
La solitude est un silence bleu, un luxe dans l’urbanité fouineuse, inquisitrice, creuse par moments, pas assez pleine a d’autres, alors, rarement comme nous l’aurions voulu.
Dans une autre vie, les éclats, les fulgurances, les éblouissements seront exclusivement bleus.
le corps, l’âme, les rencontres avec, contre et malgré l’autre n’obéiront plus a l’ordre humain mais a ce quelque chose d’imperceptible situé juste en dessous du divin et a hauteur du surhumain.
Point de bascule.
Les matins fériés sont un vaste champs des temporalités plurielles.
– Tu prendrais un café, dis?
– Accompagneras-tu les enfants au cinéma?
– Tu n’oublieras pas de te raser,hein?
– Tu nous fais ton moelleux au chocolat?
– Tu me manques, tu es beau, tu es belle, tu m’énerves.
Bleu.
Bleu se dit : »Des lèvres bleues de froid » ou « le noyé était tout bleu ».
C’est a ne plus se penser qu’en blabla bleu dans le vaste labyrinthe du peuplement pourtant la mer est parfaitement bleue puis le ciel est bleu sans nuage.
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Oncques…
Les temporalités meurtrières…
Ecrire dans l’anguleux , le sombre, le rugueux , n’est pas écrire.
C’est se tenir sur un pont jeté sur l’improbabilité de notre monde au milieux d’hordes humaines compactes, déformées, mutilées et cruellement tailladées jusqu’a dans la peau de la peau.
De l’extrême orient jusqu’aux rives du vieux continent la degeometrisation du temps ne se fait que par le malheur. Le triomphe est, désormais, du cote de la nature artificieuse, de l’inconsistant, du manque de perspective, du recroquevillement sur le désenchantement.
Ces croisades froides, meurtrières, déterministes, déterminantes ne cesseront de glisser dangereusement, méthodiquement , pernicieusement dans nos têtes afin de nous extirper et de manière irrémédiable du grand roman originel.
Nos malédictions dévoilent et par vague entière les nouveaux apatrides de l’imaginaire: la légèreté, le solaire, le céleste le translucides plieront et très vite sous la ténacité de l’inobservance.
Ecrire, cette forme du devenir, perd jusqu’à sa raison d’être puisque l’humain n’est plus l’humain mais juste un réfugié du tout de suite et du maintenant.

Incartade…
La file de voitures serpenterait par-devant pour au moins deux kilomètres.
les écrans électroniques géants annonçaient un ralenti de 30mn et dans la foulée des numéros a appeler en cas d’urgence, la ceinture de sécurité qu’il fallait garder attachée sous peine d’une amende de 250$ mais point d’indemnisation pour chamboulement avec préméditation de notre agenda post-bureau.
En citadins accomplis, on patiente dans sa voiture malgré la fatigue, l’agacement mais surtout le retard annoncé sur les courses du soir, le repas, la collecte des enfants.
Bref, les sirènes des pompiers déployaient une urbanité grinçante et le prélude d’une soirée ruinée, la notre en l’occurrence.
Soit, nous prenons notre mal en patience, on phone,on SMS, on consulte nos boites mail. Puis un mouvement dans le rétroviseur ,changement de programme, les voitures, celles a l’arrière, commencèrent a reculer sur la droite pour emprunter la première sortie .
Magie.
Des jardins en guise de ville ou comment la ville s’efface t-elle devant les jardins? Qu’importe la manœuvre du moment que la poésie est au rendez-vous.
Je décide de prendre mon temps, stationne et longe le paradis.
Changer d’itinéraire vers 18 heure du cote de Washington DC Ouest s’avérera la plus brillante incartade du mois, la preuve.
le deuxième temps…
Clic du téléphone, les accords s’embrouillent, la valse ne reprend pas à l’identique. 
Photo de Lydia Chebbine.
Jefferson memorial.Washington DC.September 2015.
Un agenda qui prétend…
Une femme se tient devant sa fenêtre. Il y a toujours une vitre dans ces cas la. Elle appuie le front contre la surface froide en activant la touche rewind.
Au seuil du monde, les chemises en lin blanc impeccablement repassées soulignaient avec une pointe d’insistance les peaux étonnement dorées. Les sourires n’étaient pas forcement sincères et les bouches de toutes ces mondaines,minutieusement tracées au rouge écarlate de Dior, se contractaient en dessinant des « Ohhhh » savamment dosés mais surtout divins que l’on suspendait juste au dessus des plats.
Exquis.
Il faut dire que l’ambassade Britannique sait y faire et quand sa majesté recevait pour le iftar c’est toutes les dunes de l’Arabie qui scintillaient jusqu’à tard, très tard dans la nuit .
Il l’a regardait un peu intrigué, beaucoup amusé, infiniment séduit. Leur hôte, un brillant diplomate, les avait placé côte à côté. Autour de la somptueuse table s’entrechoquaient des nationalités confondues, plénipotentiaires des sphères d’intérêts encore plus confondantes, disons le.
Madame la conférencière nous viendrait de New York . Ils avaient même échangé, il y a de cela quelques mois, sur l’urgence de protéger le temple antique de Baalshamin à Palmyre. Ne pouvant assister a son exposé faute de caler la séance entre deux vols, il s’est promis de la revoir et le plus vite possible .
