RSS

Archives de Tag: Litterature Algerienne d’expression Française.

Elle en creve…

Cela se passait aux environs du mois de mai. Il fallait attendre 20:30 et pas une minute de plus. A l’heure ou le ciel tournait au bleu vague méditerranéenne .
Un bleu que nombre de cinéastes,écrivains,poètes et autres hurluberlus auraient tenté de reproduire sans succès .

Je reprends donc:
20:30 a l’heure ou le ciel empruntait au bleu de klein son intensité et aux perles de culture leur lustre et cela donnait un bleu klein/ perle méditerranéenne, elle
ouvrait grand les fenêtres de la chambre, libérait les voilages de leur attaches, faisait tourner le vieux pick-up et invitait la brise pour la soirée.
Ce n’était plus tout a fait une chambre mais un bateau ivre .

Mouais, c’est assez facile,sirupeux et tellement mièvre, particulièrement le pompeux « ivre »,je vous l’accorde.
Je reprends bis:
Cela se passait au mois de mai ,blablabla jusqu’au voilage tiré afin de permettre aux mouettes de prendre place dans la chambre bleutée.

Quoi? Il n’y a jamais eu de mouettes au départ?
Oh,que si et meme des goélands qui volaient au grès des bruits des vagues. Des vagues au grain serré et un point poivré que libérait le 33 tours tournant sur le vieux pick-up. Et puis il y avait le souffle enveloppant,déjà chaud du mois de mai qui entraînait le voilage des fenêtres dans un mouvement chaloupé et projetait sur les murs le plus sensuel des déhanchés nocturne.

Cela en fait du monde dis- donc,pour une chambre de ville?
Si seulement tu ne m’interrompais pas avec tes tics citadins,tes contradictions et ton non sens. Et cette terrible carence en matière de fantaisie, ce manque d’imagination…ça ne te parle pas car il est impossible de te parler de magie ,de mer dans une une ville qui n’en contient pas, d’amour, de passion ,de folie car tout cela est a l’opposé de ta vie droite comme un I. Au final,tu n’es qu’un homme moderne,sage,terne qui ne croit,ne respire et ne prie que wall street .
Oui Monsieur, je suis en colère car ta perdition urbaine me fait gerber,me désespère et nous perds. A part moi,personne dans cette maison, ne pense a mettre des pivoines dans les vases.
– Pardon?
les pivoines sont exagérément « expensive » – en anglais dans le texte- et 20$ le bouquet /semaine cela commence a bien faire ? Mon surplus d’émotivité prend trop de place,devient gênant ,déborde sur le jardin des voisins et fait de notre vie un champs de guerre?
Autant pour moi,Monsieur et tant qu’a faire faisons un movie de tout cela. Promis je te cède d’entrée les droits d’auteur ,le retour sur recette et payerai,meme,mon ticket de cinéma le jour de la projection.

Le pitch:
Une femme soupçonnait la terre de rétrécir,tout les jours, un peu plus.
Cela la mettait dans un état tel qu’elle entreprit de chercher inlassablement,poings et front serrés, chaque soir a 20:30 pile, le bruit des vagues sur… Youtube.

                                

 
1 commentaire

Publié par le 22 Mai 2015 dans A pile et face

 

Étiquettes : , , , , ,

Friday,May 08, 2015..

Processed with VSCOcam with b5 preset

Il  aimait les commencements,tout comme ces matins d’été qui sentaient le café en dedans et les pivoines en dehors.
– « Nous sommes le 8 mai,n’est ce pas?.  »
-« Effectivement mais nous sommes aux States. »
Il continuait calmement a servir le liquide brûlant dans les tasses posées sur la table dressée.Une brise arrivait par la fenêtre ouverte sur le glissement des rames du métro…A coté, une ombre,elle, passait sur les souvenances des débuts.
Le regard fixe,il se tourne, fit une brève halte sur la mer d’Alger puis revint dans la petite cuisine.
Il la regarde, ils se regardent.
Soixante dix ans,
Soixante dix ans et un 8 mai pour esquisser les prémices d’une mémoire tourmentée.
-« Pas de sucre pour moi, ce matin, merci ».
Le ciel est limpide,les voici revenus. De nouveau ils se remettent a l’heure Américaine.

