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Archives de Tag: Latifa Kharrat

la seule vérité nue…

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Hommage à Aliaa Magda Elmahdy, la seule vérité nue
par Kamel Daoud. 

«Le corps n’est pas une saleté. Ce n’est pas le crime de mes parents. Ce n’est pas un fardeau. C’est ma joie, mon cosmos, mon sentier et le seul lien que j’ai avec le Dieu ou la pierre et la courbure du monde. Il est mon sens et le sens de ce qui me regarde et m’obstrue ou m’éclaire. Je ne le porte pas derrière mon dos mais devant moi comme un déchiffreur de mon souffle et de ma part du monde, sa poussière, odeurs et grains et poids. Mon corps est mon délice et ma vérité. On m’arrache la vie quand on m’arrache le corps et la vie m’est redonnée quand je rencontre l’autre en son corps, et c’est là que je donne la vie. Et c’est une longue histoire que je ne veux plus subir : l’histoire des religions de mon monde qui me disent et me répètent que mon corps est mon aveuglement et ma perte. Ma vérité est nue et visible quand mon corps n’est pas une obscurité ni une honte. Le corps est la seule divinité et éternité que je peux toucher de la main et lui donner un nom ou y arracher et y partager le mien. C’est dans le corps que je rencontre le ciel ou le perds, pas dans la prière. Je le rêve nu, fier, vigoureux, acclamé dans la performance, salué comme un bonheur et une conquête. Je le veux libre : je ne veux pas qu’il s’excuse, se cache, se plie, souffre ou s’isole ou s’enfonce ou espère autre chose que lui-même. Le corps n’est pas une nationalité mais ma seule humanité.Le corps n’est pas le lieu de vos guerres mais l’espace de mes rencontres. C’est une étreinte. Je ne suis pas l’enfant d’un fruit volé, mais le fruit lui-même. Donné et accepté. Je veux vivre libre de mon corps. Ne plus le cacher ni l’imposer, l’accepter pas accepter de m’en défaire et de le trahir. Ma nudité est ma sincérité. Ma sexualité est mon partage, pas ma honte. Et je refuse la menace de l’enfer et la promesse du paradis promis seulement après m’être débarrassée de mon corps et l’avoir trahi. Je ne le veux pas. Je suis ce que je ressens. Le sable sous la plante du pied, et vers le ciel je lève mes yeux et pas mes paumes. Je suis la moitié du monde pas son butin, sa colère, ou son angle mort ou sa basse œuvre ou sa saleté. Je veux me sentir proche du soleil, pas de la vérité. Me sentir époux et épouse de la plénitude. Pourquoi tant de haine contre mon corps ? Parce que c’est ma seule richesse face aux Dieux qui en sont pauvres et désincarnés. Je suis un corps et ils ne sont que des empires. Je suis le lieu et ils sont l’histoire. C’est ce que m’envient les anges et les diables et les règnes invisibles. Alors que je l’affirme par la peau : je suis contre toutes les religions qui veulent me voler ma naissance pour naître sur mon dos. Je ne me (le) cacherais plus. Seule la mort peut me tuer. Le reste, non, juste m’assombrir. Le corps est un cri, pas un crime, pas une croyance; un écrin, pas une croix, une crasse. C’est ma joie, ma foi. Ma résistance. Je refuse le reste. Refuse ce qu’on m’a dit sur le ciel, le livre, la honte, le sexe et l’éternité. Tout doit s’arrêter. Je dis non à tout ce qu’on m’a dit sur mon corps depuis toujours.Et j’en rêve : c’est quand le corps n’est pas une honte que la vie est une conquête, le pays une chair et la terre une maternité que l’on sent dans la paume et le poumon et le manque en soi. C’est ainsi. J’aime les anciennes religions du corps et du soleil. Celles qu’on a tuées par la culpabilité et l’abstinence et le gémissement morbide. Le paradis est dans mes sens pas dans la mort. Et même pour meubler l’enfer, on a besoin de mon corps, pas de mon âme ! Je ne suis pas à cacher mais à révéler. Je ne suis pas à insulter mais à admirer. Le premier écrit. Le «pluriscrit» énigmatique et ravissant. Le vrai nord de tous les corps. Le seul sens de tous les sens. Le dessin de Dieu. Le pont entre le monde et le souffle. Et c’est pourquoi ils sont contre moi : les haineux, les salafistes, les religieux, les honteux, les accablés, les tristes, les vaincus et les colériques et ceux qui sont contre eux-mêmes et qui sont des millions. Je suis unique. A chaque fois. Mon miracle. Quand la femme est enfermée, les hommes ne sont jamais libres et le corps est une maladie. Libérez-moi, vous en serez encore plus libres ».

