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Archives de Tag: Algerie

Nulle part dans la maison de mon père…

-« toute seule, en le précédant. Il ne me prend pas la main, comme le matin, ou plutôt comme les deux premières années, quand j’étais plus petite. Je marche les yeux baissés ; nous passons devant la mairie, le long du kiosque à musique. Il n’y a que des hommes dans la rue. Les pères français, non plus, ne donnent pas la main à leurs fillettes, mais celles-ci au moins n’ont pas déjà honte de leurs jupes plissées qui leur arrivent aux genoux. Moi, si. Les regards des hommes arabes, sur l’autre trottoir, me visent seule. Pour les oublier, je me répète la sourate du jour afin de la débiter à ma mère, en rentrant. Elle en sera fière. Dans une semaine, je lui montrerai ma planchette ornée de mes dessins, dont j’aurai clos le texte appris. Elle invitera la femme du caïd et ses trois filles plus âgées que moi, qui viendront, toutes voilées, et se risqueront à pousser des youyous pour honorer mon savoir. » (…) Assia Djebar

Teachers and Algerian children at Blida, c1856

 

 
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Publié par le 9 août 2012 dans Litterrature

 

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Nulle part dans la maison de mon père…

 

-« Enfant encore : ce doit être plusieurs étés après. Avec ma cousine la plus proche, durant le mois de Ramadan, toutes deux en chemise blanche. Parentes, tantes et cousines, toutes levées en chuchotant, pour le second repas qui fera supporter le jeûne du lendemain. Or, nous voulions jeûner nous aussi : par orgueil ! Et voici qu’ensommeillées, titubantes, nous leur faisons vif reproche, déçues de nous voir exclues de cette halte nocturne, parce que jugées trop « petites » ! Les grandes personnes rient, un peu confuses, tout en nous faisant place. Nous sommes alors si heureuses de rester manger le shor avec les adultes, pour tenter de traverser la journée suivante sans manger ni boire. Nous qui avons surgi, tels des fantômes graciles, pour ces dîners d’après minuit, nous leur faisons soudain presque l’effet de perturbatrices… Cette scène de notre irruption, en longues chemises et cheveux dénoués, au milieu du rituel familial, je l’aurai vécue avec cette cousine du même âge, ma complice d’alors. (…)

Nulle part dans la maison de mon père 
Extraits du dernier roman d’Assia Djebar


 The Sultana
par Ferdinand Victor Léon Roybet, Alger, 1872

 
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Publié par le 9 août 2012 dans Litterrature

 

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Vidéo

« Le luxe a l’etat pur » est un label Berluti

Pour sa collection 2013 la célèbre maison Berluti, de souliers et d’articles de maroquinerie de luxe exclusivement masculins a transformé les Jardins du Palais Royal en un jardin privé ou des hommes très années 50 se livrent dans de délicats tableaux vivants
Une mise en scène grandiose d’Alexandre de Betak et des image inedites comme celle des derbies disposées en un magnifique arc en ciel sur la Pelouse interdite ou cette autre de mannequins de tous âges qui se baladent dans les jardins et enfin des souliers en cuir cachés dans les haies.
Du luxe à l’état pur et c’est du Berluti.

 
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Publié par le 27 juillet 2012 dans Mode & Art de vivre

 

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Un immense champs de blés…

Le café  Léopold du centre ville  peinait a respirer  sous les fortes chaleurs en ce mercredi du mois de juillet .  Mon rendez-vous est un joli brin de femme avec un sourire qui fait  et fera tourner la tête a plus d’un…