 
Poster un commentaire

Publié par le 8 Mai 2015 dans A pile et face

 

Étiquettes : , , , , , ,

Scène totale…

                                                        photo (69)
La tentation d’aborder cet accordéon de lignes parfaitement parallèles,traversées  par des façades calibrées, identifiées, numérotées en faisant fi du temps,  l’amusait énormément.

 Elle plissait les yeux très souvent, peut être même trop souvent, pour accentuer  l’effet d’abstraction .
    D’un battement de cil, elle retouchait les obsessions architecturales, ourlait les  nuages
 d’un trait de lumière et enfilait les étoiles une a une sur du fil de soie. C’est vous  dire combien l’ébauche était farfelue.
Par un matin d’hiver ,il y a de cela un siècle ,le destin l’avait conduit vers New York et il ne fallait pas le contredire .

Photo de Lydia Chebbine,

 
Poster un commentaire

Publié par le 9 avril 2015 dans A pile et face

 

Étiquettes : , , , , ,

En sursis…

                                          Carte citadine.
   New York déroule ses compositions foisonnantes et un brin désordonnés .
 Des bennes a ordure pour faire le printemps, motif a controverse ou une  manière de fluidifier le jeu citadin ?.
  » Une jubilation urbaine ». répétait-il .
 Tiens,elle le regardait différemment ce matin. Il est vrai que vu sous cet angle  de lumière fragile de 07:00h du matin, il paraissait plus aérien, moins ramassé  sur lui même.
  Elle voulait ,comment dire, fixer la voix veloutée qui venait se superposer et  sur son tympan et sur le bruit de leur pas, ou le contraire d’ailleurs.
 Dans le vaste 5e avenue,deux bruits essayaient de se superposer, de se  dédoubler,de disparaître l’un dans l’autre pour n’en faire qu’un.
 Une voix en guise de pas et un pas se calant sur une voix réécrivaient par ce matin d’avril, les respirations a tout ouïe .
« Tu sais quoi ?. »
Sans attendre sa réponse ,il continuait a déclamer sa manière de penser, confortablement,la vulnérabilité de la nature.
Sa barbe naissante parsemée de poils blancs lui donnait, paradoxalement, des airs de…
 » D’adolescent. »se disait elle.
Elle essayait de se concentrer sur sa parole,cela fait quelques cinquante ans deja, qu’elle s’était laissée embarqué par ce timbre de voix tres particulier. Parier sur un tempo pour un demi siecle de vie,c’est…
-« Tres risqué comme pari pictural. » ajoutait-il en scrutant le feuillage et les fleurs agrémentant ces espèces d’immenses vases/poubelle étalés, la devant.
Elle continuait son errance mentale en silence et toujours a ses cotés, sur ce trottoirs qui longeait le Washington parc.
Elle suivait lentement l’ombre de son profile harmonieux aux traits réguliers et s’attardait sur le rivage blanc que présentaient ses tempes de jeunes quinquas.
– » Dis,te rappelles-tu de ta première expo?.
Bouleversée,c’était le mot.
Elle était, profondément bouleversée et voulait surtout l’entendre égrener le récit des vivants.
Hier en mettant de l’ordre dans le bureau ,elle était tombée et c’est peu dire, sur un rapport médical…Une sentance, tragiquement, catégorique.
Il l’avait soigneusement caché sous un fatras de postures qu’il empruntait depuis un moment.
– Votre vie est un langage,un titre tellement kitsch. lâcha t-il en riant et en pressant le pas vers…
-Un café ma chérie? tiens arrêtons nous la. »

Photo de Lydia Chebbine.

