du matin ,une journee commence….A priori il n’y a pas une grande difference: se réveiller,mettre la radio, prendre une douche,vérifier le courrier, s’habiller ,monter dans la voiture,faire attention au feu ….Non il n’y a aucun revirement jusqu’au moment ou je pousse la porte du nouveau café du centre ville « Paul » .
la ville apparaît un cran en dessous et c’est week-end,du moins pour moi..Et puis il y a du soleil et le soleil c’est cadeau…

Café noir,viennoiseries,cliquetis des cuillères dans les tasses… le fleuve Potomac n’est pas loin et les fleuves sont toujours porteur d’histoires surprenantes .
Elle est arrivée très en retard,un peu essoufflée, des cheveux blonds très courts,plutôt jeune,une robe portefeuille en lin et des sandales hautes en cuir naturel…elle sort deux téléphones portables de son grand sac ainsi qu’un Ipad Elle se laisse tomber sur la chaise non sans se confondre en excuses.
Il ne répond pas et se contente de faire signe à la serveuse… Ils se regardent et commencent a manger en silence.
Lui, la quarantaine largement entamée,cheveux grisonnants et une peau hâlée par le soleil . Ses gestes sont précis et une certaine élégance dans sa manière de couper le croissant.
je redemande un thé cette fois en plus d’un assortiment de macarons et me laisse aller au mode de l’atelier intime devant ce chapitre inédit et délectable qui se joue a deux.
j’opte pour un angle ample,généreux et plein de grains qui fait lever en moi un infini de visages,de gestes et de voix…
La littérature permet l’exagération et c’est tant mieux car cela m’évitera de me brouiller avec ma journée.
Un tableau, une tonalite…
Re- New York et re-Manhattan…33 étage de l’hôtel inter continental..Je fixe la rivière Hudson et ses bleus qui alternent avec d’étranges verts .Une sorte de voix qui raconte l’extravagance de « the city » , Une maniere de bouger le corps et de s’exprimer …c’est très puissant et cela veut dire forcement quelque chose…
Le lobby,le jardin Japonais et les touristes très « business class » …un peu plus loin dans le lounge on trinque a la sante du printemps…
On me sourit de part et d’autre ,j’essaye de rendre la politesse un peu éberluée par cet éclat de couleurs ,de voix et de mouvements dans la rue..Le monde entier s’est donné rendez- vous a Soho en ce weekend du mois de mai..
Des touristes ,encore eux ,mitraillent de leur flash les agents du FBI qui ont bloqué une rue .
Non ce n’est pas le tournage d’une série a la mode mais il s’agit d’une enquête sur une double affaire saugrenue de kidnapping et de meurtre.
Grrrrrrrrr, ce n’est décidément pas dans l’esprit de ma flânerie qui porte essentiellement sur le gout pour la poésie .je m’éloigne au plus vite en suivant les rayons du soleil dans une tentative de trouver la tonalité du tableau..
Soho se « francise » a une grande vitesse…On varie et le tempo et le timbre et Les enseignes se disputent les noms de Loulou, Kiki de Montparnasse et autres frivolités du genre .
Le poème, m’a-t-on dit , n’a pas boudé cette distraction : il a traversé la limite de la géographie avec panache et s’est drapé tantôt de ballots asiatiques,tantôt de notes made in » Moulin rouge » .
A New York , je ne m’aperçois de rien; et je le dis lentement, répétant à voix basse toutes ses contradictions.
Recit nomade…
Qu’est ce qui serait plus bavard qu’une porte fermée? un livre , un miroir?.
Que devient le récit quand ces trois éléments se donnent rendez-vous au même endroit?
Des mots sur des pages ou des mots en images et des mots qui se tapissent derrière des portes closes…Les maisons sont ainsi faites avec beaucoup de mots, des silences volontaires et d’autres imposés …. Une sorte d’éloges des vagabonde a n’en plus finir…
Tous les matins en ouvrant la porte de ma chambre j’ai le sentiment d’écrire une histoire nouvelle qui enrichira a la tombée du jour la collection de livres qui ornent les étagères.
Au fil de l’Histoire nous pouvons ainsi voir que ce nouveau commencement était « nous » et lorsque la lumière du jour se transforme en obscurité nocturne,c’est aussi et toujours » nous ».
Autofiction , littérature du nombrilisme ou rentrer de plein pied dans le grand bazar … Ce nomadisme du récit est quelque part la face ludique et puérile de la vie…
New York au lointain parfum d’Algerie…
New York, Soho 18h30 et » Spring street » s’étire langoureusement sous les caresses des derniers rayons du soleil….le printemps était doublement au rendez-vous et nous comptions Lydia et moi en profiter ..
Nous poussons, au bout d’une heure de ballade dans le quartier ,non sans un certain plaisir la porte du Restaurant -bistrot » Balthazar » et New York s’éclipse discrètement pour laisser place a Paris :
Les immenses glaces accrochées aux murs ,les tables pour deux personnes ,très bistrots années 30, le coin pain frais, la cave a vin sur les murs, les serveurs avec leurs longs tabliers noirs, les menus imprimés avec ce caractère très frenchi aux titres alléchants…les banquettes dans le fond de la salle et les serveurs aux petits soins -la c’est décidément la seule note Américaine .lol -. nous transportent dans une espèce de voyage hors temps et hors géographie.