 

 
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Publié par le 26 décembre 2012 dans A pile et face

 

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Top ten des Bûche de Noël 2012

Depuis le 12ème siècle, l’histoire de la bûche de Noël se nourrit des traditions. Symbole du foyer, réchauffant la maisonnée dans la rigueur de l’hiver, elle était traditionnellement coupée avant le lever du soleil, de préférence dans un vieil arbre fruitier, puis bénie par les plus anciens avant d’être brûlée.
Aucun instrument ne devait la toucher : il fallait donc l’entretenir à mains nues ! Sa taille, la plus importante possible, devait permettre de la laisser brûler pendant la veillée de Noël et le réveillon, dans l’âtre de la cheminée familiale. Les cendres étaient récupérées pour préserver de tous les fléaux menaçant potentiellement la maison.
L’histoire de la bûche de Noël ne s’arrête pas là : les celtes la célébraient en l’honneur du solstice d’hiver ; les chrétiens associèrent la bûche dans l’âtre représentait l’étable où Jésus était né ; et d’autres, plus superstitieux, confiaient à la bûche la protection de leur maison contre le malheur et les mauvais sorts. Il y a même une version qui raconte que l’on mettait autant de bûche à brûler que d’habitants dans la maison, et que sa façon de brûler annonçait les gros événements de l’année.
Le 19ème siècle arriva avec ses gros poêles en fonte, et l’histoire de la bûche de Noël prit un tournant plus décoratif… On plaça alors une bûche en bois plus petite au centre des tables, rehaussée de bougie et de décorations.

Les gourmands ont prit le relais !
Aujourd’hui, la bûche a pris ses lettres de noblesse dans nos assiettes, sous la forme d’une délicieuse pâtisserie que l’on connaît bien ! Un certain pâtissier l’inventa en 1945, et depuis elle trône au dessert et ce n’est pas demain qu’elle cédera sa place.


 
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Publié par le 2 décembre 2012 dans Mode & Art de vivre

 

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Vidéo

Le théâtre d’ « Anna Karénine « , Joe Wright.

Le principe serait celui d’aller au cinéma pour voir du théâtre ..Joe Wright nous propose ave Anna Karenine une stylistique flamboyante , une maniere de briser les conventions du naturalisme .
Sur le model de ses précédents longs métrages dont « Reviens moi » ou « orgueil et préjudice » tournés globalement dans un décor unique, il a voulu appliquer ce même procédé pour Anna Karenine .
Le réalisateur a alors décidé de raconter son film dans un théâtre où les différents décors s’enchaineraient de façon tentaculaire.
Ce lieu a une résonance directe avec l’histoire, comme le précise le cinéaste : « Anna joue le rôle de l’épouse dévouée jusqu’au moment où elle rencontre le comte Vronski. Mais tous ceux qui l’entourent continuent de jouer. J’ai alors pensé que nous pourrions situer ce film dans un théâtre. »

Que retenir de ces 2h15mn?
Lévine et Anna sont deux personnages qui seront amenés à se croiser dans le film et qui, bien que très différents, sont les vecteurs d’une même interrogation sur le monde et sur ce qui fait le sens de la vie. Sauf que Lévine aura plus de chance qu’Anna, parce qu’il est un homme, et elle une femme, et qu’ils vivent dans une société profondément inégalitaire de ce point de vue là.
La passion transformée en tourbillon par le biais de la caméra qui tournoie autour des acteurs servis par cet environnement enivrant et le tournoiement continu et inlassable décline une valse diabolique signée Sidi Larbi Cherkaoui qui vous donnera le vertige.
les passions,les métamorphoses et les fantasmagories sont rythmés, chorégraphiés et magiquement scandaleux .
Nous n’avons aucune maîtrise sur nos vie même si en apparence elles semblent être comme une valse réglée comme du papier a musique.
Desormais la quête d’absolu s’accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société Pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle.
Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher ne peut ressentir qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l’incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d’Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n’est pas d’avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère.
Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine.
Dans son profonde solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l’humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d’un amour en perdition. Mais sa quête est vaine, c’est une « femme perdue ».