 
 

Étiquettes : , , , ,

La couleur du destin…

    Joy,Rudy,Marwan.Ahmed,Tony,Michel, autant de noms et d’interprètes pour jouer un    spectacle a scène unique. Nous parlons d’une mélodie grinçante, d’un authentique tableau  vivant, ouvrant sur un monde d’hommes qui règnent implacablement sur les temples des  plaisirs illusoires.
 Les salons de coiffures pour dames,les plus huppés de toutes les dunes avoisinantes ne  juraient que par le nom de ces dandys faussement connaisseurs et a la réputation  sulfureuse,savamment entretenue. A croire qu’ils n’ont fait que cela et ce depuis la  première aube, ordonner les dentelles et faire régner la loi du mâle sur l’être et le paraître.
 Des femmes de toutes les formes et de toutes les origines,a commencer par les  divinement pulpeuses pour arriver aux troublantes androgynes,en passant par les  déclinantes. Toutes défilaient inlassablement et immanquablement sous les mains  expertes qui redessinaient, réinterprétaient et coloriaient les ombres a coup de piquouse s’il le faut, le but étant celui de défroisser chaque millimètre du corps féminin, lisser le moindre  pli et remplir les sillons pour faire place a de pittoresques silhouettes de femmes made in  Khalidj revisité par Beyrouth.

Rewind…
Le haut couture blanc sur un pantalon capri en soie de même ton poussa d’une main précise la porte du prestigieux Hair Salon de « l’Emirats palace ».
Une galerie de glaces se faufilaient a l’infini et doublaient par effet de réflexion, le nombre de filles,toutes de type Asiatique, affairées a laver, démêler et faire sécher des extensions de cheveux, de couleurs et de longueurs différentes.
Entre le Harem et le souk se déroulait sous ses yeux un monde singulièrement étrange de la chose féminine.
Elle prit place au milieux des Abayates parfumées au bois de santal et les visages extraordinairement ourlés au botox et se rendit vite compte que le livre qu’elle avait entre les mains n’était pas la meilleure stratégie a emprunter dans cette arabesque.
-« Vous avez pris rendez-vous avec lequel de nos designers Madaaaaame? ».
L’hôtesse que nous appellerons »little marmaide » au vu de ses immenses yeux,fortement dessinés au Khol sous une lourde et longue chevelure d’un mauve surprenant pour un maximum de vingt ans sur pieds, la considéra de haut en bas puis de bas en haut avant de décider de « l’attribuer » a RoY!.
-« Vous verrez ,c’est le meilleurs de tous, Madaaaame ».
D’un geste de tête elle intima l’ordre a la shampouineuse d’apporter une boisson et d’inviter la cliente a prendre place sur l’un des fauteuils massants.

Des dunes versus pétrole…
Le jeu se jouait a trois: La cliente d’une part ,a l’évidence, un ovni avec un haut couture.
Le « designer », un entre-deux/homme avec barbe fournie et déhanché que l’on qualifiera de très technique.
En dernier, le reste d’essaim de femelles,personnages dantesques aux accents et personnalités confondus et confondants.

le descriptif s’arrêtera la,puisque l’arrière cour des palais n’avait pas grand chose a raconter hormis les intrigues de coucheries et la politesse du désespoir.
C’était un petit monde qui péchait par facilité .
Un petit monde qui vivait très insuffisamment ,faute d’intelligence.
-« C’est votre couleur naturelle,n’est ce pas Madame?. »
– » Je confirme,je ne me teins pas les cheveux. »
-« Waouh,c’est bien la première fois que cela arrive. Des cheveux sans artifices,c’est tellement rare par ici mais d’ou venez-vous? ».
Le reste de la discussion se perdra dans les vapeurs des nombreuses conversations téléphoniques des « Customers » et le bruit des sèches cheveux.

Abu Dhabi .Mars 2015.