Grande , élancée avec une élégance naturelle ,Houda  tentait de vaincre sa timidité que trahissait la délicate rougeur dont s’empourpraient  ses joues… passés  les premiers instants ,la promiscuité  déploie ces ailes et l’exile devient déchiffrable puisqu’il parlait Algérien… 
Thé  glacé  ,jus d’orange ,mousse au chocolat fourrée aux amandes et les rues de la capitale  qui défilaient devant nous au rythme des anecdotes ..De Kouba a Bab el Oued , Alger  fascinait  , émerveillait et nous offrait un instant vrai.
Washington s’effaçait petit a petit  pour faire place  a notre  lyrisme Méditerranéen quand on nous annonce une tempête imminente …Pas le temps de compter jusqu’à trois et la terrasse du café ruisselait littéralement  sous l’averse précipitée et soutenue  ..
Des quidams surpris  par la pluie s’engouffraient par paquets entiers dans le salon de thé dans un brouhaha  presque jovial , je  regarde  alors non sans effroi mes chaussures en daim  couleur  lilas  de chez  Heyraud ,payés a Paris  l’été dernier ,la modique somme de deux cent et quelques   poussieres  d’euros…
En l’espace de quelques secondes  notre décision était prise et nous quittons Houda et moi , le café la tête haute et les pieds merveilleusement nus. lol.
La voiture était a quelques deux cent mètres de la , j’avançais avec ma petite jupe en dentelle ,mon haut en soie et mon foulard mélange pachmina /soie, mon sac LV  et  surtout  pieds nus  sous les sourires complices et amusés  que l’on me renvoyait et  les « Hi » appuyés des promeneurs .
Ainsi vont les journées d’été a Washington  DC  entre rencontres intelligentes et promenades improvisées  sous la pluie … La fantaisie  s’éveille et efface majestueusement  mes appréhensions de citadine et  du coup mes pieds nus frôlaient avec ravissement un immense  champs de blés …

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Publié par le 19 juillet 2012 dans A pile et face

 

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فلفل عكري…..Paprika

Washington DC , été 2012  Le grand boulevard de Georgetown , le coeur de la cité , étalait sous le soleil  son  trop plein  de  boutiques a la mode de terrasses de cafés et de restaurants… les trottoirs  grouillaient de monde qui se frôlait ,se regardait et se saluait.
l’été est la ,bien la avec cette atmosphère vaporeuse, propice aux ballades et a la débauche du regard…
Je fais don au soleil de mes réflexes de citadine avertie et me laisse prendre au  jeu des rues qui s’ouvraient sur d’autres ruelles  donnant sur des petites allées conduisant à  des petits accès…
la vielle ville se montrait  du coup plus bavarde et me livrait ses petits jardins…véritables petites parcelles du désir a l’image de ce carré de tournesols dorés qui caressaient du regard la rivière du Potomac. Plus loin, deux chaises ,une table et un vélo complétaient ce tableau  bucolique ,inattendu et surtout inédit.
Le passage initiatique promettait ainsi plus d’une surprise et il aurait été dommage de s’arrêter a la première gare.
je choisis donc  la magie, son pari difficile et pousse la quête sur cette ligne du coeur jusqu’à  la porte  de la coquette  enseigne « Spices and Teas » et c’est comme si je pénétrais le monde des  mythes..
Le temps  s’arrête  et je me retrouve en conversation avec mes sens, les effluves de lavande, le jasmin, le thé blanc a la rose, les herbes de provence , la citronnelle , la muscade, la Menthe, l’anis, le cumin , la cardamome … Autant  de parfums qui vous enivrent et vous plongent dans une sorte d’ atmosphère lyrique.. Nous sommes décidément dans l’ordre du désir.
je plonge mon nez dans les bocaux et respire  un monde suave et caréssant …
le monde entier s’est donné rendez-vous  dans ce palais enchanté et je caresse du doigt la  poudre veloutée  de » rass al hanout » et cette autre flamboyante du  » felfel aakri ».
les distances s’effacent et je suis  sur le seuil de toutes les casbahs d’Algérie et recouvre ainsi d’une épice a l’autre mon identité culinaire et cela me fait vivre et cela me fait vibrer.

 
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Publié par le 8 juillet 2012 dans A pile et face

 

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L’Algerie,une prière …

Washington DC,dimanche 2juillet,16h et c’est le début du pèlerinage…C’est aussi l’impact de millions d’histoires que l’on nous a  raconté  50ans durant.
Certes nous n’avons pas un vocabulaire commun pour décrire cette histoire d’amour plus réel que le réel…Nous sommes assurément devant le témoignage d’une vie. 