Anna Karenine ,un film actuel ?
Voila, la messe est dite en ces 2h15mn sur la pertinence des sentiments soulignée par une réalisation des plus singulière et surtout brillantissime puisque Wright se jouera de nous tout au long du film et nous voila tontot apeurés ,conciliants et meme complices d’Anna et de sa passion volcanique pour ensuite basculer dans l’admiration la plus franche de ce mari cocufié et qui reste digne de bout en bout .Et que dire de l’amant sincère,fou et qui essayera tant bien que mal de résister a la pression sociale .
Le réalisateur dans ce film tente de répondre a ce que c’est l’amour et sa réponse est de ne jamais avoir de réponse .
Wright expliquera dans une interview a ce propos qu' »Anna Karenine » peut refléter la société actuelle dans la façon où celle-ci est très imbue d’elle-même. Comme au temps de l’Empire russe, nous vivons dans un monde très vain, où l’on se regarde sans cesse les uns les autres. Et les médias modernes traquent les stars et les rumeurs, comme avant ».

Anna Karenine un film sur l’adultère?
voilà un titre bien trompeur. Anna Karénine est un film puissant, qui bouscule l’imaginaire. Il y a, dans cette version de l’oeuvre de Tolstoï, quelque chose de fantastique . Joe Wright nous offre un chef-d’oeuvre fait de glace et de feu. Une merveille ingénieuse d’une beauté à couper le souffle .
anna

Backstage :
Faut il souligner que la belle Keira Knightley se pare de parures signées Chanel joaillerie.
La vanité étant l’un des traits de personnalité principaux d’Anna Karénine, l’opulence symbolique de ces pièces en est la parfaite illustration » a déclaré l’actrice et égérie Chanel au WWD. Chanel ne possède pourtant pas de bijoux contemporains de l’époque du récit. Mais c’est précisément ce qui intéresse Joe Wright. : »« Dans la société où évolue Anna, explique t’il, la majorité des femmes sont très riches et habillées avec extravagance. Mais il était important pour moi de distinguer notre héroïne de celles qui l’entourent. Et les bijoux de la joaillerie Chanel étaient le moyen idéal d’y parvenir, d’autant plus que les gens de chez cette Maison prêtent une attention rare aux détails et aux intentions dramatiques », déclare le réalisateur. »
Force est de constater qu’ il ne s’agit pas tant ici de respecter l’époque que l’oeuvre de Tolstoï en la transcendant. Et les bijoux de Chanel s’inscrivent dans cette logique.
L’actrice expliquera plus loin : »I les bijoux m’ont aidé à entrer dans la peau d’Anna. Parce que la vanité constitue un des traits majeurs de son caractère et que l’opulence symbolisée par ces bijoux la nourrissent forcément. Mais aussi car, au-delà de leur éclat, il y a, à mes yeux, quelque chose d’étonnamment noir lié aux diamants et cette noirceur fait aussi partie intégrante de la personnalité d’Anna. Cette dualité se retrouve aussi d’ailleurs dans le travail fait avec Chanel sur le maquillage qui m’a permis de me sentir à la fois aristocrate russe d’hier et terriblement moderne. »
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Synopsis
Dans la Russie Tsariste, Anna Karénine femme d’un haut fonctionnaire russe s’éprend d’un capitaine de l’armée ce qui va provoquer drame et scandale. Nouvelle adaptation du roman de Tolstoï par l’équipe d' »Orgueil et Préjugé » et « Reviens-Moi ».
Anna Karenine.