 
Poster un commentaire

Publié par le 23 mars 2015 dans A pile et face

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Assia n’est plus.

Comme une dernière prière,
Deux messages reçus aujourd’hui,l’un a 2:30h du matin ,heure Américaine et l’autre a 16:00. Deux messages de deux amies, l’une a Paris , l’autre a Londres, rédigés en langue Française, j’allais dire dans la langue d’Assia Djebar pour dire l’amour, la douleur mais surtout l’abnégation.
Heureusement que la force des mots n’est pas une matière friable et cela permet aux écrivains de transcender le temps et la géographie.
Assia djebar comme Malek Haddad et tant d’autres n’ont pas de coordonnées temporelles et donc leur disparition n’est qu’un énième découpage scénique comme ils savent faire avec grâce.
La magie est celle de transformer la solitude qu’impose l’écriture en des moments de lumière et ça Assia sait y faire puisqu’elle a transformé notre regard apeuré sur l’existence en un récit ethnique triomphant.

A sa manière espiègle, joueuse, brillante en forçant parfois sur le « déhanché » verbal elle aura imposé avec panache, une parole feminine Algerienne et quelle parole.
Assia n’a eu de cesse de déstructurer les lignes rigides du patriarcat pour dresser a la place des ponts, consolider des digues et essaimer les paroles apaisées et apaisantes, les vraies, celles qui remettent les aiguilles de nos cheminements dans le vaste humain.
Ce soir Assia Djebar , nous dit a sa maniere qu’il est impératif d’échapper a la solitude intérieure et nous livre dans un ultime testament, les codes d’une vie hygiéniste.
Ce soir, l’idée de la femme universelle traverse le tout Cherchel jusqu’à mon éloignement Americain et les possibilités de vivre femme et Algérienne apparaissent comme une évidence.
Dors en paix l’Artiste et restons élégants-es- dans notre douleur par amour pour Assia et par respect pour son combat.

Assia Djebar.
Assia Djebar.
 

Étiquettes : , , , , ,

Solitude blanche…

Washington DC, ville blanche, le paysage se résume en deux structures symétriques glacées annulant l’effet miroir qu’offrait la surface du fleuve potomac au ciel.
L’hiver se tait et laisse place a la lumière, ma promenade, ce matin,tournera vite au rayonnement carré, fermé a toutes allégories optiques.
Le tableau grandeur nature opte pour l’absolu plat comme unique variante de perspective, une manière de souligner la solidité du cadre.
Nous assistons, en ce matin du mois de février a un cour magistral que nous donnerait Dame nature qui se se drape d’audace et décline avec une extrême  grâce l’élégance des mouvements de retrait.
Prenons en de la graine et travaillons la justesse de nos pas…Se renouveler, savoir s’éclipser mais tenir ses promesses d’émerveillement, serait, donc, l’ultime leçon de vie.

Le fleuve Potomac  Washington DC poty1 poty

 

Étiquettes : , , , , , ,

Crispation…

Samedi matin,il pleut, il fait gris et suinte le regret de l’été…Une femme,deux,quatre et une palette très variée du » moi »,du « nous » mais au fond il s’agissait surtout de l’image que chacune d’elles se faisait de sa petite romance…
Que peut-on s’accorder comme contradictions quand on « se joue » en direct?
Nous épousons les modèles,accentuons les reliefs pour arrondir les angles voire les lisser au delà des vagues fantomatiques du « plus jamais cela » ou cet autre « Ah,si je savais »…Les mots tombent par paquet pour raconter le maintenant et plus prudemment les lendemains.
Des femmes prennent la pause,se parlent en jouant les accords,les désaccords et il n’y a rien d’original a cela si ce n’est que les autoportraits « marbrés » révèlent, généralement,les solitudes orphelines.

 
Poster un commentaire

Publié par le 11 octobre 2014 dans A pile et face

 

Étiquettes : , , , , ,