« Kassaman »made in USA:

L’image de départ est une chorale …Lina,Yannis,Adam,Khalil,Idhir,Nesma,Mimi,Sarah sont de ceux qui ont choisis d’écrire l’histoire de l’Algérie 2012 avec la voix.La plupart d’entre eux ne connaissent pas l’Algérie ou vaguement mais  lorsqu’ils entonnèrent en coeur  l’hymne national Algérien,  la passion s’est littéralement intensifié jusqu’au sublime.

Dites le en dansant:

Le tempo est quelque chose d’inexplicable et quand l’audace et la liberté s’y mêlent cela  donne  de véritables portraits vivants d’Algeriens haussant haut les couleurs de la Kabylie,des Aures,de l’Oranie ,du Hoggar ,du centre et de l’est… la danse   était l’ultime cri d’amour lancé a  la terre  de ses ancêtres…Le defis etait de taille mais ce serait sans compter sur la grâce et l’art du sillage …le coeur des jeunes Algeriens a fait la différence ce soir  .Bravo les  Artistes.

L’Algérie, une prière:

Évoquer l’Algérie pour tous ces visages présents lors de cette soirée n’étaient pas seulement  la narration d’une histoire d’amour vécue. La quête de ce soir vous l’aurez compris et celle de pouvoir retrouver sa terre natale  et de toucher la note de fond et c’est encore plus vaste.

PS:
Merci a tous ceux qui ont permis de concrétiser le reve.cheers.

 
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Publié par le 2 juillet 2012 dans A pile et face

 

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L’espace des possibles…

la terre ,une poignée d’heures après la tombée de la nuit.La vie est une question de hasard..Le hasard des rencontres et l’incertitude des palpitations….
On a cependant le choix des seuils,pour cela il faut franchir son espace  intérieur, aller a la rencontre de l’univers . Et si on a le droit au secret , l’opaque n’est cependant pas nécessaire..
Il faut bouder l’ennuie ,ouvrir   les cloisons,  pousser les  contours et aller au devant des remparts .
Vous l’aurez compris c’est le récit de nos histoires pas forcement cohérentes ni vraiment réussies. Multiples et colorées ,tumultueuses et tellement généreuses Le voyage commence par la citation de Matisse : Un ton seul n’est qu’une couleur, deux tons c’est un accord, c’est la vie.

[wpvideo QDXlFpJX]


Index:
Voix d’Ariane Ascaride.Texte de Georgio Strehler
Photos:Lydia Chebbine,

 
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Publié par le 21 juin 2012 dans A pile et face

 

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Nizar,l’autre pays…

  • J’essaie de dessiner des pays…
    Avec un Parlement de jasmin…
    Avec un peuple aussi délicat que le jasmin…
    Où les colombes sommeillent au dessus de ma tête
    Et où les minarets dans mes yeux versent leurs larmes
    J’essaie de dessiner des pays intimes avec ma poésie
    Et qui ne se placent pas entre moi et mes rêveries
    Et où les soldats ne se pavanent pas sur mon front
    J’essaie de dessiner des pays…
    Qui me récompensent quand j’écris une poésie
    Et qui me pardonnent quand déborde le fleuve de ma folie…

    • « Quand annoncera-t-on la mort des Arabes ? »Par Nizar Kabbani (1994)
      Traduction : Abdelaziz Ben Daoud.
      Merci a Nachida.
    • Photos Lydia Chebbine. Andalousie . Été  2011.
      Musique Algerienne.Kawthar. 

      Biographie:

      Nizar Kabbani, ou Qabbani   né le 21 mars1923 a Damas en  Syrie et mort le 30 avril 1998 a Londres , était un poète syrien, dont la poésie casse l’image traditionnelle de la femme arabe et invente un langage nouveau, proche de la langue parlée et riche de nombreuses images empruntées au monde de l’enfance. Nizar est considéré comme l’un des plus grands poètes contemporains de langue arabe.
      Des fanatiques s’opposeront a ce qu’on lui rende un dernier hommage a la mosquée de Londres lors de son  décès ,l’accusant de « Kofr ».
      Triste aventure et blasphème a l’encontre d’un grand poète,

 
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Publié par le 20 juin 2012 dans musiques et videos

 

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