Réalisé par
Joe Wright
Avec
Keira Knightley, Jude Law, Aaron Taylor-Johnson.
Genre:Drame
Nationalité:Britannique

 
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Publié par le 2 décembre 2012 dans Arts Visuels

 

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Portrait neutre sur tabouret …

Je m’approche,je te regarde, j’essaye de comprendre pour ensuite en parler aux autres ,telle semble la démarche qu’a entrepris la photographe Americaine Taryn Simon pour nous parler de nous et de ces autres qui vivent l’incroyable la tout prés et pratiquement sous nos balcons .
Avec les photos de Simon nous sommes confronté a nos peines a notre malheur au drame humain de ces histoires carrément physiques .
Des dizaines de clichés défilent ainsi devant nos yeux et il s’agit d’un décors épuré a l’extrême . Un tabouret et des êtres comme vous et moi tout simplement assis et fixant l’objectif. Les murs sont ultra-blanc et l’éclairage ultra-lumineux, sont ponctués par des espaces toujours blancs qui représentent les disparus , les morts et ceux qui ont refusé de se faire photographier.
Pour tout cela, Simon est sans aucun doute une artiste engagée dont le travail est résolument cérébral puisqu’il s’agit en fait d’une série d’enquêtes sur la nature de la généalogie et de ses conséquences .
Son projet le plus complexe et le plus laborieux comprend une série de 18 lignées familiales, chacune avec une histoire étrange .
Un Irakien qui était apparemment utilisé comme double du fils de Saddam Hussein. Un membre de la secte religieuse druze au Liban qui croit en la réincarnation et rejoue des scènes de vies antérieures. Des homme vivants Indien déclarés morts dans les registres officiels afin de les exproprier et enfin la chasse aux Albinos en Tanzanie ou une vielle croyance prétend que les os de ces Albinos se transforment en diamant une fois enterrés .
Simon est décidément du genre obsessionnel dans la préparation de son travail qui commence par une recherche minutieuse .
– «La majorité de mon travail concerne la préparation »dira t-elle avant d’enchaîner : » « Le fait de prendre des photos est une très petite partie de ce processus. Je travaille avec une petite équipe, juste ma soeur (Shannon Simon) et un assistant (Douglas Emery). Nous traitons avec des traducteurs fixeurs, des vérificateurs de faits et nous tenons surtout compte de la logistique qui consiste a pouvoir travailler dans des endroits où les gens n’ont pas l’internet ou l’accès au téléphone. »
Nous apprenons dans la foulée que la série de photos de l’homme vivant déclaré mort est le résultat de quatre années de préparation et seulement environ deux mois de shooting.
Force est de reconnaître que Simon fait partie de ces rares photographes qui combinent le visuel et le textuel si puissamment, et dont le travail est sophistiqué en termes de pratique de l’art contemporain, mais il reste intimement lié au monde réel.
Simon est à l’avant-garde d’un genre relativement nouveau de la photographie qui échappe à la catégorisation facile et brouille souvent les frontières entre le reportage, le conceptualisme et le portrait. D’une certaine façon en découvrant ces photos a la Corcoran gallery of Art c’est comme si j’entrais dans un livre incroyable.
Bravo l’artiste.

Taryn Simon et l’une de ses séries de photos en  background.

 
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Publié par le 26 novembre 2012 dans Arts Visuels

 

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Vidéo

A Royal Affair…

Réalisé par:Nikolaj Arcel
Avec
Mads Mikkelsen, Alicia Vikander, Mikkel Boe Folsgaard plus
Genre:Historique , Drame , Romance
Nationalité:Danois

Peut être qu’il faudrait signaler en premier que durant 2h 16min j’ai été littéralement captivée par cette splendeur picturale tout en mouvement , une direction de photo a fleur de peau …Un film lumineux qui dépoussière un pan de l’histoire du Danemarkt peu enseigné dans nos manuels.
L’histoire remonte a près de vingt ans avant la Révolution française quand la couronne du Danemark se convertissait déjà aux idées des Lumières sous l’influence du médecin du roi, un adepte de Rousseau et Voltaire.
A Royal Affair va explorer la face la plus secrète : la liaison, sentimentale et intellectuelle, qu’entretenait le médecin avec la souveraine, et qui précipita le renversement du régime .
Loin de la didactique facile, le film, par le biais d’une dramaturgie ficelée de bout en bout met en scène une tension politico-psychologique ou l’amitié ,la trahison,la jalousie , l’amour et la main mise du religieux constituent la trame d’un combat que se livrent les forces du progrès et la tyrannie de l’immobilisme .
Le film fera battre nos coeurs sur fond de velours ,de dentelles et même les bulles de champagne dans les coupes dorées ne nous feront pas oublier et a aucun moment la misère de tout un peuple qui hennit sous le poid conjugué de la tyrannie d’une aristocratie sans vergogne et la main de fer de l’église .
A Royal Affair est aussi et surtout un film actuel au vu de ce qui secoue le monde depuis un moment.
J’aime? Beaucoup et vous invite a le voir.