Au moment de servir le deuxième plat ,la voix fluette se détachait des murs et des ombres langoureuses que dessinaient les flammes des bougies embaumant le bois de santal. Elle tournoyait au dessus de leur tête avant de venir se mêler aux tintement des verres en cristal.
Et cela faisait de jolis tchin,tchin.
Et cela donnait des histoires invraisemblables.
– Ma grand- mère avait coutume de donner des soirées légendaires dans sa villa du grand Alger.
On disait que la demeure aurait appartenu a Saint-Saëns.
On disait aussi que par une fiévreuse nuit du mois d’août quelque part sur les rives de la pointe Pescade, un homme de 38 ans, d’une lucidité intacte ouvrit grand la fenêtre de sa chambre et lâcha sur la ville par poignées entières des centaines de partitions musicales. Elle s’interrompit le temps de lisser un pli sur la nappe avec le souci d’accomplir quelque chose d’éminemment important avant de continuer sur le ton de la confidence en baissant d’un cran sa voix:
-Ma grand mère, elle, n’avait de ouïe que pour la séraphique Fadela et ses noubas.
– Est- elle toujours a Alger?
– Fadela? bien sur que non. Elle décédera en 70, le jour de ma naissance. Ma grand mère y a vu un signe et m’a fait juré de laisser chanter Fadela partout ou j’irai.
Bien entendu qu’il pensait a la grand-mère, lui.
Avant le dessert ,il tremblait déjà a l’idée de ne pouvoir revoir ce petit bout de femme qui ne faisait pas de grands « Oh » mais qui semblait fragilisée par la perte de Fadela.
– J’aimerai vous revoir dans la maison de votre grand mère .
– je n’y habite plus.
Suivra un mouvement précipité de toutes les lumières traversant a l’oblique l’enfilade des vitres donnant sur le jardin de la résidence.
Généralement la douleur était trop sourde. Ramassée, la boule juste au niveau de l’estomac s’amplifiait en boursouflures qui ralentissaient dangereusement sa respiration.
Le savoir loin encore, plusieurs fois dans le mois, dans l’année, durant quelques 25 ans, elle ne s’y résignera jamais et certainement pas durant la nuit.
Le jour,elle fera comme si en peinant a défroisser les chronologies boudeuses .
La perdition, les creux, le vide, les blancs, l’incompréhension, les enfonçures se résorberont, pour un moment, sous la couverture en cuir de chèvre du mémorandum souvent trop chargé .
la modernité entière serait-elle un agenda qui prétend?
-J’ai menti, ce n’est pas seulement que je voudrai rester a tes cotés mais je le veux tellement.
C’était sa manière a lui d’annoncer les départs.
Washington DC.August 28.2015.
To be continued.

l’intercis…
Elle aimait a évoquer l’histoire de cet homme que l’on aurait aperçu entre deux portes. Plongé dans la pénombre, il tenait de sa main ferme sa gorge.
La légende ne dira pas s’il essayait de retenir ses mots ou au contraire aidait a les libérer.
Elle était folle,un peu,beaucoup, prenait souvent des postures, n’apparaissait jamais sans un livre a la main et en oubliait souvent de se nourrir mais buvait des litres d’eau tiède. Absolument tiède, disait-elle avec un sourire.
Il choisit d’obtempérer voire de composer avec ses allusions pour faire sans cesse comme si car l’envie de construire l’emportait sur le reste. Il tendit la main et poussa les persiennes qui ouvraient sur la terrasse. Le jardin était ordonné,soigné et sentait tellement bon,peut être même que Dieu habitait dans chacune des fleurs.
-J’ai menti, ce n’est pas seulement que je voudrai rester a tes cotes mais je le veux tellement.
A quoi bon raconter!
« Pourtant c’est mon ami, je savais tout de lui. Je lui disais les vers que je ne voulais pas publier. Il connaissait mon cœur. Il connaissait mon rêve. Lui seul savait l’exacte signification de mes sourires, de la fleur orpheline en haut des barricades, lui seul savait le journal qui n’acceptait pas tous mes papiers. Nous avions fredonné les mêmes chansonnettes; je chantais plus juste que lui, mais lui connaissais mieux les paroles que moi. C’était mon ami, attentif et savant. A quoi bon raconter? L’amitié est un privilège de temps de paix. »
Je t’offrirai une gazelle de Malek Haddad.
East building of the national gallery of art. Washington DC.
Friday,august 2015.
Glamoroooooooooos…
L’été par un après-midi de fin de vacances, un mur blanc pour se décentrer, s’y confondre, s’y perdre.
Rien d’autre qu’une surface plate, pas de relief ni une quelconque impression.
– Vous y voyez l’ombre d’une théorie plausible,vous?.
-Rien qu’une sorte de fugacité et même pas réfléchie.
– je crains si…
-Vous craignez l’ambiguïté en pleine blancheur?.
-Quelle est cette distraction dans laquelle vous etes,disait souvent Marguerite.
-Marguerite?.
-Ah, faudrait, surtout pas, contrarier Marguerite.