Mes voisins de table a gauches parlaient un anglais au fort accent British et ceux de droite, une famille avec 3 grands enfants , conversaient dans une langue que je ne connaissais pas. Des touristes sûrement vu que la maman portait un collier en perle et un lourd bracelet en or …Non pas que les Américaines ne sont pas chics mais il n’était que 18h30 tout de même…
A deux reprises on vient me demander si je voulais changer de table vu que nous étions un chouia a l’étroit…Avant de passer commande un monsieur très distingué dans son costume bleu nuit s’approche de notre table pour vérifier pour la énième fois si tout allait bien . le reste du dîner se déroulait plutôt agréablement et Lydia me parlait par menu détails de sa vie estudiantine au milieu des cliquetis des couverts et des effluves délicats qui nous parvenaient des assiettes…Vient le moment de se poudrer le nez et de passer au cabinet d’aisance – J’essaye d’adapter mon vocabulaire au décors ambiant .lol
Je descends donc les escaliers en bois sombre et cossu et je tombe sur deux « molosses » en habits noirs entrain de pester sur les clients et déplorant le cote pingre de certains, le tout était dit en français a l’accent Africain….Monsieur et Madame « pipi » se ressaisissent et tentent de reprendre figure accueillante…A la sortie je fais remarquer a la Dame- qui semblait réclamer son dû – que ce n’était pas agréable de l’entendre descendre ainsi et avec tant de véhémence les clients dont je fais partie ..Elle me lance en guise de réponse un regard foudroyant et se retient péniblement de m’en envoyer une..lol.. Sur ce je cours retrouver refuge auprès de Lydia dans la salle en haut et faire le plein de son sourire radieux…
Le dessert s’avère au dessus de toute attente et signe ainsi le caractère très convivial et tre pro du restaurant .
Après avoir réglé la note, le Monsieur au costume foncé et au grain de beauté au coin de la lèvre ,revient nous voir arborant un sourire radieux et nous prie de revenir au Balthazar soon …
je découvre que le dessert est offert par la maison et par la même que »Kouider » le monsieur au costume sombre, était un Algérien de ‘France » ,installé a New York depuis 98…et bla,bla,bla…Kouider scelle nos origines communes avec un « Hamdoullah » prononcé a L’Algérienne et je promis de revenir « soon » avec ma fille a la rue du printemps goûter encore une fois aux délices du Blatahazar » au lointain parfum d’Algérie…
Ecriture et objets…
Pourrions-nous écrire, créer ou même simplement vivre sans le regard de ces objets sans usages, qui peuplent nos lieux de vie ? Sont-ils des voix, d’ancêtres ou du passé? Des images ou des fantômes, des reproches ou des regrets ? Eux qui me survivront, m’enterrent-ils ? Ou me donnent-ils, avec la direction, le courage de la suivre ? Quels sont vos objets fétiches, comme les dieux ou les démons qui veillent sur votre bureau ?
A titre d’exemple d’intime et de sacré, voici le bureau de George Sand, vu par Ella Balaert :
« J’entre dans le bureau de Sand. Elle est assise sur une simple chaise héritée de son père, penchée sur sa feuille. Sa main trempe régulièrement la plume dans un encrier de faïence blanche. À portée de main, sur les trois tablettes d’un bureau long de plus de deux mètres, deux boîtes : dans l’une, une pile de pages blanches; dans l’autre, des cigarettes[1]. Quelques souvenirs aussi, un jouet de Jeanne, sa petite fille morte, un éléphant de porcelaine, quelques échantillons minéralogiques. Un petit pot fait office de cendrier : Sand y éteint ses mégots dans l’eau. Pas d’autres excitants, depuis toujours, que le tabac et le café noir sans sucre – ni opium, ni alcool, passé le verre de lait et la limonade des premières années.»
D’apres:Jean-Paul Galibert.
Tourner rond…
Au commencement ,il y avait une table ronde en bois brun avec un seul pied joliment travaillé .
Et depuis ,c’est très souvent des tables rondes avec 4 chaises…. on a rêvé, On a ri, on a mangé et parfois même grimacé autours de ces tables toujours semblables quelque soit la géographie et quelque soit le temps…Il y a les albums photos,les draps, les napperons,les livres, les bouteilles de parfums, les bibelots et la table ronde ….
Ma vie tourne inconsciemment autour de ces tables aux courbes gracieuses et fluides .
Certains y voient un symbole de paix et d’égalité, car il ne peut y avoir de préséance autour d’une table ronde tandis-que d’autres rappellent l’idée « d’horometrie » des philosophes grecs qui expliquent que puisque le cercle n’a ni début ni fin ,il rend donc possible l’idée de l’infini et de la permanence qui s’accorde parfaitement avec le déplacement des astres… .C’est donc le symbole du temps et du ciel par ce mouvement circulaire implacable et immuable qui avance sans fin et sans jamais varier.
En terme d’architecture on ne trouve pas le cercle chez les chrétiens ou les juifs mais chez les byzantins. Il est à l’origine des coupoles qui symbolisent la voûte céleste, encore un cercle.
Pour l’Islam, le cercle est la forme parfaite et est symbolisée par la forme de la bouche.
Pourquoi j’en parle ?
C’est en plein milieu d’après -midi que j’ai eu cette vision,aujourd’hui même, d’une table ronde dans une maison toute neuve loin très loin ,quelque part a Abu Dhabi.

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