 
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Publié par le 24 novembre 2012 dans Arts Visuels

 

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Expliquer l’homme a l’homme…

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Se retrouver  dans un musée un lendemain de fête de Thanksgiving  ne relève pas je l’avoue de l’ordre de l’originalité…Oui mais si je vous dit qu’il s’agit de la  celebrissime  Corcoran Gallery of art  de DC  et de l’exposition d’Ivan Sigal.
De 1998 à 2005, Ivan Sigal  a donc vécu et travaillé en Asie centrale, traversant la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et l’Afghanistan ainsi que d’autres pays de l’ex-Union soviétique et en Asie. Le photographe  et durant ces années n’a cessé de travailler sur et avec une société profondément marquée par le démantèlement de la superstructure idéologique de l’Union soviétique . 
La pellicule « narrateur » en immersion totale  dans une guerre trace une sorte de « road trip  » qui va au delà du cliquetis des flash pour nous révéler les conditions de l’humanité.Pour nous expliquer L’homme a l’homme.
Les scènes de rue, Les bâtiments, Les visages se confondent dans notre tête en quelque chose de pas très facile a appréhender …Une sorte de pérégrination de l’émotion, doublée d’un  profond malaise  et triplée de fascination .
Ce   visuel d’appel et de réponse  ,cette manière  propre au photographe de  disséquer le moment  et de créer l’écho pictural avec cette photo du cimetière plus grand encore que la ville  et de cette salle de projection  plutôt « cimetière » de bobines de films qui s’entassent a même le sol  sont la traduction immédiate de l’ordre social …du sens  de la vie des gens.
A ceux qui habitent Washington DC et ses environs ,je conseille vivement cette exposition, véritable parallèle entre notre expérience et celle des personnes sur les photos .

La photo est une approche plus poétique que journalistique et qui devient finalement, plus révélatrice sur les énigmes de la vie quotidienne.
 
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Publié par le 24 novembre 2012 dans Arts Visuels

 

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Les peintres de l’Algerie…

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 Si les premiers tableaux des orientalistes Français ont mis en scène des histoires de batailles et les soldats de l’époque de Louis-Philippe. Des étrangers, neutres par définition  comme le Britannique William Wyld , le Suisse Adolphe Otth, ou cet autre Suisse allemand, Johan Caspar Weidenmann, et encore, l’Allemand Curtius Grölig,Ces pionniers qui s’attachèrent à Alger, au Sahel, aux ports de la côte kabyle contribuèrent  une fois revenus et leurs œuvres montrées au public européen sous forme de toiles, d’aquarelles ou de gravures, à répandre l’image véridique  d’un pays incroyablement attachant.
Il y eut bien sûr  Delacroix et des Femmes d’Alger en 1932, et une quinzaine d’années plus tard, le génie à la fois solaire et tellement humain de Chassériau, puis le raffinement de Fromentin, pour imposer définitivement l’Algérie comme terre d’élection des peintres.
Citer les uns et en oublier d’autres est inévitable  tant les peintres Francais et Europeens qui ont sillonné   l’Algérie a l’époque sont nombreux :
Philippe Tanneur, Charles de Tournemine, Edouard Imer, Courdouan, Brest, Benjamin Roubaud, les frères Lauret, puis Washington et Boz, qui séjournèrent longuement. Plus tard, Chateau, Lemaître, Reynaud, s’enracinèrent complètement au même titre que le Lyonnais Gilbert Galland. Paul Guigou vint brosser quelques paysages tourmentés, tandis que Rey ou Bompard devinrent de fidèles habitués.
Parfois plusieurs artistes voyageaient ensemble, ou se retrouvaient dans les lieux réputés pour leur intérêt.
Ainsi Fromentin, partant une première fois avec son condisciple Charles Labbé pour Blida, revenant avec Auguste Salzmann pour se rendre à Constantine et dans la région de Biskra, s’installent pour un troisième séjour à Alger, où il invita Narcisse Berchère. Ou encore Edmond Hédouin, visitant Constantine en compagnie d’Adolphe Leleux. Dagnan-Bouveret, déjà venu rendre visite à son ami Bastien Lepage à Alger en 1884, y retourna avec Jules Muenier et Louis-Auguste Girardot. D’autres figures de l’École de Nancy, comme Victor Prouvé et Émile Friant, s’enchantèrent d’horizons africains.
Quelques tempéraments particulièrement épris d’authenticité décidèrent de partager pour un temps l’existence des nomades sous la tente, afin de mieux la comprendre et en rendre compte, tels Guillaumet, Paul Delamain, Adolf Schreyer dans les années 1860, ou au tout début du XXème siècle, Henri Rousseau. Felix Ziem, lui, choisit la roulotte pour parcourir le pays à sa guise.
Certains s’engagèrent totalement, tel Dinet qui se convertit à l’islam, ou Verschaffelt qui épousa une musulmane, tous deux élisant Bou-Saâda comme terre d’adoption et se consacrant à l’illustration de la vie arabe.

Beaucoup de ceux qui comptèrent parmi les personnalités les plus importantes de la vie artistique locale vécurent dans les belles villas blanches d’Alger, ainsi Hippolyte Lazerges, Noiré ou Rochegrosse.
La plupart des artistes voyageurs profitèrent du développement des moyens touristiques pour vivre « leur » Sud douillettement, et revenir chaque saison dans un confortable hôtel de Bou-Saâda ou de Biskra. Ils furent légion, issus d’un peu partout dans le monde.
Français bien sûr, comme Charles Landelle, l’un des « découvreurs » de Biskra, ou Paul Leroy qui fréquenta lui aussi assidûment l’oasis, comme nombre d’autres piliers de la Société des Peintres Orientalistes Français. Mais aussi étrangers, notamment américains, tels F. A. Bridgman, James Thériat, A. T. Millar ou Edwin Lord Weeks, tous ayant étudié la peinture à Paris. Ceux-ci formèrent d’abord une petite colonie à Pont-Aven, et gagnés sans doute par l’exemple des Charles Cottet, Lucien Simon et autres amateurs de sujets bretons séduits par le Maghreb, ils allèrent ensuite comme eux voir jouer la lumière du côté du Sud. Leurs maîtres respectifs, en l’occurrence Jean-Léon Gérôme, Gustave Boulanger ou Benjamin Constant, tous fervents de l’Afrique du Nord, ne furent pas étranger à leur engouement africain.

l’Après-Midi à Alger.

Louis Comfort Tiffany connut une période orientaliste et visita Alger en 1875. William Sartain y loua une maison dans la Casbah avec Charles Sprague Pearce. Robert Swain Gifford et Samuel Colman, ensemble à Alger en 1875 également, y laissèrent leurs épouses pour partir en excursion à Tlemcen.
Dans les années 1900, Lewis Shonborn s’établit à demeure et trouva appui et encouragements dans la bonne société.
Il faut souligner à ce propos que les sujets empruntés au Maghreb permirent à beaucoup d’artistes de mettre en pratique les acquis de l’impressionnisme en matière de lumière et de liberté de touche. Leurs audaces picturales restaient acceptables par le plus grand public, ravi de contempler le feu du désert, la cavalcade d’un guerrier .

Louis Comfort Tiffany: Algerian shops
Le mouvement des néo-coloristes, en quête d’une manière de peindre plus légère et plus vive, prit ainsi force dans les horizons des palmeraies et des ksour algériens. Cottet et Lucien Simon, issus de la « bande noire » éclaircirent leur palette en découvrant l’Algérie, expérience grandement facilitée par l’appui du mécène et collectionneur algérois Louis Meley.
Les sujets britanniques accoururent d’autant plus volontiers que s’ouvraient pour eux dans la deuxième moitié du XIXème siècle de somptueuses villas sur les coteaux de Mustapha Supérieur à Alger, en même temps que des hôtels agréables dans les oasis à la mode ou les stations thermales comme Hammam Righa ou Hammam Meskoutine.
Les guides touristiques de l’époque vantaient, en anglais et en allemand presqu’autant qu’en français, les bienfaits du climat algérien sur les santés fragiles et prodiguaient tous les conseils utiles à
l’aventure.
Ainsi prit fermement pied à Alger une artiste assez extraordinaire, Barbara Leigh Smith. Venue goûter le soleil avec ses parents pendant l’hiver 1857, elle se maria à un médecin français exerçant à Alger. Elle put introduire dans la société locale une consœur aquarelliste, Lady Dumbar. Frederick Leighton, Henry Silkstone Hopwood, l’Écossais Arthur Melville, effectuèrent également le voyage quelques années plus tard et furent accueillis par l’importante colonie de compatriotes en villégiature à Alger.

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Des artistes belges de talent, Deckers, Anthonissen, Flasschoen, Van Blebroeck, Alfred Bastien, vinrent rejoindre leurs confrères français ou étrangers dans un même goût pour la lumière du Sud, le mouvement des fantasias et le rythme des caravanes.
Tlemcen, surtout, attira les Italiens de l’École de Rome, Gustavo Simoni en tête qui y vécut longuement. Bartolini, Fabres y Costa, Baratti, utilisèrent les motifs décoratifs de l’architecture tlemcénienne sans peut-être avoir fait le déplacement. Gabriel Carelli choisit les environs d’Alger.

Les orientalistes suisses ne furent pas en reste, et suivant l’exemple de Charles Gleyre qui séjourna au Moyen-Orient dès 1834, la dynastie Neuchâteloise des Girardet vint au grand complet s’inspirer des horizons algériens, depuis Karl et Édouard qui voyagèrent en 1842, jusqu’à leur neveu Eugène, élève de Gérôme, qui amena en Algérie ses frères Jules et Léon. Le Genevois Abraham Hermanjnt y résida de 1886 à 1888.

Force est de constater qu’a la fin du du XIXème siècle, régnait une sorte d’orientalisme international,
manquant  d’originalité, et que les mêmes images stéréotypées se retrouvaient chez tous.
La première Guerre Mondiale, bouleversant toutes les façons de voir, imposa un regard infiniment plus proche des hommes et du pays en général.
Il fallait d’autre part vivre sur place et non pas se contenter de faire du tourisme et tomber dans le cliché absolu afin de tirer quelque chose de nouveau de tous les poncifs accumulés.
 

 
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Publié par le 16 novembre 2012 dans Arts Visuels

 

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Sur un ton caramel…

Il fait plutôt froid ,quoi de plus normal pour la saison me diriez vous,Oui mais il y a ce ciel gris aveugle et cette barre devant les yeux qui empêche de regarder et de penser…le bruit de la voiture de luxe qui s’enfonçait avec une facilité déconcertante dans le par-choc de la deuxième  voiture pourtant stationnée n’y fit rien et elle restait lointaine et absente…
L’allure très soignée ,les cheveux parfaitement coupes laissaient entrevoir un cou gracile et très fin.
Du manteau en laine bouillie blanche aux chaussures en daim couleur caramel ,tout était harmonie et bon goût…
Elle farfouille dans son sac ,en sort son bâton de rouge et réchauffe la couleur de ses lèvres pulpeuses sous l’œil ahuri du quidam, témoins de l’accident .
A ce stade des évènements il ne s’agirait plus de révéler un secret, mais de révéler qu’il y a secret.
Elle descendit de sa voiture sans un regard pour les vilaines  égratignures sur le flanc droit du véhicule .
Le mal être se décline en un geste furtif ,celui de serrer mécaniquement le col de son manteau autour du cou .
Elle se dirige d’un pas décidé vers the  » tea shop » en sort avec un paquet cadeau et s’engouffre dans cet autre salon  de thé a la mode…
Retirer élégamment ses gants en cuir de chèvre ,faire un signe discret au garçon de café et choisir d’un air détaché un chocolat chaud.. On appelle cela faire une image et s’assurer du silence de la pensée.
Elle décide de mettre l’autre comme spectateur…donner a voir des signes ,des traces,des mouvements…Elle avait besoin de toutes ces images pour ne pas se retourner ..
Elle cherchait a brouiller ce qu’elle a eu quelques heures auparavant entre ses mains…c’était tellement mieux avant quand elle n’avait pas besoin de dire « je me souviens ».
Avant , juste avant ,un message s’affichait fatalement sur l’écran du téléphone disant a peu prés ceci: -« J’ai adoré notre nuit et je pense a toi très fort. »
Et depuis elle se méfie des téléphones et encore plus des messages électroniques qui naissent dans la nuit et qui annoncent les départs fracassants…


 
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Publié par le 7 novembre 2012 dans A pile et face

 

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